Le 2 Octobre 2006 Le comité directeur de Vigi-Sectes Aux Responsables de l’ALEPEF

Messieurs Nous avons lu avec tristesse et indignation l’information que vous avez diffusée dans « La lettre de l’Association des Libraires et Editeurs Protestants Evangéliques » (Numéro 8. Juillet 2006) sous le titre « La censure sévit encore » Tout d’abord nous aurions aimé recevoir directement une copie de l’article nous concernant, de plus votre titre nous interpelle. La « censure » étant « l’examen des Å“uvres littéraires … exigé par le pouvoir, avant d’en autoriser la diffusion » (Dictionnaire) nous nous étonnons de la connotation négative que vous semblez attacher à ce terme. Si vous n’acceptez plus le principe de la censure pourquoi avoir encore des « comités de lecture » et, pour reprendre votre expression, s’ils ne « sévissent » jamais à quoi servent-ils?

Ceci étant dit nous vous faisons remarquer que :

La première partie de votre déclaration est presque exacte à part qu’il n’apparaît pas clairement que Vigi-Sectes a avisé personnellement tous les responsables de l’édition du livre (« Réinventer l’Eglise » Brian McLaren) dans les termes suivants : « Pour enlever tout doute nous vous saurions gré de nous dire, de façon personnelle, voire collective, votre sentiment sur le sujet et votre décision de maintien ou de retrait du livre. » (lettre personnelle du 8 Mai 2006) C’est uniquement parce que nous n’avons reçu aucune réponse, que nous avons été contraints de rendre la chose publique. Nous espérons que vous apprécierez la nuance.

Le seconde partie est par contre calomnieuse et nous demandons une rectification. Nos déclarations ne sont ni dans l’esprit dans la lettre de ce que vous dites.

Ainsi, usant de notre droit légal, (http://www.legiblog.com/article-3454146.html) nous vous demandons de publier, dans votre prochaine lettre de nouvelle, le rectificatif suivant :

« La censure sévit encore » L’association Vigi-Sectes tient à préciser que, contrairement à ce qui a été affirmé par monsieur Denis Guillaume dans la lettre de l’ALEPEF, n°8 de Juillet 2006, elle n’a jamais pensé, dit, ou écrit que « les éditeurs évangéliques … publient essentiellement de mauvais auteurs » ni que les « les libraires … cèdent au piège de l’argent et de l’irresponsabilité ». Chacun voudra bien vérifier les déclarations de Vigi-Sectes en lisant le texte intégral sur son site http://www.vigi-sectes.org/mclaren/ Une telle interprétation paraît étonnante de la part d’une association qui prétend superviser le domaine des éditions chrétiennes. On serait tenté de lui répondre : « Veille sur toi-même ! ». Pour le Comité Directeur de Vigi-Sectes Gérard Dagon et Pierre Oddon

Nous ne voudrions pas, entre chrétiens, en venir à la lettre recommandée avec accusé de réception, aussi nous vous remercions par avance de nous accuser réception de ce message et de nous dire, le plus rapidement possible, ce que vous allez faire.

Veuillez croire à nos sentiments fraternels attristés

Pour le Comité Directeur de Vigi-Sectes Pierre Oddon, Gérard Dagon

Pour mémoire, voici le texte intégral de ce que nous avons écrit à ce sujet :

Un mot aux responsables

Jésus a dit: "Moi, je suis le bon berger: le bon berger met sa vie pour les brebis; mais l’homme qui reçoit des gages, et qui n’est pas le berger, à qui les brebis n’appartiennent pas en propre, voit venir le loup, et laisse les brebis, et s’enfuit; et le loup les ravit, et il disperse les brebis" (Jn 10.11-12)

Ayant été pendant environ 30 ans Auteur, Editeur et Libraire, je propose à chaque responsable les réflexions suivantes :

