NDLR: Un texte dont la forme humoristique ne doit pas cacher le sérieux du fond...

par Frank Chase
Association des Mega-églises d'Amérique
19, rue de la Pente Glissante
Pneus Lisses, Californie 92630
(USA)
A mes saints bien-aimés,
Nous, leaders du mouvement dit de la "Croissance de l'Eglise" ou des Mega-églises, désirons communiquer avec les leaders du passé, particulièrement avec les prophètes de l'Ancien Testament, avec Jésus-Christ, les apôtres, les réformateurs et les revivalistes de jadis. Nous désirons parler des différences entre vos méthodes et nos méthodes, tellement plus fructueuses. Nous sommes obligés de reconnaître que vous avez fait un travail louable pour l'avancement du Royaume de notre Père Céleste. Nous saluons tout particulièrement votre travail dans des circonstances difficiles et sans la connaissance de nos méthodes modernes. Nous admirons la façon dont vous avez réussi à construire des fondements qui subsistent encore aujourd'hui sans l'aide de la paille contemporaine ni du mortier qui nous est aujourd'hui tellement nécessaire. Ceci reste un mystère déroutant pour nous.
Notre but en vous écrivant est double. Premièrement, nous voudrions obtenir votre bénédiction sur nos nouvelles méthodes. Nous sommes certains que vous les approuvez déjà , et même, êtes vous peut-être un peu envieux de notre grand succès que vous voyez depuis là -haut, assis dans la gloire. Vous pouvez constater la formidable moisson que nous sommes en train de récolter pour le Royaume de Dieu. Néanmoins, nous ressentons comme nécessaire de recevoir comme garantie, une caution officielle des leaders du passé. Deuxièmement, nous avons pris du temps pendant des mois pour examiner vos propres méthodes, et à la lumière de nos avancées modernes, nous ressentons le besoin de mettre le doigt sur quelques unes de vos nombreuses erreurs dans lesquelles vous êtes tombés.
Non pas que nous nous considérions comme supérieurs à vous, mais pour démontrer aux saints du passé que vous êtes, que notre méthodologie a surpassé la vôtre. Grâce à Dieu, nous sommes nés au début de cette méthodologie porteuse de progrès et plus efficace. Bien que nous respections hautement les méthodes employées il y a 2000 ans par notre Sauveur Jésus-Christ, nous rejetons catégoriquement leur usage pour notre culture contemporaine. Nous souhaitons que nos ministères glorifient Jésus, et pas nécessairement en suivant ses méthodes, mais en moissonnant une grande récolte pour Lui en utilisant nos propres techniques. Nos coeurs débordent de reconnaissance envers Dieu qui nous fait la grâce de nous montrer une meilleure manière de vivre et de prêcher dans cette époque troublée.
Il ne fait pas de doute que notre mouvement tient une place prépondérante dans les annales de l'histoire de l'Eglise. En 1970, il n'existait que 10 mega-églises en Amérique. Aujourd'hui, on en compte 800. L'an dernier, le frère Bill Hybels de l'Illinois a dénombré plus de 100.000 leaders et responsables d'églises lors de ses séminaires sur la croissance de l'Eglise alors que frère Rick Warren connu pour son programme Purpose-Driven Life, ("Une vie, une vision, une destinée") en a réuni 250.000. N'oublions pas notre cher frère Joel Osteen,de l'église Lakewood au Texas, qui s'est fixé le but d'atteindre bientôt les 30.000 fidèles lors de ses cultes dominicaux.
Par la grâce de Dieu, nous avons fait en sorte que nos églises connaissent une croissance dynamique dans une période de déclin de la foi et de laïcisation de la société. Nous n'aurions pas pu avoir autant de succès sans l'aide de nos prédécesseurs, nous en reparlerons plus bas.
Notre mouvement a été surnommé "l'ami des gens en recherche". Ce surnom résume les reproches que l’on nous fait souvent, comme si nous étions trop gentils dans notre ministère.
