C’était prévisible après la proclamation du cessez-le-feu entre Israël et le Liban et l’adoption de la résolution 1701 du Conseil de Sécurité exigeant notamment l’embargo sur toutes les armes destinées aux groupes terroristes. Et pourtant, certains cherchaient à se convaincre que l’arrêt des combats résoudrait le conflit opposant Israël au Hezbollah.

A présent, de l’aveu même du gouvernement libanais, les infiltrations d’armes se poursuivent impunément entre la Syrie et le Liban. Cette information a été communiquée dans la nuit par le délégué de l’ONU au Proche-Orient, Terje Larsen.

Quant aux positions du régime syrien, a ajouté Larsen, elles restent inchangées. Damas admet comme toujours que des armes sont probablement acheminées par la frontière en ajoutant qu’il s’agit d’une "frontière problématique difficile à contrôler". Larsen aurait précisé que l’ONU ignorait la quantité et la nature des armements transférés clandestinement au Liban par cette voie.

Le délégué de l'ONU a, par ailleurs, "loué l’action du gouvernement libanais", précisant que Beyrouth "déployait tous ses efforts pour empêcher ce transfert d’armes". "Mais, s’est-il interrogé, sont-ils satisfaisants ? L’avenir nous le dira".

L’ambassadeur des Etats-Unis à l’ONU, John Bolton, a fait part, de son côté, de ses préoccupations concernant l’attitude de la Syrie et de l’Iran qui, selon lui, cherchaient à déstabiliser le Liban en brisant l’embargo des Nations unies. Il a souligné qu’il était vital que la Syrie respecte les décisions de l’ONU, étant donné qu’elle était le seul pays, avec Israël, à avoir une frontière commune avec le Liban.

Bolton a adressé un appel au président syrien Bachar Al Assad, lui demandant de respecter la résolution de l’Onu, conformément à l’engagement qu’il avait pris auprès du secrétaire général des Nations unies Kofi Annan.

L’ambassadeur syrien à l’ONU, Bachar al-Jaafari, a prétendu que son pays suivait toutes les directives de l'organisation. Il a ajouté que même les ministres libanais de la Défense et des Affaires étrangères, ainsi que le chef des renseignements libanais, avaient démenti les informations portant sur la violation des accords par les Syriens.

Mais pour Bolton, les Libanais n’osent pas donner des informations précises à ce sujet de crainte de subir les foudres de Damas. Il a conclu sur ce sujet en indiquant que "l’absence de coopération syrienne était toujours aussi inquiétante" et en saluant le courage d’hommes politiques démocrates libanais qui continuaient à agir en dépit des menaces.

Réagissant aux propos de Bolton, Larsen a déclaré qu’il ne détenait aucune information précise à ce sujet mais il a admis que depuis l’assassinat de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri, en février 2005, il y avait eu 14 meurtres ou tentatives de meurtre au Liban. Il a ensuite indiqué que la situation politique au Liban était plus que préoccupante.