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Le Premier ministre israélien s’est rendu à Moscou pour sa première visite officielle en-dehors d’Israël depuis la dernière guerre du Liban. Le voyage de quelques heures a été l’occasion pour les journalistes qui l’accompagnaient de l’interroger sur les sujets du moment.

Ehoud Olmert doit rencontrer le président russe Vladimir Poutine, le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, et le ministre de la Défense Sergueï Ivanov. Olmert rencontrera également les responsables de la communauté juive et les parents des soldats russes servant dans les rangs de Tsahal.

Le cÅ“ur de sa visite - du moins le dossier qui figure en tête de liste de son agenda, a-t-il déclaré - se concentre sur les dangers que représente l’armement nucléaire iranien. Dangers qu’il abordera évidemment avec Poutine. « J’arrive à Moscou sans penser en termes de sanctions », a-t-il affirmé, « mais je souhaite parvenir à faire cesser le développement nucléaire de Téhéran ». Olmert estime que la Russie partage ses craintes devant le nucléaire iranien et qu’elle est consciente des enjeux qu’il représente. Et même, qu’elle est foncièrement opposée à laisser les Iraniens se doter de l’arme atomique. Naïveté ou bon sens, le Premier ministre israélien a décidé de voir en Poutine un partenaire de choix pour enrayer les velléités de la République islamique. Selon un proche du Premier ministre, il devrait faire pression sur Poutine pour que Moscou gèle complètement sa coopération nucléaire avec l’Iran.

La Russie promettait toujours de ne jamais nuir à Israël, mais les armes en direction du Hezbollah continuent à affluer.

Olmert a par ailleurs salué les efforts entrepris par Moscou pour tenter de parvenir à la libération de Guilad Shalit, aux mains du Hamas depuis le 25 juin dernier. Poutine aurait envoyé un émissaire à Damas rencontrer le président syrien Bashar al-Assad, et lui demander d’interférer auprès de Khaled Meshaal pour qu’aucun tort ne soit causé au caporal enlevé.

Concernant la succession de Moshé Katsav, le Premier ministre a fait savoir qu’il n’était pas approprié de s’étendre sur le sujet tant que l’actuel président était encore en poste, mais il a signifié qu’il ne « rejetait aucune candidature ». Olmert préfèrerait toutefois que le futur président de l’Etat ne soit affilié à aucun parti politique.

Quant à l’entrée d’Israël Beitenou dans la coalition, Olmert a avoué avoir abordé la question avec Avigdor Lieberman. Des désaccords subsisteraient entre les deux hommes, comme par exemple, l’épineuse question du mariage. « Nous devons nous revoir pour aborder le sujet plus avant », a déclaré le Premier ministre.

Autre sujet-clé pour Olmert, la quantité d’armes soviétiques qui parvient illégalement au Hezbollah, et contribue à étoffer son arsenal militaire. Le chef du gouvernement se souvient des nombreuses promesses de Poutine qui avait affirmé que la Russie ne porterait jamais atteinte à Israël. A ce jour, Moscou continue toujours d’armer la Syrie. Et les armes utilisées par la milice chiite libanaise pendant les 34 jours des récents conflits au sud-Liban étaient de fabrication russe. Ehoud Olmert espère que sa rencontre avec le président russe encouragera Moscou à réduire ses ventes d’armes au pays du Moyen-Orient, et à imposer des contrôles plus stricts sur les transactions.

De son côté, Moscou devrait s’engager activement à relancer le processus de paix israélo-palestinien, et à améliorer ses relations commerciales avec l’Etat juif. Des officiels du gouvernement russe se seraient déclarés intéressés à importer le savoir-faire israélien en matière d’agriculture, de Défense et de technologie.