NDLR : Israël étant une démocratie parlementaire, tout projet ou proposition de loi doit au préalable être entériné en Conseil des ministres, à la suite de quoi le projet est porté à l'ordre du jour du Parlement (Knesset), pour être défendu par le gouvernement lors de sa lecture. Le Premier Ministre israélien préside le Conseil des ministres, ce qui est une différence fondamentale avec le régime français, puisqu'il détermine l'ordre du jour du Conseil, et peut ainsi refuser qu'un projet y soit inscrit. Un petit détail qui a son importance lorsqu'une démocratie parlementaire peut être en situation de cohabitation, comme la France justement. Le Premier Ministre israélien dispose donc de pouvoirs très étendus, ces derniers pourraient devenir encore plus importants en cas de migration vers un régime présidentiel.
Il faut rappeler qu'en outre, depuis 1998, le Président de l'Etat d'Israël est élu pour un mandat unique de 7 ans à la majorité simple des membres de la Knesset (suffrage universel indirect).

Le comité ministériel en charge de l’approbation des projets de loi vient d’approuver, dimanche 15 octobre, la proposition de changement de régime politique proposée par Avigdor Liberman, le Président du parti russophone ‘Israël Beiteinou’.
Selon ce projet de loi, le Premier ministre serait élu au suffrage universel direct et se verrait confier en plus de ses responsabilités actuelles les charges du Président de l’Etat, dont la fonction serait abolie.
Le projet de loi a été adopté en comité ministériel par 5 voix contre 4. Le Président du comité ministériel, le ministre de la Justice Meïr Chetrit, avait au préalable rejeté une demande du ministre de l’Agriculture Shalom Simhon (travailliste), qui exigeait que le conseil des ministres au grand complet soit saisi du sujet.
L’adoption de la proposition de loi s’assortit d’une condition : l’approbation du projet de loi par le gouvernement après chaque nouveau débat et vote par le parlement. Cette mesure laisse en effet au ministre de la Justice le loisir de proposer sa propre mouture de la loi au nom du gouvernement. Meïr Chetrit estime en effet qu’une initiative tellement révolutionnaire devrait émaner du gouvernement et non pas d’un simple parlementaire.
Le Premier ministre Ehoud Olmert s’est déclaré en faveur du changement proposé et a annoncé que son parti, Kadima, soutiendrait la loi en première lecture à la Knesset.
Les ministres travaillistes du gouvernement ont quant à eux décidé de faire appel de la décision du gouvernement. Cet appel devra être examiné en conseil des ministres dans un délai de deux semaines environ, repoussant d’autant les débats à la Knesset. Le parti travailliste devrait essayer de torpiller l’adoption de la loi au parlement, afin d’éviter le ralliement d’Avigdor Liberman à la coalition qui dirige le pays. Les autres partis de la coalition, Shass et le parti des Retraités, ne semblent pas non plus en faveur de l’adoption de cette loi.
Le député Zevouloun Orlev (Mafdal) s’est déclaré profondément inquiet par les risques inhérents à cette proposition de loi. «Un changement de régime est dangereux pour la société israélienne», a-t-il en effet déclaré. Selon Orlev, il y a en Israël «un grand nombre d’idées différentes, un pluralisme et une multitude de communautés : ce que Liberman propose c’est tout simplement la mainmise par celui qui obtient 51% des voix sur tout le reste de la population.» Pour Zevouloun Orlev, un tel régime serait porteur de luttes et de lourdes pertes d’énergies pour le pays.













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