NDLR: On aurait aimé que cette lettre de protestation vienne plutôt de la FEF que d'un anonyme...

Monsieur Armin Alcaïde,

Je ne sais pas si cette réponse vous parviendra réellement. J'ai moi-même travaillé assez longtemps au service relations téléspectateurs de France Télévisions pour savoir comment sont gérés les messages qui vous sont adressés.

J'insisterai cependant pour que la personne qui sera en charge de ce message en fasse parvenir une copie à son responsable.

J'ai envoyé un message il y a quelques temps et n'ai JAMAIS obtenu de réponse. En l'occurrence, il s'agissait d'un message de mécontentement vis à vis d'un de vos programmes, la soirée THEMA du 19 Septembre 2006 consacrée aux Évangéliques, intitulée "Quand la Bible devient une arme". La stigmatisation et les a priori, ajoutés à l'amalgame le plus complet fait sur les Évangéliques (bien souvent appelés à tort, les "évangélistes", je tiens à le souligner) ont eu raison de toute perspective journalistique quelle qu'elle soit.

Pour résumer, les "profanes" pourront retenir que: - Les ignares et moyenâgeux évangéliques croient en la création. - Les enfants sont maltraités, violentés, voire torturés au nom de l'exorcisme. - Les évangéliques cherchent à "embrigader" les jeunes en les poussant vers l'obscurantisme et la manipulation mentale, auxquels on couple la fatigue physique.

Je ne me souviens plus du nom des sociétés de production de ces différents reportages, et je vous saurai gré de bien vouloir me les communiquer afin de faire part de mes remarques aux différents "journalistes".

Le journalisme est par essence un système d'information, qui se doit de respecter un certain recul objectif, autant que faire se peut. Or, excusez du peu, mais les simples annonces faites sur votre chaîne ou sur votre site ne laissaient en rien place au doute, le parti-pris était plus qu'évident. ARTE se targue d'être une chaîne "tolérante" et culturelle, avec combien de sujets complaisants face à la pornographie, l'industrie du sexe, l'homosexualité et j'en passe.

Non, la sacro-sainte "tolérance" n'était pas présente dans les commentaires parfois acerbes des journalistes dans leurs enquêtes. Oui, Jésus-Christ a été le précurseur d'un mouvement de contre-culture immense résistant face aux répressions et au Temps... Pourtant votre chaîne ne semble pas vouloir respecter la culture chrétienne dans son entier.

Votre invité, bien que brillant, n'avait en rien le discours d'un croyant, parce que sachez, Monsieur, que quelqu'un qui se dit croyant et qui nie l'existence des miracles, la Création de l'Univers par Dieu ou l'importance pour la Jeunesse de réfléchir à l'éventualité de la Foi... Ce n'est pas vraiment l'exemple même de quelqu'un de Foi.

Je tiens à préciser, avant de terminer, que, comme vous l'aurez compris, je suis croyant, que je fréquente en effet une église évangélique, mais que dans ma façon de voir et de croire:

La Création et l'évolution ne sont pas opposées. Dieu a pu utiliser tous les moyens naturels qu'il avait lui même créés, bien que la théorie de Darwin soit fortement contestée même dans les milieux scientifiques.

Je suis très au fait des pratiques de "délivrance" ou "exorcisme" existant au sein des communautés évangéliques et ce, dans différents pays, et que JAMAIS je n'avais entendu parler de ces rites mêlés d'animisme, de sorcellerie et de foi chrétienne (drôle de mélange) dont il a été fait état dans le reportage en RDC. Je ne tolère ni ne comprends ces horreurs, on ne touche pas aux enfants, et le modèle du Christ est TRÈS loin de ce genre de choses.

Jesus Revolution, je connais par cœur, la plupart des jeunes interviewés, je les connais personnellement, et oui, sur certains aspects, je ne suis pas toujours en accord avec leur façon de faire (excès de zèle, sans nul doute). Cependant, ils n'ont rien de dangereux, ils prônent l'amour, le pardon et le respect, contrairement à ce que le journaliste semblait vouloir faire croire.

Je terminerai par vous dire ce que je pense être vrai. Cela va choquer, très probablement, car ça ne fait pas partie des considérations "politiquement correctes".

Je crois que la chose la plus importante dans la Foi Chrétienne, c'est de vouloir ressembler au Christ. Or, qui est ce Jésus, si ce n'est l'incarnation de l'Amour de Dieu pour sa Création? La prédication, le message et l'essence même de qui est Jésus se trouvent dans les pages de cette Bible qui vous fait peur. Pourtant, dans les mots du Christ ne coulent que l'amour, le pardon, la réconciliation, et surtout la Vérité. Cette vérité qui a fait tant défaut dans ces reportages.

Seulement aujourd'hui en France, dans ce pays si prompt à dispenser ses jugements face aux autres Nations, si imbu et fier de sa déclaration des droits de l'homme (écrite avec du sang), de sa Marseillaise (prônant la violence) et tellement philosophe, on place l'Islam comme une religion qu'il faut respecter et tolérer, alors que le moindre mot de travers les concernant devient source de menaces de mort (cf la Tribune de Redeker dans Le Figaro), on prône la liberté de penser, l'ouverture à des mœurs plus "libres" (mariage gay, homoparentalité)...

Mais penser que la Terre a été créée par un Dieu d'amour, qu'il a livré son Fils pour que le Monde ait une chance de se réconcilier avec lui, croire que la Bible est pleine de vérités qui ne sont pas incompatibles avec la Science et vouloir le dire à ceux qui nous entourent... Ça, ce n'est ni toléré, ni respecté, et, autant le dire, la communauté évangélique est pointée du doigt au travers de certains reportages où l'approche journalistique est davantage teintée de sensationnalisme que de réalisme.

J'ai conscience d'avoir été long, et j'attends de vous une réponse concernant les sociétés de productions concernées.

La Direction d'Arte devrait présenter ses excuses pour la tournure délibérément "antiévangélique" du THEMA du 19 septembre 2006.

Je tâcherai de faire en sorte que ce message ne passe ni aux oubliettes, ni à la trappe. En tant que chaîne du Service Public, vous vous devez de rendre des comptes sur la qualité et le contenu de vos programmes.

Bien à vous, Gabriel.