Mardi, plus de 100 millions d’Américains se rendent aux urnes pour élire leurs députés et sénateurs. Mais de l’autre côté de l’Atlantique, on ne se contente pas de voter dans les écoles ou dans les mairies. On vote aussi dans les églises !

Des églises qui se transforment tous les deux ans en bureaux de vote. Qui pourrait imaginer la chose en France ? C’est pourtant bien ce qui se passent aux Etats-Unis, malgré la séparation officielle de l’Eglise et de l’Etat garantie par le premier amendement.

Dans le comté de Boone, dans le Missouri, par exemple, un tiers des bureaux de vote sont des églises. Tout citoyen américain peut donc devoir aller voter dans un lieu de culte, qu’il soit croyant ou non, puisque, comme en France, la répartition des bureaux de vote se fait en fonction du lieu de résidence de chacun.

Certains électeurs iront donc voter mardi dans une église catholique, d’autres dans des églises protestantes. D’autres iront même dans des lieux de culte qui ne sont même pas reconnus comme Eglises en France, comme la First Church of God (Première Eglise de Dieu) ou encore la Church of Glory (Eglise de la Gloire).

Pourtant, pour les Américains, cela n’a rien de choquant. Nombre d’Eglises ont d’ailleurs pris part à la campagne. Dans le Missouri par exemple, les Eglises s’opposent depuis des mois à un amendement facilitant la recherche sur les cellules souches sur lequel les électeurs de l’état devront se prononcer mardi.

Certaines églises pourtant se sont récemment vues retirer le statut de bureaux de vote. Dans le Dakota du Sud, une église avait installé une pancarte anti-avortement non loin de l’entrée. Certes, la distance entre la pancarte et la porte d’entrée était réglementaire, mais les autorités demandaient à ce que l’église laisse n’importe qui mettre ses propres pancartes sans quoi l’église devrait retirer la sienne. Faute d’accord, les électeurs du comté de Pennington iront voter ailleurs.

Comme dans tous les bureaux de vote, les églises devront donc ranger posters, brochures et autres documents de campagne avant l’ouverture des votes mardi matin, sans quoi elles seraient accusées de fraudes. Les résultats s’annonçant serrés, tout peut être bon pour gagner des voix.