Actualités chrétiennes, informations et religion, nouvelles évangéliques et Bible » Eschatologie biblique http://www.blogdei.com Christianisme. Religion. Protestantisme. Édification. Information. Discernement. Eschatologie. Bible. Fri, 21 Oct 2011 00:01:09 +0000 en hourly 1 http://wordpress.org/?v=3.1.1 Israël: harcèlements contre des messianiques http://www.blogdei.com/16388/israel-harcelements-contre-des-messianiques/ http://www.blogdei.com/16388/israel-harcelements-contre-des-messianiques/#comments Sun, 09 Oct 2011 11:21:53 +0000 domy http://www.blogdei.com/?p=16388

Compass Direct News /blog porte-parole

Ndlr: Et quant à eux, s’ils ne persévèrent pas dans l’incrédulité, ils seront entés; car Dieu a le pouvoir de les enter de nouveau. (Romains 11:23)

Des tracts harcèlent une minorité en diffusant adresses et numéros de téléphone:

Les Juifs messianiques d’une banlieue ouest de Jérusalem, continuent d’être harcelés à cause de leur foi.

Cette fois, des tracts anonymes visant des membres des assemblées Messianiques ont été placés dans les lieux publics. Ces prospectus sont apparus il y a 2 semaines dans la ville de Mevasseret Zion. Ils donnent les adresses et numéros de téléphone de Juifs Messianiques, et parfois leur photo. Asher Intrater, le dirigeant de l’assemblée Ahavat Yeshua, pense que le but de tout ceci est d’amener d’autres habitants à harceler où nuire aux Juifs Messianiques. « Sinon pourquoi y aurait il les adresses sur ces tracts? », ces tracts «ont pour but de nous chasser du quartier» déclarait il.

C’est la seconde fois en trois mois que les Juifs Messianiques de Mevasseret Zion sont ainsi fustigés. Le 26 juin des membres de Yad L’Achim, un groupe ultra orthodoxe et anti-chrétien, protestaient devant la maison de Serge et Naama Kogen, un couple de Juifs Messianiques.
Yad L’Achim, accusait le couple de s’être lié d’amitié avec une adolescente et de l’avoir manipulée pour la convertir au christianisme. Les Kogen ont nié ces faits, tout comme la jeune fille de 16 ans, prétendument manipulée. Ses parents, avec le large soutien de Yad L’Achim, ont déposé plainte contre les Kogen et Asher Intrater. Mais le Juge a statué en leur faveur. Toutes les charges ont été rejetées.

On ne sait pas exactement qui dépose aujourd’hui ces tracts, et Asher Intrater refuse toute spéculation sur ce point, mais ils montrent un état d’esprit bien implanté en Israël.

Selon un document confidentiel du Département d’Etat des Etats-Unis, de mai 2008, rendu public le 30 août, par le groupe activiste d’Internet, Wikileaks, « faire partir les Juifs Messianiques et les chrétiens évangéliques, en rendant public leurs noms, photos et N° de téléphone, sur des tracts hystériques les dénonçant comme des « voleurs d’âmes » pratiquant le « lavage de cerveau » » est l’une des manières d’agir favorite des partisans de Yad L’Achim, et ce, dans tout le pays.

Plus loin le Département d’Etat constate des liens entre Yad L’Achim et le gouvernement national ainsi qu’avec les autorités locales. « Ce groupe tout comme d’autres activistes anti-missionnaire, pourrait également avoir des soutiens, passifs ou actifs, au Ministère de l’Intérieur et dans les services de police. Compte tenu de leurs moyens limités, les employés de l’administration et les policiers disposent d’un large pouvoir discrétionnaire concernant l’application des aides nationales auxquelles les personnes ont droit, ainsi que du choix des délits nécessitant une investigation » déclare le rapport du Département d’Etat.

Comme exemple de ses liens, le document fait référence au commentaire de Uzi Aharon, un temps maire adjoint du quartier Or Yehuda de Tel Aviv. Selon le Département d’Etat, Uzi Aharon déclarait en 2008 au quotidien israélien Ma’ariv, que la municipalité de Or Yehuda « utilisait une équipe d’activistes, disponible 24h/24, entièrement consacrée au travail de déracinement de l’activité missionnaire, et que les autodafés de matériel chrétien n’était que l’application du commandement « tu brûleras le mal qui est au milieu de toi »
Uzi Aharon fut un acteur de premier plan, lors de l’incident du 15 mai 2008, où sur ses instructions, un groupe d’élèves de l’école ultra orthodoxe, récupérèrent une centaine de Nouveau Testament dans toute la ville, et les brûlèrent ensuite devant une synagogue.
Les Kogen déclarent que les tracs à Mevasseret Zion sont restés affichés peu de temps avant que certains ne les arrachent. Asher Intrater ajoute que la dernière campagne de harcèlement a été perçue comme une atteinte à la vie privée, ce qui a peut être amené un léger recul de ces idées.

C’est la première fois, ajoute t’il que nous voyons une réaction positive des autorités locales, du Jérusalem Post, et peut être de la police.

(Traduction : MJ.)

Des infos en français sur Yad L’Achim (par le Haut Commissariat aux Réfugiés des Nations Unies :

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Les projets de Kadhafi contrariés juste au moment de Pourim 5771 (2011)! Coïncidences historiques et bibliques. http://www.blogdei.com/15873/les-projets-de-kadhafi-contraries-juste-au-moment-de-pourim-5771-2011-coincidences-historiques-et-bibliques/ http://www.blogdei.com/15873/les-projets-de-kadhafi-contraries-juste-au-moment-de-pourim-5771-2011-coincidences-historiques-et-bibliques/#comments Wed, 07 Sep 2011 23:01:42 +0000 jean T http://www.blogdei.com/?p=15873

Blogdei

Ndlr: En corollaire de cet article voyez le sérieux des jugements divins qui arrivent toujours en leurs temps et la véracité de la Bible qui est la Parole de Dieu!

1) Intervention en Libye

- La résolution 1973 prise par le conseil de sécurité à New-York a été votée le 17 mars 2011 à 17h locales, soit le 11 Adar(II) 5771 en ce lieu. Elle ordonnait l’interdiction de l’espace aérien libyen et la mise en oeuvre de moyens pour éviter l’extermination massive de populations par l’armée de Kadhafi. Ce 11 Adar (II) était justement en 2011 le jour du « jeûne d’Esther » respecté par les juifs du monde entier ! Normalement ce jour est commémoré tous les 13 Adar [ou Adar(II)]*, sauf quand cette date tombe un samedi (Sabbat = repos) ce qui était précisément le cas cette année.
Esther avait jeûné et prié pour que sa requête en faveur des juifs soit acceptée par le roi Assuérus (Xerxès 1er : 486 à 465 av. JC) : Ils devaient être exterminés ce jour-là, 13 Adar… Le roi des Perses était alors tout puissant, règnant sur un vaste empire (plus de 120 sartrapies de toutes langues)… ce qui n’est pas sans rappeler l’actuel ONU, assemblée de nations de toutes langues et dont le « conseil de sécurité » a résolu d’agir en faveur d’un peuple opprimé (libyen ici)… précisément ce jour du jeune d’Esther!

Le samedi 19 mars/13 Adar (II), 18h 45 en Libye (17h45 à Paris), une coalition de nations sous mandat de l’ONU (France en tête) a attaqué les colonnes libyennes et les a mises en déroute au sud de Benghazi (destruction très visible le lendemain 20 mars /14 Adar II, jour de délivrance et de joie à Benghazi). Ainsi au jour où l’armée libyenne attaquait la ville dans un but d’extermination totale « rue par rue »… ce fût elle qui fût détruite et mise en fuite! De même au temps d’Esther ce furent ceux qui voulaient exterminer le peuple (juif) qui le furent et il s’en suivit, le 14 Adar, le premier jour de la fête de POURIM dans tout l’empire Perse (Esther 9: v. 20-22)!

La fête de POURIM a lieu annuellement tous les 14 et 15 Adar [ou Adar(II)]*, suivant la grande libération du 13… mais cette période de 2011 présente une particularité : Elle est survenue 2483 ou 2484 ans après celle décidée du temps d’Esther, vers -472 /-473. Or cette durée n’est pas anodine, elle correspond au nombre d’années vraies de 365,2422 jours contenues dans 2520 ans de 360 jours, nombres que l’on trouve dans les livres de Daniel et de l’Apocalypse (360*7 = 2520, les jours sont transposables en années 1 jour = 1 an dans Daniel).
Par ailleurs Esther 3, v. 7 permet de situer cet événement vers -472 /-473. En effet, le 1er mois de la 12ème année d’Assuérus /Xerxès, Haman fit jeter le « pur » (sort) pour tous les mois suivants de cette année, il tomba sur le 13 du 12ème mois : 13 Adar, soit exactement 11 mois après son édit (Esther 3, v. 12 cite le 13 Nissan), par conséquent la 13ème année de Xerxès/Assuérus. Son règne ayant débuté fin -486 après la mort de Darius 1er en novembre ou plutôt dans les premiers mois de -485, il suffit de retrancher 485 -[12(+) à 13 ans] pour trouver entre -473 et -472 ! Peut-être le 6 mars -472 /13 Adar 3288 ? A cause de l’incertitude sur le début officiel de ce règne, le 7 mars 2012 /13 Adar 5772 est aussi intéressant…
Ce fût un 13 Adar qu’Haman l’Agaguite (descendant d’Amalek qui fût le premier à combattre le peuple juif après sa sortie d’Egypte au temps de Moïse) avait prévu d’exterminer les juifs… qu’en sera-t-il d’un des ennemis des juifs, Kadhafi, d’ici le prochain jour de Pourim ?

1 bis)- Il y a un autre parallèle à faire, à peine moins concordant. Rappelez-vous de la guerre menée par les USA et leurs alliés en 2003 conte l’Irak. Elle avait débuté, à une nuit près, au même moment, le 20 mars 2003 /16 Adar (II) 5763, soit juste 8 ans avant ! C’était un jour après la fête de Pourim (16 au lieu du 13 Adar en 2011) dans le calendrier hébraïque … Il s’agissait aussi d’une année de 13 mois lunaires impliquant un 2ème mois d’Adar (Adar II). Il y a une grande analogie entre les 2 événements: Celui qui avait des intentions destructrices contre Israël (non, à ce moment-là, contre son propre peuple contrairement à Kadhafi), Saddam Hussein, vit la destruction lui tomber dessus!
Saddam Hussein était aussi, en effet, un ennemi irreductible du peuple d’Israël ! Il a été capturé finalement dans une cachette près de Tikrit, région de son enfance le 13 décembre 2003… pour terminer pendu à une corde 3 ans plus tard, le 30 décembre 2006 (Haman et ses 10 fils avaient été pendus quant à eux un 13 Adar, avant Pourim)! Au passage: l’une des craintes de Kadhafi est justement de finir comme Saddam Hussein…
Quoi qu’il en soit les deux dictateurs ont été l’un comme l’autre sujets à un jugement d’en haut… par l’intermédiaire de dirigeants ignorants qu’ils l’accomplissaient à leur insu!

2)- La suite de l’histoire pour la famille Kadhafi montre quelques coïncidences inattendues.
Un fils, Saïf-al-arab (ne pas confondre avec Saïf-el-Islam objet, comme son père Moammar, d’un mandat d’arrêt promulgé le 27 juin par la CPI) aurait été tué le 30 avril 2011 au soir, un samedi comme pour l’intervention de la coalition le 19 mars… mais 42 jours plus tard… comme le nombre d’années de règne de Kadhafi sur la Libye! Etait-ce une sorte d’avertissement ? Il y a une autre mort restée dans l’histoire exactement 66 ans avant: Hitler le 30 avril 1945… il avait également voulu la destruction des juifs. Un autre de leurs ennemis l’avait d’ailleurs suivi: Goebbels est mort un jour plus tard, le 1er mai 1945 au soir… à peu près vers la même heure que Ben Laden tué le 2 mai 2011 vers 1h 30 locales au Pakistan, soit le 1er mai 22h30 en Europe et en Libye (20h30 GMT pas loin de l’heure de Goebbels) !

Un autre fils de M. Kadhafi, Khamis, semble être mort, il n’y rien à en dire, seulement que le jour où elle eût lieu le 29 aout 2011 /29 Av 5771 /29 ramadan 1432, les quantièmes 1 et 30 de ce mois d’août 2011 correspondent dans les 3 calendriers: grégorien (solaire), hébraïque et musulman (lunaires). Ce qui était déjà le cas en 1948, en 1967 et en 2005 (respectivement: création d’Israël 1948, prise du mont du Temple 1967, aux seconds mois, Iyar, pour ces 2 événements et au 5ème mois, Av, en 2005 pour la malheureuse évacuation de Gaza… mais les 2ds mois -1948, 1967- et 7ème mois -2005- du calendrier musulman). Ces coïncidences de dates se produisent en moyenne tous les 2 à 3 ans entre les calendriers grégorien et hébraïque -dernière en septembre 2008, mois du Krach boursier débutant la crise économique mondiale-, mais plus rarement entre les 3 calendriers.

M. Khadhafi a 8 enfants biologiques: 7 garçons et une fille. Il faut y ajouter 2 enfants adoptifs (garçon et fille, cette dernière morte en bas âge en 1986 lors du bombardement de représailles américain), soit 10 en tout dont 3 sont morts. Le même jour que la mort du dernier, Kamis, le 29 août, 3 autres (la fille Aïcha, les fils Hannibal et Mohammed) se réfugiaient en Algérie avec leur mère.

A Tripoli, le régime semble être tombé le 23 Août/ 23 Av/ 23 Ramadan après la prise de la capitale par les insurgés. Il aura duré 42 ans moins 8j depuis la prise de pouvoir de Mouammar Kadhafi le 1er septembre 1969.

3)- La suite de l’histoire de la Libye n’est certainement pas celle que l’Occident espère…

En effet ce pays, comme ses voisins, n’a jamais connu la démocratie. En Libye il n’y a jamais eu le moindre vote depuis plus 42 ans! Alors la transition démocratique, après le CNT, avec des islamistes en arrière plan ?? Une illusion durera quelques mois ou années sans doute… Après vous verrez que tout ceci va se retourner contre l’occident affaibli par la crise économique qui se développe en ce moment et… contre Israël ! D’ailleurs des hauts responsables d’Al Qaïda, auraient récemment convenu d’un changement de stratégie, plus axé sur la démocratie pour établir un grand califat mondial (source info ?). Ces déclarations sont concomittantes avec le « printemps arabe »… qui présente partout des arrières plans islamistes ! Quoi qu’il en soit, il est certain qu’ils cherchent à utiliser ces mouvements de libération à leur profit.
Après la chute des dictatures autocrates viendront probablement un peu plus tard… d’autres dictatures à forts penchants islamiques. Comme on le sait l’Islam « pur et dur » ne tolère aucune autre religion, il cherchera donc à les dominer ou à les éliminer. Dominer suppose  une imbrication beaucoup plus grande par exemple un développement d’une alliance Euro-méditérannée… dont on sait qu’elle aura lieu en des temps facheux (cf statue de Daniel). Ces nouvelles dictatures ne peuvent qu’être spirituellement, au fond d’elles-mêmes,  hostiles à  l’Occident et Israël qui n’ont pas du tout leurs valeurs !

Ainsi, pour nous chrétiens, ceci est annonciateur de persécussions religieuses : nous devons nous y préparer, vivre Christ et marcher avec Lui jusqu’à la manifestation de sa victoire finale ! Laissons notre Bien-Aimé Seigneur nous regrouper en petits troupeaux comme Il l’entend (nous ne pouvons vivre isolés au milieu des loups), il prendra soin de nous : nous serons son témoignage brillant dans les ténèbres, son armée de vainqueurs appelant son retour !
Jean T

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* les années de 13 mois lunaires il y a 2 mois d’Adar, la fête de Pourim est fixée sur le second : Adar II. Ce rattrapage survient grosso-modo tous les 3 ans, les années solaires comptant près de 11 jours de plus que celles à mois lunaires. Pour plus de détails , voir ce lien.

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Pourquoi je suis un inconditionnel d’Israël, par Jean-Marc Thobois http://www.blogdei.com/14988/pourquoi-je-suis-un-inconditionnel-d%e2%80%99israel-par-jean-marc-thobois/ http://www.blogdei.com/14988/pourquoi-je-suis-un-inconditionnel-d%e2%80%99israel-par-jean-marc-thobois/#comments Mon, 04 Jul 2011 11:31:45 +0000 nicolas http://www.blogdei.com/?p=14988

Keren Israël

Dépoussiérée, la théologie de la substitution est rendue acceptable aux évangéliques
—J.-M. Thobois

Décidément, la question d’Israël interpelle les évangéliques ! Après les «chrétiens évangéliques antisionistes» (voir Keren n° 85), voici qu’apparaît une nouvelle espèce de chrétiens: «les chrétiens évangéliques non-sionistes». Nuance!

