COMMENT CONSOLER ISRAEL ?

N.B J’utilise volontairement et indifféremment dans le message ci-après le nom de « Jésus » ou celui de « Yeshoua », afin de ne pas « faire une fixation » sur son nom hébreux, mais plutôt sur sa personne et son Å“uvre !

Oui, le Seigneur nous appelle, en tant que chrétiens, disciples de Jésus, à consoler son peuple, Israël - comme il nous appelle de manière plus générale à consoler tous les hommes et les femmes qui souffrent et pleurent dans ce monde. Mais comment pouvons-nous consoler réellement Israël et nos amis juifs ? L’amour de Christ répandu dans nos cÅ“urs est sans aucun doute le premier baume que nous pouvons et devons répandre sur leurs blessures si profondes, en tout premier lieu par notre présence – parfois silencieuse s’il le faut – par notre compassion vraie, notre solidarité, nos paroles de soutien, d’encouragement… en sachant « pleurer avec ceux qui pleurent » et en portant avec eux leur fardeau. Nous devons aussi avoir le courage de prendre ouvertement position à leurs côtés lorsque des paroles et des actes antisémites ou d’odieuses accusations et calomnies sont perpétrés à leur encontre. Amen ! « Celui qui souffre a droit à la bienveillance de son ami, même quand il abandonnerait la crainte du Tout-Puissant » (Job 6 :14) Qui pourrait se prévaloir d’être un ami d’Israël en l’abandonnant dans les moments où il a le plus besoin de compréhension, de réconfort, de consolation, de main tendue, dans ces moments où, de plus en plus, le monde lui tourne le dos et l’accuse à nouveau d’être la source de tous les maux ?

En cela, nous devons agir avec compassion, comme le bon samaritain a agi en voyant le blessé sur le bord de la route, en nous approchant et en bandant les plaies du blessé Israël… (Luc 10 :33-34)

Mais, si une telle consolation humaine est primordiale et fondamentale, est-elle pour autant suffisante ? A-t-elle la capacité de guérir en profondeur les plaies béantes de nos amis ? Le bon samaritain n’a-t-il pas, après avoir versé de l’huile et du vin et pansé les plaies du blessé, conduit celui-ci dans une hôtellerie en le plaçant sur sa propre monture, afin que l’hôtelier prenne soin de lui et que le blessé puisse trouver du repos et se rétablir ?

Où se trouve l’hôtellerie aujourd’hui ? Qui est l’hôtelier qui prendra soin du blessé ?

Lisons bien le contexte général de ce verset d’Esaïe 40 : Juste avant le chapitre 40, en Es 39 :6-8, nous lisons « Voici que les jours viennent où l’on emportera à Babylone tout ce qui est dans ta maison…Et l’on prendra de tes fils… ! » Ces paroles prophétiques de jugement sont adressées en premier lieu à Ezechias, roi de Juda, mais elles concernent aussi tout le peuple de Juda. Puis vient alors une parole d’espérance en Es 40 :1 « Consolez, consolez mon peuple… » v 2 « Parlez au cÅ“ur de Jérusalem et criez-lui que son combat (son labeur, sa souffrance) est terminé, qu’elle est graciée de sa faute… » Puis au v 3 : « une voix crie dans le désert, préparez le chemin de l’Eternel… »

Nous voyons ici, et nous allons voir ci-après dans d’autres passages que l’appel à consoler le peuple de Dieu est toujours étroitement lié à l’appel à proclamer la grâce et la rédemption, et même à les crier ! C’est par la venue du salut et de la grâce qui sont en Jésus-Christ, que Dieu en effet console son peuple !

C’est Jésus seul et sa présence dans le cÅ“ur qui est ce lieu de repos et de convalescence véritables pour le blessé Israël !

Jean-Baptiste a été cette voix qui a crié dans le désert, accomplissant cette prophétie d’Esaïe 40 :1-2, et qui annonçait la venue de la grâce et de la rédemption promises, en la personne de Jésus !

Es 52 :9 (lire 7 à 10) « l’Eternel console son peuple, Il rachète Jérusalem » C’est par le rachat, la rédemption d’Israël et de Jérusalem que l’Eternel console son peuple !

Luc 2 :25 (Siméon) « Et voici qu’il y avait à Jérusalem, un homme du nom de Siméon. Cet homme était juste et pieux et il attendait la consolation d’Israël, et l’Esprit Saint était sur lui » V 30 « Mes yeux ont vu ton salut… (= litt Yeshoua !) Siméon a vu de ses propres yeux la véritable consolation d’Israël : C’est JESUS qui est la vraie consolation et le vrai consolateur d’Israël annoncé par les prophètes.

