Pour ceux qui ne la connaissent pas encore, Bat Yeor, (pseudonyme) de son vrai nom Giselle Littman est une universitaire britannique originaire d’Egypte qui s’est spécialisée dans les recherches sur le statut des minorités non musulmanes dans le monde islamique, communément appelé la « dhimmitude. ». Cette année, elle a publié le résultat d’observations et de recherches sur les relations privilégiées entre l’Europe et le monde arabe depuis quelques décennies.
Le constat de Bat Yeor est que cette « coopération » est en train de se tourner au détriment de l’Europe. Son analyse prend son point de départ en 1973, après la guerre de Kippour. Les pays arabes constatant qu’ils ne pourraient détruire Israël militairement, décident d’avoir recours à l’arme du pétrole comme arme stratégique pour faire pencher l’Europe de leur côté. Après avoir quadruplé les prix du baril et provoqué une crise économique très profonde, ils proposent aux Européens le marché suivant : en échange de la garantie d’approvisionnement à long terme, les Européens s’engageront à multiplier les échanges commerciaux et culturels avec le monde arabe, et adopteront une politique moyen-orientale favorable à la cause arabe et palestinienne.
Mais dans un deuxième temps, la stratégie arabe va exprimer d’autres ambitions. D’un levier politique contre Israël, le monde arabe va rajouter un volet politico-religieux en se lançant à l’assaut de l’Europe, considéré par l’Islam, comme « Dar-al-Harb », territoire à conquérir, et pour certains pays, à reconquérir. Pour ce faire, de nouvelles conditions, vont être rajoutées à ces accords tacites : favoriser une immigration massive d’origine arabo-musulmane en Europe, jouissant des même droits que les nationaux, et promotion de la culture islamique dans les sociétés européennes.
L’apparition de vagues terroristes islamiques en Europe occidentale dans les années 80 ne pourra qu’entraîner une attitude conciliante d’une Europe plus soucieuse de remplir ses pompes à essence que du destin du petit Etat juif.
Sous l’impulsion du meilleur élève de la classe, les « obligations » européennes se concrétisent déjà dès l’année 1976 avec l’adoption en France d’une loi lourde de conséquences concernant le « regroupement familial ». Désormais, tout travailleur immigré aura la droit de faire venir sa famille (souvent nombreuse) sur le territoire français.
Dans le domaine culturel, l’accent sera désormais mis sur la fameuse coexistence pacifique possible entre les trois religions monothéistes, à l’image de « l’âge d’or andalou », oubliant que cette configuration ne fut possible qu’à la condition que le dominant et maître fut…musulman !
Bat Yeor dresse alors la très longue liste des multiples publications, conférences, sommets, décisions et accords qui jalonnent le fameux dialogue Euro-arabe, (Eurabia) et qui vont concrétiser ce rapprochement. La ligne de cette politique et on ne peut plus claire : adoption systématique des thèses arabes sur le conflit du Proche-Orient, exigences répétées de concessions unilatérales de la part d’Israël, valorisation de la culture islamique et de son apport à la culture européenne, favorisation de la création de lieux culturels et cultuels musulmans en Europe, multiplication des accords de coopération en matière scientifique, commerciale et technologique, et la liste n’est pas exhaustive.
Et ainsi, de manière feutrée mais systématique, l’inféodation de l’Europe au Monde arabe va se faire dans une quasi indifférence, du moins pendant un certain temps.
Sans s’en rendre compte, la plupart des Européens n’ont pas vu venir le danger, car plusieurs facteurs importants ont faussé leur appréhension des choses : la culpabilité post-coloniale envers les pays du Maghreb, l’aide nécessaire aux pays en voie de développement, et toutes les idées nouvelles amenées par les mouvements de gauche et tiers-mondistes, qui ont intégré la culture ambiante, et formé le socle du « politically correct » actuel : le multiculturalisme, l’antiaméricanisme, l’ouverture aux autres, l’antiracisme, la solidarité, l’égalité absolue, la justice sociale etc…
De plus, cette évolution s’est faite de manière à ne pas éveiller les soupçons, en laissant volontairement le flou sur la terminologie employée, ou en camouflant les choix politiques en actes humanitaires.
Même si de manière générale, la coopération et le dialogue sont des nécessités, il faut cependant pour cela remplir certaines conditions primordiales : que les parties soient sur un pied d’égalité, que les objectifs soient clairement définis, et que les prestations soient réciproques. Or il n’en n’est rien. L’arme du pétrole et la menace terroriste ont mis l’Europe dans une position défensive et de dépendance. Et bien évidemment, ces exigences arabes ont rencontré un écho favorable dans une Europe culpabilisée par la Shoah mais non guérie de l’antisémitisme, et toute heureuse de pouvoir exprimer envers l’Etat juif ce qu’elle ne pouvait plus exprimer envers le Juif en tant qu’individu.
Ainsi, l’attitude européenne depuis ces trente dernières années s’est progressivement transformée en soumission envers le monde arabo-musulman, et en attitudes souvent indécentes de flatterie ou d’auto-accusation, qui sont précisément les trois caractéristiques de la « Dhimmitude », telle que la prévoient le Coran et la Charia !
Même si de plus en plus d’Européens commencent à se réveiller et à se rendre compte de cette longue et inexorable évolution, la question est de savoir s’il est encore temps pour eux de réagir, ou si les sociétés occidentales sont déjà définitivement gangrenées par l’Islam combattant. Le livre très bien étayé de Bat Yeor n'encourage pas à l'optimsime dans ce domaine...
Pour en savoir plus, lisez ce passionnant ouvrage !
« Eurabia, l'axe euro-arabe », Bat-Yeor - Editions J.C. Godefroy, 2006













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