L'organisation américaine des droits de l'Homme Human Rights Watch (HRW) a demandé mardi au Pakistan de réviser ses lois islamiques sur le viol des femmes, une législation très controversée dont la refonte a déjà été repoussée sine die en septembre.

Un représentant de HRW pour l'Asie du Sud, Ali Dayan Hasan, a exigé du gouvernement du président pakistanais Pervez Musharraf qu'il présente au parlement la loi de Protection des Femmes, au cours de la session qui s'achève lundi.

"Le général (président) Musharraf se revendique comme un (dirigeant) «éclairé et modéré» favorable aux droits des femmes, mais jusqu'ici il n'y a eu que des paroles et pas d'actes", a estimé M. Dayan Hasan dans un communiqué.

Le gouvernement pakistanais avait reporté sine die à la mi-septembre l'examen au parlement de ce projet de loi révisant la législation islamique sur le viol, sous les pressions conjuguées de l'opposition islamiste conservatrice et des milieux progressistes.

Selon ces lois Hudood, adoptées en 1979 dans le cadre de l'islamisation du pays entreprise par le général Zia-ul Haq, une femme doit présenter des témoignages de quatre hommes "bons musulmans" pour prouver un viol, ou faire face à de graves poursuites pour adultère.

Le projet de loi de révision fait l'objet depuis des mois d'une âpre bataille politique entre les partisans d'une abrogation pure et simple des lois islamiques Hudood, très pénalisantes pour les femmes, et les partis islamistes qui refusent toute atteinte à une législation selon eux inspirée par le Coran.

En mettant en œuvre en 2002 sa politique de "modération éclairée", le président Musharraf s'était engagé à étudier une révision des lois Hudood dénoncées par les organisations de défense des droits de l'Homme.