Luc 2 :38. « Anne parlait de Jésus à tous ceux qui attendaient la rédemption de Jérusalem »

Es 61 :2 « l’Esprit du Seigneur, l’Eternel est sur moi, car l’Eternel m’a oint pour porter de bonnes nouvelles (=Evangile !) à ceux qui sont humiliés, pour panser ceux qui ont le cÅ“ur brisé…pour proclamer une année de grâce de l’Eternel…pour consoler tous les affligés… »

Rien ni personne ne pourra jamais consoler vraiment, profondément et durablement le peuple juif de toutes ses souffrances si profondément enracinées, si ce n’est Celui annoncé par l’Ecriture : Yeshoua !, pas plus que personne ne peut consoler profondément et durablement une personne brisée et blessée dans son âme et sa chair par « tout l’amour du monde » !

Es 51 :19 : « Qui pourrait te consoler ? »

Es 51 :12 : « C’est moi, c’est moi (l’Eternel) qui vous console »

Ainsi, aucun des fils et filles de Jacob ne put le consoler de la perte de Joseph son fils : Gen 37 :5 « Tous ses fils et toutes ses filles se levèrent pour le consoler ; mais il refusa toute consolation…Et il pleurait son fils » Esa 22 :4 « Laissez moi pleurer amèrement, n’insistez pas pour me consoler du désastre de la fille de mon peuple… » Ps 77 :3 (Asaph) « Au jour de ma détresse, je cherche le Seigneur ; la nuit, ma main se tend sans se lasser ; mon âme refuse d’être consolée… » Jean 11 :19 « Beaucoup de juifs étaient venus vers Marthe et Marie pour les consoler au sujet de leur frère », mais seule la venue de Celui qui est « la résurrection et la vie » a pu les consoler réellement. Jésus a certes pleuré (v 35) avec ceux qui pleuraient, tellement il les aimait et tellement il aimait Lazare. Mais il a redonné vie à Lazare et a ainsi consolé Marthe et Marie ! Lam 2 :13 « Quelle consolation te donner, vierge, fille de Sion ? Car ton désastre est aussi grand que la mer, qui pourra te guérir ? »

Les trois amis de Job se sont « concertés pour aller le plaindre et le consoler » ayant appris le drame qui l’avait frappé. « Ils se mirent à sangloter » et pendant 7 jours et 7 nuits, ils ne lui ont pas adressé la parole, voyant que « sa douleur était fort grande » ( Job 2 :11-13). Et pourtant, malgré tant d’amour manifesté envers leur ami, Job leur dira en 16 :2 «Vous êtes tous des consolateurs fâcheux(ou pénibles) » ! Quelle a été la seule vraie consolation de Job ? Job 42 :5 « Maintenant mon Å“il t’a vu ! »

Seule l’Ecriture peut donner une consolation ( les juifs pieux lisent le Tanach) mais plus encore seul Celui qui est venu accomplir l’Ecriture et l’inscrire dans le cÅ“ur des hommes, peut graver cette consolation éternelle par son Esprit dans les cÅ“urs et les âmes meurtris ! Ps 119 :49-50 « Souviens-toi de ta parole en faveur de ton serviteur( Comme la parole prophétique en Es 40 :1 !!!) , puisque tu m’as donné l’espérance ! C’est ma consolation dans mon malheur, car ta promesse me fait vivre » 2 Cor 1 :3-7 « Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus-Christ, le Père compatissant et le Dieu de toute consolation, lui qui nous console dans toutes nos afflictions, afin que, par la consolation que nous recevons nous-mêmes de la part de Dieu, nous puissions consoler ceux qui se trouvent dans toute sorte d’afflictions ! ( Comment pourrions-nous consoler les autres, autrement qu’en leur donnant la même consolation que nous recevons nous-mêmes de Dieu ?) Car de même que les souffrances de Christ abondent pour nous, de même aussi notre consolation abonde par le Christ. Si nous sommes affligés (par ce qui touche et fait mal à autrui notamment) c’est pour votre consolation et pour votre salut ; si nous sommes consolés, c’est pour votre consolation qui vous rend capables de supporter les mêmes souffrances que nous endurons » Rom 15 :4 « Or, tout ce qui a été écrit d’avance, l’a été pour notre instruction, afin que par la patience et par la consolation que donnent les Ecritures, nous possédions l’Espérance » 2 Th 2 :16 « Que notre Seigneur Jésus-Christ lui-même et Dieu notre Père, qui nous a aimés et nous a donné par sa grâce une consolation éternelle et une bonne espérance, consolent vos cÅ“urs et vous affermissent en toute Å“uvre et parole qui soient bonnes » 1 Th 4 :18 « Consolez-vous donc les uns les autres par ces paroles »

