NDLR : Vaste débat que celui des diagnostics d'embryons au préalable de leur implantation dans l'utérus de la mère. Ces techniques rappellent des thèses eugéniques, mais la différence fondamentale, cependant, et que le DPI vise à avoir un enfant sans malformation génétique, alors que les thèses eugéniques visent à concevoir une race parfaite morphologiquement et intellectuellement. Malgré tout, y a-t-il une différence pour la Bible entre les deux concepts ? La Bible rappelle indéniablement le caractère sacré de la vie, et au demeurant, tout ce que l'on peut dire est qu'il y existe des exemples de sélection concernant la reproduction, mais uniquement la reproduction animale. L'on peut prendre l'exemple de Jacob, qui demeurait chez son oncle Laban, qui fit en sorte que seules les brebis vigoureuses se reproduisirent (Genèse 30. 41 ; Lévitique 19. 19). A côté de cela, la Bible nous enseigne que la vie est un don de Dieu, et que nous sommes tous connus de Dieu depuis le sein maternel (Jérémie 1. 5). Ainsi, même en cas de manipulation génétique des scientifiques ou sur la volonté des parents, la Bible nous enseigne que rien n'arrive au hasard.

Le Pr Israël Nisand, professeur de gynécologie obstétrique au CHU de Strasbourg, répond aux propos de Jacques Testart dans Le Monde du 14/10/06 sur le diagnostic préimplantatoire (DPI) (cf. revue de presse du 16/10/06). Jacques Testart dénonçait la dérive eugénique du DPI, ce qu'Israël Nisand conteste. Pour lui, cette qualification "à la légère" du DPI "ne fait qu'ajouter à la confusion". Le Pr Nisand estime que le DPI ne peut pas être interdit par crainte du détournement de son usage mais, que cette pratique, ainsi que celle du diagnostic prénatal, doivent être encadrées avec rigueur et vigilance.
Le DPI "a été conçu et développé pour éviter l'avortement chaque fois que l'anomalie génétique est prévisible". En France, 47 centres de diagnostic prénatal analysent les dossiers de parents demandant un DPI, une centaine de DPI sont réalisés chaque année dans les trois centres français agréés. Le DPI ne peut être accepté que si la maladie transmise par les parents a "une particulière gravité" et qu'elle est "incurable". Le but est "de ne pas faire débuter une grossesse d'un enfant qui serait plus tard atteint de la maladie grave en question".
Pour le Pr Nisand, le DPI relève du "choix légitime" des parents. Assimiler cette technique à de l'eugénisme revient à "insulter les familles d'enfants malades", "c'est en fait refuser aux parents la liberté d'un choix que la France leur a donné il y a plus de trente ans en acceptant le développement du diagnostic prénatal". Seuls les parents ont la légitimité de dire "qu'une vie ne vaut pas la peine d'être vécue" et la société n'a pas à se substituer aux parents pour des décisions "qu'ils seront seuls à assumer ultérieurement".
Le Pr Nisand explique la double culpabilité des parents qui attentent un enfant mal formé : celle d'avoir conçu un tel enfant et celle de demander l'arrêt de la grossesse. Chaque année en France, près de 6 000 couples font une interruption médicale de grossesse (IMG). Ce choix ne relève pas de la recherche de "l'enfant parfait". Ainsi le DPI offre aux parents la possibilité de "ne pas imposer à leur enfant le parcours inéluctable d'une maladie qu'ils connaissent et redoutent (...)".
Pour Israël Nisand, on ne peut pas avoir, en France, recours à cette technique pour choisir le sexe de son enfant ni pour sélectionner les embryons "ayant les meilleurs promesses de QI" car c'est interdit par la loi.
Le Pr Nisand conclut : "oui à l'encadrement rigoureux et vigilant du DPI par la loi (et par l'Agence de la biomédecine, qui doit contrôler le respect de la loi), mais aussi et surtout du diagnostic prénatal où se pressent les vrais problèmes éthiques, car les décisions portent sur la mort prénatale d'un être vivant et aimé".













del.icio.us it!
Blogmark it!
Scoop it!
Fuzz it!
Tape Moi!
AllActuer Ca!
Nuouz Ca!
Memes Ca! 


























