L’idée d’utiliser de l’eau pour alimenter en carburant votre voiture peut sembler tirée par les cheveux, mais en fait, l’eau contient de l’hydrogène, qui est un gaz. Beaucoup d’experts croient que ce gaz pourrait être utilisé dans le futur pour alimenter la combustion interne de moteurs et produire de l’électricité. Une équipe de scientifiques israéliens a développé une nouvelle méthode pour produire de l’essence d’hydrogène à bas prix, de manière efficace et sûre. En utilisant le bore, un élément semi-métallique léger, pour réagir avec l’eau, ils espèrent produire de l’hydrogène pouvant être brûlé dans un moteur à combustion interne – hydrogène sur demande. Suite…
Les craintes croissantes pour l’environnement et le prix des combustibles fossiles augmentant, une équipe de chercheurs israéliens travaille à une nouvelle méthode libre d’émission de gaz pour faire rouler votre voiture – avec de l’eau.
L’eau peut paraître une source invraisemblable de carburant, mais elle est en fait pleine d’hydrogène, qui est un gaz. Beaucoup d’experts croient que ce gaz pourrait être utilisé dans le futur pour alimenter la combustion interne de moteurs et produire de l’électricité. Le seul problème avec l’hydrogène, cependant, est que la production de ce gaz inflammable est inefficace, chère et polluante, de plus il est extrêmement difficile à emmagasiner et à transporter.
Le Dr Tareq Abou-Hamed, un scientifique israélien actuellement à l’Université de Minnesota, et des collègues, les Prof Jacob Karni et Michael Epstein, à la tête du Service de l’Energie Solaire de l’Institut Weizmann en Israël, ont développé une nouvelle méthode pour produire de l’essence d’hydrogène à bas prix, de manière efficace et sûre et permettant de résoudre les problèmes de stockage à bord et de transport.
Les scientifiques utilisent le bore, un élément semi-métallique léger, pour réagir avec l’eau afin de produire de l’hydrogène qui peut être brûlé dans un moteur à combustion interne ou nourrir une cellule de combustible pour produire de l’électricité. L’objectif est de créer de l’hydrogène à la demande – suffisamment d’hydrogène pour être compatible avec les besoins d’un moteur de voiture.
«Le bore et l’eau peuvent être stockés séparément dans deux récipients. Les mélanger d’une manière contrôlée libèrera l’hydrogène comme l’exige le moteur» dit Abou-Hamed.
Selon la revue New Scientist, les voitures fonctionnant à l’hydrogène comptent sur des stocks de gaz produit dans des usines centralisées, et distribués sous forme liquéfiée ou comprimée via des stations de réapprovisionnement. La liquéfaction prend environ 40% de la quantité d’énergie de l’hydrogène emmagasiné, tandis que la densité d’énergie du gaz, même comprimé, est si basse qu’il est improbable qu’il puisse alimenter en carburant une voiture normale.
De l’hydrogène sur demande élimine le besoin en pipelines d’hydrogène onéreux et d’infrastructure de distribution, et rend également les voitures à hydrogène plus sûres, ajoute le New Scientist.
Selon Abou-Hamed, un Arabe Israélien de Jérusalem-Est, il n’y a pas d’émissions de CO2 par ce procédé. L’unique produit dérivé est l’oxyde de bore, qui peut être ôté de la voiture et reconverti en bore pour une nouvelle utilisation. Et c’est là-dessus qu’Abou-Hamed travaille actuellement sur une nouvelle méthode innovante dans une usine à énergie solaire.
Le Dr Abou-Hamed et son équipe estiment qu’afin de créer le même volume d’énergie qu’un réservoir de 38 litres, la voiture devrait transporter 18 kg de bore et 45 litres d’eau. Ensemble ils produiraient 5 kg d’hydrogène – suffisamment pour alimenter une voiture moyenne pendant 350 km.
Bien que le travail du Dr Abou-Hamed en soit encore au stade de la recherche, un prototype fonctionnel est prévu pour l’an 2009, et le Dr Abou-Hamed pense qu’une tentative de commercialisation de la technologie commencera dans un ou deux ans.
«Cela deviendra une réalité» a commenté Abou-Hamed par téléphone depuis les Etats Unis. «C’est une technologie extrêmement nécessaire. »
L’un des problèmes avec cette méthode est que le bore est onéreux, mais le Dr Abou-Hamed pense que l’utilisation de l’énergie solaire pour recycler le bore réduira de manière substantielle le coût.
Le Dr Abou-Hamed est né dans le village de Sour Bahir dans Jérusalem-Est. Au cours de sa jeunesse, il passait ses étés à cueillir des fruits dans les kibboutzim voisins, travaillant côte à côte avec des personnes venant du monde entier. Là il apprit à parler anglais et il découvrit d’autres cultures.
Il débuta des études d’écologie au Département de Recherche de l’Energie à l’Institut Weizmann il y a environ 3 ans, après avoir passé son Doctorat en génie chimique à l’Université d’Ankara en Turquie. L’Institut l’attira à cause de sa réputation pour la recherche à niveau mondial et ses ressources telle la tour solaire, l’une des installations les plus avancées dans le monde pour la recherche de l’énergie solaire.
Le Dr Abou-Hamed a commencé à travailler à l’Institut Weizmann à l’apogée de l’Intifada, mais malgré la détérioration du climat politique, il y trouva une équipe accueillante. «A l’Institut Weizmann, la science est la seule chose qui compte» admet-il.
Il est parti au début de cette année s’installer dans le Minnesota où il a une bourse pour un deuxième post-doctorat. Aux Etats-Unis il projette de continuer à travailler sur la recherche de l’hydrogène avec ses collègues israéliens et cherche maintenant des fonds pour ce travail.
Au cours de ses études à Weizmann, le Dr Abou-Hamed a travaillé dur pour promouvoir une compréhension israélo-palestinienne. Chaque été il organisait et accompagnait des tournées au Jardin de la Science du campus de Weizmann pour les enfants palestiniens de son village assistant aux programmes d’été. Quelques 300 enfants âgés de 9 à 15 ans ont pris part à ces excursions.
«Mon but était de montrer à ces enfants comment la communauté scientifique travaille, qu’est-ce que les Israéliens font et ce qu’ils pourraient faire dans l’avenir» dit le Dr Abou-Hamed, qui se voit jouant un rôle positif pour les enfants. «Je sens que si je pouvais leur montrer qu’il est naturel pour nous de vivre et de travailler ensemble , cela pourrait créer plus de coopération entre Israël et les Palestiniens, et aider au processus de la paix. »
Le Dr Abou-Hamed croit que l’avenir nous réserve plus de coopération, mais cela va demander des changements et une nouvelle génération pour la soutenir.
«Nous devons toujours être positifs, regarder vers l’avant avec espoir, et travailler à transformer cet espoir en quelque chose de réel et de vivant. La seule façon de le faire est de s’asseoir ensemble, de parler l’un avec l’autre et de résoudre les problèmes ensemble» ajoute-t-il.













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