AUX EDITEURS Merci aux éditeurs chrétiens. Grâce à vous un "témoignage chrétien" est rendu dans ce monde de ténèbres. Toutefois en éditant et en recommandant un livre tel que "Réinventer l'Eglise" vous reconnaîtrez que nous ne sommes plus dans le cadre ni dans les objectifs d'une "Alliance authentiquement évangélique" ni dans le créneau que doit occuper une vraie association "pour la lecture de la Bible", ni dans les objectifs de la collection evangile@notreculture : «La collection sera appréciée … aussi bien des responsables d’églises que des paroissiens ayant à cÅ“ur de partager l’Evangile avec leurs contemporains français». Les responsables de la venue de McLaren en France et de l'édition de son livre doivent faire face à leurs responsabilités. Là plus qu'ailleurs la "présomption d'innocence" est de mise; chargés de différentes manières "ont-ils fait confiance" à des informateurs qui eux-mêmes "faisaient confiance" à d'autres? Peut-être que, au milieu de leurs lourdes responsabilités n'ont-ils lu le livre que superficiellement? Nous n'avons pas le droit d'oublier la somme de travail qu'ils accomplissent pour le Seigneur ni tous les bons livres que la Ligue publie depuis des décennies. Ceux qui soutiennent de leurs prières et de leurs dons les diverses institutions évangéliques le font généralement pour que le message du salut en Jésus Christ soit annoncé clairement et non pour qu'on publie ce genre de livre qui sape les fondements de la foi chrétienne. Le moindre des maux serait qu'il s'agisse ici d'une bien regrettable erreur, tout à fait exceptionnelle. Je prie pour que les divers dirigeants chrétiens impliqués dans cette affaire se ressaisissent et fassent amende honorable de façon publique. Au moment de la parution officielle de cette étude (26 Mai 2006) nous devons, avec douleur, signaler que la lettre fraternelle du Comité Directeur de Vigi-Sectes n’a suscité ni accusé de réception ni réponse de la part d’aucun des responsables de l’édition. Il est des silences plus parlants que des mots . Chacun voudra bien en tirer ses propres conclusions. J’aurais aimé que le peuple chrétien soit rassuré et que Brian McLaren puisse à nouveau comprendre "que ces pasteurs français n'avaient pas besoin d'un Américain de plus qui viendrait, avec son assurance et ses réponses toutes faites, imposer son programme made in América" mais ce ne sera malheureusement pas le cas. Une question se pose à tous les éditeurs: ne faudrait-il pas renforcer le contrôle de manière à n'éditer que DE BONS LIVRES ECRITS PAR DE BONS AUTEURS ou plus simplement penser à rééditer des livres ayant fait leurs preuves et toujours demandés? En le faisant vous rendriez un très grand service à l'Eglise. Ce "grand service" rendu à l'Eglise de Jésus Christ implique que les "mauvais livres" aillent au pilon plutôt que d'être offerts généreusement à nos frères d'Afrique ...

AUX LIBRAIRES Merci à tous ceux qui tiennent des librairies évangéliques! Je sais que votre travail n'est pas facile et qu'il demande dévouement et persévérance. Les publicités que j'ai reçues montrent que ce livre a déjà pris place sur vos rayons. Je ne saurais vous le reprocher; aucun libraire ne peut aujourd'hui lire toute la littérature évangélique mise à disposition. Et puis qui ne voudrait, dans les temps actuels, avoir quelques bons conseils pour "Communiquer l'Evangile dans un monde postmoderne"? Vous ne pouviez savoir que ce livre donne bien des méthodes mais qu'elles n'ont pas de relation directe avec l'Evangile de notre Seigneur Jésus Christ. En réfléchissant à ce problème, que je connais bien, je pense que vous êtes aujourd'hui confrontés à deux pièges majeurs: 1) Celui de l’argent « Il faut tourner, sinon on ferme la boutique. Nous savons bien que ce ne sont pas toujours de bons livres, ou, pas obligatoirement de bons auteurs, mais ils se vendent bien, ce sont les plus demandés… Parfois on va même plus loin puisque ce sont les responsables nationaux qui imposent les livres « rentables » aux libraires de leur fédération. 2) Celui de l’irresponsabilité « Moi je ne sais pas et je ne veux pas savoir ! » Si un livre est édité c'est qu'il est bon, d'ailleurs il est vérifié par des "Comités de lecture"... Ce n'est pas mon travail. Pourtant Paul dit que, comme un sage architecte il a posé le fondement "mais que chacun considère comment il édifie dessus. Car personne ne peut poser d'autre fondement que celui qui est posé, lequel est Jésus Christ" (1 Co 3) et il conviendrait de lire toute la suite du passage pour être convaincus qu'un jour nous aurons des comptes à rendre. Si vous refusiez la vente de mauvais livres les éditeurs se remettraient en question et feraient plus attention dans leurs choix.

AUX COMITES DE LECTURE Merci aussi aux différents "comités de lecture" qui, dans l'ombre, travaillent pour ne mettre à la disposition des croyants que de la nourriture saine. Peu sont conscients du travail que vous accomplissez. Ce ministère de "sentinelle" demande de la compétence et du dévouement car, comme dans tout service "ce qui est requis dans des administrateurs, c'est qu'un homme soit trouvé fidèle" (1 Co 4.2). Qu'un tel livre ait déjoué votre surveillance doit attirer votre attention. Que ce soit pour chacun de vous l'occasion de "faire le point" devant Dieu et de prendre les dispositions qui s'imposent pour que, à l’avenir, les "comités de lecture" remplissent pleinement leur si noble mission!

A TOUS En ce qui concerne le livre « Réinventer l’Eglise » j’ai voulu connaître la raison du dysfonctionnement et j’ai remonté la filière … On peut caricaturer les choses ainsi : Il y a deux sortes de valeurs 1) La valeur marchande du livre, de nos jours très importante 2) La valeur spirituelle du livre. Elle apparaît comme secondaire chacun faisant confiance à l’autre pour le recommander : Les libraires font confiance à leur propre comité de lecture ou à l’éditeur du livre Les comités de lecture font confiance à l’éditeur du livre ou à leurs relations personnelles… Les éditeurs font confiance à leurs relations ou aux éditeurs étrangers… Mais ce qui est établi c’est que la quasi-totalité de ceux qui ont édité et recommandé le livre ne l’avaient pas lu! Et les rares qui l’ont lu l’ont trouvé intéressant et ont recommandé sa lecture … Quand tout est dit, il n’y a plus rien à dire si ce n’est cette phrase d’un ami : « Si Jésus n’est pas Seigneur de tout, il n’est pas Seigneur du tout ».

Dossier McLaren sur le site de Vigisectes