Qu’est-ce qui différencie ces deux types de chrétiens ?

Les « non- sionistes » sont conscients «qu’un certain antisionisme peut générer un renouveau de l’antisémitisme» et que pour un chrétien évangélique qui, par conséquent croit à l’inspiration de la Bible, nier les droits du peuple de la Bible sur la terre promise est une position difficile à tenir. Néanmoins, les chrétiens «non-sionistes» sont préoccupés par «la question douloureuse des palestiniens» et par le fait que le Nouveau Testament exige la justice pour tous. Autrement dit, les chrétiens « non-sionistes » adoptent d’emblée l’idée présentée comme une évidence que la création de l’Etat d’Israël est en soi un acte d’injustice vis-à-vis des palestiniens. En d’autres termes, ils adoptent sans nuance le point de vue des palestiniens repris par l’ensemble des média mondiaux à la suite de la formidable opération de propagande orchestrée par les états arabes.

A l’inverse des chrétiens antisionistes, les «non-sioniste » reconnaissent qu’Israël a droit à un Etat qui est indispensable à la «préservation de l’identité juive». Ils reconnaissent aussi que «le sionisme est à l’origine d’une nouvelle démocratie» même si, en tant que bons citoyens du grand village mondial, ils considèrent que cette démocratie est archaïque. Les chrétiens «non-sionistes» se réfèrent à l’article 5 .27 de la déclaration de Willowbank établie par des évangéliques au sujet des relations entre juifs et chrétiens et qui affirme:

« – Nous apportons notre soutien au désir des juifs de disposer d’une patrie aux frontières sûres et de jouir d’une juste paix.
- Nous démontrons que le lien établi par les Ecritures entre le peuple juif et la terre d’Israël justifie des actes qui s’opposent à l’éthique biblique et qui oppressent des individus et des communautés. »

Cette déclaration, qui eut lieu aux Bermudes en 1989, se veut en effet soucieuse de justice pour tous les hommes. Qui n’approuverait pareille affirmation ! Pourtant, quand on lit les commentaires que suscite cet article, on comprend vite que tout en affirmant le droit d’Israël à un Etat, on condamne sans appel son comportement vis-à-vis des palestiniens, ainsi que «le soutien inconditionnel à l’Etat d’Israël que les chrétiens évangéliques lui ont souvent apporté».

Les chrétiens «non-sionistes», par contre, apportent à Israël un «soutien conditionnel»! Eux, au moins sont des gens équilibrés, modérés, objectifs ! C’est la raison pour laquelle, s’ils reconnaissent qu’Israël a droit à un Etat, son attitude envers les palestiniens rend impossible l’assimilation que font les chrétiens pro-sionistes entre l’Etat d’Israël et l’accomplissement des prophéties.

Pour les «non-sionistes», Israël n’est donc qu’un état comme les autres: profane et donc critiquable, alors que le fait de faire le lien entre l’Etat d’Israël et la prophétie biblique interdirait à ceux qui reconnaissent ce lien, toute forme de critique puisqu’alors l’Etat d’Israël serait pratiquement parfait.

L’expression : «peuple élu» fait aussi problème, au nom de l’universel.

Certes, l’Eglise n’a pas remplacé Israël et en cela les chrétiens «non-sionistes» récusent à juste raison la théologie de la substitution, mais «Dieu au sein d’Israël a remplacé certains israélites par des non-juifs», ce qui en fin de compte revient au même. De ce fait, Israël ne peut plus être le «peuple élu» puisque cela implique une supériorité sur les autres. D’ailleurs, un état est une idée dépassée et les prophéties sont toutes accomplies en Jésus et par l’Eglise.

Les prophéties du retour ont toutes été accomplies lors du retour de Babylone… On le voit, il y a là retour à la vision traditionnelle de la théologie de la substitution quelque peu dépoussiérée et présentée d’une manière acceptable aux évangéliques. En fait, les «non-sionistes» analysent la question d’Israël à partir d’une position appelée «a-millénarisme», qui prétend que nous sommes déjà dans le millénium.

Cette position est celle de pratiquement toutes les facultés et instituts de théologie évangélique de langue française, en sorte que la plupart des jeunes pasteurs qui fréquentent ces institutions sont formés à l’a-millénarisme et à son corollaire le «non-sionisme». De sorte que l’on peut craindre que d’ici quelques années, la plupart des églises évangéliques deviennent a-millénaristes et non-sionistes. Seuls les pro-sionistes qualifiés «d’inconditionnels d’Israël» brisent le consensus qui est en train de s’établir dans le monde évangélique français. Ils sont donc invités, sous peine d’être des obstacles à l’unité, à cesser de soutenir ouvertement Israël. La véritable attitude évangélique consistant à ne pas prendre parti, on invite donc les chrétiens « inconditionnels » à ne plus militer pour cette cause, mais à rejoindre le plus petit dénominateur commun: «évangéliser» les juifs, laissant ainsi le champ libre aux ennemis d’Israël qui cherchent à le détruire et privant Israël de ses derniers soutiens.

Eh bien, non ! «Pour la cause de Sion, je ne me tairai pas!» ( Esaïe 62 v.1), car je suis un inconditionnel d’Israël et je le revendique haut et fort. Quand bien-même les critiques qui sont adressées à l’Etat Juif de toutes parts seraient fondées à 100%, je ne cesserai pour autant d’être un inconditionnel d’Israël.

Je suis un inconditionnel d’Israël et voilà pourquoi

1 – Parce que le droit d’Israël à la Terre Promise a été accordé par Dieu à son peuple d’une manière inconditionnelle.
Dans le seul livre de la Genèse, la promesse inconditionnelle de donner ce pays aux descendants des patriarches revient dix fois! Dieu déclara à Abraham dans une alliance irrévocable: «Je te donne ce pays à toi et à ta descendance pour TOUJOURS!» De telle sorte que même les pires infidélités du peuple d’Israël ne sauraient remettre en question ces promesses. Au pire, Israël sera exilé de son pays pour un temps, mais selon les affirmations de Moïse dans le livre du Deutéronome, «Quand bien-même tu serais exilé aux extrémités de la terre, de là, l’Eternel ton Dieu te ramènera, car il se souviendra de l’alliance qu’il a conclue avec tes pères.»

2 – Je suis un inconditionnel d’Israël parce que je suis évangélique et que je crois à l’inspiration plénière de la Parole de Dieu et par conséquent je pense que, à moins que le contexte ne nous oblige à faire autrement, la Parole de Dieu doit être interprétée dans son sens premier. L’allégorie est toujours possible, mais elle n’annule jamais le sens clair du texte.

Or, les prophéties concernant le retour d’Israël sont, on ne peut plus claires. Elles sont loin d’avoir été accomplies dans toute leur ampleur lors du retour de l’exil de Babylone. Le Nouveau Testament les reprend à son compte:

Luc 1 v. 32-33, Luc 21 v. 23-24, Luc 22 v. 28-30, Luc 24 v. 21, Actes 1 v.3 à 8, Romains 11 v. 15, Rom. 11 v. 25 à 27, Apocalypse 20 v. 1 à 6 etc…

3 – Je suis un inconditionnel d’Israël parce que je suis un «millénariste». Ce faisant, je crois à l’accomplissement littéral de la parole de l’ange à Marie: « Le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père, il règnera sur la maison d’Israël…». Parce que je suis évangélique et que je lis «littéralement» l’Ecriture, je crois «qu’Israël» signifie bien le peuple juif et non pas l’Eglise. Quand Jésus a-t-il régné sur la maison d’Israël ? Il faudra donc bien que cette prophétie s’accomplisse un jour… Je suis «millénariste», non comme le prétendent les «non-sionistes», parce que j’ai été influencé par le dispensationalisme, mais tout simplement parce que je lis la Bible… Je constate que les premières générations des Pères de l’église étaient millénaristes: Polycarpe, Irénée de Lyon, Justin martyr et même Augustin au début de sa carrière.

Ce n’est qu’au IIème siècle qu’on a commencé à polémiquer contre les «chili asques» (millénaristes). Tous ceux-là n’étaient évidemment pas influencés par Darby, Scoffield et le dispensationalisme… Notre soutien à Israël n’a rien à voir avec un enthousiasme sentimental, mais repose sur une lecture froide et objective de «l’Ancien et du Nouveau Testament». Je suis avant tout un éxégète et par conséquent, quelqu’un qui ne se laisse pas conduire par des présupposés théologiques, politiques ou sentimentaux, mais qui cherche d’abord à comprendre ce que les auteurs de la Bible ont voulu dire.

Il n’existe aucun peuple qui se conduise aussi humaine
-ment envers ses ennemis.
—J.-M. Thobois

4 – Je suis un inconditionnel d’Israël parce que, comme nous le reprochent les «non-sionistes», je ne suis pas obnubilé par le problème palestinien. Pour moi, malgré sa complexité, ce problème n’est qu’un épiphénomène, un avatar de l’Histoire, second par rapport à la geste de Dieu.

Cela ne signifie pas qu’il n’y a pas des innocents qui souffrent de cette situation et pour ce qui nous concerne, nous soutenons et aidons nos frères chrétiens évangéliques palestiniens. Cela ne signifie pas non plus que nous ne sommes pas soucieux de la «justice pour tous», ou que nous estimons qu’Israël est au-delà de toute critique.

Je suis parfaitement conscient qu’il y a en Israël, comme partout ailleurs, des choses qui vont et des choses qui ne vont pas. Israël est une démocratie et la règle de la démocratie, c’est que tout un chacun a le droit de la critiquer et les israéliens et les sionistes ne s’en privent pas, mais je prétends, obstiné, après près de 50 ans d’étude du Moyen-Orient, qu’il n’y a aucun exemple dans l’histoire d’un peuple qui se conduise aussi humainement vis-à-vis de ses ennemis que ne le fait le peuple d’Israël et que par conséquent, l’essentiel des critiques que l’on adresse unanimement à l’Etat juif dans ce domaine sont non fondées, même s’il y a comme partout, des brebis galeuses.

Je soutiens que la création de l’Etat d’Israël ne s’est pas faite au détriment des palestiniens et que le refus obstiné de ces derniers à toute forme de compromis et d’accord est la cause première des malheurs réels et supposés dont ils se plaignent.

5 – Je suis un inconditionnel d’Israël parce que moi aussi j’ai le souci de la justice pour tous. Les «non-sionistes» n’ont pas le monopole de la sympathie envers ceux qui souffrent ; ils ont choisi de témoigner cette sympathie aux palestiniens, c’est leur choix et c’est bien. Nous, notre sympathie va aussi aux enfants de Sdérot qui, pendant des années ont vécu un cauchemar quotidien pour avoir été bombardés jour et nuit, à ceux de Kyriat Shemona qui ont tout perdu dans la guerre de 2006, aux victimes du terrorisme qui sont handicapés à vie, aux familles des innocents qui ont été tués dans des attentats aveugles etc….

On oublie trop facilement qu’il n’y a pas que du côté palestinien que des innocents souffrent et devant le peu d’empressement que l’on met à exprimer de la sympathie à ces victimes, je pense qu’il est important qu’il y ait quelques inconditionnels comme moi qui brisent cet assourdissant silence d’indifférence et même si les «non-sionistes» nous reprochent de consoler Israël au lieu de «l’évangéliser», je continuerai à prendre néanmoins au sérieux l’ordre du prophète: «Consolez, consolez mon peuple!».

6 – Je suis un inconditionnel parce que je suis un chrétien non-juif, et en Romains 11, Paul nous met en garde en disant: «Ne te glorifie pas aux dépens des branches qui ont été retranchées, mais crains…».

Dans ces textes essentiels des chapitres 9-10 et 11, Paul nous dit en substance que, s’il est vrai que Dieu a un contentieux avec son peuple, les païens n’ont pas à interférer dans cette affaire et que Dieu ne les a pas établis comme juges dans ce procès. Israël est la prunelle des yeux de Dieu, dit le prophète et avant de juger ou de critiquer le peuple d’Israël, il faut y regarder à deux fois. Le sage Hillel ne disait-il pas: «Ne juge pas ton prochain sans d’abord t’être mis à sa place?» Ce que nos contempteurs d’Israël seraient bien inspirés de faire.

Ces avertissements de l’apôtre prennent une acuité encore plus grande après deux mille ans d’antisémitisme chrétien, dont l’apogée fut la Shoa dans laquelle six millions de juifs périrent dans la plus parfaite indifférence de la majorité des chrétiens. Rien qu’à cause de ce passé tragique et de cette conduite en tous points contraire à l’Evangile, les chrétiens devraient faire montre d’un minimum de décence et de retenue dans leurs critiques de l’Etat juif, sous peine de laisser supposer qu’ils sont encore conditionnés par les vieux démons qui ont habité leurs pères.

Dans ce sens aussi, l’ordre prophétique de consoler Israël prend toute sa valeur. C’est la raison pour laquelle je refuse de faire passer la parole prophétique au second plan par rapport à «l’humanisme droit de l’hommiste» et de me laisser culpabiliser par ces principes.

Nous sommes déjà,
jusqu’à un certain point,
soumis à la charia.
—J.-M. Thobois

7 – Je suis un inconditionnel d’Israël parce que à l’heure où nous parlons, Israël est désespérément seul et à nouveau menacé de génocide, soixante ans après la Shoa. Tous ses amis l’ont lâchement abandonné et envisagent sans état d’âme, sa disparition.
Les «non-sionistes» nous invitent alors à être neutres, c’est-à-dire à laisser le champ libre aux ennemis d’Israël, ils ont oublié le texte des Proverbes: «Délivre ceux qu’on traîne à la mort et si tu dis nous ne le savions pas, le Tout-Puissant ne le voit-il pas?»

La neutralité est impossible; la symétrie perverse qui renvoie dos à dos les deux protagonistes du drame du Moyen-Orient et qui consiste à placer la victime israélienne sur le même plan que la volonté génocidaire du monde arabe est tout simplement monstrueuse.

8 – Enfin, je suis un inconditionnel d’Israël, parce qu’en défendant Israël, je me défends moi-même. Les ennemis d’Israël sont aussi les ennemis du christianisme. La guerre contre Israël n’est que la partie la plus visible du djihad mondial contre tous les infidèles, qu’ils soient juifs ou chrétiens, le but étant la création d’un «califat mondial» dont le siège serait à Jérusalem et d’où juifs et chrétiens seraient exclus. Ne chante-t-on pas déjà dans les rues de Gaza: «Nous combattrons le samedi, puis nous combattrons le dimanche!» ?

L’islamisation de nos pays a atteint un degré alarmant; nous sommes déjà, jusqu’à un certain point, soumis à la charia: la loi islamique.

Toute critique de l’Islam est interdite, hommes et femmes sont séparés dans beaucoup de piscines, des rues de la capitale sont envahies d’hommes en prière qui empêchent la circulation à certaines heures, etc…

Se taire et rester neutre, c’est déjà faire le lit de cet islamisme rampant, car si Israël tombe, c’est le monde chrétien tout entier qui sera menacé.

Les musulmans enveloppent juifs et chrétiens dans la même haine, même si pour le moment et pour des raisons tactiques, ils font mine de ménager les chrétiens.

Du temps du marxisme triomphant, Lénine évoquait les «idiots utiles», qui, disait-il, « nous vendront la corde avec laquelle nous les pendrons».

Les chrétiens antisionistes et les chrétiens «non-sionistes» qui ne se différencient que par quelques nuances sont, sans s’en rendre compte, manipulés par l’islam pour devenir à leur tour les auxiliaires inconscients de leurs pires ennemis, c’est pourquoi, face à ce danger mortel, je ne me tairai pas!

Non, l’heure n’est plus à la neutralité, quand la maison brûle et que l’incendie fait rage, la seule conduite logique c’est de crier au feu. C’est pourquoi je ne me tairai pas! Certes, je suis parfaitement conscient que c’est aller à l’encontre du consensus, mais au risque de briser «l’unité du monde évangélique», je resterai du côté des inconditionnels d’Israël et comme disait Victor Hugo: «S’il n’en reste que dix, je serai de ceux-là et s’il n’en reste qu’un, je serai celui-là!».