En lisant la Bible et en recherchant certaines similitudes avec nos méthodes, nous avons conclu que Dieu fait de nouvelles choses parmi nous. Un de nos frères a été mentionné dernièrement dans la presse: " N'oubliez pas que Christ a utilisé le langage courant. Il a parlé à ses disciples par des paraboles vivantes." (Christian Science Monitor, 30/12/2003)
Nous avons pensé que c'était une bonne idée, le précédent biblique d'une approche nouvelle qui correspond à un appel. On a parlé du chapitre 13 de Mathieu où Jésus affirme parler en paraboles afin que les gens entendent et ne comprennent pas. Cette notion nous a poussé à rechercher une base biblique, mais nous sommes retourné à la case départ. Nous en avons donc conclu qu'il n'existe pas de fondement biblique pour ce que nous sommes en train de faire. Nous savons pourtant que nos méthodes sont bonnes: les chiffres parlent d'eux-mêmes. Le pragmatisme est notre principe directeur: si ça marche, c'est que c'est bon !
Il est évident pour nous, gens d'aujourd'hui, que vos méthodes archaïques ne pourraient produire d'aussi bons résultats que les nôtres. Il n'est plus envisageable d’apporter le message du prophète Esaïe à cette génération : "Venez donc et plaidons, dit l'Éternel. Si vos péchés sont comme le cramoisi, ils deviendront blancs comme la neige; s'ils sont rouges comme l'écarlate, ils deviendront comme de la laine. Si vous vous décidez pour l'obéissance, vous mangerez les meilleures productions du pays; mais si vous refusez, si vous êtes rebelles, vous serez dévorés par l'épée". Esaïe 1:18-20
Ce verset viole un autre de nos principes clé: nous ne laissons jamais entendre à quelqu’un qu’il est coupable. Après tout, c'est le rôle du Saint Esprit de convaincre de péché. Dès le moment où l'Esprit Saint amène peu de conviction de péché, ce serait vraiment présomptueux de notre part de jouer ce rôle.
Nous avons découvert bon nombre de nos principes dans les techniques actuelles de marketing, qui nous ont confirmé que les non chrétiens ainsi que les rétrogrades se trouvent offensés par un discours aussi direct que celui d'Esaïe.
Les ministres de l'Evangile ne doivent pas mettre les gens mal à l’aise. Nous désirons que les fidèles de nos églises aient du plaisir et s'amusent. Nous ne voulons pas d'une atmosphère inamicale ou offensante. Ni les doctrines, ni les standards bibliques n'ont jamais sauvé personne, mais l'engagement dans l'église a conduit de nombreuses personnes au Seigneur et au salut. Nous avons donc pris la décision sage de sacrifier le mieux au profit du meilleur en nous débarrassant de toute doctrine et standard bibliques qui pourraient freiner la croissance de l'église.
Par exemple, arrêtons-nous sur ce que la Bible dit de "l'estime de soi". Elle enseigne que nous devons estimer les autres plus grands que nous-mêmes (Phil. 2:3). Vous hommes du passé, des temps bibliques ou des siècles anciens, avez eu de vous la pensée de n'être qu'une simple poussière devant un Dieu saint et infini. Mais la théorie moderne de l'estime de soi est devenue très populaire ces 40 dernières années. On ne trouve cette notion nulle part dans les Ecritures et même pas dans l’histoire de l’Eglise. C'est ainsi que l'idée d'avoir de soi une image positive pour être en bonne santé et heureux s'est tellement répandue dans l'église que remettre en question ce principe serait considéré comme de la folie. Bien que cette pensée n'ait pas de fondement biblique, ni de précédent dans l'histoire de l'Eglise, et bien que vous les anciens ayez cru exactement le contraire de cette doctrine moderne, nous l'adoptons car la notion moderne d'estime du soi attire du monde dans nos églises.
