par Charles Guillot

A Paris, récemment, j'ai été invité à prêcher dans une des 200 églises africaines du secteur. J'étais un peu en avance et je me suis arrêté dans le petit jardin public juste à côté du métro. D'abord, curiosité : une immense plaque de marbre gris, fichée en terre au milieu de massifs de fleurs. Ensuite, étonnement : un mémorial juif pour les victimes des camps de la mort. Enfin, horreur : en lisant les noms et les prénoms de tous ces gens, j'ai aussi noté les âges de certains déportés : 3 ans, 7 ans, 9 ans... Quelle violence ! Il a bien fallu que des hommes (?) emportent ces bouts de choux, refusent d'entendre leurs cris, ferment les yeux sur leurs terreurs. S'est-on tristement habitué ? La violence fait partie de notre quotidien. Et de celui de tant d'autres. Pas d'énumération superflue.

Juste un mot cependant pour citer Robert Redeker, cet écrivain poursuivi par la violence islamique pour avoir osé dire tout haut ce que... Un homme qui vit sans arrêt sous protection policière simplement parce qu'il a émis des idées qui n'étaient pas du goût de certains. La même violence intégriste a poussé un homme à brutaliser le chirurgien qui soignait sa femme. De quelle violence faut-il être habité pour transformer en torche vivante la fille qui aurait, soi-disant, sali l'honneur de la famille. Qu'en sera-t-il à l'avenir ?

Le pasteur allemand Martin Niemôller s'est opposé à la violence de la dictature d'Hitler. Jeté dans un camp, il a écrit ce poème en souvenir des rafles opérées par les nazis :

" Quand ils sont venus chercher les communistes, JE N'AI RIEN DIT : je n'étais pas communiste. Quand ils sont venus chercher les syndicalistes, JE N'AI RIEN DIT : je n'étais pas syndicaliste. Quand ils sont venus chercher les juifs, JE N'AI RIEN DIT : je ne suis pas juif. Quand ils sont venus chercher les catholiques, JE N'AI RIEN DIT : je ne suis pas catholique. Quand ils sont venus me chercher... il n'y avait plus personne pour protester ".

Aujourd'hui, ce poème pourrait retrouver une certaine actualité. Il suffirait de remplacer "les communistes, les syndicalistes, les juifs, les cathofiques" par "les écrivains, les journalistes, les chrétiens, les professeurs, le Pape, les américains, les sportifs...". Et la même logique de violence produirait les mêmes effets.

Heureusement, la Parole de Dieu parle de transformer les cœurs de pierre en cœurs de chair, capables d'aimer Dieu… et les autres !

Charles Guillot - IDEA, bulletin de nouvelles de l'Alliance Evangélique Française.