A l’occasion du Congrès du Parti National Démocrate (PND) au pouvoir, Hosni et Gamal Moubarak ont tour à tour fait sensation en annonçant leur volonté de lancer un programme nucléaire en Egypte. En pleine crise diplomatique autour du programme iranien, cette annonce a eu l’effet d’une bombe.
"l'Egypte au seuil du club nucléaire". Lundi dernier, la Une du quotidien Nahdet Misr ne faisait aucun doute. Après ces déclarations, il semble évident que l’Egypte sera bientôt membre des pays dotés de l’énergie nucléaire. D’autant plus que l’indépendant El Masri El Youm rapportait la veille les propos de l’ambassadeur américain en Egypte, selon lequel "les Etats-Unis n’ont pas d’objection à ce que l’Egypte développe un programme nucléaire pacifique. Il est connu que l’énergie nucléaire n’a pas d’effets néfastes sur l’environnement et qu’elle est également la moins chère". Dans le même temps, le quotidien Rose El Youssef rapporte que "l’AIEA s’est dite hier prête à présenter à l’Egypte toute sorte d’aide, en matière de technologie et de formation, pour bâtir son programme nucléaire à usage pacifique".
Scepticisme et lutte d’éditos Rien ne semble donc empêcher l’Egypte de se lancer dans un programme nucléaire civil et la presse se montre unanimement enthousiaste, à l’exception peut-être de Salama Ahmed Salama. Le célèbre éditorialiste de l’officiel Al Ahram se montre plutôt sceptique et regrette le retard accumulé : "Si l’on avait eu une vision à long terme, on aurait suivi l’exemple de l'Inde et on occuperait alors déjà une place importante en matière nucléaire. Depuis 20 ans, tous les facteurs étaient réunis pour que l’Egypte puisse se doter de l’énergie nucléaire" L’éditorialiste en conclut que l’Egypte est le pays des chances perdues. Pour toutes ces raisons, je crois que l’annonce inopinée faite par Gamal Moubarak sur l’option nucléaire n’est faite que pour la consommation locale" Un point de vue durement rejeté par Abdallah Kamal, dans une double page consacrée par le quotidien Rose Al-Youssef. Selon lui, les opposants au projet n’ont pas lu le papier présenté par le PND sur l’énergie en Egypte : "le point le plus important de ce papier porte sur la nécessité de revoir les réserves stratégiques de l’Egypte en gaz naturel et en pétrole"
Sous l'oeil des journaux du monde A l’étranger, mis à part le New York Times qui estime que le projet s’inscrit dans le cadre de la politique interne à l’Egypte ("pour renforcer le profil de Gamal Moubarak et créer un sentiment public de défi à Washington"), les journaux raisonnent en termes géopolitiques. Tunis Hebdo explique le comportement paradoxal des Etats-Unis, farouchement opposés au nucléaire iranien, mais favorables au projet égyptien : "la prolifération nucléaire n’est pas condamnable si elle est le fait de pays alliés aux Etats-Unis. Le projet de doter l’Egypte — pays ami et soumis à l’Amérique — de l’arme nucléaire s’inscrit, quoi qu’on dise, dans ce contexte précis" Dans un chat organisé par Le Monde, Bruno Terrrais, maître de recherche à la Fondation pour la recherche stratégique, souligne que "l’Egypte se voit traditionnellement comme un pôle de puissance au Moyen-Orient et ne voudrait peut-être pas laisser l'Iran être la seule puissance nucléaire islamique au Moyen-Orient".
En tout cas, la machine est en route : Le Conseil national supérieur pour l'énergie s’est réuni cette semaine, après 20 ans d’inactivité.













del.icio.us it!
Blogmark it!
Scoop it!
Fuzz it!
Tape Moi!
AllActuer Ca!
Nuouz Ca!
Memes Ca! 


