Imaginez aujourd’hui comment réagiraient les non chrétiens en entendant les paroles d’Ezéchiel: "Alors vous vous souviendrez de votre conduite qui était mauvaise, et de vos actions qui n’étaient pas bonnes; vous vous prendrez vous-mêmes en dégoût, à cause de vos iniquités et de vos abominations." (Ezéchiel 36:31)
Vous comprendrez certainement pourquoi nous nous attachons à supprimer de l’église tout ce qui peut offenser un pécheur ayant de l’estime pour lui. Notre cher frère Robert Schuller, qui a été l’orateur principal lors de la « National Association of Evangelicals » (NAE) l’an dernier. Cet homme, un pionnier dans le développement de cette philosophie du ministère, a bien su résumer notre message en déclarant dans les années 80: « Je ne pense pas qu’il y ait eu une stratégie aussi crue, grossière et contreproductive dans l’histoire de l’évangélisation que celle qui consiste à attirer l’attention des gens sur leur condition de pécheur en route vers la perdition. Il n’y a rien de plus destructeur pour la personnalité que cette méthode-là , qui n’a rien de chrétien. (Christianity Today, 05/10/1984)
En plus de supprimer ce qui peut offenser, nous avons également rajouté certaines choses à la vie d’église qui flattent le côté charnel des perdus. Un magazine avait bien synthétisé notre démarche:
C’en est fini des dogmes traditionnels religieux, des rituels et symboles, ils sont remplacés par des chants et des sermons qui touchent les sentiments. Les membres de l’assemblée reçoivent l’enseignement concret qu’avec Dieu ils sont des vainqueurs et non des victimes. Les messages sont encourageants, faciles à avaler et personne jamais n’est traité de pécheur car Jésus répond par la puissance de la pensée positive... Plus aucun sermons religieux de l’ancien temps, ni de prédications sur la damnation, le feu et le souffre de l’enfer. L’idée de base, c'est la prédication qui n'offense personne. Par exemple, le sermon du pasteur Joel Osteen était plutôt un message de motivation. Pas de sujets de controverse, tels que l’avortement ou l’homosexualité... On peut dire que ce qui est pratiqué dans les megachurches tient plus du concert rock que du culte. L’orgue a été remplacé par les guitares électriques, les cantiques par des chants aux accents rock. Il n’y a plus de croix ni de bougies et le langage a été simplifié, sans termes pompeux pour s’adresser à Dieu. L’assemblée est captivée par un groupe rock frénétique de 10 exécutants, 300 choristes et des dizaines de videos attractives.
En comparant la description ci-dessus avec les sermons infâmes et honteux de Jonathan Edwards sur le sujet : « Pécheurs entre les mains d’un Dieu en colère » Nous ne pouvons vraiment pas encourager des prédications telles que celle-ci :
« Les démons guettent - les non chrétiens - ils sont sans cesse à leurs côtés et attendent pour les dévorer comme des lions affamés qui voient leur proie, mais qui sont retenus un temps. Si Dieu venait à retirer sa main par laquelle Il les retient, en un instant ils fondraient sur leurs pauvres âmes. Le serpent ancien tient sa gueule béante, les portes de l’enfer sont largement ouvertes pour les recevoir, et si Dieu le permettait, ils seraient avalés rapidement et perdus. L’arc de la colère de Dieu et de sa justice est tendu, la flèche qui pointe vers votre cœur est sur la corde, et ce n’est que le bon plaisir de Dieu qui le retient de s’enivrer de votre sang »
Les ignobles prédications de l’ancien temps d’Edwards avaient pour effet d’impressionner un grand nombre de personnes par l’aperçu de leur condition d’hommes pécheurs et perdus qui avaient pour résultat de produire un profond brisement qui se manifestait par des sanglots et des gémissements. Combien l’assemblée a du être démolie dans l’estime de soi déjà fragilisée par des discours négatifs répétés. Edwards parlait souvent dans ses prédications de l’humanité dépravée, de l’enfer, des dangers du péché, de la nécessité de se repentir et d’autres sujets semblables qui n’ont aucune place dans nos propres messages. Nous sommes de plus certains qu’il n’aurait jamais autorisé dans sa congrégation ce que nous appelons « la vague ». Voilà sans doute les raisons qui ont poussés ses paroissiens à incendier sa maison, le forçant à se réfugier avec sa famille dans le village de Strockbridge au désert du Massachussets. C’est là qu’il prêchera à une congrégation d’Indiens très pauvres. Comme vous le réalisez certainement, l’approche d’Edwards était certainement fausse. Ce principe est vrai aussi pour nous, si notre option-clé ne fonctionne pas, elle doit être fausse. Oh mais quel triomphe Dieu ne nous a-t-il pas donné en oeuvrant au travers de nous autrement que par les méthodes archaïques du passé.
