Une première sur le continent africain. Le Parlement sud-africain a légalisé, mardi, le mariage homosexuel. Par 230 voix pour, 41 contre et trois abstentions, à la fin d’un débat agité. Les églises, les leaders traditionnaux et les partis d’opposition ont mené une campagne active de critiques contre le texte. Mais l’ANC (Congrès national africain, l’ex-parti de Nelson Mandela) au pouvoir avait appelé à voter pour, conformément à la demande de la Cour constitutionnelle. En décembre 2005, cette dernière avait donné un an au Parlement pour modifier les textes en vigueur sur le mariage qui le définissaient comme «une union volontaire reconnue légalement d’un homme et d’une femme à l’exclusion de tout autre». Or, la Constitution sud-africaine, adoptée deux ans après les premières élections multiraciales de 1994, interdit explicitement toute discrimination sur des critères d’orientation sexuelle.

homophobie

Juste avant le vote, le ministre sud-africain de l’Intérieur Nosiviwe Mapisa-Nqakula avait lancé aux députés : «En rupture avec notre passé… nous devons combattre toutes les formes de discrimination et de préjudice, ce qui incluse l’homophobie.» Un point de vue loin d’être partagé par le Cardinal Wilfrid Napier, président de la Conférence des évêques catholiques sud-africains. Dans une interview au Daily News sud-africain, il a estimé que ce vote «était une claque dans la face de la démocratie», car «la majorité de la population est opposée à ce texte».

critique

Plus étonnant, certaines associations de défense des homosexuels ont également critiqué la nouvelle loi, qui autorise les officiers de l’état civil à ne pas célébrer un mariage ente deux personnes du même sexe cela va à l’encontre de leur «conscience, religion ou croyance».