Une vérité inconfortable, le film de celui qui fut "presque" président des USA, promoteur de l'agenda du New Age, et présenté comme "chrétien" sur certains sites "chrétiens"...

Mandaté par le gouvernement britannique en vue d'évaluer les conséquences économiques du réchauffement climatique, l'économiste Nicholas Stern a rendu public, lundi 30 octobre, un rapport dans lequel il estime le coût des changements climatiques à 5 500 milliards d'euros si rien n'est fait d'ici dix ans. La presse commente les résultats de cette étude et salue l'engagement britannique en matière environnementale.

La Tribune (France) "Seul l'homme est en mesure d'inverser la mécanique autodestructrice qui résulte du développement anarchique et égoïste de ses activités", insiste l'éditorialiste Pascal Aubert. "Et sans une bonne dose de volontarisme, la dégradation de l'atmosphère terrestre et son cortège de calamités naturelles atteindront sous peu un caractère irréversible dont il faudrait alors rendre compte devant les générations futures. Il en va de la responsabilité des dirigeants politiques et économiques, mais aussi des individus consommateurs que nous sommes tous, de laisser derrière nous une planète aussi viable et vivable que celle qu'on nous a léguée en héritage. Certains s'y emploient déjà ; d'autres pensent qu'ils ont le temps devant eux. Le mérite du travail de l'économiste respecté qu'est sir Nicholas Stern est d'essayer de leur faire comprendre que, plus ils attendront, plus le prix à payer sera élevé."

The Guardian (Royaume-Uni) "Que le rapport de Nicholas Stern ait poussé les gens à agir avant même d'avoir été lu en entier prouve bien l'importance de l'argent", écrit le journaliste George Monbiot. "Il semble qu'il ait démontré ce que beaucoup d'entre nous supposaient, à savoir qu'il serait beaucoup moins onéreux de prévenir le changement climatique que de chercher à vivre avec. Aussi utile que soit la découverte, j'espère que cela ne signifie pas que le débat va s'orienter uniquement sur l'argent. Le principal coût du réchauffement climatique se calculera en vies humaines, pas en euros. Comme Stern le rappelait hier, il y a un impératif moral à essayer d'éviter que des populations soient décimées, quel que soit l'argument économique. (...) Cela exigera davantage d'interventionnisme étatique que ce dont on avait l'habitude, ainsi que la mise en place urgente d'un plan politique assez brutal (et qui ne pourra être contesté). Mais si vous pensez que cela est pire que l'hécatombe, alors vous avez un problème avec votre système de valeurs."

die tageszeitung (Allemagne) "Le capitalisme découvre les changements climatiques", écrit Stephan Kosch. Pour le journaliste, mieux vaut tard que jamais. "La vérité est que le réchauffement climatique menace également l'économie mondiale. Nous n'aurions pas dû attendre la publication de l'étude britannique pour nous en rendre compte. Nous aurions dû le comprendre au plus tard lors de la chute de la production de pétrole dans le Golfe du Mexique provoquée l'année dernière par les ouragans, le prix du pétrole augmentant alors. C'est un exemple type des difficultés auxquelles les entreprises devront faire face dans les années à venir, partout dans le monde (...). L'économie ne comprenant pas d'autre langage que celui de l'argent, les entreprises ne réagissent que lorsque leurs rendements sont menacés. Ou lorsque de nouveaux marchés s'ouvrent. Les entreprises britanniques l'ont bien compris et voient la chance que représente les changements climatiques. Condamnées à réduire les émissions de gaz à effet de serre, elles mettent l'accent sur l'innovation."

Le Temps (Suisse) Stéphane Bussart relève que le réchauffement de la planète est devenu au Royaume-Uni un enjeu de politique nationale. "Cosmétique électorale il y a encore peu, le thème du changement climatique est devenu incontournable. Longtemps en retrait sur les questions environnementales, le gouvernement travailliste britannique l'a bien compris. (...) S'appuyant sur l'étude Stern, le gouvernement britannique propose trois mesures pour combattre le réchauffement climatique. (...) Gordon Brown ministre britannique de l'Economie, qui a commandé l'étude Stern, vient par ailleurs d'engager comme conseiller environnemental l'ex-vice-président américain Al Gore (auteur du documentaire 'Une vérité qui dérange' sur la même thématique du réchauffement climatique). Une commission devrait aussi encadrer les investissements réalisés par les entreprises du Royaume-Uni dans les technologies vertes."