Persiste et signe! J-Marc Thobois

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Analyse de l’Essai de Frédéric Godet sur l’Apocalypse de Jean (2ème partie) http://www.blogdei.com/14541/analyse-de-lessai-de-frederic-godet-sur-lapocalypse-de-jean-2eme-partie/ http://www.blogdei.com/14541/analyse-de-lessai-de-frederic-godet-sur-lapocalypse-de-jean-2eme-partie/#comments Tue, 31 May 2011 14:00:26 +0000 colibri http://www.blogdei.com/?p=14541

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lire ici l’Essai de Frédéric Godet sur l’Apocalypse de Jean

 

suite de la première partie

 

Le retenant

L’interprétation que fait Godet de ce qui retient l’apparition de l’impie peut sembler fantaisiste car trop incrusté dans un temps (et une explication historique) qui l’a déjà vidé de tout sens spirituel inhérent au texte biblique dans son ensemble. Se restreindre à l’interprétation qu’il en donne serait certainement une grave erreur; c’est l’interprétation la plus invraisemblable parmi toutes celles qui pourraient être avancées. Dans ce sens, il faudrait absolument préciser qu’il s’agit là d’une hypothèse pouvant exister parmi d’autres. Or au fur et à mesure de son développement sur ce point, Godet finit par affirmer cette interprétation comme étant une réalité incontournable de la pensée de Paul délivrée aux Thessaloniciens. Ainsi, en cherchant à connaître quelle pouvait être la pensée de l’Apôtre il finit par avancer que ce qu’il en comprend pour sa part est une certitude.

Il commence par cette supposition :

[[Le principe répressif, que saint Paul désigne par ce terme obscur : le retenant, est donc vraisemblablement le pouvoir dominant à cette époque, le pouvoir romain, l’Empire (neutre) ou l’Empereur (masculin).]]

Ainsi, selon Godet ce retenant (ce qui retient l’apparition de l’impie) serait dans son principe, selon la pensée de Paul, le pouvoir dominant de son époque : savoir le pouvoir Romain. Mais si tel était le cas cela fait par conséquent longtemps que l’impie serait déjà paru et écrasé (selon la suite de l’interprétation de Godet lui-même) par la puissance de l’avènement du Seigneur Jésus puisque ce retenant n’est plus là depuis longtemps.

Force est en effet de constater que l’impie, s’il devait s’incarner dans la réalité historique, n’avait en tout cas pas paru lorsque l’empire romain avait disparu dans l’histoire. Aussi le pouvoir dominant de l’époque de Paul, à savoir cet empire romain, ne pouvait représenter dans l’esprit de Paul ce qu’il considérait comme étant le retenant puisque Paul a certainement écrit cette lettre de façon inspirée.

Cependant il convient aussi de relever que ce que Godet affirmait au début comme une supposition devient peu à peu une affirmation (concernant le principe) avec les limites pourtant relevées ci-dessus. Il dit ceci :

[[Ce qui confirme cette explication, c’est le rôle religieux non moins que politique que Paul attribue à ce personnage et qui convient à un juif plutôt qu’à un monarque païen : Il s’établira comme dieu dans le temple de Dieu]].

Mais il faut préciser que cette partie de l’essai de Godet est un peu confuse. Il finit par admettre que ce ne pouvait être l’empereur romain de l’époque de Paul tout en maintenant le caractère de puissance politique de ce retenant ; et c’est alors que dans sa démonstration, ce retenant devient la puissance politique du temps de l’Antéchrist du futur ; le problème est que le principe voulant que ce retenant ait le caractère de puissance politique n’a jamais été exprimé par Paul. Cela peut juste être supposé comme peut certainement être supposé autre chose qui viendrait définir ce retenant.

A ce sujet, il convient de relever avant de passer au paragraphe suivant qu’à propos de la lettre de Paul aux Thessaloniciens sur l’apparition de l’Impie, Godet dit la chose suivante qui est certes osée mais à peine acceptable dans ce cadre pour la pertinence de ce qu’il écrit dans son essai :

[[Nous avons vu que dans la seconde aux Thessaloniciens Paul déclare que le pouvoir romain, qui comprimait de son temps l’explosion messianique juive, doit être ôté, pour que celle-ci puisse éclater.]]

Ici il ne s’agit pas juste d’une contorsion faite au texte : cela va bien plus loin car c’est non pas une simple interprétation mais carrément un rajout une interpolation, car le texte ne dit nulle part que Paul déclare que le pouvoir romain doit être ôté pour que l’impie apparaisse.  Il n’a tout simplement pas donné dans son épître l’identité de ce qui retenait la manifestation de l’impie. Il fallait préciser que cela est une pure interprétation de Godet concernant ce que Paul avait pu vouloir dire.

Il n’est pas impossible d’avoir d’un texte obscur, une interprétation qui ne soit pas expressément d’emblée apparente dans le texte. Mais dans ce cas, cette interprétation sera certainement le résultat d’une révélation du Saint-Esprit qui devra absolument être corroborée par des détails relevant d’une lecture de toute la pensée de Dieu révélée dans la bible et comprise selon l’analogie de la foi ; cela ne semble pas être le cas ici.

 

La restauration d’Israël : guérison de la tête frappée à mort

Godet semble faire une confusion lorsqu’il dit ceci :

[[Cet Israël restauré est glorifié en la personne de son suprême représentant, le faux Messie, le huitième, qui est en même temps la Bête elle-même sortant tout entière du fond des eaux, ]]

Disant cela il confond certainement comme il a déjà été démontré plus haut ( au chapitre apparition de l’Antéchrist), la première bête d’apocalypse 12 sortie des eaux, avec le faux prophète qui est la seconde bête qui elle, sort de la terre ; or même si Israël est, à ce moment de la fin, représenté par la seconde bête celle-ci ne sort pas des eaux comme le dit Godet mais de la terre. Il s’agit là de de deux entités différentes l’une issue des nations, l’autre issue de la terre que la plupart des théologiens dont Godet lui-même identifient comme représentant spirituellement Israël.

Par ailleurs, ce qui est aussi gênant dans cette partie, c’est que Godet parle de l’intuition de Jean et de Daniel en omettant de dire qu’il s’agit là non pas d’intuitions mais de révélations de l’Esprit de Dieu :

[[Voilà l’intuition de Jean, qui se rattache à celle de Daniel ; seulement il a dû modifier, agrandir celle-ci, afin de faire rentrer dans son cadre les phases nouvelles dues à l’incrédulité d’Israël envers le Messie divin.]]

Ce terme « intuition » attribué à Jean, donne l’impression que la Révélation qu’il livre serait de son fait et non pas le fait de Jésus-Christ alors qu’il est évident que Jean lui-même comme la plupart des Prophètes n’a pas du comprendre sur le coup la totalité ni la profondeur réelle de tout ce qui lui fut dit et montré.

 

Les 7 têtes de la bête

Ce que dit Godet concernant le mystère des 7 têtes de la bête sur laquelle la femme d’apocalypse 17 est assise est intéressant et pourrait se tenir sur un certain plan s’il n’existait par ailleurs des détails importants du texte qui annihilent d’une certaine façon une telle interprétation.

Cette interprétation est intéressante en ce qu’elle semble arriver comme une sorte de réponse pour remplir une case et il faut l’admettre : cela « semble coller » de prime abord dans son raisonnement.

Mais sa grille d’interprétation concernant ce passage n’est pourtant pas différente de celle utilisée par ceux qui selon lui désignaient Néron auparavant comme représentant la 5° tête ; dans son interprétation c’est juste l’identification de cette tête qui change puisque l’histoire l’ayant prouvé, Néron ne fut pas la tête escomptée même si certains croient sur cette base qu’un Néron reviendra.

 

Dans cet essai, au sujet des têtes, force est de constater qu’il y a également des confusions qui altèrent le sens de la Révélation. C’est comme si le texte était forcé pour coller à une intuition de Godet. Ce n’est pas que cette intuition soit obligatoirement fausse, mais le chemin emprunté pour la démonstration n’est pas forcément le bon. Il y a bien trop d’incohérences dans ce raisonnement sur ce chemin-là et pas mal de libertés avec le sens ou l’interprétation de certains mots.

Godet développe dans cette partie des choses qui contredisent non seulement une lecture selon l’analogie de la foi  du Livre, mais encore il contredit ses propres clés de lectures sur des éléments fondamentaux du texte d’apocalypse 13. Par conséquent, c’est tout l’ensemble de cette partie qui devient bancal malgré la séduction intellectuelle qu’elle peut présenter. En démolissant la compréhension de ses prédécesseurs, il fait néanmoins l’erreur de s’aligner sur le même type d’interprétation qu’eux, à l’endroit même où celui-ci pouvait être bancal parce que ne tenant pas compte des éléments internes de cette partie relatant la vision.

Et cela en fausse obligatoirement la compréhension d’ensemble certains aspect restant occultés, autrement cette intuition qu’il a eue n’aurait jamais été utilisée à cet endroit ce qui est de nature à l’affaiblir. Par ailleurs, Godet semble ici raisonner par défaut pour y parvenir comme un jeu où on bouge les pièces « si c’est pas celui-ci c’est celui-là » comme ceci :

[[Comme nous ne saurions voir dans la Bête ni Néron, ni l’Empire romain, il ne nous reste qu’à y reconnaître l’emblème du pouvoir terrestre opposé à Dieu]]

Et c’est après cela qu’il est obligé de faire appel aux livres d’Hénoc et d’Esdras car le livre de Daniel qu’il disait prendre pour appui ne parle pas d’Israël au titre de ces royaumes. Mais l’argumentation souffre à cet endroit car c’est comme si pour lui Jean avait dû puiser dans ces livres alors certainement qu’il est probable que celui-ci ne comprenait pas toujours ce qui lui était montré comme le montre le texte à plusieurs reprises : c’est d’ailleurs le propre des prophètes de ne pas toujours saisir sur le moment la profondeur de ce qu’ils reçoivent comme déjà dit.

La Révélation que Jean a livrée était brute à part les explications de l’ange qui lui parlait ; à tel point que jusqu’à aujourd’hui certains buttent sur la compréhension même des explications de l’ange, par exemple lorsqu’il dit que les 7 étoiles sont 7 anges des églises croient que les anges des églises sont le pasteur ou évêque de chacune de ces églises.

 

Godet dit aussi :

[[Comment Jean en arrive-t-il à faire de l’empire Romain la 6° tête et non pas la 4° tête comme dans Daniel?]]

Mais Jean a-t-il jamais dit que ces têtes représentaient expressément ces empires-là qui furent décrits certes différemment dans le temps par l’un ou l’autre des théologiens ? On ne trouve en tout cas rien de tel dans ce qu’a expressément livré Jean dans le cadre de cette révélation sur le mystère des têtes. Mais par contre il est clair que Godet part dans son interprétation avec comme postulat que Jean avait en pensée que ces têtes représentait ces empires peu importe l’ordre dans lequel nous les prenons.

Et c’est aussi dans ce même esprit que Godet fait la déclaration suivante déjà évoquée au paragraphe précédent :

[[Voilà l’intuition de Jean, qui se rattache à celle de Daniel ; seulement il a dû modifier, agrandir celle-ci, afin de faire rentrer dans son cadre les phases nouvelles dues à l’incrédulité d’Israël en vers le Messie divin.]]

Ce faisant, il vide cette révélation de toute substance divine et l’attribue à une recherche que Jean aurait pu faire dans le livre de Daniel pour mieux saisir la compréhension des plans de Dieu dans cette révélation, alors qu’il est manifeste que Jean n’a pas eu le contrôle intellectuel volontaire qu’on croit sur les phases de ce qu’il révèle. Jean ne fait rien d’autre que de révéler de façon brute ce qu’il voit et entend…avec quelques explications d’ange qui demeurent malgré tout obscures encore aujourd’hui puisqu’il existe tant d’interprétations.

Godet dit aussi :

[[Ne nous étonnons donc pas si Jean en fait une cinquième tête de la Bête]]

Doit-on préciser que Jean n’a jamais dit qu’il faisait cela. Pour Godet, ici Jean voit Israël dans l’identité de la 5° tête . Dans le même passage il explique que le chapitre 13 parle de cette 5° tête (Israël selon lui) qui est tombée à cause de la blessure infligée par l’épée Romaine ce qu’il interprète comme étant la fameuse plaie de l’Epée..

 

Au départ, en lisant ce qu’affirme Godet au sujet de ces têtes, tout parait d’abord évident logique et couler de source dans notre époque comme certainement devait le paraitre l’interprétation précédente  qui selon Godet concernait des rois Romains à l’époque de ceux qui firent une telle interprétation. Et c’est certainement là le danger d’une interprétation exclusivement intégrée dans ce qui peut être visible, matériel ou physique.

 

Le mystère des 7 têtes

Apocalypse 12 dit que le dragon avait 7 têtes couronnées par 7 diadèmes, et le décrit  au verset 9 comme celui qui séduit toute la terre. Il n’est pas interdit de penser que ce pouvoir de séduction a sa source dans les têtes alors que le pouvoir de domination (sa puissance) trouverait son expression plus spécifiquement dans les cornes : ce qu’exprime d’ailleurs généralement le terme « corne » dans la Bible.

Or en Apocalypse 13, la bête qui apparait surgissant de la mer présente elle aussi 7 têtes et 10 cornes ; mais à la différence du dragon ce sont les 10 cornes qui portent des diadèmes et non pas les têtes. Cela ne pourrait-il pas signifier que le siège de la domination gouvernementale terrestre visible de la bête, contrairement à ce que développe ici Godet  reposerait non pas sur les têtes mais sur les cornes ?

Ainsi, si elle exprime sa puissance de domination terrestre par les cornes comme le montre sans ambiguïté Apocalypse 17/12, ce sont les têtes nous dit Jean, qui servent d’assise à la femme adultère et impudique décrite comme ivre du sang des saints.

Mais selon la Révélation, ces têtes sont non seulement des rois mais aussi des collines ce qui devrait nous pousser à aborder cette énigme avec beaucoup plus de précautions. Aussi, il convient de se demander s’il s’agit réellement ici des rois humains ou gouvernements terrestres de même nature que ceux représentés par les 10 cornes ? Et si tel était le cas, pourquoi ces têtes-rois ne portent-elles pas aussi chacune dans la vision des diadèmes ? Ceux-ci étant auparavant sur les têtes du dragon, une telle description des têtes de la bête n’aurait-elle pas rendue plus manifeste le principe de domination exclusivement terrestre que prête Godet au caractère de ces rois ?  Il faut bien reconnaître que ce que rapporte Jean en apocalypse 17 au sujet des cornes laisserait entendre que ce sont bien plutôt les 10 cornes qui sont appelées à recevoir l’empire et l’autorité pour régner.

 

Et bien entendu toute cette partie souffre aussi du fait que Godet confond la 1° bête qui sort de la mer avec la 2° bête qui sort de la terre. Veut-il dire que la 2° bête sortant de la terre sera la tête dirigeante la 1° bête  (confédération d’états) sortant de la mer ?  À aucun moment il ne le dit expressément.

Godet commet certainement l’erreur d’évincer l’aspect spirituel évident de cette description pour en faire l’incarnation de quelque chose à la fois de visible (des rois d’empires mondiaux terrestres) et de matériel ou physique : les collines représentant selon lui la ville de Rome : nous en viendrons au paragraphe suivant. Mais pour terminer sur ce point, il convient aussi de relever que dans son interprétation, Godet, certainement comme des théologiens de l’époque, ne considère pas le monde dans son ensemble : l’Europe en est encore quelque part le centre ; en ce sens il dit ceci :

[[Ce sont donc tous les royaumes formés des débris de l’Empire romain après sa destruction, par conséquent les États européens actuels]].

Selon Godet ces états européens représenteraient à eux seuls les 10 cornes de la bête.  Et il ne faut pas non plus perdre de vue ici que les états européens visés par Godet dans son essai sont bien entendu ceux de son temps.

 

La ville aux 7 collines

De la même façon qu’il peut être surprenant que Godet  voie  dans la femme d’apocalypse 12 le Messie-roi tel qu’il définit cette réalité spirituelle liée à l’apparition du 1° signe dans le ciel, il est tout aussi étonnant qu’il voie en la femme d’apocalypse 17 une ville physique et matérielle (pouvant être décrite géographiquement), et non pas une ville spirituelle exacte antithèse de celle  d’apocalypse 21 selon le parallélisme d’interprétation spirituelle normal inhérent à toute prophétie divine.

