Ils sont 2500 en Israël, répartis dans tout le pays, essentiellement à Arad, Mitzpe Ramon et Tibériade; mais c'est en bordure de Dimona que se trouve Kfar hashalom, le coeur de la communauté des Hébreux noirs.

En 1969, ces Noirs originaires de Chicago qui se réclament de la tribu de Juda immigrent en Israël, après deux années de pérégrinations au Libéria. Leur guide spirituel, Ben Ammi Ben Israël (Ben Carter de son nom d'origine) raconte avoir eu la vision de l'Ange Gabriel alors qu'il était allongé sur son lit, à Chicago, en 1966; il lui enjoint de partir pour Israël avec les siens.

Les siens, ce ne sont pas seulement ses femmes et ses enfants (Ben Ammi et polygame; il est le père de 13 enfants et l'époux de quatre femmes en Israël), mais aussi ses disciples de Chicago. Aujourd'hui, la diaspora des Hébreux noirs s'est étendue à plusieurs grandes villes américaines, dont Los Angeles et Washington, à quelques communautés parsemées en Europe et au Bénin, où les Hébreux noirs ont érigé une véritable ville sur le modèle du kibboutz. Mais en 1969, ils ne sont encore que quelques dizaines de familles.

Statut des Hébreux noirs en Israël

Ayant reçu un accueil mitigé par l'Etat d'Israël qui a d'abord tenté, sans succès, de les renvoyer "chez eux", les Hébreux noirs immigrés en Israël ne bénéficient toujours pas de la nationalité israélienne, mais du statut de résidant permanents. Nourris d'un grand amour pour "leur pays", ils ne se sont pas laissé décourager: les nouveaux arrivants s'installent pour six mois, ou quelques années, jusqu'à l'expiration de leur visa, repartent pour revenir quelques mois plus tard. Cette absence de citoyenneté israélienne pose un problème aux enfants de la troisième génération, qui sans être américains, n'en sont par pour autant israéliens, et se retrouvent donc sans nationalité.

Les Hébreux noirs arrivés en 1969 ont bénéficié du statut de résidant temporaire jusqu'en 1972. En 1972, on les a priés de quitter le pays, mais la grande majorité est restée. En 1990, les Hébreux noirs ont d'abord reçu le statut de touristes, avec un visa B/1 leur permettant de travailler dans le pays; au bout d'un an, ils ont obtenu celui de résidents temporaires (A/5) pour une période de cinq ans. A la fin de cette période, en 1995, leur statut a été prolongé de trois ans. En 1997, on leur a laissé espérer qu'ils obtiendraient enfin la citoyenneté, en vain.

En 2003, ils ont finalement reçu le statut de résidents permanents. Ce statut permet, au bout de quatre ans, de faire une demande en règle de citoyenneté israélienne. Ces quatre années seront révolues en août 2007, moment où les membres de la communauté adresseront, ensemble, des demandes individuelles de citoyenneté: "Nous ne voyons aucun obstacle, et je compte bien être la première à déposer ma candidature", affirme la porte-parole Mildred Howard.

Pour plus de détails, nous avons pris contact avec la porte-parole du ministère de l'Intérieur, Sabine Haddad, qui affirme qu'aucune décision officielle n'a été prise concernant la communauté des Hébreux noirs. Ceux-ci peuvent bien sûr faire une demande de naturalisation; chaque cas sera considéré individuellement. Quant au statut de résident permanent, il ne conduit pas automatiquement à la citoyenneté, comme le croient certains, précise-t-elle. Elle souligne d'ailleurs que les Hébreux qui s'engagent aujourd'hui dans Tsahal (l'armée israélienne)le font en tant que résidents permanents. Le problème est-il qu'ils ne sont pas considérés comme juifs? "Pas du tout", répond Sabine Haddad, "vous savez bien qu'il n'est pas nécessaire d'être Juif pour être israélien." L'optimisme des Hébreux noirs est-il, cette fois, fondé? Réponse l'an prochain.

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