Ibrahim Zahi Suleiman, l’unique chrétien parmi les 171 candidats aux élections municipales du 25 novembre à Bahreïn, une petite monarchie arabe du Golfe, affirme ne ressentir « aucune discrimination » à son égard.
«Je suis fier d’être le seul chrétien bahreïni à être candidat aux municipales et je ne ressens aucune discrimination », confie ce Bahreïni d’origine jordanienne, en affirmant avoir choisi de se présenter « par reconnaissance envers la patrie qui (l’a) accueilli ».
« L’une de mes principales motivations est de consolider la démocratie, qui ne fait aucune discrimination entre les races, les religions ou les confessions », explique M. Suleiman, 42 ans, qui travailla pendant 20 ans comme fonctionnaire de l’État. « Mon père est l’un des fondateurs des Forces armées bahreïnies » (« Bahrain Defence Force », BDF), où il servit de 1969 à 1985, explique-t-il. « Moi-même, j’ai travaillé de 1986 jusqu’à cette année pour la BDF et j’ai obtenu la nationalité bahreïnie en 1994 », poursuit M. Suleiman, diplômé de droit et actuellement avocat stagiaire. « Durant ces 20 ans, je n’ai ressenti aucune discrimination à mon encontre. Je n’ai jamais eu l’impression d’être différent à cause de ma religion », insiste-t-il.
Le petit archipel de Bahreïn, qui a dans le Golfe une réputation établie de tolérance, compte quelque 650 000 habitants, dont 450 000 nationaux. Parmi ceux-ci, le nombre de chrétiens s’élève à un millier, pour la plupart d’origine arabe.
Catholiques, protestants et orthodoxes disposent d’églises à Bahreïn, qui compte également quelques familles juives. Il y en avait des centaines dans les années cinquante. Candidat dans la 3e circonscription de la province sud de l’archipel, à caractère tribal et à majorité sunnite, il n’a toutefois pas échappé aux critiques.
Ses détracteurs l’ont attaqué dans des articles publiés dans un journal local simplement parce qu’il est chrétien. « Ces articles peuvent peut-être nuire à ma campagne électorale (...) parce que certaines mentalités sont influencées par de telles considérations », reconnait M. Suleiman, père de trois enfants.
S’il est élu, M. Suleiman ne sera toutefois pas le premier chrétien à devenir conseiller municipal. Dans les années vingt, les chrétiens étaient déjà représentés au sein de l’unique Conseil municipal de Bahreïn, élu pour la première fois en 1919, ce qui en faisait la troisième instance municipale dans le monde arabe, après les Conseils d’Alexandrie et de Tunis.
Une chrétienne, Alice Sammaan, siège actuellement au Conseil consultatif, une assemblée de 40 membres désignés par le roi, et un juif, Ibrahim Nounou, y a siégé durant une session. En même temps que leurs 40 conseillers municipaux, les Bahreïnis sont appelés à élire le 25 novembre les 40 membres de leur Chambre des députés, l’une des deux assemblées composant le Parlement.













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