
La petite communauté des juifs ultra-orthodoxes israéliens est partie en guerre contre la fête de la gaypride prévue vendredi dans les rues de Jérusalem, ville sainte pour les trois grandes religions monothéistes.
Depuis une semaine, les "hommes en noir" aux papillotes incendient des pneus dans les rues et lancent des pierres sur la police pour manifester leur hostilité.
Pour les organisateurs de la gaypride, Jérusalem, ville hautement symbolique pour une bonne partie de l'humanité, est au contraire un endroit rêvé pour une marche visant à promouvoir la concorde, la tolérance et l'ouverture d'esprit.
Les ultra-orthodoxes - environ sept pour cent de la population de l'Etat hébreu - estiment en revanche que le défilé de quelque 8.000 gays dans les rues de la ville sainte est une véritable provocation dirigée contre la religion en général, et donc Dieu, et non contre le seul judaïsme.
La controverse qui fait rage illustre à merveille les profondes divisions au sein d'une société israélienne prise entre deux exigences apparemment contradictoires - fidélité à sa vocation religieuse et souhait de paraitre moderne et progressiste.
"Nous sommes dans une société très diversifiée et très divisée", explique Tom Sedgev, un historien qui signe des éditoriaux dans le quotidien Haaretz. "Israël devient un pays à la fois de plus en plus orthodoxe et laïque, ce qui est illustre la profondeur de sa diversité et de ses divisions (...) Nous sommes très loin de pouvoir formuler une identité israélienne commune."
Fille lesbienne
Les ultra-orthodoxes vivent pour la plupart à Jérusalem, notamment dans le quartier de Mea Shearim, véritable enclave où le visiteur étranger peut avoir l'impression de se trouver sur une autre planète.
Ils vivent entre eux, échappent pour la plupart à l'armée et au travail et passent le plus clair de leur temps à étudier la Torah et autres ouvrages religieux.
L'affaire de la gaypride a fait sortir de leurs gonds les juifs ultra-orthodoxes, qui ont réagi avec une agressivité qui a surpris. Beaucoup d'entre eux vont jusqu'à prédire que le défilé de vendredi, s'il se matérialise, aura des conséquences incalculables.
Dans les sondages, près de la moitié des Israéliens se disent soit laïques, soit antireligieux. Beaucoup reprochent ouvertement aux ultras les "privilèges" ou exemptions dont ils bénéficient de la part de l'État.
Contrairement à Jérusalem l'austère, Tel Aviv connait une vie nocturne des plus animées, à l'image de Berlin ou Paris, et compte une communauté importante et active d'homosexuels et de lesbiennes.
Même le Premier ministre, Ehud Olmert, s'est invité dans le débat sur la gaypride de Jérusalem. Lundi, ce père de famille qui compte une fille ouvertement lesbienne a déclaré à la télévision que le défilé gay de cette année constituait à ses yeux une provocation.













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