
NDLR : Seules les informations concernant le dossier nord-coréen proviennent exclusivement du journal Le Figaro.
Le régime nord-coréen annonçait aujourd'hui le 9 Octobre 2006 avoir effectué son premier essai nucléaire, malgré les mises en garde de la communauté internationale et les résolutions de l'ONU. La Corée du Nord est un des derniers régimes communistes qui subsistent encore aujourd'hui dans le monde, qualifié par les Etats-Unis d'Amérique et leur Président George W. Bush de "régime dangereux pour le monde". La Corée du Nord s'était déjà illustrée auparavant par des essais de tir de missiles ayant une portée maximum de 6000 kilomètres, et donc capables d'atteindre les côtes américaines. La Corée du Nord justifie cet essai en affirmant que ceci contribuera à renforcer sa dissuasion nucléaire, et semble même rejeter la faute sur les Etats-Unis d'Amérique de par leur politique internationale agressive, qui aurait entraîné la péninsule coréenne dans un état d'hostilité. C'est un véritable défi que lance la Corée du Nord à la communauté internationale auquel l'ONU promet de répondre par une réponse "ferme et rapide". L'essai en question se serait déroulé dans le sous-sol coréen, au Nord-Est du pays. Le conditionnel employé ici montre que les analystes ne peuvent affirmer avec précision où l'essai s'est déroulé, ni même si la Corée du Nord a effectivement effectué un essai nucléaire. Toutefois, les récents essais effectués tendent à affirmer que le régime coréen est en pleine effervescence sur le plan militaire. A l'instar de la Chine, les défilés militaires en Corée du Nord vont bon train.
Les Etats-Unis d'Amérique sont les premiers à être inquiets de ce déploiement de force, à la vue de la rhétorique antiaméricaine utilisée par le despote nord-coréen. Les réactions de George W. Bush ne se sont d'ailleurs pas faites attendre, indiquant que le régime de la Corée du Nord "fait partie des plus dangereux du monde", et que même si l'essai n'est pas encore confirmé, il est en soi "une menace pour les Etats-Unis d'Amérique". Les discussions entre Washington et Tokyo sont tombées d'accord pour une "action décisive" à l'ONU. Le Japon est en effet inquiet à plus d'un titre du danger que constitue l'un de ses proches voisins qu'est la Corée du Nord, dont les sites de lancement se trouvent justement en bordure de la Mer du Japon. Le Japon a par ailleurs déclaré qu'il userait de "représailles sévères" à l'encontre du régime nord-coréen en cas de crise majeure. Une discussion s'est aussi établie entre Washington et Moscou, et aussi surprenant que cela paraisse, la Russie se trouve sur la même longueur d'ondes que les Etats-Unis d'Amérique. Vladimir Poutine a en effet affirmé que les deux pays travailleront à des "actions coordonnées" pour mettre fin rapidement à la crise. La surprise vient du fait que la Russie entretient des liens étroits avec la corée du Nord et la Chine sur le plan politique et militaire. On sait que la Russie est un client privilégié militairement parlant pour les régimes pro communistes, et donc antiaméricains. La Russie fournit d'ailleurs de manière répétée des armes antiaériennes aux régimes iranien et syrien, pour ne citer que ces deux pays. De son côté, la Chine a dans un premier temps condamné l'essai nucléaire, pour ensuite revenir sur ses condamnations et appeler les pays concernés à régler la crise par la "négociation".
Les services de renseignement sud-coréen préviennent que le régime nord-coréen pourrait effectuer d'autres essais nucléaires, s'il est confirmé que le premier était d'origine nucléaire, en témoigne les nombreux mouvements de l'armée nord-coréenne sur la zone d'essais. Les autorités américaines ne peuvent de même assurer que l'explosion qui a provoqué un séisme en Corée du Nord était d'origine nucléaire. Toutefois, il faut souligner deux choses. Si l'explosion était bien d'origine nucléaire, et que la bombe avait une puissance comprise entre 1 et 15 kilotonnes, le séisme provoqué aurait dû être ressenti bien au-delà des frontières nord-coréennes, ceci du fait de son explosion souterraine. Ensuite, il faut savoir qu'une explosion nucléaire produit un souffle électromagnétique mettant hors d'usage tout appareil fonctionnant à l'électronique dans la portée de la bombe. La Corée du Nord se serait-elle réellement risquée à effectuer un essai nucléaire dans son sous-sol ? La situation nucléaire internationale est actuellement tendue, et la Corée du Nord s'est distinguée par son soutien au régime iranien dans sa tentative d'acquisition de la bombe nucléaire.
Quelles sont les incidences sur la sécurité d'Israël ? Suite aux événements de la péninsule coréenne, les autorités israéliennes se sont tout de suite penchées sur les conséquences d'un tel essai sur les décisions iraniennes. L'Iran et la Corée du Nord ont déjà affirmé tous deux vouloir la destruction de l'Etat d'Israël, et c'est tout naturellement que la question se pose. L'Etat d'Israël craint en effet que cela encourage le Président iranien à persévérer sur la question du nucléaire. D'autant plus que sur le dossier iranien, la communauté internationale semble être plus ouverte à la négociation que sur le dossier nord-coréen. Tout comme le régime iranien, la Corée du Nord prétend que sa dissuasion nucléaire aidera à conserver la paix dans la péninsule coréenne ainsi que la stabilité. Ce dernier mot rappelle curieusement les déclarations qu'avait faites le Ministre des Affaires Etrangères, Philippe Douste-Blazy, sur la question du nucléaire iranien lors de la guerre que livrait Israël face aux Hezbollah. Au fait, que dit la France au sujet de cet essai nord-coréen ? "Je condamne l'essai nucléaire effectué par la Corée du Nord aujourd'hui. C'est un acte d'une très grande gravité pour la sécurité internationale. Le Conseil de sécurité avait mis en garde la Corée du Nord, vendredi 6 Octobre, contre un tel acte. Je rappelle l'engagement de la France en faveur du traité sur la non-prolifération et du traité d'interdiction des essais nucléaires. Il appartient maintenant à la communauté internationale de réagir à cette nouvelle situation et d'apporter une réponse ferme à Pyongyang. Nous allons sans délai engager des consultations avec les autres membres du Conseil de sécurité des Nations Unies ainsi qu'avec les pays de la région" dixit Philippe Douste-Blazy. Remarquez qu'ici, il est question d'un danger pour la "sécurité internationale", et sur le dossier iranien, il s'agit d'un élément "stabilisateur". Monsieur Douste-Blazy aurait-il oublié l'engagement de la France sur le traité de non-prolifération nucléaire ? Voilà que la France est prête à accepter qu'un régime islamiste fasse l'acquisition de l'arme nucléaire. Certains diront peut-être qu'Israël dispose aussi de l'arme nucléaire, à juste titre, car tout le monde se rappelle qu'Albert Einstein était Juif. C'est bien une prolifération nucléaire qui est en train de se produire en Iran, malgré cela la France décide sciemment de mettre de côté ses engagements internationaux, rappelés par ailleurs par le Ministre des Affaires Etrangères, Philippe Douste-Blazy, sur la question nord-coréenne. Israël a de quoi se poser des questions quant au positionnement de la France à son sujet, alors que de son côté, Israël n'effectue aucun essai nucléaire.













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