Surprenant encore de constater qu’il considère que la femme décrite en apocalypse 17 soit la représentation de « Rome » qu’il décrit comme la ville aux 7 collines alors que rien dans le texte de la Révélation de Jean ne laisse supposer que la ville soit située sur 7 collines physiques ni même qu’elle serve de siège de résidence à la bête comme Godet prétend que cette pensée était aussi celle de Jean.

Beaucoup de Théologiens se basent aussi d’ailleurs sur ce passage pour dire qu’il décrit  la Rome des papes dont il est régulièrement dit qu’elle représente à elle seule Babylone la grande.

Lisons ce que Godet dit au sujet de cette ville :

[[Babylone est assurément la capitale de la monarchie universelle fondée par l’Antéchrist. Comme l’auteur la décrit assise sur sept montagnes, il est certain que, selon lui, cette ville désigne Rome. Ce serait donc à Rome que prendrait naissance le pouvoir du monarque juif.]]

Ici encore Godet affirme comme une certitude ce qu’il suppose être la pensée de Jean ; cette attitude est risquée. Car rien ne montre que Jean désignait spécifiquement la ville de Rome dans ce texte. Le texte ne laisse même pas entendre qu’il s’agit là d’une ville physique ou matérielle ; et les collines dont il est fait état sont celles de la bête (ce sont ses têtes). Ce que Jean dit expressément c’est que c’est la bête qui sert de siège à la femme-ville d’apocalypse 17 (elle est assise sur la bête plus spécifiquement sur ses 7 collines-têtes.

Aussi, même si Rome est une ville qui possède 7 collines (plusieurs se sont livrés à une recherche des villes possédant 7 collines : il y a semble-t-il parmi elles, Rome mais aussi Jérusalem et bien d’autres) et a pu être gouvernée dans le passé par 7 rois humains, ou encore même si elle est une citée terrestre matérielle à même de servir de résidence à la bête-confédérations d’états, Rome n’est  néanmoins pas la signification de la femme d’apocalypse 17 qui elle est bien dans la description de Jean une cité spirituelle comme l’est aussi la femme d’Apocalypse 21.

 

L’affirmation de Godet concernant Rome-Babylone la grande est une conception qui a tellement été reprise » du passé qu’elle a du mal à être déracinée : elle est ainsi devenue une véritable forteresse dans la pensée qui empêche souvent de voir toute autre réalité qui a pu être montré là au Prophète visionnaire.

Mais cette ville Babylone est elle aussi un mystère à ce moment-là, dont l’ange révèle la nature à Jean : un principe spirituel d’adultère et d’apostasie qui vise à la fois à la séduction du monde et à la perversion de la foi de ceux qui portent un témoignage de Dieu dans le monde, cherchant par-là à souiller ces derniers; c’est pourquoi nous avons ce cri adressé spécifiquement à ceux qui souhaiteront encore rester fidèle à Dieu : « sortez du milieu d’elle mon peuple ».

 

La durée du règne de la bête

Lorsque Godet dit que le règne de la bête est interrompu au milieu de son développement il considère que le règne complet normal aurait du être7 ans,  cependant il précise néanmoins que le règne de la bête est bien de 42 mois comme le dit le texte (peu importe ici comment on comprend cette durée). Voyons ce que dit précisément Godet concernant cette durée :

[[Ce nombre signifie par conséquent qu’au milieu de son développement, au fort de sa croissance, le pouvoir de l’Antéchrist sera subitement brisé.]]

Si ce règne sera brisé au milieu de son développement, est-ce à dire que la durée complète de ce développement aura été abrégée par rapport au temps normal (7 ans selon cette explication) qu’il aurait dû avoir ?  Godet poursuit sa pensée en affirmant plus loin :

[[Au lieu d’achever son cycle, il restera là comme un arbre que l’éclair a foudroyé]].

Si c’est le cas, cette éventuelle durée initiale de 7 ans ne serait pas sans rapport avec une certaine interprétation de la prophétie des Septaines d’années de Daniel 9, il convient certainement de le préciser.

 

Le sort des ressuscités après la Parousie

Que veut dire Godet ici  sur le fait que les fidèles ressuscités vivant dans une sphère supérieure mais rapprochée seront en communion avec la chrétienté terrestre ? De quelle chrétienté terrestre peut-il s’agir puisque tout ce qui sera de reste sur la terre parmi le peuple de Dieu au moment de la Parousie sera obligatoirement passé par la résurrection :  le texte de la Révélation de Jean montre clairement que tous ceux qui auront été fidèles dans la « chrétienté » sur terre au moment du règne de la bête auront été mis à mort par elle ?

D’ailleurs, la révélation de Jean fait état de cette résurrection avant les mille ans (peu importe ce qu’on met dans cette durée). Si certains vivent à ce moment-là non pas sur la terre, mais dans un endroit intermédiaire supérieur tel que le suggère Frédéric Godet, il faudrait certainement les désigner d’un autre terme que celui de  « fidèles ressuscité »s terme qui englobe tous ceux qui auront passé par la persécution (Apocalypse 20/ 4 et 5). De toute façon, ce paragraphe reste assez flou et pas suffisamment construit sur des éléments évidents du texte biblique. Mais ce serait néanmoins intéressant de savoir pourquoi Godet semble établir deux groupes parmi les fidèles enfants de Dieu : ceux qui seront sur la terre à ce moment-là et ceux qui seront dans un endroit plus élevé tout en étant en communion avec les premiers ; un développement de cette partie lui aurait certainement permis d’éclairer un point dont un aspect a semblé lui échapper auparavant.

 

Pour terminer, il est tout de même surprenant de lire cette déclaration de Godet concernant tout le contenu de son essai :

[[Il est à remarquer que, pour expliquer la vision jusqu’à ce moment, nous n’avons point été obligés de faire appel à d’autres données que celles de l’histoire sainte et de la révélation biblique.]]

Il est clair que si pour certaines parties cette déclaration s’avère juste, de nombreuses autres  parties de ce texte  sortent carrément des données de l’histoire sainte et de la révélation biblique ; ou alors, eu égard aux libertés qui ont parfois été prises ici ou là par l’auteur dans sa démonstration,  il aurait été bon de donner une définition plus précise de ce qu’il entend par les notions d’histoire sainte comme celle de révélation biblique.

 

Malgré tout,  il est clair que sur ce thème, le texte de Godet  recèle des trésors comme les textes de plusieurs qui l’ont précédé et d’autres qui l’ont suivi. Ils ont certainement chacun apporté dans les limites et selon la mesure de ce qui leur a été donné de comprendre de là où ils étaient à ce moment-là.

Si ces limitations sont de nature à nous pousser à marcher dans l’humilité dans nos prises de positions  habituelles en faveur ou contre telle ou telle interprétation figée, cela doit certainement aussi nous encourager à ne pas devoir en rester à la manne qu’il leur fut donnée à eux au jour de la semaine où ils étaient parvenus car si eux ont fini de marcher, nous nous marchons encore, et certainement plus nous marcherons en direction de la montagne plus notre vision de ce qui réside en cet endroit est appelée à s’affiner.

 

 

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Analyse de l’Essai de Frédéric Godet sur l’Apocalypse de Jean (1ère partie) http://www.blogdei.com/14533/analyse-de-lessai-de-frederic-godet-sur-lapocalypse-de-jean-1ere-partie/ http://www.blogdei.com/14533/analyse-de-lessai-de-frederic-godet-sur-lapocalypse-de-jean-1ere-partie/#comments Tue, 31 May 2011 13:48:33 +0000 colibri http://www.blogdei.com/?p=14533

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lire ici l’Essai de Frédéric Godet sur l’Apocalypse de Jean

NDLR :

Cette analyse n’a pas premièrement la vocation de donner de réponses aux thèmes abordés par Godet, mais celle de nourrir la réflexion à partir de quelques points d’interrogations suscités par des divergences relevées entre l’interprétation de Godet et une analyse de certains éléments internes du texte de la Révélation de Jean.

Elle n’est pas non plus exhaustive : cela signifie que d’autres points de divergence avec les éléments internes du texte de la Révélation de Jean sauraient certainement être relevés.

 

 

D’emblée, il convient de relever que cet essai de Frédéric Godet se base comme beaucoup d’autres, sur une lecture « globalement » chronologique de la Révélation de Jean. C’est certainement pour cette raison qu’il précise en préliminaire de son essai :

[[Aussitôt après que la septième trompette a sonné (11.15), commencent à se dérouler les événements préliminaires de la venue de l’Antéchrist]].

La lecture chronologique est celle qui veut que les évènements décrits dans ce livre de la Révélation seront réalisés dans l’ordre suivant lequel Jean les écrit : en l’occurrence ici, selon Godet, les évènements préliminaires de la venue de l’Antéchrist décrits en apocalypse 12, 13 etc, se dérouleront immédiatement après ceux décrits dans le chapitre 11 (c’est-à-dire après de la septième trompette) et pas avant.

Une telle lecture peut souvent se comprendre et même parfois se justifier ; cependant suivant cette analyse, Godet réduit lui-même à néant la pertinence qu’il semble placer dans la suite du développement de son essai.

En effet, le début du chapitre 11 décrit des évènements qui sont censés prendre place dans ce que Jean appelle le second malheur qui fait partie de la 6° trompette. Or ce n’est que dans la seconde partie du chapitre 11 (à partir du verset 15) que commencent les évènements de  la septième trompette ouvrant par la même occasion le 3° malheur annoncé par l’ange.

Et cette septième trompette,  comme nous pouvons le constater, ne décrit nullement  les évènements préliminaires de la venue de l’Antéchrist comme l’affirme Godet, mais un tout autre évènement qui est en rapport avec l’accomplissement de la colère et la justice de Dieu autant envers Ses serviteurs que pour Ses ennemis.

C’est par contre plutôt lors de la 6° trompette (décrivant aussi le second malheur) que nous voyons décrits des évènements en rapport avec la venue de l’Antéchrist ; ainsi donc nous trouvons au début de ce chapitre 11 une description du temps du témoignage des deux témoins (Chap. 11/ 3 : 1260 jours) correspondant au temps de règne de la bête (42 mois) : il est précisé à ce sujet que la bête qui monte de la mer les détruira : verset 7. Et tout ceci prend place avant la dernière trompette contrairement à ce qu’affirme Godet ;  d’ailleurs le verset 14 marque bien la séparation entre ces évènements du temps de règne de la bête et ceux qui doivent y mettre un terme il dit ceci :

[[Le second malheur est passé. Voici, le troisième malheur vient bientôt]]

Et ce 3° malheur n’est autre que le contenu de la septième trompette.

 

Le fils mâle

Selon Frédéric Godet, cet enfant mâle (vigoureux) que la femme est sur le point de mettre au monde, serait le principe du Messie-roi qu’il assimile au royaume glorieux du Messie. La raison de cette interprétation provient principalement du fait que le texte précise que ce fils mâle doit paître les nations avec un cep de fer. Cependant,  la lettre de Christ aux 7 églises d’Asie montre que la même promesse est faite par Jésus-Christ au vainqueur de l’église-type de  Thyatire :

« A celui qui vaincra, et qui gardera jusqu’à la fin mes œuvres, je donnerai autorité sur les nations ; Il les paîtra avec un cep de fer, comme on brise les vases d’argile, ainsi que moi-même j’en ai reçu le pouvoir de mon Père ».

 

La femme revêtue de soleil

Concernant la femme qui enfante ce fils mâle devant être enlevé auprès du trône de Dieu peu de temps après sa naissance, Frédéric Godet dit ceci :

[[Voilà pourquoi, au moment où le règne visible du Christ semble prêt à éclater, ce terme attendu et si longtemps espéré est tout à coup ajourné pour faire place au règne de l’Antéchrist. C’est cet ajournement qui est représenté sous l’image de l’enlèvement du Messie prêt à paraître ici-bas et transporté soudain sur le trône de Dieu]]

Et selon Frédéric Godet, ce que l’église aurait enfanté serait :

[[Le royaume de Dieu sur le point de se réaliser enfin sous la forme de l’état de choses extérieures et visibles]]

Toujours selon lui, cet ajournement serait lié au fait que ce n’était pas encore pour ce fils mâle le temps d’apparaitre puisque l’antéchrist devait d’abord venir.

Aussi, à cause de cet accouchement prématuré, ce royaume de Dieu sur le point de se réaliser « avant le temps » serait par conséquent « enlevé » pour être tenu caché auprès du trône de Dieu en attendant le temps d’apparaitre – c’est-à-dire après les 42 mois de règne de l’antéchrist.

Mais cette affirmation ne revêt pas ici un sens spirituel inhérent à la cohérence d’ensemble de la Révélation de Jean bien qu’elle puisse trouver de la cohérence dans un sens non développé ici par Godet – [voir ci-dessous Note (1) - Appendice].

Il est par exemple très difficile de saisir ici pourquoi Dieu (selon la pensée de Godet) ferait naître ce royaume prématurément [et non pas au terme normalement prévu par Lui]  pour l’ajourner tout à coup sous prétexte de ce que l’Antéchrist devait paraitre auparavant. C’est comme s’il laissait entendre que Dieu n’ayant pas été très vigilant sur les temps et les saisons spirituels fixés par Lui-même, s’était laissé surprendre. Comme si le Dieu Vivant et Souverain avait oublié l’ordre dans lequel les choses devaient paraitre ou comme si l’ennemi l’avait devancé en bouleversant l’horloge divin.

L’image de la femme qui accouche fait pourtant penser immédiatement à un fruit qui, parvenu à maturité (la bible évoque l’état de l’homme fait), sort au terme fixé normalement et initialement. Car le sein maternel a été conçu par Dieu pour conserver son précieux fruit dans des temps bien encadrés en dehors desquels on parle de « prématuré ».

Or Dieu qui fait toute chose bonne en son temps et qui a prévu un temps et une saison pour chaque chose, a certainement aussi la parfaite maitrise sur l’accomplissement dans les temps prévus par Lui, pour tout ce qui a trait à ce premier signe décrit au chapitre 12 du livre de la Révélation de Jean.

Nous savons que le sein maternel ne livre son fruit de façon prématurée que par accident par rapport à un ordre normal des choses. Or Dieu ne peut laisser le hasard décider d’une chose aussi primordiale que la naissance de ce fruit précieux de la femme surtout s’il est censé représenter ici ce que dit Godet. Au contraire, Dieu qui est tout-Puissant et Souverain, fera certainement tout pour que ce fruit arrive à maturité au terme prévu : tout le texte biblique lu et compris selon l’analogie de la foi démontre cette réalité éternelle inscrite dans la pensée de Dieu et sa pédagogie depuis la création.

Et de toute façon sur un plan naturel, dans la mesure où l’accouchement dépend aussi un peu des forces et donc de la santé de la femme enceinte, si la naissance devait échapper au contrôle souverain de la volonté du Seigneur pour ne dépendre exclusivement que des conditions inhérentes à la femme, on pourrait bien davantage imaginer dans ce cas un Bébé dépassant le terme, qu’un Bébé prématuré ; par ailleurs sur ce même plan, un bébé prématuré ne saurait être considéré comme vigoureux dès sa naissance.

Mais sachant que Dieu contrôle les temps et les saisons qu’il accomplit (mène à leur terme) conformément à Sa volonté éternelle, nous pourrons certainement éliminer un tel cas de figure car il est bien évident que nous sommes ici non sur un plan strictement naturel mais bien plutôt spirituel : il s’agit ici du premier signe dans le ciel décrit par Jean : (il en voit 3 au cours de cette révélation).

 

La chute du dragon :

Godet dit ceci :

[[Le combat entre Michaël et Satan ne peut donc signifier autre chose que la lutte du monothéisme, représenté par le christianisme et le judaïsme fidèle, contre le paganisme encore régnant, même depuis la venue du Christ, chez tant de peuples de la terre ; et la chute de Satan et de ses anges figure par conséquent l’abolition graduelle des cultes idolâtres là où ils se pratiquent encore.]]

Il semble que cette affirmation n’aie pas vraiment de sens spirituel en lien avec le contexte de la Révélation de Jean car ce combat a lieu dans le ciel avant la chute du dragon et ses anges sur la terre. Comment dire qu’à ce stade, la chute de satan et ses anges figure l’abolition des cultes idolâtres là où ils se pratiquent encore alors précisément que la suite du texte et tout le reste montre justement que c’est au contraire à partir de là, de ce combat céleste et de ses conséquences heureuses pour le ciel mais clairement malheureuses pour la terre, que ces puissances de ténèbres auront les coudées franches pour séduire la terre puisque il est dit à la suite de cette chute sur la terre :

[[ « Malheur à la terre et à la mer ! Car le diable est descendu vers vous, animé d'une grande colère, sachant qu'il a peu de temps »]].

