La Science et la Foi
Les sciences humaines et la foi sont-elles compatibles ? Peut-on honnêtement les concilier et libérer le croyant scientifique d'une sorte de schizophrénie intellectuelle ? J'entends montrer par ces lignes et par deux conférences d'universitaires renommés que, loin de s'opposer, Croire et Savoir se complètent et s'interpellent.
"La gloire de Dieu, c'est de cacher les choses ; La gloire des roi c'est de sonder les choses."
Ces deux propositions sont tirées du 25e chapitre du livre des proverbes de l'Ancien Testament.
Il y a trois mille ans la même curiosité animait l'homme libéré des contraintes matérielles pressantes.
La Bible, loin de tout obscurantisme moyen-ageux, admet que l'homme a une soif insatiable de connaître et l'exhorte même à chercher avec la promesse de trouver Dieu.
"Celui qui réfléchit sur les choses trouve le bonheur"
dit encore ce vieux livre qui n'a rien contre la liberté de penser.
N'en déplaise aux libres penseurs qui ne conçoivent pas que l'on puisse croire et aussi penser et méprisent ou combattent les Livres Saints.
Les partisants des dernières théories scientifiques font des émules dans le système scolaire, leur objectivité les pousse jusqu'à n'imposer qu'un point de vue, le leur. Le hazard et la nécéssité sont pour eux les mains qui ont façonné le monde.
Le texte parlant de création en six jours, du premier homme tiré de la poussière et sa femme de l'une de ses côtes est volontier tourné en dérision par le rationalisme.
N'y a-t-il pas d'autre alternative que croyant-imbécile ou athée-cultivé ? Pour ma part en tant que croyant cultivé je crois savoir que deux autres combinaisons sont possibles avec toutes les nuances qui s'imposent.
Je rejoins donc mon ami Blaise Pascal dans cette citation : "Un peu de connaissance suffit à détourner l'Homme de Dieu mais beaucoup de connaissance l'y ramène." Et vous propose de cheminer avec moi le temps qu'il vous plaira le long des routes de la science et de la foi.
D'abord qu'est ce que la science ? et qu'est ce que la foi ?
En abrégé le Petit Robert définit la science comme - une connaissance exacte et approfondie, ensemble de connaissances et d'expériences, ce que l'on sait pour l'avoir appris, domaine organisé du savoir, on dististigue "sciences dures" et "sciences humaines" , Connaissance exacte, universelle et vérifiable exprimée par des lois. - Cela correspond principalement au grec " LOGOS" qui a donné le suffixe -logue qui termine les nom de la plupart des experts en leur matière.
Le Nouveau Testament définit la foi comme étant la ferme assurance des choses que l'on espère, (comme si elles étaient visibles ou déjà arrivée), la démonstration de celles qu'on ne vois pas. (Lettre aux Hébreux chapitre 11). Cela correspond au grec "PISTIS" qui veut dire foi, confiance, attente confiante, digne de foi, etc.
La première pomme de discorde entre la foi et la science concerne l'origine du monde. Et de la question de notre origine dépend la vision que l'on a la vie présente et à venir, d'elle dépend le sens de notre existence présente et future.
Je vous propose un lien vers une conférence assez accessible de Henri Blocher, professeur à la faculté théologique de Vaux sur Seine dont je mettrai les grandes lignes par écrit dès que possible. (Voir article dans la rubrique "Science et foi".)
Voici une réflexion qui demande à être murie mais je vous la laisse parcequ'elle me tient à coeur.
Laplace a prétendu qu'étant donné que la science fourni un système d'explications cohérent sans que l'hypothèse de Dieu soit nécéssaire, la foi deviendrait inutile et on pourait s'en passer. J'ai pour ma part toujours trouvé cette prétention saugrenue. Les "sciences dures" si passionnante soient-elles n'expliquent pas pourquoi j'existe et ni que j'ai à faire sur terre une fois satisfaits mes besoins vitaux. La science ne renseigne pas sur le sens de la vie ni sur ce qu'il y a après la mort. Certains philosophe vont même jusqu'à dire que la question "pourquoi" n'aurait pas de sens et qu'il faudrait en faire le deuil, le monde ne se limite pourtant pas à ce qu'ils pensent en connaître.
Cette vision restrictrive des choses est non seulement saugrenue mais l'Histoire montre qu'elle est dangereuse. "La restauration de l'âme païenne cachée sous le vernis religieux" par Hitler (c.f. "Mein Kampf") ainsi que le Stalinisme montrent que le parti pris anti-foi peut être bien plus meurtrier et opprimer l'Homme bien plus que toutes les guerres de religions réunies. On pourait aussi s'intéroger sur la légitimité de la foi des persécuteurs religieux au lieu de rejetter en bloc persécuteurs et persécutés.
Laissons sans à priori "la vérité au concours", comme le vaincqueur de la course elle finira par s'imposer. Le comble de l'hypocrisie est de prétexter les guerres de religions pour imposer une vision athéiste de la laïcté en dénigrant ou en ignorant les croyants. Les croyants qui veulent professer leur foi hors des religions instituées se trouvent ainsi pris entre les fers de la religion dominante, nostalgique de son ancienne hégémonie et ceux des laïcisateurs qui contribuent à leur stigmatisation tout en prétendant protéger tous les citoyens. Dèsque l'on parle de foi comme par réflexe conditionné le mot "secte" vient à la bouche de beaucoup (la plupart ?) des gens. Le diktat de la pensée unique est une dictature intelectuelle pure et simple.
Le rôle de la laïcité n'est sûrement pas de prendre le relais des religions fanatiques persécutrices mais certainement d'offrir à chacun un cadre légal commun ouvert avec la possibilité d'exprimer et de répandre devant tous, le message qui lui tient à coeur, les droits de l'homme ne garantissent-ils pas la liberté d'expression ? (voir conférence de Jean Baubérot "La Bible et la Laïcité")
Christophe Fornès
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