
Rendons justice à l’unique survivante de la famille Rosenfelder, famille juive persécutée, spoliée et victime de la Shoah et qui se bat pour voir reconnue la spoliation exercée par L’Oréal.
En effet, pendant 37 ans, la maison des Rosenfelder a servi de siège social à L’Oréal en Allemagne, à Karlsruhe,. Le groupe l’a vendu récemment, avec grand profit, à l’Etat Allemand (Versorgung des Bundes und des Landes).
Par cette exaction, pendant toutes ces années de déni, c’est aussi son identité qui a été volée à cette famille par L’Oréal,. Ses dirigeants et avocats ne cessent de réécrire l’histoire. Derniers arguments en date : une présumée prescription des faits et un accord passé entre une compagnie d’assurance (la BGV) dirigée par un nazi et une institution juive chargée en 1945-1948 de régler les spoliations à la place des survivants. La BGV a trompé cette institution en dissimulant l’existence de survivants. Pourtant, l’accord stipulait que la présence de survivant rendait caduque toute cession de ce bien qui devait revenir à ses légitimes propriétaires. L’Oréal l’a ensuite acheté en toute connaissance de cause et n’a cessé de nier l’existence de survivant jusqu’à ce que Monica Waitzfelder, fille de la propriétaire de la maison, puisse en exposer les preuves dans son livre paru en 2004 chez Hachette Littérature " L’Oréal a pris ma maison ".
Depuis, L’Oréal communique, pour fuir sa responsabilité, en mettant notamment en avant ce soi-disant accord caduc.
Ainsi, devenu aujourd’hui l’un des plus grands groupes mondiaux et ayant fait la richesse de la famille de ses fondateurs, L’Oréal refuse encore de reconnaître les faits. Le passé politique trouble de ses premiers dirigeants, acteurs d’une extrême droite proche de l’idéologie nazie, continue de peser sur le présent. Pour mémoire : Eugène Schuller, directement lié à ce dossier, était le Fondateur de L’Oréal. Il était également père de Liliane Bettencourt, née Schueller, et fondateur de la Cagoule, groupe d’extrême droite activement lié au régime nazi en France.
Devant l’impossibilité, depuis 50 ans, pour sa mère d’obtenir légitimement et de façon conventionnelle les documents, preuves de son droit de propriété, Monica Waitzfelder s’est lancée seule dans cette recherche documentaire et a tenté, de nouer vainement un dialogue avec L’Oréal. Depuis 2001, elle s’est tournée vers la justice française (plainte déposée par les avocats de la plaignante Charles Korman et Charles Choucroy) qui refuse d’ouvrir le dossier. Motif : elle serait incompétente pour examiner l'affaire d'un juif spolié sur le territoire de la République française dont le fruit de l'extorsion est… "resté en Allemagne".
Le 12 octobre 2004, devant la cour de Cassation, Louis di Guardia doyen des avocats généraux à la Cour de Cassation a lui-même plaidé pour l’ouverture du dossier. Pourtant, à l’étonnement de tous, il n’a pas été suivi par la chambre criminelle…
Très prochainement, Maître Korman saisira la Cour de Justice des Droits de l'Homme d'une requête pour voir sanctionner la France d'avoir refusé de "donner un juge" (article 6.1) pour statuer sur la défense d'un droit de l'Homme - le droit à la propriété d'Edith Rosenfelder.













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