Et cette grande séduction ainsi que le développement de l’idolâtrie atteindra certainement  son apogée lors du dévoilement total de la mystérieuse Babylone : la femme au nom de Mystère qui elle aussi sera aussi révélée en son temps : il est dit en Apocalypse 18 à propos de la femme Babylone dont il est montré à Jean le jugement, qu’elle était devenue une habitation de démons un repaire de tous esprits impurs.

Aussi, la chute de satan et de ses anges ne figurerait en rien comme le prétend Frédéric Godet, la fin des cultes idolâtres sur la terre là où ils se pratiquent ; ce serait même plutôt le temps du dévoilement de la plénitude de l’iniquité et de l’apostasie qui sera accomplie à ce moment-là grâce aussi à l’assise de cette femme adultère et impudique sur les peuples de la terre.

 

Selon une lecture directe d’Apocalypse 12, le combat entre Michel et le dragon n’a pas comme but d’arrêter l’idolâtrie sur terre, mais celui de précipiter au contraire sur la terre l’accusateur des frères en nettoyant le ciel de sa présence et c’est certainement bien pourquoi il est dit à la suite de cela : « réjouissez-vous cieux et vous qui l’habitez ».

Par conséquent,  l’interprétation  que fait Godet de cet évènement précis d’apocalypse 12 est certainement déplacée même en prenant comme il le fait Luc 10/ 18 pour appui : ce qui revient à forcer le texte hors contexte.

Du temps de Godet,  celui-ci pouvait certainement penser qu’avant l’apparition de l’antéchrist le paganisme serait presque en voie de disparition mais au jour d’aujourd’hui on constaterait plutôt une recrudescence du paganisme dans le monde ce qui va dans le sens de ce que disait Paul comme devant accompagner le temps d’apparition de l’Impie à savoir l’explosion concomitante de l’apostasie : 2Thess. 2/3.

 

En outre, comment expliquer que comme le prétend Godet :

[[« La lutte entre Michel et le dragon figure la lutte du monothéisme, représenté par le christianisme et le judaïsme fidèle, contre le paganisme encore régnant »]].

Pour le Christianisme on ne fera pas la fine bouche et on admettra qu’il ne parle pas d’une institution mais de ceux que le Livre qualifie de « vainqueurs » et dont il est dit dans le cadre de cette bataille d’apocalypse 12 : ils l’ont vaincu à cause du sang de l’Agneau etc.. » On peut certainement penser à des vierges sages par opposition à des vierges insensées qui elles aussi sont malgré tout des vierges.

Mais quid du Judaïsme fidèle ? Si Godet entendait par là le Judaïsme fidèle existant jusqu’à la venue au monde de Jésus son Messie, cela pourrait avoir un vrai sens spirituel en accord avec le texte de la Révélation. Mais ici Godet prend soin de préciser qu’il parle du Judaïsme fidèle juxtaposé à un Christianisme fidèle comme si le Corps de Christ était coupé en deux.  Ou alors Godet aurait dû préciser ce qu’il entendait par « Judaïsme fidèle ».

Il n’y a pas besoin de faire plus ample développement pour montrer que cette interprétation n’a rien à faire ici puisque la Révélation de Jean ici, s’appuie assez bien sur ce qui a été démontré longuement par les Apôtres du Seigneur, à savoir que la victoire contre l’ennemi de nos âmes n’est manifeste que par la puissance du sang de l’Agneau immolé ; c’est à ce moment-là qu’Il a dépouillé les dominations en les livrant publiquement en spectacle par le sacrifice sanglant de  sa propre vie à la Croix.

Et si nous pouvons être victorieux sur le serpent ancien et ses anges, ce n’est qu’en entrant pour notre part dans ce cortège de victoire : dans la mesure où notre vie sera cachée en Christ. Or cette position de victoire spirituelle ne se trouve pas dans le Judaïsme même un Judaïsme dit fidèle. Cette victoire n’est pas dans le judaïsme sinon si cela était, Jésus n’aurait pas besoin de venir offrir sa vie d’Agneau sans tâche pour que soit accompli ce qui avait été prophétisé dès le livre de Genèse ; il suffisait pour cela que le peuple continue d’observer la loi et que cette observance soit étendue par Dieu à l’ensemble des peuples de la terre ;  et alors l’ennemi était vaincu sur cette base.

Mais nous savons bien que ce n’est pas là l’essence de l’évangile du Christ, ni la base ou le fondement de la foi transmise aux saints une fois pour toutes.

 

Par ailleurs, il est utile de préciser dans le cadre de ce paragraphe que le dragon ne donne pas son pouvoir  à un homme comme le texte de Godet  l’affirme quelque part, mais à la bête toute entière qui est une confédération d’états. A ce sujet, et comme on le voit à plusieurs endroits dans la suite de l’essai, Godet semble faire une sorte de confusion entre les bêtes il semble se tromper sur l’identité de l’antéchrist qui « exerce » des pouvoirs surnaturels ; selon lui c’est la bête (celle à 10 cornes et 7 têtes) ; or le texte de la Révélation montre bien qu’il s’agit plutôt de la seconde bête (apocalypse 13/ 11 à 14) c’est-à-dire le faux prophète ; d’ailleurs cette partie du texte semble être quelque peu romancée par Godet à cause de nombre de d’extrapolations nourries par des suppositions, ce qui tend malheureusement à en escamoter la compréhension spirituelle. C’est ainsi qu’au chapitre « Apparition de l’antéchrist », il semble confondre carrément la première et la seconde bête.

 

Apparition de l’Antéchrist

Contrairement à ce que dit Godet au début de ce paragraphe et conformément à ce qui a déjà été rappelé plus haut, l’Antéchrist ne fait nullement l’objet exclusif de la septième trompette ; et s’appuyer sur une lecture chronologique du texte d’Apocalypse pour le prétendre soulèverait beaucoup d’autres difficultés excluant toute compréhension selon l’analogie de la foi.

Dans ce chapitre, Godet montre bien et à juste titre, que l’Antéchrist émerge de l’Océan représenté par la masse mobile des peuples. Il est par conséquent clair pour lui ici que cet Antéchrist vient des nations et non pas d’Israël.

Puis contrairement à ce qu’il dit, Jean ne parle pas de ce personnage mais plutôt d’anti christs qui ont existé et d’un Anti christ qui vient. Et dans tout ce chapitre, Godet confond la première et la seconde bête : à savoir l’ « antéchrist » des nations venant de la mer, et l’ « anti christ » qui vient de la terre : terme que Godet prend  bien soin d’identifier à Israël étant selon lui un membre de la nation Juive qu’il appelle « l’anti messie ».

 

 

Note :

(1) Appendice

Cette affirmation de Godet concernant l’ajournement de ce royaume visible du Christ après sa naissance (représentant selon lui l’enlèvement du fils mâle auprès du trône de Dieu), pourrait malgré tout avoir du sens dans un contexte précis mais qui n’est pas celui développé ici par Godet.

Ce contexte serait celui où ce que Jean voit représenterait non pas l’avenir, mais plutôt la description d’un passé proche par rapport à son temps :

Le peuple d’Israël croyait lors de la première venue de Jésus (puis aussi d’ailleurs la plupart des disciples aux tout premiers temps de l’église primitive), que le royaume devait et allait être établi peu de temps après la venue du Messie. Car les prophéties des prophètes jusqu’à Jean Baptiste n’étaient pas tout à fait clairs concernant certains détails précis : ainsi rien ne laissait clairement supposer qu’il y aurait deux venues du Messie, ni même un temps assez long entre ces deux venues.

Même Jean le Baptiste qui annonçait la proximité de ce royaume n’a pas toujours discerné exactement ni compris les temps précis contenus dans les détails de ce qu’il prophétisait par l’Esprit de Dieu; par conséquent il n’avait pas saisi comment ce royaume serait manifesté à la première venue de Jésus dont il fut témoin. Il est évident que certains signes qu’il annonçait n’étaient pas encore pour ce temps-là : il parlait du van, de la séparation du blé et de la paille qui serait jeté dans le feu (ce qui on le comprend par les paroles de Jésus ne devait s’accomplir qu’à la fin des temps), de la cognée qui serait mise à la racine des arbres pour déterminer ceux qui seraient jetés au feu etc. Il croyait que tout cela se mettrait en place dès la venue du fils de l’homme auquel il assistait. En fait la plupart des prophéties de l’ancienne alliance annonçant la venue du Messie pouvait laisser entendre que toutes ces choses devaient prendre place en une fois lors de la venue du Messie devant clore les temps avec le grand jugement subséquent.

Or les signes que Jésus a manifestés lors de sa première venue n’étaient pas de l’ordre de ceux qui manifestent le jugement mais plutôt de l’ordre de la grâce ; Il a accompli lors de sa première venue la première partie de la prophétie d’Esaïe qu’il a lu dans le temple en s’arrêtant exactement à l’année de grâce sans aller plus loin. Il a dit dans le temple lors de la lecture du  rouleau d’Esaïe : « aujourd’hui cette parole est accomplie ». Or cette parole accomplie dont il était question, ne comprenait pas le jour du jugement prophétisé Esaïe puis par Jean le Baptiste : ce n’était encore pas ce temps-là.

Et c’est certainement pourquoi Jean en prison envoie ses disciples demander à Jésus s’il est bien celui qu’ils devaient attendre, alors même que Jean savait très bien que Jésus était le Fils de Dieu : c’est lui qui dit à la foule que Jésus était l’Agneau de Dieu venu pour ôter  le péché (c’est ici une prophétie annonciatrice d’un sacrifice sanglant) ; mais Jean était troublé par la nature des signes du royaume qui n’étaient pas ceux qu’il attendait et il en était certainement de même de la plupart de ses contemporains.

Tous s’attendaient à ce que lorsque le Messie viendrait, il établisse aussi son royaume visible et à aucun moment ils ne semblaient s’attendre au règne d’un antéchrist qui s’intercalerait avant ce temps-là. Même parmi les disciples ni les apôtres, aucun n’a pensé que le règne visible de Christ ne suivrait pas de près l’ascension du Seigneur, surtout que selon Jean 16.16 Jésus leur avait dit : « Encore un peu de temps, et vous ne me verrez plus ; et puis encore un peu de temps, et vous me verrez ».

Et c’est pourquoi nous les voyons en Actes1 poser la question au Seigneur concernant le temps du rétablissement du royaume d’Israël. C’est là que le Seigneur leur dit qu’ils n’avaient pas à connaitre les temps et les moments. Tout cela est très troublant : à aucun moment même en l’évangile de Jean Jésus ne lève le voile sur cet espace de temps assez long entre sa première venue et son retour.

Les disciples avaient été enseignés en abondance sur le royaume des cieux mais ils attendaient aussi le rétablissement du royaume d’Israël car cela fut prophétisé comme devant aussi coïncider avec la fin des temps, avec l’établissement du règne visible du Christ. Or plus le temps passait, plus il a semblé manifeste que ce règne était comme ajourné par rapport à ce qu’ils croyaient ; mais tout dans leurs prédications dans les premiers temps au début des Actes était encore basé sur le fait que le royaume était « proche », or dans les épîtres nous voyons que l’accent est mis sur tout autre chose : sur le royaume céleste en nous ainsi que l’espérance d’une chose encore à venir : Christ en nous l’espérance de la gloire.

Plusieurs choses sont cachées dans ces prophéties de l’ancien testament et qui ont trait à cet ajournement de l’apparition du règne visible de Christ sur terre (ce qui semble aller dans le sens de ce paragraphe de Godet) ; mais il faut préciser qu’on ne peut parler ici d’ajournement certainement non pas par rapport au plan de Dieu mais à l’espérance du peuple. Cependant, malgré tout il est possible de discerner dans les prophéties de l’ancien testament les différences d’accomplissement entre les deux venues du Messie. Ce sont des éléments qui existant en filigrane dans les prophéties de l’ancien testament ne pouvaient être totalement comprises ni interprétées correctement avant leur accomplissement : ces éléments sont nommés mystères.

Il s’agit de l’endurcissement d’Israël, de l’église qui est englobe des païens étrangers aux promesses et aux alliances faites à Israël, de l’évangile de la grâce de Dieu,  de l’épouse de Christ, de la résurrection accompagnée de la transformation des vivants lors de la venue de Christ, l’enlèvement, de Babylone la grande et des 7 têtes qui la soutiennent, de celui de l’Iniquité

Dans la bible toutes ces choses sont nommées comme étant des mystères qui n’étaient pas révélées dans l’ancienne alliance et certaines de ces choses attendent encore leur dévoilement.

 

C’est dans tout ce contexte des choses qui concernent le passé proche du temps de Jean, que la phrase de Godet sur l’ajournement du règne visible du Messie prend tout son sens. Mais il faut dire que son analyse à ce sujet rejoint entièrement son commentaire tout à fait pertinent du Cantique des cantiques où il nous fait percevoir à la fin comment le Berger doit quitter Sulamithe en fuyant vers la montagne des aromates, alors même qu’ils viennent enfin de se trouver après plusieurs contre temps. Godet qualifie d’ailleurs ce Cantiques d’Apocalypse de l’ancien Testament.

lire la suite ici

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Essai d’interprétation de l’Apocalypse de Jean, selon Frédéric Godet http://www.blogdei.com/14457/essai-d%e2%80%99interpretation-de-l%e2%80%99apocalypse-de-jean-selon-frederic-godet/ http://www.blogdei.com/14457/essai-d%e2%80%99interpretation-de-l%e2%80%99apocalypse-de-jean-selon-frederic-godet/#comments Tue, 24 May 2011 16:48:44 +0000 colibri http://www.blogdei.com/?p=14457

soleil d’orient

 

Extrait tiré du texte : « Essai sur l’Apocalypse »

(1 Thessaloniciens 5. 21 : « Éprouvez toutes choses »)

 

Aussitôt après que la septième trompette a sonné (11.15), commencent à se dérouler les événements préliminaires de la venue de l’Antéchrist. Ils sont décrits au chapitre 12. Il y en a deux principaux qui sont tous deux placés dans le ciel, parce que les événements terrestres qui y correspondent reposent sur des conditions supraterrestres : La femme enfantant le Christ et Satan précipité du ciel sur la terre par l’archange Michaël.

 

Le Fils mâle enlevé vers le trône de Dieu

Le premier de ces symboles est rapporté par presque tous les interprètes modernes à l’Eglise juive mettant au monde le Messie. Cet enfant merveilleux est transporté dans le ciel, sans même avoir vécu ici-bas, pour y être gardé jusqu’au moment où il reparaîtra comme Messie glorifié et roi de l’univers (chapitre 19). On comprend que si c’était là vraiment le sens de ce tableau, M.Vischer serait fondé à dire qu’il ne peut avoir été tracé que par une main juive, et que M.Schön, qui admet le caractère chrétien de l’auteur de l’Apocalypse, aurait raison de concéder ici un emprunt à une composition d’origine juive. Car enfin quel auteur chrétien pourrait représenter le Christ comme ayant été enlevé au ciel et arraché à Satan immédiatement après sa naissance ? Mais, d’autre part, comment comprendre que le rédacteur de l’Apocalypse en vienne à raconter maintenant la naissance terrestre du Messie après l’avoir décrit au chapitre 5 comme l’agneau immolé assis sur le trône de Dieu, adoré des anges, prenant le livre des décrets divins et en brisant successivement les sceaux ? Il y a plus : la mère de cet enfant mystérieux, après l’avoir mis au monde, s’enfuit au désert pendant 1260 jours (12.6) ou trois ans et demi (12.14), période qui équivaut précisément à celle de 42 mois qui est le temps du règne de l’Antéchrist, (13.5). Or le rédacteur chrétien de notre Apocalypse pourrait-il faire coïncider la naissance de Jésus à Bethléem avec l’avènement de l’Antéchrist dont il fixait, prétend-on, la date à l’an 68, et placer la fuite au désert (sa dispersion) tôt après la naissance de Jésus, ainsi 70 ans avant la destruction de Jérusalem ? Comment lui prêter de semblables monstruosités qui dépassent encore celles qu’on devrait attribuer au chapitre 11 ? Si l’on veut absolument soutenir que l’auteur de l’Apocalypse a employé ici des matériaux d’origine juive, il faut en tout cas reconnaître, non seulement comme le fait M.Vischer, qu’il les a interpolés en les parsemant de quelques annotations chrétiennes, mais qu’il en a complètement transformé le sens de manière à les assimiler à sa conception chrétienne. Quel est en effet le sens de cette vision ?

