
L’AMERIQUE DU SUD - évangile et prospérité
Le continent où le pentecôtisme fait « bon chic bon genre » ! A l’intérieur du protestantisme, le mouvement pentecôtiste -avec celui des charismatiques-forme aujourd’hui l’aile la plus importante. Tous les deux attirent des foules, notamment en Amérique du Sud. Le pasteur péruvien, Miguel Angel Palomino, explique la situation locale à IDEA : Il y a vingt ans, quand un Sud Américain avouait fréquenter une communauté protestante, on pouvait être sûr qu’il s’agissait d’une personne pauvre et sans éducation. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas.
Ici, le néo-pentecôtisme a su toucher les classes moyenne et supérieure, les dirigeants et les professionnels des médias. Lors des récentes élections présidentielles du Pérou, le pasteur pentecôtiste Humberto Lay a eu 5% des voix : une première ! A Bogota, capitale de la Colombie, le pasteur charismatique César Castellanos remplit un stade tous les dimanches, semaine après semaine. Son église compte 100.000 membres. Le chanteur Jean Luis Guerra, de la République Dominicaine, s’est converti en 1996 dans une église néo-pentecôtiste puis a fait une carrière mondiale qui lui a valu une distinction américaine. Dans ce pays très catholique, il est devenu très chic d’appartenir à une jeune église pentecôtiste.
Les néopentecôtistes sont moins dogmatiques et plus ouverts que ceux qui fêtent aujourd’hui leur centenaire. Le ‘parler en langues’ joue un rôle moins important, les cultes sont adaptés à la population, sans oublier l’animation de qualité prévue pour les enfants. Les néo-pentecôtistes favorisent la démonstration de la puissance divine : miracles, guérisons, richesse. L’église qui n’est pas branchée dans cette direction n’est pas fréquentée. Les pasteurs n’ont souvent qu’une formation théologique très sommaire et prêchent un évangile de richesse matérielle. La collecte d’argent joue un rôle très (voire trop…) important.
La plupart de ces églises sont indépendantes et il est dangereux que leurs pasteurs n’aient de compte à rendre à personne. Ainsi, leur pouvoir trop étendu incite parfois –hélas- à des détournements de fonds et à des abus sexuels. De plus, l’attention importante fixée sur les miracles détourne les néo-pentecôtistes de l’action sociale et humanitaire. En quelque sorte, on attend tout directement de Dieu. Les dirigeants et les politiques qui fréquentent ces églises vont-ils y trouver la vision pour mettre en place des projets contre la pauvreté qui sévit dans leurs pays ?













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