JESUS, enfin a déclaré à ses disciples qu’il leur était avantageux qu’il s’en aille afin de leur envoyer un autre Consolateur, l’Esprit Saint, l’Esprit de vérité pour qu’Il demeure en permanence avec eux ! Jean 14 :16-17 ; 26 ; 15 :26 ; 16 :7 ;13

Frères et sÅ“urs, si l’un de mes amis est atteint du sida et que je connais le moyen certain de le guérir, puis-je dire que je l’aime si je l’entoure, le visite souvent en compatissant à sa souffrance, si je pleure avec lui, en lui déclarant que je l’aime…et en le regardant mourir sans lui donner le remède pour sa guérison ? Puis-je dire que je l’aime vraiment ?

Le bon samaritain, a-t-il abandonné le blessé sur le bord du chemin, après s’être approché de lui et avoir pansé ses plaies ?

Certains bien aimés frères et sÅ“urs vont jusqu’à dire qu’il ne faut surtout pas parler de Jésus et de la bonne nouvelle aux juifs, en raison de tout ce qui leur a été fait dans l’histoire au nom du Christ, mais qu’il faut seulement « les consoler » humainement ! Je pourrais paraphraser l’Ecriture ainsi : « montre-moi ta consolation sans Christ, et moi je te montrerai ma consolation par et avec Christ ! » Certes, il faut beaucoup d’amour authentique dans le cÅ“ur et beaucoup de tact et de délicatesse pour parler aux juifs de l’amour de Jésus après tant de cruautés commises en ce nom-là. Certes, plus que jamais, nous devons être d’abord des « lettres de Christ » ouvertes, connues et lues par eux, avant et pendant que nous ouvrons la bouche. Certes, nous devons exhaler le bon parfum de Christ et porter le fruit de l’Esprit. Oui, oui, et mille fois oui ! Mais lorsque le Saint-Esprit nous pousse à parler, nous devons obéir, comme Il le veut, quand Il le veut et où Il le veut. Ne tombons pas dans le piège subtil mes frères et sÅ“urs, d’avoir honte du nom de Jésus et de la bonne nouvelle de la grâce et du salut en Lui, sous prétexte que son nom et son message ont été défigurés au cours des siècles par une pseudo-église et des pseudo-chrétiens ! Ceci est du sentimentalisme et n’a rien à voir avec l’amour véritable.

« Quiconque aura honte de moi et de mes paroles au milieu de cette génération adultère et pécheresse, le Fils de l’homme aussi aura honte de lui quand il viendra dans la gloire de son Père avec les saints anges » (Marc 8 :38)

« Car je n’ai pas honte de l’Evangile : c’est une puissance de Dieu pour le salut de quiconque croit, du juif premièrement, puis du grec » (Rom 1 :16)

« Il n’y a pas de différence en effet entre le juif et le grec : ils ont tous le même Seigneur qui est riche pour tous ceux qui l’invoquent. Car quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé. Comment donc invoqueront-ils celui en qui ils n’ont pas cru ? Et comment croiront-ils en celui dont ils n’ont pas entendu parler ? (Ou en celui dont ils ont entendu parler de manière déformée, faussée, ou dont ils ont eu une image horrible en ceux qui se disaient ses disciples et qui ont trahi son message et son exemple par des actes innommables) Et comment entendront-ils parler de lui si personne ne le prêche ? Et comment y aura-t-il des prédicateurs s’ils ne sont pas envoyés, selon qu’il est écrit : qu’ils sont beaux les pieds de ceux qui annoncent de bonnes nouvelles » (Rom 10 :12-15 qui cite partiellement Es 52 :7, passage où il est dit au v 9 que « l’Eternel console son peuple…en publiant le salut (Salut = Yeshoua !) )

Alors, frères et sÅ“urs, « Consolons, consolons son peuple, parlons au cÅ“ur de Jérusalem et crions-lui que son combat est terminé, qu’elle est graciée de sa faute… par la mort de Jésus/Yeshoua sur la croix et par sa résurrection, dans l’attente de son proche retour ! »

Arrêtons-nous sur le chemin, approchons-nous et bandons les plaies de nos amis juifs, puis mettons-les sur notre « propre monture » et conduisons-les à « l’hôtel de la paix », vers CELUI QUI EST NOTRE PAIX et LEUR PAIX !

Jacques CARUEL Mars 2006