 

La femme revêtue du soleil

La femme mystérieuse revêtue du soleil et couronnée de douze étoiles représente non la théocratie juive, mais le règne de Dieu apparu sous la forme d’Israël, puis de l’Eglise. L’enfantement du Christ n’est pas celui de Jésus à Bethléem, mais comme il est dit au verset 5, celui du Roi qui doit paître les Gentils avec un sceptre de fer. L’image de la femme qui enfante signifie que le moment est venu où le royaume de Dieu est sur le point de se réaliser enfin sous la forme de l’état de choses extérieures et visibles dont l’Eglise porte en elle depuis si longtemps le principe et qui se personnifie dans le Christ glorifié. Mais cette réalisation ne peut avoir lieu qu’après l’apparition complète du règne du mal ici-bas. Le dernier mot de Dieu sur la terre doit être la négation du dernier mot de Satan. Voilà pourquoi, au moment où le règne visible du Christ semble prêt à éclater, ce terme attendu et si longtemps espéré et tout à coup ajourné pour faire place au règne de l’Antéchrist. C’est cet ajournement qui est représenté sous l’image de l’enlèvement du Messie prêt à paraître ici-bas et transporté soudain sur le trône de Dieu, jusqu’à ce que l’Antéchrist ait fait son œuvre. Cette période d’attente dure, comme nous l’avons vu, trois ans et demi ou 1260 jours ou 42 mois ; et la vision signifie que l’Eglise laissée ici-bas sera exilée et persécutée durant ce temps, qui est celui du pouvoir de l’Antéchrist. Cette image du Messie que doit enfanter l’Eglise, est hardie, sans doute ; mais on peut la rapprocher de l’expression du psaume 2, qui s’applique à la résurrection : Je t’ai engendré aujourd’hui, et de cette expression de l’apôtre : Jusqu’à ce que le Christ soit formé en vous (Galates 4.19). Ce sens est confirmé par le verset 17 où les croyants sont appelés les autres de la postérité de la femme.

 

La chute du dragon

Le second événement précurseur de l’apparition de l’Antéchrist est décrit sous l’image d’une lutte céleste entre Michaël et ses anges, d’une part, le Dragon avec ses anges, de l’autre. Celui-ci est précipité du ciel avec ses acolytes. En effet, comme le dit saint Paul, même depuis la venue de Christ, il a encore une place dans les lieux célestes, c’est-à-dire une position élevée d’où il exerce sa puissance sur l’humanité (Ephésiens 6 .12). Que signifient cette lutte et cette chute ? L’archange Michaël dont le nom signifie : Qui est comme Dieu est dans le livre de Daniel le champion du monothéisme. Satan, le séducteur des hommes, est au contraire celui qui les éloigne de Dieu en les poussant à l’idolâtrie et en détournant sur lui-même le culte qui ne revient qu’à Dieu. Toutes les divinités païennes devant lesquelles se prosternaient les peuples anciens, n’étaient qu’une vaine fantasmagorie derrière laquelle se cachaient Satan et ses anges : Ce que les Gentils sacrifient, dit saint Paul, ils le sacrifient aux démons. (1 Corinthiens 9.20) Le combat entre Michaël et Satan ne peut donc signifier autre chose que la lutte du monothéisme, représenté par le christianisme et le judaïsme fidèle, contre le paganisme encore régnant, même depuis la venue du Christ, chez tant de peuples de la terre ; et la chute de Satan et de ses anges figure par conséquent l’abolition graduelle des cultes idolâtres là où ils se pratiquent encore. C’est le grand fait dont Jésus contemplait le prélude dans les premières victoires des évangélistes envoyés par lui, lorsqu’il disait : Je voyais Satan tombant du ciel comme un éclair (Luc 10.18).

 

Par la chute progressive du paganisme Satan perd l’ancien pouvoir qu’il exerçait encore sur le cœur des hommes ; il doit renoncer peu à peu à ces prestiges par lesquels il séduisait l’imagination des nations. Tous ces cultes odieux dont il recueillait le sanglant hommage, disparaissent l’un après l’autre de la surface de la terre. Et quelle sera sa vengeance ? De susciter à Dieu et à son Christ un adversaire nouveau qui pourra changer cette défaite en victoire. Ce dessein il l’exécute par l’apparition de l’Antéchrist. Obligé de renoncer au pouvoir qu’il exerçait directement sur les hommes, il se résigne à livrer sa puissance à un homme, un nouveau Judas, qu’il découvre au sein de l’humanité, qu’il revêt de forces surnaturelles et dont il fait le rival du Christ. C’est comme le défi du désespoir qu’il jette à celui-ci : «En échange de mes païens dont tu as fait des chrétiens, je vais faire de tes chrétiens autant de païens».

 

Apparition de l’Antéchrist

Ce rival paraît au chapitre 13 ; c’est l’Antéchrist, dont le règne était prévu comme l’objet de la septième trompette. Il est évoqué par Satan qui, précipité du ciel, c’est-à-dire privé de la puissance qu’il exerçait sur la conscience de l’humanité idolâtre évoque l’Antéchrist pour livrer un suprême combat à Dieu et au Christ. Il se tint, est-il dit (13.1), sur le sable de la mer. Satan se tient là sur le rivage pour faire surgir du sein de l’océan, c’est-à-dire de la masse mobile des peuples, le personnage dont il a besoin.

 

1 Cet homme, que Jean lui-même appelle dans ses épîtres l’Antéchrist, porte dans le langage figuré de l’Apocalypse le nom de la Bête, la Bête féroce, nom qui fait évidemment antithèse à celui de l’Agneau, donné au Christ dans tout le cours du livre. Il est donc bien l’équivalent de celui d’Antéchrist. Celui-ci peut en grec signifier soit l’adversaire du Christ (en prenant la préposition anti dans le sens de contre), soit un faux Christ, un rival du Christ, qui prétend prendre sa place, (en prenant anti dans le sens de à la place de). Le second sens est certainement préférable, car il caractérise plus clairement la prétention de ce personnage de se donner lui-même pour le Messie, le grand Roi attendu depuis si longtemps et qui doit gratifier l’humanité de l’âge d’or tout terrestre auquel elle aspire. Si ce sens est le vrai, il en résulte tout naturellement que nous devons voir dans ce personnage qui jouera le rôle d’Anti-Messie, un membre de la nation juive. L’idée de Messie et le terme qui l’exprime sont hébraïques. Jésus, qui a vraiment réalisé cette idée, est sorti de ce peuple, au sein duquel les prophètes avaient annoncé sa venue ; il ne saurait en être autrement de son rival, du faux Christ. La nature des choses dit elle-même que, comme c’est par l’intermédiaire du peuple juif que l’humanité a produit ce qu’elle a enfanté de meilleur, c’est aussi par lui qu’elle mettra au monde ce qu’elle produira de plus mauvais. Corruptio optimi pessima, dit le proverbe latin (la corruption du meilleur donne le pire). Le peuple qui a pu enfanter le Christ est aussi le seul capable de mettre au jour l’Antichrist. Au milieu du second siècle, Justin dans le dialogue qu’il eut avec le Juif Tryphon, lui dit en face :

 

«Vous nous maudissez dans vos synagogues, nous qui croyons en Christ. Seulement vous n’avez pas la puissance de mettre la main sur nous, parce que ceux qui nous gouvernent (les Romains) vous en empêchent. Mais toutes les fois que vous l’avez pu, vous n’avez pas manqué de le faire.»

 

Un siècle déjà avant Justin, saint Paul avait déclaré la même chose. Voilà comment il décrivait les dispositions du peuple juif rebelle à Dieu :

 

Eux qui ont tué le Seigneur Jésus, ainsi que les prophètes, et qui ne cessent de nous poursuivrent, déplaisant à Dieu, et ennemis de tous les hommes, nous empêchant de parler aux Gentils pour qu’ils soient sauvés et comblant par là continuellement la mesure de leurs péchés. (1 Thessaloniciens 2 .15)

 

Les choses sont bien changées, extérieurement parlant, depuis le jour où l’apôtre écrivait ces lignes; mais le fond du cœur renferme les mêmes trésors de haine contre Jésus-Christ et l’Evangile, dont il débordait alors.

 

Ce qui retient l’apparition de l’impie (ou le retenant)

Quelle était l’idée que se faisait l’apôtre Paul lui-même de celui qu’il appelle l’homme de péché et l’Adversaire, et qui est évidemment le même personnage que l’Antéchrist de saint Jean ? Paul déclare que le mystère de l’apparition de cet impie commence déjà à agir. Seulement sa pleine manifestation est comprimée pour le moment par une puissance qu’il appelle le retenant et qu’il désigne tantôt par un pronom neutre, tantôt par un pronom masculin, parce que c’est à la fois à ces yeux un pouvoir et une personne. Quand le langage scripturaire use de ces termes énigmatiques, c’est ordinairement lorsqu’il fait allusion aux puissances politiques de l’époque, à l’égard desquelles le peuple de Dieu éprouve tout ensemble un sentiment de crainte et une impression de respect.

 

Le principe répressif, que saint Paul désigne par ce terme obscur : le retenant, est donc vraisemblablement le pouvoir dominant à cette époque, le pouvoir romain, l’Empire (neutre) ou l’Empereur (masculin). 2 Or si c’était la force des légions romaines qui empêchait alors la manifestation de l’Antichrist, il suit de là tout naturellement, comme l’a bien vu M.Reuss, que l’homme de péché ne pouvait être, dans la pensée de saint Paul, que le Messie juif, l’incarnation de l’esprit révolutionnaire qui déjà alors fermentait au sein du peuple et n’attendait pour éclater que le moment où la puissance romaine serait affaiblie.

 

Ce qui confirme cette explication, c’est le rôle religieux non moins que politique que Paul attribue à ce personnage et qui convient à un juif plutôt qu’à un monarque païen : Il s’établira comme dieu dans le temple de Dieu. L’adoration même que réclamait l’empereur romain ne répond point à la force de cette expression, encore moins au sens de la suivante d’après laquelle l’homme de péché sera l’auteur de l’apostasie, de la défection par laquelle une partie des anciens croyants, juifs et chrétiens, et à leur suite l’humanité soumise à leur influence, se laisseront entraîner loin du vrai Dieu. Tout cela nous fait penser à Israël et nous donne le droit de conclure que saint Paul était bien convaincu du caractère juif de celui qu’il attendait comme le faux Messie. Or comme il est probable qu’il s’était entretenu plus d’une fois à Jérusalem avec les autres apôtres sur un sujet si important aux yeux de l’Eglise primitive, il est difficile de croire que Jean eût sur ce point une idée entièrement différente de la sienne ou même directement opposée à celle-ci ; ce qui serait le cas si Jean eût envisagé comme l’Antéchrist précisément le pouvoir qui selon Paul empêchait sa manifestation.

 

Les 7 têtes de la bête

Mais la raison la plus décisive en faveur de l’origine juive de l’Antéchrist me paraît être l’explication très simple du fameux passage Apocalypse 17.10 et 11, à laquelle nous sommes conduits par cette idée :

 

Et les sept têtes sont sept rois ; cinq sont tombés, et l’un est ; l’autre n’est pas encore venu, et quand il sera venu, il doit ne rester que peu de temps. Et la Bête qui était et qui n’est pas, c’est elle qui est la huitième, et elle est des sept, et elle va à la ruine.

 

Les mots : Cinq sont tombés, font naturellement penser à cette parole du chapitre 13, verset 3 : Et je vis une de ces têtes qui était comme égorgée mortellement, et sa plaie fut mortelle fut guérie. D’après l’interprétation qui était régnante il y a peu d’années, cette cinquième tête blessée à mort serait Néron, dont chacun connaissait le suicide ou le meurtre ; et la guérison de sa plaie mortelle serait la réapparition de ce même Néron comme Antéchrist. Nous avons déjà réfuté cette interprétation, et elle nous paraît échouer plus spécialement encore contre la parole que nous venons de citer. Car si la sixième tête, celle dont il est dit qu’elle règne actuellement, désigne Galba, le successeur de Néron, comme dans ce sens là on doit le prétendre, qui donc est le septième (empereur), intercalé sans raison entre lui et Néron qui va revenir ? Et de plus, comment Néron, qui n’était que l’une des têtes, pourrait-il être identifié par les mots : la Bête qui était et qui n’est pas, avec la Bête entière ? L’autre explication, qui tend à prévaloir actuellement et qui identifie la Bête, non plus avec Néron, mais avec le pouvoir impérial romain, fait droit jusqu’à un certain point à cette dernière observation. La Bête qui était et qui n’est pas désigne dans ce cas la puissance impériale, qui paraissait avoir reçu un coup mortel par le fait de la mort de Néron ; car cet événement fut suivi d’un temps d’anarchie durant lequel le pouvoir impérial, auquel prétendaient presque simultanément Othon, Galba et Vitellius, paraissait n’exister plus jusqu’au moment où Vespasien saisit énergiquement les rênes du gouvernement et releva soudain le prestige de l’Empire. L’Etat romain, avec ses huit premiers empereurs, les cinq de la maison de César et les trois Flaviens : ce serait donc là la Bête qui, après avoir été (jusqu’à Néron) et cessé d’être (depuis sa mort) reparaissait glorieuse dans une sixième tête, Vespasien. Après lui régnera Tite, son fils, qui sera le septième, et dont on peut présumer qu’il passera promptement ; et enfin viendra le frère de Tite, Domitien le huitième ; c’est celui qui persécutera l’Eglise avec la cruauté de Néron, achevant d’accomplir le rôle de l’Antéchrist. A ce que nous avons déjà dit pour réfuter cette interprétation, nous ajoutons à l’occasion du passage qui nous occupe ce qui suit. Quelle qu’ait été la ressemblance de caractère entre Domitien et Néron, il est impossible de les identifier personnellement au point de dire que l’un sera la réapparition de l’autre, comme l’impliquerait cette parole : Et celui-ci, le huitième, est des sept, ce qui ne peut que signifier que l’un d’entre les sept. Encore si les sept premiers empereurs étaient tous de la même famille, l’on pourrait à la rigueur supposer que Domitien est caractérisé ici comme le suprême descendant de toute cette race. Mais il n’en est rien. Domitien n’est le dernier que des trois Flaviens, mais non le huitième descendant des Césars.

 

Ajoutons qu’il est difficile de comprendre comment si la sixième tête était Vespasien, l’auteur pourrait dire à la fois que cette sixième est et que pourtant la Bête (l’Empire) n’est pas.

 

Comme nous ne saurions voir dans la Bête ni Néron, ni l’Empire romain, il ne nous reste qu’à y reconnaître l’emblème du pouvoir terrestre opposé à Dieu, en général, et qu’à assigner à l’Etat romain uniquement le rôle de l’une des têtes dans ce grand tout. Cette intuition, comme tant d’autres dans notre livre, repose sur la prophétie de Daniel au chapitre 7. Le prophète voit se succéder, sous l’image de bêtes féroces qui sortent successivement du sein de la grande mer, les monarchies qui ont occupé ou qui doivent occuper encore la scène du monde. C’est le lion babylonien ; c’est l’ours médoperse, c’est le léopard grec ; c’est la Bête sans nom qui doit succéder à la puissance grecque, un Etat auquel rien ne ressemble et qui renferme tous les précédents.3 Ces empires qui d’après Daniel se sont succédé et se succéderont dans l’histoire de l’humanité, Jean les contemple comme les phases diverses d’un grand organisme dont il saisit l’unité profonde ; c’est le pouvoir politique insoumis à Dieu qui doit finalement aboutir au Messie terrestre, l’idéal du peuple juif : voilà ce qu’il appelle la Bête. Il lui assigne par conséquent, chapitre 13 versets 1 et 2, tous les traits caractéristiques des Bêtes décrites par Daniel, le corps du léopard, les pieds de l’ours, la gueule du lion, ainsi que la force irrésistible de la quatrième bête sans nom. Il veut faire comprendre par là que la suprême apparition du pouvoir anti-divin réunira tous les attributs qu’avaient possédés les monarchies précédentes.

 

Il ne faudrait pas objecter ici qu’un si vaste coup d’œil sur l’ensemble de l’histoire du monde était étranger à l’esprit du temps où fut composée l’Apocalypse. Indépendamment du livre de Daniel, le livre d’Enoch, qui date sans doute d’un siècle et demi avant l’ère chrétienne, présente déjà une vue analogue des grandes phases de l’histoire de l’humanité, en rapport avec celle du peuple juif. Nous pouvons constater également par le quatrième livre d’Esdras, composé à peu près dans le même temps que l’Apocalypse, qu’il était d’usage à cette époque de relier dans un plan unique le passé, le présent et l’avenir de l’humanité. Dans ce poème prophétique, destiné à soutenir la foi d’Israël, après la grande catastrophe de l’an 70, l’auteur partage l’histoire de l’humanité en douze phases : six appartiennent à l’âge assyrien ; deux à l’époque persane et grecque ; une à l’âge romain. La douzième est l’ère messianique. C’était sans doute le livre de Daniel qui avait ouvert cette voie à la méditation religieuse et appris aux penseurs juifs à mettre les grandes phases de l’histoire du monde en relation avec le sort du peuple élu.

