NDLR : Vaste débat. De nos jours, la mode naissante des partis politiques évangéliques n'a pas vraiment su éviter les pièges du "star système"... et de la corruption. Rappelons que le discours ci-dessous s'inscrit également dans un contexte qui est celui de l'Amérique latine, où les révolutionnaires marxistes (soutenus parfois idéologiquement par des théologiens "de la Libération") et les narcotrafficants font règner la terreur. Enfin, n'oublions pas que la conception catholique du Royaume de Dieu s'inspire d'Augustin, lui-même inspiré d'Aristote: ce Royaume de Dieu "terrestre" consiste dans l'invasion de toutes les couches de la société par des agents du changement. Même si l'idée du levain dans la pâte implique que les "témoins de Jésus" fassent règner ce Royaume à venir dès ici-bas autour d'eux, la Bible n'indique nulle part que ce royaume viendra globalement avant l'établissement de ce qu'elle nomme le "Millénium", qui suivra le Retour de Jésus-Christ.
LIMA, Perou, le 7 Novembre 2006
Après après s'être donné rendez-vous dans la sutructure du Séminaire Biblique Gamaliel de l'Eglise de Dieu, à Lima, au Pérou, du 2 au 4 novembre, les théologiens et théologiennes membres de la Fraternité Théologique Latino-américaine (FTL) ont émis une déclaration conjointe dans laquelle ils rendent compte que "l'apparition de l'État et la réalité des empires mondiaux sont des manières imparfaites de contenir la violence au moyen de la vengeance, mais en même temps sont des réalités constitutionnelles orientées vers la domination. A travers le problème de la violence, individuelle, sociale et structurelle, on découvre une tendance adamique à l'auto-justification de l'Homme."
Avec la participation du Dr. Antoine González, théologien jésuite originaire d'Espagne, les membres de la Fraternité Théologique Latino-américaine ont signalé que "la précense réelle et actuelle, et pas seulement au futur, du 'Royaume de Dieu' permet de vivre les prémices de l'ère messianique au moyen de communautés dans lesquelles disparaît la pauvreté, l'injustice, l'inégalité et l'oppression, et dans lesquelles, selon les anciens prophètes 'les épées deviennent des charrues et les lances dans faucilles'."
En utilisant ces images symboliques, ils ont condamné les multiples formes de violence et ont invité les églises à se joindre aux diverses initiatives locales, régionales, nationales et mondiales à construire une culture de paix, comme c'est le cas précisément de la "Décennie pour le dépassement de la violence" du Conseil Mondial des Églises et "à l'appel de l'UNICEF aux religions du monde" à travailler pour l'éradication de la violence envers les enfants. Ils ont en outre indiqué que "la non-violence chrétienne n'est pas une attitude naïve face à un monde violent, mais une manière concrète et créatrice de répondre à l'oppression et à la violence, comme nous l'apprend le Sermon sur la Montagne. De fait, les réponses non violentes sont précisément celles qui rendent possible la rupture avec le cercle vicieux de la vengeance, la conversion de l'oppresseur et la libération de l'opprimé de la tentation d'imiter son oppresseur".
Dans cette optique, des débats intenses ont eu lieu concernant les avantages et les inconvénients pour les dirigeants d'églises de soutenir des partis politiques, comme cela s'est vu dans divers pays d'Amérique latine. Les théologiens ont averti du danger de s'assujettir aux ordres d'un empire ou de se laisser entraîner par le modèle du pouvoir politique, et non par le modèle du service comme nous l'a appris Jésus, le Messie. Ils ont clairement mis en garde que "le lieu où s'exerce l'influence des églises n'est pas le trône du palais de Caïfe, mais les villages de la Galilée, où résident les plus pauvres d'entre les pauvres."













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