Une différence étonnante existe entre nous, c’est l’indifférence apparente de l’apôtre Paul concernant un succès numérique. Il semblait satisfait de centrer son ministère sur l’édification de l’église. Epouse pure, et cela même avec un petit nombre de chrétiens. Paul avait la mentalité d’un soldat sur un champ de bataille, ce qui est bien différent de notre propre mentalité. Nous n’approuvons pas le fait qu’il ait été sans cesse en train de combattre l’ennemi. On retrouve une variété de verbes se rapportant à son ministère et à celui de ses compagnons dans le livre des Actes. On les retrouve en train de se disputer, de convaincre par de grands discours, de parler avec hardiesse, de prêcher aussi, de tenter de faire admettre, d’exhorter, de déclarer, de mettre en garde. Nous croyons que tout cela les a empêchés d’entrer dans le repos et la paix que nous avons. En ne combattant pas sans cesse le monde, nous avons découvert de verts pâturages et des eaux paisibles dont parle le Seigneur dans les Psaumes. Ce n’est pas surprenant que Paul ait eu un ministère qui lui a fait passer de grandes périodes en prison. Sans doute que Dieu tentait de le convaincre pendant ce temps de changer de méthodes.
Nous pourrions encore écrire de nombreuses pages sur le thème des déficiences des prédicateurs oeuvrant avant les années 1950. Certainement que des « réformateurs » comme Tyndale et Luther se trompaient dans leur démarche. Et John Bunyan dans les années 1600 était manifestement sur une fausse voie puisque son dogmatisme a été la cause de son emprisonnement pendant plus de 10 ans dans les prisons de Bedford. Nous condamnons fermement la manière de George Whitefield, de John Wesley et de plein d’autres fanatiques qui attaquaient de front les non chrétiens en prêchant en plein air la repentance dans les années 1700. L’exemple le plus marquant dans ce genre de fanatisme old-style a été celui de William et Catherine Booth, les fondateurs de l’Armée du Salut dans les années 1800. Nous avons la nausée rien qu’en pensant à la tactique utilisée, honteuse et embarrassante, par ceux que nous venons de nommer en prêchant au Nom de notre Jésus doux et clément.
En donnant un coup d’œil à la description des prédications de Whitefield, il est évident de distinguer le ton peu chrétien de ses sermons. L’évêque J.C. Ryle affirme que Whitefield était perpétuellement en train de parler du péché, de l’état de votre cœur, de Jésus Christ, du Saint Esprit, de l’absolue nécessité de repentance, de foi et de sainteté…(Christian Leaders of the 18th Century, by J.C. Ryle, p. 51). Penchons nous un instant sur un autre exemple. Vous pourrez vous rendre compte du nombre d’affirmations négatives dans ce passage d’une des prédications de John Wesley.
Vous, hommes sans foi qui entendez ces mots, vous, viles, faibles et misérables pécheurs, je vous livre devant Dieu, le juge de tous, allez directement vers Jésus avec toute votre impiété. Allez tous ensemble pécheurs méritant l’anéantissement de l’enfer, vous, sans foi, coupables, et perdus. Plaidez chacun de vous le sang de l’alliance, la rançon a été payée pour votre âme orgueilleuse, butée et pécheresse.» (Christian Leaders of the 18th Century, par J.C. Ryle, p. 93)
Quels effets ont bien pu produire de telles méthodes sur les auditeurs de ces accusations qui n’ont rien de chrétiennes. Nous pourrions démontrer de nombreux exemples tirés de la vie des hommes mentionnés ci-dessus, mais regardons plutôt un extrait du journal de George Whitefield :
« La plupart avaient le visage noyé de larmes. La Parole était alors comme une épée à double tranchant. Les cris et les gémissements amers pouvaient percer le cœur le plus endurci. Certains étaient pâles comme la mort, d’autres se tordaient les mains, d’autres encore étaient affaissés à même le sol, et certains tombaient dans les bras d’amis présents ; mais la plupart levaient les yeux vers le ciel implorant la miséricorde de Dieu.» (George Whitefield, Vol. 1 par Arnold Dallimore, p. 487)
Le préjudice causé à leurs auditeurs ainsi qu’aux non chrétiens présents, se lit parfaitement dans le conmpte rendu de Whitefield…… « ils ont été dépouillés de l’estime de soi.»
Il n’est pas surprenant qu’avec de telles conséquences néfastes, Luther, Tyndale, Bunyan, Booth, les premiers Méthodistes, et d’autres encore ont rencontré de telles oppositions venant des responsables d’église réalistes de leur temps, au bénéfice d’une plus grande maturité.













del.icio.us it!
Blogmark it!
Scoop it!
Fuzz it!
Tape Moi!
AllActuer Ca!
Nuouz Ca!
Memes Ca! 



