 

Mais comment Jean arrive-t-il à faire de l’empire romain, non plus la quatrième tête, comme dans Daniel, mais la sixième ? Car c’est là ce qui ressort clairement de cette parole : Le sixième est, est présentement. Et comment se fait-il qu’il attribue à la Bête sept et même huit têtes, au lieu des quatre dont parlait Daniel ? C’est ici que nous rencontrons les intuitions propres à l’Apocalypse.

 

Avant la monarchie assyrienne et babylonienne, cette première Bête de Daniel qui avait mis fin par deux coups terribles aux deux royaumes des Dix tribus de Juda et placé le peuple de Dieu sous la dépendance du pouvoir païen, le règne de Dieu avait déjà eu un adversaire plus ancien, contre lequel Dieu avait dû lutter à main forte et à bras étendu : l’Egypte, au souverain de laquelle il avait arraché son peuple encore enfant. C’est là dans le coup d’œil plus vaste de l’Apocalypse la première tête. Suit la grande monarchie mésopotamienne qui est la seconde ; la troisième est par conséquent la Perse, et la quatrième la Grèce. Le pouvoir de celle-ci avait abouti au plus terrible persécuteur d’Israël, Antiochus Epiphane, que certains chapitres du livre de Daniel (8 et 10 à 12) représentent comme un Antéchrist anticipé, l’Antéchrist de l’ancienne alliance.4 Telles furent les quatre formes du pouvoir terrestre hostile à Dieu dans les temps qui précédèrent la venue du Christ.

 

Après l’infructueuse tentative d’Antiochus Epiphane et l’expulsion des Syriens de la Palestine, le peuple juif recouvra son indépendance et redevint ; dans une faible mesure, il est vrai, son propre maître, jouissant d’une royauté nationale et d’une sorte d’autonomie. Quel fut son rôle à ce moment décisif de son histoire, où il occupait une place modeste parmi les puissances terrestres ? Il prit à l’égard du Christ apparu dans son sein l’attitude la plus hostile. Le rôle de persécuteur qu’avaient joué envers lui-même les empires précédents, il le joue à son tour à l’égard de la nouvelle forme du règne de Dieu qui vient de surgir chez lui. Comme Pharaon avait cherché à étouffer Israël à son berceau, ainsi Hérode le roi d’Israël, cherche à se défaire de Jésus qui vient de naître. Plus tard le Sanhédrin s’efforce de lui fermer la bouche ; enfin, avec ce cri blasphématoire : Nous n’avons d’autre roi que César, il le livre à l’autorité romaine pour le faire périr. Est-ce encore là le peuple de Dieu ? Non en parlant et agissant de la sorte, Israël a renié ouvertement cette position glorieuse, pour se ranger parmi les nations de la terre. Ne nous étonnons donc pas si Jean en fait une cinquième tête de la Bête, qu’il intercale entre la monarchie grecque et l’empire sans nom de Daniel. L’interprétation que nous donnons ici est bien conforme à l’intuition de l’auteur de l’Apocalypse ; car le peuple juif incrédule au Messie est désigné par lui, chapitre 2, verset 9 et chapitre 3, verset 9, comme la Synagogue de Satan.

 

La restauration d’Israël : guérison de la tête frappée à mort

A ce point de vue l’on n’a pas de peine à comprendre ce que signifie le coup d’épée mortel dont la cinquième tête a été frappée (12.2). C’est la destruction du peuple d’Israël par le glaive romain en l’an 70, et sa disparition du nombre des Etats existant sur la scène du monde. Israël dispersé parmi les peuples, voilà la Bête qui était, qui n’est plus (comme peuple), mais qui pourtant sera de nouveau d’après le chapitre 18, versets 10 et 11. C’est un «squelette» que le peuple juif, selon M.Renan ; mais un squelette sur lequel le temps n’a pas de prise, et qui est destiné à reprendre vie pour jouer encore un rôle décisif, en bien comme en mal.

 

On comprend également ce que c’est que la guérison dont parle le verset 3 du chapitre13 : Sa plaie mortelle fut guérie et toute la terre étonnée suivit la Bête. Ce ne peut être que la restauration d’Israël comme peuple ; bien plus son élévation à la tête des peuples de la terre. Cet Israël restauré est glorifié en la personne de son suprême représentant, le faux Messie, le huitième, qui est en même temps la Bête elle-même sortant tout entière du fond des eaux, c’est-à-dire des dernières profondeurs de l’humanité naturelle. A ce huitième s’applique on ne peut mieux ce qu’il était impossible de dire de Domitien : Il l’est l’un des sept. Comme cinquième tête, Israël a été abattu par le sixième qui est maintenant, le pouvoir romain. Mais avant qu’Israël règne, il doit y en avoir un septième, dont l’empire sera court. Qu’entendre par là ? Nous avons vu que dans la seconde aux Thessaloniciens Paul déclare que le pouvoir romain, qui comprimait de son temps l’explosion messianique juive, doit être ôté, pour que celle-ci puisse éclater. Oté, par qui ? Par un pouvoir quelconque qui lui-même fera promptement place à l’Antéchrist, après qu’il lui aura frayé la voie. C’est la septième tête de l’Apocalypse qui fait la transition entre le pouvoir romain (la sixième) et l’empire de l’Antéchrist (la huitième). Nous vivons aujourd’hui sous l’empire de lois et d’institutions que l’on peut envisager comme les derniers restes de la savante organisation romaine. Il faut que ces restes soient balayés pour que puisse surgir la monarchie derrière, celle du faux Messie, et c’est la tâche de ce septième pouvoir dont parle l’Apocalypse. Cette œuvre de destruction achevée, l’Antéchrist se présentera à l’humanité désorganisée et désespérée comme le Sauveur de la société. Il ne demandera pour accomplir œuvre de restauration devenue nécessaire que d’être reconnu par les hommes comme l’incarnation de l’esprit infini et inconscient des choses, ce que dans son état d’apostasie l’humanité lui accordera aisément ; et alors, à la grande stupéfaction du monde entier, ce détenteur du pouvoir universel, cette incarnation de l’Etre, se trouvera n’être autre chose que l’un des fils de cet Israël que l’on croyait rayé du nombre des nations. Sortant alors de sa tombe, en la personne de son illustre représentant, Israël montrera qu’il est bien le premier des peuples, fait pour tenir le sceptre du monde.

 

Ainsi quatre concentrations du pouvoir humain opposé à Dieu, dans le monde ancien ; la quatrième sous la forme d’un premier Antéchrist ; puis quatre concentrations aussi de ce même pouvoir dans le monde nouveau, qui date de la venue de Christ ; la quatrième réalisant l’Antéchrist proprement dit et définitif : Voilà l’intuition de Jean, qui se rattache à celle de Daniel ; seulement il a dû modifier, agrandir celle-ci, afin de faire rentrer dans son cadre les phases nouvelles dues à l’incrédulité d’Israël en vers le Messie divin.

 

Il y a dans le cœur d’Israël le gage d’un grand avenir : c’est le sentiment indestructible, qu’il porte en lui, de sa destination à posséder le monde. N’allons donc pas demander à quelque circonstance extérieure le secret de l’étonnante vitalité de ce peuple. Il vit parce qu’il veut vivre, et il veut vivre parce qu’il a la conscience de sa mission. Il la réalisera il est vrai diaboliquement, avant de la réaliser divinement. Il en est presque toujours ainsi dans l’histoire du monde. Les pensées divines ne parviennent à s’incarner dans les faits qu’après être apparues sous une forme caricaturée. Il semble que devinant le programme divin, le diable se plaise à en prévenir l’exécution. Il jette un singe sur la terre, au moment où Dieu va créer un homme. Ainsi, à la vue de la femme mystérieuse prête à enfanter le Christ comme Roi du monde, il se pose sur le rivage de la mer et il évoque l’Antéchrist ; il l’évoque du sein même du peuple d’où doit procéder le Christ.

 

L’Antéchrist a un acolyte représenté sous l’image d’une seconde bête ayant des cornes d’agneau et appelée le faux prophète (Apocalypse 13.11 et suivants). M.Renan renonce à expliquer ce personnage. On le comprend : ces cornes d’agneau sont évidemment le symbole d’une influence religieuse qui se met au service du pouvoir politique de l’Antéchrist. Or, quelle analogie découvrir, pour une apparition de ce genre, dans l’entourage d’un Néron ressuscité, ou (car c’est là la vraie pensée de M.Renan sur l’Antéchrist de saint Jean) dans la bande de soldats déserteurs qui entouraient le faux Néron dans l’île de l’archipel où il avait établi son repaire ? Pour nous, il nous paraît clair qu’une monarchie juive ne saurait manquer d’un clergé à sa dévotion, et qu’à côté du nouveau Salomon se trouvera infailliblement le complaisant souverain sacrificateur qui mettra sa piété et sa sagesse panthéistiques, et même ses artifices et ses prétendus miracles, au service de ce faux Messie. Tandis que le roi-Messie par ses légions exercera son empire absolu sur les corps, il l’exercera sur les esprits par le prêtre-prophète qui présidera aux mystères et au culte de la Bête.

 

Rome la ville aux 7 collines : siège du pouvoir de l’Antéchrist

Il est dit que la Bête commencera par porter en croupe Babylone ; puis qu’elle la brûlera et la livrera au pillage des dix rois ses alliés. Babylone est assurément la capitale de la monarchie universelle fondée par l’Antéchrist. Comme l’auteur la décrit assise sur sept montagnes, il est certain que, selon lui, cette ville désigne Rome. Ce serait donc à Rome que prendrait naissance le pouvoir du monarque juif. Ce sauveur de la civilisation humanitaire, ce patron du cosmopolitisme social, aurait au début la grande capitale religieuse des temps passés pour centre de son empire. Mais ce ne sera là qu’une tactique destinée à assurer ses premiers pas et à fonder son pouvoir. Comment un Juif oublierait-il le coup mortel que sa nation a jadis reçu de Rome, et négligerait-il l’occasion de la revanche ? L’heure de la vengeance si longtemps attendu par Israël, a sonné. Dieu s’est servi de Rome pour châtier Israël ; à Israël de juger Rome ! L’antagonisme entre les Juifs et les païens est la plus profonde antithèse de l’histoire ; il est arrivé maintenant à son paroxysme : Rome reçoit d’Israël triomphant le coup qui la réduit à l’état actuel de Ninive ou de Babylone. Après cet acte de rétribution, l’Antéchrist ira établir, comme on l’a vu au chapitre 11, sa résidence à Jérusalem, sa capitale naturelle. C’est la répétition du sort qu’a subi Rome, lorsque Constantin, l’abandonnant pour Constantinople, transporta en Orient le centre de la monarchie. Ici se placent la lutte de la Bête avec les deux témoins et la conversion de la nation israélite politiquement rétablie (le contenu du petit livre, chapitre 11).

 

Les dix rois qui accompagnent l’Antéchrist sont représentés dans la vision de la statue chez Daniel par les dix doigts de ses pieds (2.41), et dans celle des quatre animaux par les dix cornes de la quatrième Bête sans nom (chapitre 7, versets 7 et 20 à 24). Ce sont donc tous les royaumes formés des débris de l’Empire romain après sa destruction, par conséquent les États européens actuels.

 

Règne de l’Antéchrist interrompu au milieu de son développement

 

Le règne de l’Antéchrist durera trois ans et demi. On a cherché dans la chronologie l’interprétation de ce chiffre. C’est bien plutôt la symbolique des nombres qui en fournit l’explication. Sept représente un tout complet ; trois et demi désigne donc la moitié de ce tout. Ce nombre signifie par conséquent qu’au milieu de son développement, au fort de sa croissance, le pouvoir de l’Antéchrist sera subitement brisé. Au lieu d’achever son cycle, il restera là comme un arbre que l’éclair a foudroyé. Le Seigneur Jésus, dit saint Paul, détruira l’impie par le souffle de sa bouche. (2 Thessaloniciens 2.8)

 

Tentatives d’explication du nombre du nom de la bête

 

Reste l’explication du nombre 666, chiffre de l’Antéchrist. Remarquons d’abord qu’il est écrit en grec non avec le même chiffre trois fois répété, comme dans notre langue, mais avec trois lettres de figures différentes et dont le rapport de valeur (six centaines, six dizaines, six unités) ne saute point aux yeux. Voilà pourquoi Jean parle d’un calcul à faire pour trouver la valeur, puis le sens du nombre représenté par ces lettres : χξς (chi, ksi, stigma)5

 

On peut essayer d’expliquer ainsi la valeur de cette expression : Sept est l’emblème d’une divine totalité (1.20). Si donc la plénitude de l’essence divine devait être exprimée en chiffres, elle le serait par un 7, et même par un 7 trois fois répété ; car le nombre 3 désigne le cycle complet des phases par lesquelles un être arrive à sa perfection. D’après cela il serait donc possible que six et six trois fois répété fût l’expression d’une aspiration intense, mais impuissante, à la plénitude de la vie et de la force divine figurée par le chiffre 777. D’où il résulterait que le sens de 666 est celui-ci : Si jamais il se présente ici-bas une trinité impie, qui ose prétendre au rôle et aux honneurs de la trinité divine, cette tentative est d’avance condamnée à échouer.

 

Or, ce cas ainsi supposé est précisément de lui qui se présente ici dans le drame apocalyptique. Comme Dieu transmet, dans le ciel, son pouvoir au Fils et que celui-ci l’exerce dans l’Eglise par le Saint-Esprit qui le glorifie, ainsi Satan vient de transmettre son pouvoir au faux Messie qui, à son tour, l’exerce dans le monde par le faux prophète, dont l’influence est toute à son service. Rappelons pour compléter ce rapprochement, que Satan est appelé le Dieu de ce monde, que l’Antéchrist prétend être le Seigneur et que le faux prophète est la personnification de l’esprit émanant de ce Seigneur et de ce Dieu ; et l’on comprendra comment Jean a pu voir dans ce chiffre 666 le symbole de la fausse trinité et de sa triple impuissance : Impuissance du Dragon à égaler Dieu, impuissance de la Bête à égaler le Christ, impuissance du faux prophète à égaler l’Esprit. Le suprême effort de la créature pour se faire Dieu n’aboutit pas ; et la marque même de l’Antéchrist est l’aveu inconscient de sa défaite.

 

S’il en était ainsi, il n’y aurait donc aucun mesquin calcul à faire pour découvrir le sens de ce nombre. Nous aurions affaire ici au symbolisme, non à l’arithmétique.

 

Mais il y a une objection à cette explication : c’est que c’est la Bête qui doit avoir inventé ce signe pour l’imposer à ses adhérents. Or elle n’a pas pu vouloir signaler elle-même son impuissance. Il faudrait donc en tout cas recourir à une autre explication qui pût rendre compte de l’intention de la Bête elle-même dans l’emploi de cette marque. Il n’est pas impossible d’en trouver une.

 

Les trois lettres grecques χξς offrent une particularité que ne reproduit point notre mode d’écrire par chiffres. La première lettre χ(ch), qui vaut 600, et la troisième ς(s final), dont la valeur est 6, sont en grec la représentation abrégée du nom de Christ (χριστ oς).6 La lettre du milieu ξ(ksi), vaut 60, est par sa forme et le nom sifflant qu’elle représente, l’emblème du serpent. 7 Or, comme le nom que Jean donne le plus ordinairement à Satan, dans l’Apocalypse, est celui de serpent ancien, en allusion au récit de la tentation dans le troisième chapitre de la Genèse, on est naturellement conduit à voir dans ces trois lettres ainsi disposées un signe figuratif ayant ce sens : Le Christ (χς) de Satan (ξ) se subsistant au vrai Christ (χξς).

 

Et que l’on veuille bien ne pas taxer trop promptement cette explication de puérilité. Nous avons ici, comme dit le texte, une marque, une sorte de décoration graphique destinée à servir d’armoirie, de sceau officiel, de figure sur les médailles ou les monnaies, peut-être même d’amulette, dans les Etats de l’Antéchrist, et que devront porter ostensiblement, d’une manière ou d’une autre, tous ceux qui adhéreront à son pouvoir. Une telle coutume cadrerait bien avec une observation faite par M. de Rémusat dans son intéressant travail sur le Musée chrétien à Rome :

 

Les imaginations asiatiques sont naturellement portées à aimer les images. La foi chez ces peuples a son dessin officiel, à peu près comme les modernes ont leur blason.

