NDLR : Le parti Meretz est un parti politique de gauche alors que le parti Yaadout Hatora est un parti politique de la droite religieuse. Ils n'ont donc rien en commun, mais avec les propositions du parti Israël Beteinou, formation politique russophone, proposant l'instauration d'un mariage laïc en Israël, l'initiative de faire entrer dans le gouvernement le parti Yaadout Hatora ne peut être qu'une bonne nouvelle. Tout dépend ensuite des ministères qui leurs seront affectés.

Le ministre de la Défense Amir Peretz, leader du Parti travailliste, semble craindre par dessus tout l’entrée d’Avigdor Lieberman, chef de file d’Israël Beteinou, dans la coalition. Pour éviter cette démarche, d’après le site du quotidien Haaretz, il œuvrerait ces derniers temps en vue d’introduire au gouvernement deux autres partis qui n’ont rien en commun. Il s’agit d’une part de la formation orthodoxe Yaadouth Hatora (6 sièges) et d’autre part du parti d’extrême gauche Meretz (5 députés).

Peretz a rencontré mercredi matin le président de la commission parlementaire des Finances, le député Yaakov Litzman, de Yaadout Hatora, afin de tenter de le convaincre d’accélérer le processus. Il compte également s’entretenir, dans les jours qui viennent, avec le leader de Meretz, le député Yossi Beilin.

Cette idée n’est pas nouvelle. Peretz l’a proposée la semaine dernière au Premier ministre Ehoud Olmert mais ce dernier n’a pas été convaincu par les arguments de son ministre de la Défense. Peretz avait expliqué que les deux partis réunis représentaient la même force électorale qu’Israël Beteinou, à savoir 11 sièges. Olmert, de son côté, aurait indiqué qu’il préférait la participation d’un parti homogène.

Peretz n’a pas baissé les bras, malgré le refus du Premier ministre. Il a annoncé à son entourage qu’il était même prêt à quitter la coalition si le parti de Lieberman rejoignait le gouvernement. Il a prétendu qu’il ne souhaitait pas siéger dans un gouvernement "dont la politique serait gelée".

Mais Peretz n’a pas seulement des problèmes au gouvernement. Il doit également consolider son statut au sein de son parti et compte, dans ce contexte, améliorer ses relations avec l’ancien Premier ministre Ehoud Barak. D’ailleurs, au Parti travailliste, on estime que si Peretz prend l’initiative de quitter la coalition après l’entrée d’Israël Beteinou, il risque de susciter des luttes intestines avec une partie des ministres travaillistes, actuellement en poste dans le gouvernement OImert.

Le Premier ministre, de son côté, doit reprendre la semaine prochaine les pourparlers avec Lieberman, après son retour de Russie. Le chef d’Israël Beteinou doit présenter ce mercredi à la Knesset son projet de loi visant à modifier le système politique en Israël. Mais le vote n’aura lieu que la semaine prochaine et il n’est pas assuré d’obtenir la majorité.