A une semaine des élections au Congrès américain, l'US Army a fait état de son 101e mort en un mois en Irak tandis que George Bush dépêchait son conseiller à la sécurité nationale Stephen Hadley à Bagdad, où la violence a encore fait dans la journée plus de 40 morts.
Les deux derniers morts américains en date sont un "marine" tué dimanche au combat dans la province de l'Anbar, un fief de la guérilla sunnite, et un membre de la police militaire tué par un sniper dans l'est de Bagdad.
Le bilan des pertes de l'US Army en octobre, le plus lourd depuis presque deux ans, est imputé par les officiers américains à une recrudescence des attaques à la faveur du ramadan, qui avait débuté en septembre, mois durant lequel 71 autres soldats américains avaient trouvé la mort en Irak.
L'armée américaine a perdu au total 2.814 soldats au combat depuis l'invasion de 2003 et l'hostilité croissante de l'opinion publique à une guerre dont elle voit n'entrevoit plus la fin est susceptible de faire perdre à George Bush sa majorité au Congrès la semaine prochaine.
S'affichant insensible à ce risque, le chef de la Maison blanche a répété à de multiples reprises qu'il n'entendait pas retirer les 140.000 "boys" d'Irak avant que leur mission soit remplie et, de son côté, le ministre irakien des Affaires étrangères Hochiyar Zebari a jugé leur maintien "indispensable".
Dans une interview à Reuters, Zebari a assuré lundi qu'il n'y avait aucune divergence entre Bagdad et Washington, bien que le Premier ministre irakien Nouri al Maliki ait exprimé jeudi des réserves sur la stratégie américaine, à laquelle il a imputé "la piètre situation sur le plan de la sécurité en Irak".
"METTRE UN TERME A CETTE AFFAIRE SADDAM"
Celle-ci a été au centre des entretiens que Stephen Hadley a eus avec Maliki lundi à Bagdad, où les violences ont fait plus de 40 morts, dont 28 ont été victimes d'une bombe dans le quartier chiite de Sadr City et 13 de voitures piégées en d'autres points de la capitale.
A Washington, l'ambassadeur saoudien a déclaré qu'une partition de l'Irak conduirait à des opérations de nettoyage ethnique et à des massacres interconfessionnels de grande ampleur et il a mis en garde les Américains contre un retrait précipité.
"Envisager de diviser l'Irak en trois, c'est envisager le nettoyage ethnique sur une grande échelle, des assassinats entre groupes religieux sur une grande échelle", a dit le prince Tourki al Fayçal. "Puisque les Etats-Unis sont venus en Irak sans y être invités, ils ne devraient pas en partir sans y être invités."
L'ONU estime que les violences intercommunautaires font une centaine de morts quotidiennement, paralysant le processus de reconstruction politique du pays, au grand désespoir de Washington, qui presse aujourd'hui Maliki de mettre au pas les milices chiites.
Le Premier ministre irakien, dont l'assise politique repose en partie sur les chefs politiques de ces groupes, renâcle à s'exécuter en faisant valoir que le danger principal émane d'Al Qaïda et des groupes sunnites armés issus de l'ancien régime de Saddam Hussein.
Ce dernier, pour sa part, attend le verdict du tribunal spécial qui l'a jugé pour le massacre de 148 chiites dans le village de Djoubaïl, à la suite d'une tentative d'assassinat dirigée contre lui, en 1982. Il risque la mort par pendaison.
"Je crois qu'il est vraiment temps que le tribunal rende son verdict. Cela a duré trop longtemps, les faits sont là et ils sont très clairs et il faut mettre un terme d'une manière ou d'une autre à cette affaire Saddam", a estimé Zebari dans son interview à Reuters.













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