NDLR: La Corée du Sud n'est pas favorable à une intervention militaire qui renverserait le dictateur de Pyongyang, mais ouvrirait dans son pays les vannes d'une immigration tellement massive qu'elle déstabiliserait l'économie.

Le régime de Pyongyang avait déjà averti qu'il pourrait procéder à un nouvel essai, faisant savoir que cela dépendrait de l'attitude des Etats-Unis.

La Corée du Nord a averti mardi qu'elle considérait comme une "déclaration de guerre" les sanctions décrétées à l'ONU, au moment où Washington lançait une vaste offensive diplomatique afin de rallier Séoul et Pékin à une application sans faille de ces mesures.

Dans la première réaction du régime stalinien après la résolution onusienne, mise à part celle de l'ambassadeur à l'ONU, un porte-parole des Affaires étrangères indique: "il va sans dire que la résolution ... ne peut pas être interprétée autrement que comme une déclaration de guerre contre la RPDC (République populaire démocratique de Corée) car elle s'est fondée sur le scénario selon lequel les Etats-Unis tiennent à anéantir le système socialiste à la coréenne centrée sur les masses populaires".

Cette nouvelle déclaration vindicative a suscité un avertissement à la rapidité surprenante de la part de la Chine, pourtant fidèle alliée du régime nord-coréen.

"Le plus important maintenant est que toutes les parties concernées s'abstiennent de faire quoi que ce soit qui puisse aggraver les tensions", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Liu Jianchao.

Pyongyang a de plus averti qu'il serait "implacable" à l'encontre de tout pays qui pourrait violer sa souveraineté dans le cadre des sanctions.

"(...) nous infligerons des coups implacables, et sans hésiter, à quiconque tenterait de violer notre souveraineté et notre droit à survivre sous le prétexte de mettre en oeuvre la résolution du Conseil de sécurité", selon le porte-parole nord-coréen cité dans une dépêche de l'agence officielle KCNA.

L'allusion vise clairement "l'inspection de toute cargaison à destination ou en provenance de Corée du Nord" exigée par l'ONU afin de vérifier si elles ne contiennent pas des matériels liés à des armes des destruction massive.

Cette clause a suscité les craintes de la Chine et la Corée du Sud, évoquant des risques de conflit à grande échelle. Mardi, Pékin a affirmé qu'il allait appliquer "sérieusement" la résolution de l'ONU mais a averti qu'il tiendrait compte de ses "règles commerciales et de ses lois nationales".

Le communiqué de Pyongyang intervient au moment où des activités suspectes détectées en Corée du Nord ont relancé les craintes d'un nouvel essai nucléaire.

"J'ai reçu des informations à ce sujet, mais je ne peux pas révéler les détails", a déclaré le ministre japonais des Affaires étrangères Taro Aso.

A Séoul, un responsable gouvernemental cité par l'agence Yonhap a également dit avoir détecté des signes suspects mais souligné qu'il ne pourrait s'agir en fait que d'activités militaires sans lien avec un essai.

"Nous nous attendons à tout, mais nous sommes très prudents quand il s'agit d'analyser les renseignements relatifs à la Corée du Nord", a-t-il souligné sous couvert d'anonymat. Selon la chaîne de télévision américaine NBC, des satellites espions américains ont détecté des activités humaines et des mouvements de véhicules près du site où Pyongyang avait fait exploser sa première bombe atomique le 9 octobre. Un responsable du renseignement américain a toutefois indiqué qu'il n'y avait aucune preuve qu'un essai soit imminent.

Le régime de Pyongyang avait déjà averti qu'il pourrait procéder à un nouvel essai, faisant savoir que cela dépendrait de l'attitude des Etats-Unis. Les spéculations sur la possibilité d'un nouveau test interviennent au moment où Washington lançait une offensive diplomatique visant à assurer la mise en oeuvre effective des sanctions de l'ONU.

Le négociateur américain sur le nucléaire nord-coréen, Christopher Hill, est arrivé mardi matin à Séoul.

"La Corée du Nord va payer très, très cher ce genre de comportement irresponsable", a déclaré l'émissaire. "Ce que nous devons faire, qui est de travailler très dur avec nos partenaires et alliés à la mise en oeuvre de la résolution 1718 du Conseil de sécurité de l'ONU", a-t-il poursuivi.

M. Hill, qui avait fait une halte à Tokyo, prépare une rencontre tripartite prévue jeudi dans la capitale sud-coréenne entre la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice et les ministres japonais des Affaires étrangères Taro Aso et sud-coréen Ban Ki-moon, prochain secrétaire général de l'ONU. Mme Rice doit également se rendre à Tokyo et Pékin.

La mission diplomatique américaine vise à rappeler leurs "obligations" aux voisins de la Corée du Nord, notamment Pékin et Moscou, les prévenant que l'Iran "observe" leur réponse au défi de Pyongyang, a indiqué lundi Mme Rice.

Toujours sur le front diplomatique, le Premier ministre russe Mikhaïl Fradkov était mardi à Séoul pour des entretiens avec le président sud-coréen Roh Moo-hyun.