A côté de la situation toujours difficile à Gaza et dans la morosité ambiante, politique et internationale, il est bon de souligner un événement heureux : le jumelage de deux villes, l’une française – le Chambon-sur-Lignon – et l’autre israélienne – Meitar, à l’initiative de l’ancien ambassadeur d’Israël en France, Nissim Zvili et de Mr Azoulay de l’association ‘Rhône Israël Echanges’, de Lyon. C’est un événement symbolique fort qui nous fait du bien, car il parle de foi, de générosité et de courage.



Le Chambon-sur-Lignon, dans le Massif Central, a été durant la dernière guerre un haut lieu de la résistance, notamment de la part des Protestants1 cévenols. En 1942, les habitants du Chambon, sous la férule et l’énergie du pasteur Trocmé et de sa femme Magda2, ont risqué leur vie pour sauver celle de milliers de Juifs, pour beaucoup des enfants. Aujourd’hui, on peut calculer que ces rescapés de la guerre représenteraient une ville de 50.000 personnes.



Les enfants juifs et autres adultes étaient cachés dans les maisons des habitants, dans les fermes des alentours, ainsi que dans des institutions publiques. Lorsque les patrouilles nazies approchaient, ils étaient cachés dans la campagne en dehors du village. Après leur départ, les habitants allaient dans les bois, chantant une certaine chanson pour prévenir les Juifs que le danger était écarté. En plus de ce refuge, les habitants de cette région ont fourni de faux papiers d'identité, des cartes de rationnement et aidé à faire passer la frontière avec la Suisse. Certains habitants furent arrêtés comme le cousin du pasteur Trocmé, Daniel Trocmé, qui mourut au camp de Majdanek.



Cette région du Chambon-sur-Lignon a sauvé de 3 000 à 5 000 Juifs d'une mort certaine dans les camps. En 1990, le gouvernement d'Israël reconnut toute la région et ses habitants comme « Justes parmi les nations» pour leur action humanitaire et leur bravoure face au danger. Un jardin et une stèle honorent la région du Chambon au Mémorial de Yad Vashem. C'est la seule collectivité à avoir eu cet honneur parmi les Nations.



La visite de Nissim Zvili, en juin 2004 : « l’honneur de l’humanité » “Je viens d'assister à des cérémonies ayant pour cadre le sinistre camp de Drancy. Aujourd'hui, au Chambon-sur-Lignon, je perçois mieux qu'il y avait alors deux France. Par leur capacité à surmonter des obstacles afin de sauver des êtres humains dans le malheur, vos ancêtres ont aussi sauvé l'honneur de l'humanité.”



Et aujourd’hui… Il est important de rappeler que, lors du dernier conflit au Liban, Israël a été soutenu par quelques villes françaises jumelées avec des villes israéliennes. Les médias parlaient surtout des dommages au Liban, mais occultaient la détresse d’un million d’Israéliens cachés dans les abris. De nombreux maires français ont ainsi pris leur défense, les aidant de différents moyens. Il y a encore de beaux gestes non médiatisés…



Concernant, le Chambon-sur-Lignon et la belle attitude des Protestants, qui est non seulement restée dans les mémoires mais qui demeure un symbole fort de résistance et de générosité, on doit souhaiter bien sûr que cela ne reste pas seulement un fait du passé mais que nous voyions aujourd’hui encore de la part des chrétiens, ce soutien sans faille à la cause d’Israël comme cela a été le cas au Chambon pour les Juifs de la guerre.



« Qu’Israël soit détruit… » Aujourd’hui, malgré l’effort des médias présentant Israël comme un « occupant aux réactions disproportionnées », il importe de faire la part des choses et de voir Israël comme un véritable îlot de démocratie au milieu d’une mer de nations hostiles, défendant sa survie par ses propres forces et avec l’aide de D.ieu. La volonté de destruction du peuple juif est exactement la même qu’en 1942, lorsque l'on entend deux dirigeants prononcer les mêmes phrases : « Qu’Israël soit détruit et qu’il ne reste aucun Juif… ».



Amalek / Haman est toujours de ce monde, mais jusqu’à quand... Relisons la phrase de la femme d’Haman qui disait avec son bon sens : « Si Mardochée devant lequel tu as commencé de tomber, est de la race des Juifs, tu ne pourras rien contre lui, mais tu tomberas devant lui. » (Esther 6 :13).



Pasteur Gérald Fruhinsholz, le 11 nov. 06