 

Nous avons une preuve bien frappante de l’existence de l’usage signalé par cet écrivain dans les nombreuses gemmes, désignées sous le nom d’Abraxas, que l’on retrouve aujourd’hui et qui probablement servaient d’amulettes. Elles proviennent de partis religieux très anciens. Quelquefois elles portent une simple inscription. D’autres fois à l’inscription est jointe une figure symbolique, très fréquemment celle du serpent roulé sur lui-même. M.Didron en reproduit une qui représente le dominateur du monde, sous l’image d’un dragon à la queue repliée ; à sa droite est l’image du soleil, et à sa gauche celle de la lune, exactement comme dans le chiffre symbolique de l’Apocalypse la première et la dernière lettre du nom de Christos sont séparées par le ξ.

 

Cette lettre qui a la forme du serpent rappelle le nom de l’une des plus anciennes sectes chrétiennes, celle des Ophites ou adorateurs du serpent, qui remonte jusqu’au premier siècle de l’Eglise. Le serpent de la Genèse était aux yeux de ces premiers gnostiques le bienfaiteur de l’humanité, qui avait délivré celle-ci du pouvoir d’un Dieu cruel et jaloux, du Jéhovah biblique. Jean paraît faire allusion à des spéculations de ce genre quand il parle, dans la lettre à l’église de Thyatire, de la doctrine de ceux qui ont connu, comme ils disent, les profondeurs de Satan. La marque choisie par la Bête ne serait par conséquent autre chose que le résumé graphique de tout cet ordre d’idées historiquement constaté à l’époque de l’Apocalypse et dans les contrées où elle fut composée. 8

 

Il existe une singulière variante dans un passage de la première de saint Jean, relatif à l’Antéchrist. Le texte ordinaire dit : Tout esprit qui ne confesse pas Jésus venu en chair, est l’esprit de l’Antéchrist. Mais cette parole est citée par Irénée, Origène, Augustin, etc., sous cette forme : Tout esprit qui dissout (luei) Jésus venu en chair, est l’esprit de l’Antéchrist. Dissoudre le Christ, c’est précisément l’acte figuré dans ces trois lettres du nombre de la Bête, dont la moyenne brise en deux le nom de Christ formé par les deux extrêmes.

 

Malgré toutes ces analogies, nous sommes loin cependant de donner cette explication du chiffre 666 comme certaine. Mais ce dont nous sommes convaincu, c’est que les explications de César Néron et de Lateinos ne sont pas plus vraies l’une que l’autre.

 

Quant à l’opinion, encore plus répandue à cette heure, qui trouve le sens du chiffre 666 dans la chronologie, en le combinant avec celui de 1260 jours, dont on fait autant d’années, comment la mettre d’accord avec l’expression : le chiffre du nom de la Bête ?

 

M. Renan renonce à donner une explication quelconque du nom de Harmagueddon qui est celui du champ de bataille où l’apparition du Christ doit anéantir la Bête et son armée (16.16). Ce nom est celui d’une localité de Palestine, célèbre dans l’histoire du peuple juif ; il désigne la colline de Méguiddo, dans la vaste plaine située au pied de la chaîne du Carmel et où se sont livrées tant de batailles importantes dans les temps anciens et modernes. Si comme l’a déclaré Jean, la monarchie juive anti-chrétienne, après s’être établie à Rome, doit avoir son siège en Orient, à Jérusalem, le choix de ce champ de bataille n’a rien qui étonne. Ou bien peut-être le nom de cette localité ne serait-il que le symbole de la grande lutte définitive ?

 

La parousie : phénomène sensible ou uniquement spirituel ?

Faut-il voir dans l’apparition victorieuse du Christ, décrite au chapitre 19, un fait purement spirituel ou un phénomène sensible ? Jésus a comparé sa Parousie à l’éclair qui resplendit instantanément d’un bout du ciel à l’autre (Luc 17.24). Il me paraît que la seconde manière de voir est seule compatible avec cette expression. Mais d’autre part, il résulte de cette image même que Jésus n’a point voulu annoncer un séjour permanent et visible de sa personne glorifiée sur la terre, soit à Jérusalem, soit ailleurs, ainsi que l’ont imaginé les chiliastes de tous les temps (partisans de l’idée d’un règne visible de Jésus sur la terre pendant mille ans) . La Parousie ne peut être qu’un fait sensible, instantané, qui, semblable au contact subit du fer rouge qui fait tressaillir les chairs, secouera l’humanité plongée dans la vie des sens et décidera la puissante réaction morale que couronnera la plénitude des bénédictions spirituelles de l’époque millénaire.

 

Sort des ressuscités

 

Vivant dans une sphère supérieure, mais rapprochée, les fidèles, qui seront ressuscités à l’avènement du Seigneur, seront en communion avec la chrétienté terrestre, comme le Christ ressuscité fut en communion avec ses disciples jusqu’à l’ascension. Ce sera le temps de la glorieuse efflorescence du culte spirituel et de la civilisation chrétienne, où, comme au moyen-âge, mais sous un rayon de lumière plus intense et plus pur, la science, les arts, l’industrie, le commerce prêteront à l’esprit chrétien leurs ressources pour sa complète incarnation dans la vie humaine. Alors s’accomplira l’image du levain qui doit faire lever toute la pâte.

 

Règne symbolique de mille ans

Le nombre mille est symbolique, comme tous ceux de l’Apocalypse. Il représente un développement complet que rien d’extérieur ne viendra entraver ni abréger, une époque qui s’étalera, comme à son aise, au terme de l’histoire.

 

Le tableau apocalyptique du règne de mille ans ne renferme pas un seul trait qui dépasse la conception que nous venons d’esquisser. Ce règne est l’ordre de choses parfait auquel aspire l’humanité et qu’Ezéchiel avait décrit, sous la forme d’un sanctuaire juif idéal, dans les neuf derniers chapitres de sa prophétie. Si l’on s’étonne qu’à la suite de cet état de choses pénétré de l’esprit chrétien, il puisse y avoir encore une lutte sur la terre, comme celle qui est décrite chapitre 20, versets 7 et 8 (Gog et Magog), il faut penser au danger d’orgueil, de tiédeur et de charnelle sécurité que renferme une longue période de prospérité temporelle et spirituelle; durant laquelle l’humanité n’a plus connu ni la souffrance ni la tentation diabolique. A moins que quelqu’un ne veuille voir ici l’entrée en scène des habitants de sphères supérieures avec lesquels les progrès des arts auraient permis à l’homme d’entrer en relation.

 

Nous ne poursuivrons pas cette rapide et incomplète esquisse au-delà de ce point qui est le vrai dénouement du drame apocalyptique.

 

Il est à remarquer que, pour expliquer la vision jusqu’à ce moment, nous n’avons point été obligés de faire appel à d’autres données que celles de l’histoire sainte et de la révélation biblique. Le grand antagonisme posé par Dieu même, qui fait le fond du développement de son règne ici-bas, le contraste entre les Juifs et les Gentils, a été pour nous la clef de la prophétie, comme il est celle de l’histoire, ainsi que l’a montré saint Paul dans les chapitres 9 à 11 de l’épître aux Romains.

texte issu de  » Essai sur l’Apocalypse » : l’interprétation de Frédéric Godet

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65% des responsables évangéliques américains se réclament toujours du prémillénarisme http://www.blogdei.com/13585/65-des-responsables-evangeliques-americains-se-reclament-toujours-du-premillenarisme/ http://www.blogdei.com/13585/65-des-responsables-evangeliques-americains-se-reclament-toujours-du-premillenarisme/#comments Mon, 28 Mar 2011 19:02:19 +0000 nicolas http://www.blogdei.com/?p=13585 >> plus [...]]]>

Christianisme Aujourd’hui / CroixSens.net

Les prémillénaristes constituent le 65% des responsables évangéliques américains. Il croient en effet que le Christ reviendra sur terre avant de régner mille ans avec son peuple.

Selon un sondage de l’Association nationale des évangéliques, 13% des pasteurs évangéliques se déclarent amillénaristes et 4% ont adopté une opinion post-millénariste.

>>> plus d’infos (en anglais)

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Ap.20:7 Quand les mille ans seront accomplis, Satan sera relâché de sa prison. 8 Et il sortira pour séduire les nations qui sont aux quatre coins de la terre, Gog et Magog, afin de les rassembler pour la guerre; leur nombre est comme le sable de la mer. Aux yeux de la plupart des commentateurs, la différence entre les trois grandes écoles d’interprétation des prophéties se situe au niveau du millénium.

1°) LE PREMILLENARISME

La vue la plus ancienne, partagée par l’Église des premiers siècles, est connue aujourd’hui sous le nom de prémillénarisme ou chiliasme. Selon cette doctrine, le millénium désigne un règne messianique et terrestre d’une durée de mille ans qui débute à partir du retour de Christ. Le nombre mille, en grec chiliôs, a donné naissance au mot chiliasme. Il apparaît à quiconque étudie l’histoire de la doctrine, que le prémillénarisme était bien la position des premiers croyants. Pour les partisans de cette vue, le Christ lui-même enseignait que son retour devait être suivi par l’établissement de son royaume ici-bas : voir Mt 20.20-23 ; Luc 1.32,33 ; 22.29,30; Actes l.6,7. Les deux premiers siècles semblent n’avoir connu aucune controverse sur ce point. Très tôt, le prémillénarisme a compté de nombreux adhérents, comme Papias qui connaissait l’apôtre Jean, et beaucoup d’autres, au nombre desquels Augustin, Jean le Presbytre, et une partie des Douze dont André, Pierre, Philippe, Thomas, Jacques, Jean et Matthieu.

G.N.H. Peters inclut aussi parmi les prémillénaristes des deux premiers siècles des hommes tels que Clément, Barnabé, Hermas, Ignace et Polycarpe. C’est seulement vers la fin du second siècle et le début du troisième que cette vue semble avoir été remis en question bien qu’a cette époque de nombreux prémillénaristes aient continué de se manifester par leurs écrits, en particulier Cyprien (200-258), Commodien (200-270), Népos (230-280), Coracion (250-311) et autres Lactance (240-330). Quoique l’appartenance de certains des personnages cités plus haut à cette doctrine ait été mise en doute, il est incontestable que Népos et Commodien en ont été d’ardents défenseurs en Afrique du Nord. D’ailleurs, même les adversaires du chiliasme reconnaissent l’existence d’un vaste consensus prémillénariste pendant les trois premiers siècles.

2°) L’AMILLENARISME

L’amillénarisme, ainsi appelé depuis le 19ème siècle, aborde la prophétie sous un autre angle. Cette vue rejette l’existence d’un règne millénaire consécutif au retour du Christ. Bien que les amillénaristes hésitent à se réclamer de fondateurs particuliers, ils font généralement remonter leurs origines à l’école égyptienne d’Alexandrie vers l’an 190 de notre ère. Quelques rares auteurs avancent même une date plus précoce, tel Landis, qui s’efforce de rattacher ce mouvement au Christ et aux apôtres. La plupart des amillénaristes en situent cependant le point de départ entre les deuxième et troisième siècles, bien que des érudits comme Berkhof aient tendance à faire quelque peu violence aux faits en prétendant qu’à cette époque la doctrine était déjà en plein essor. En réalité, si l’on en constate les premiers balbutiements pendant la dernière décennie du deuxième siècle, cet enseignement s’est surtout manifesté au cours du troisième siècle. Au nombre des premiers amillénaristes, on peut citer Gaïus, dont les écrits remontent au troisième siècle, et Clément d’Alexandrie qui enseignait à l’école d’Alexandrie entre 193 et 220. Au troisième siècle, Origène(185-254), un disciple de Clément, et Dyonisus (190-265), ont mené le combat contre le prémillénarisme. Les amillénaristes reconnaissent que l’école d’Alexandrie rejetait l’interprétation littérale des Écritures, et en particulier celle de la prophétie, et qu’elle considérait la Bible toute entière comme une vaste allégorie dont la signification profonde était masquée par la formulation même du texte. Elle s’efforçait de marier idéalisme platonicien et textes bibliques, entreprise exigeant l’adoption d’un système d’interprétation non littéral. Les amillénaristes admettent que l’école d’Alexandrie était dans l’erreur en ce sens qu’elle niait la plupart des doctrines cardinales de l’Église. WH. Rutgers écrit au sujet de Clément d’Alexandrie : «Clément, charmé par les sirènes de la philosophie grecque, soumettait l’Écriture Sainte à cette interprétation allégorique et erronée, à ce parti-pris outré contre tout ce qui était matériel, visible, tangible, tout ce qui se situait dans un contexte géographico-historique. La philosophie éthérée des platoniciens ne pouvait supporter la ‘charnelle et sensuelle’ vision eschatologique des prémillénaristes. La fondation même du chiliasme en fut ébranlée. Selon Robertson, les amarres du chiliasme et de son système d’interprétation non littéral n’y résistèrent pas. En dépit du fait que le gros de l’amillénarisme des deuxième et troisième siècles provenait d’un mouvement hérétique, Rutgers pense pouvoir affirmer que cette doctrine était prévalente au deuxième siècle pour la simple raison que les Pères de l’Église n’abordaient jamais le sujet de l’eschatologie. À partir de cet argument, et sans même citer un seul partisan de l’amillénarisme, Rutgers déclare: «Le chiliasme n’était soutenu par aucun des principaux Pères de l’Église, pas même par l’auteur inconnu de l’épître à Diognète». Il est exact que la plupart des premiers Pères de l’Église n’ont pas abordé la question du millénium. Cependant, le fait que des adeptes du prémillénarisme puissent être cités rend l’absence quasi complète d’adhérents à la cause amillénariste jusque dans les années 190 extrêmement éloquente. Bien qu’il soit difficile de ranger Bamabas, un des premiers Pères de l’Église, dans un camp ou dans l’autre, les amillénaristes ne le tiennent généralement pas pour l’un des leurs. En fait, jusqu’à l’an 190, il était impossible de vraiment classer qui que ce soit parmi les amillénaristes, alors que les troupes prémillénaristes restaient, au contraire, bien fournies. C’est d’ailleurs pour cette raison que la plupart des amillénaristes se réclament de Saint Augustin (354-430). Célèbre évêque d’Hippone en Afrique du Nord, Saint Augustin mérite le titre de fondateur de l’amillénarisme. C’est lui qui a substitué à la méthode d’interprétation allégorique globale des Écritures, telle qu’elle se pratiquait au sein de l’école d’Alexandrie, un système d’interprétation allégorique restreint aux seuls écrits prophétiques, le reste de la Bible devant recevoir une interprétation grammaticale et historique normale. Saint Augustin est donc à l’origine de la tendance exégétique moderne, tendance dans laquelle se situent les grands Réformateurs comme Calvin et Luther, qui veut que toute interprétation rationnelle et fondamentale des Écritures en respecte la structure littéralect grammaticale, à l’exception toutefois de la prophétie qu’il convient de traiter de façon non littérale. C’est sur ce dernier point que va porter toute la discussion entre les prémillénaristes et les amillénaristes

3°)LE POST-MILLENARISME

Le troisième grand courant eschatologique se nomme postmillénarisme. Il a ceci de particulier qu’il situe le retour du Christ à la fin du millénium. Pour les postmillénaristes comme pour les amillénaristes, le millénium, si on peut encore le nommer ainsi, expire avant le retour du Christ. Ce qui différencie les premiers des seconds, c’est que les postmillénaristes voient la victoire progressive de l’Évangile aboutir à la christianisation finale du monde ; la victoire de la Croix amenant alors le retour du Christ et l’instauration immédiate du royaume étemel.

Quoique des vues proches du postmillénarisme aient été partagées par quelques individus marquants de l’histoire de l’Église comme Joachim de Floris, un moine catholique du douzième siècle, la plupart des postmillénaristes se réclament de Daniel Whitby (1638-1725). Seuls quelques amillénaristes se réfèrent aux racines postmillénaristes du mouvement. Le postmillénariste A-H Strong déclare ouvertement: «Notre interprétation particulière d’Apocalypse 20.1-10 a été définie pour la première fois en substance par Whitby ». Le postmillénarisme s’accordait bien avec l’optimisme des 18ème et 19ème siècles, et répondait à l’attente générale d’un monde aux perspectives meilleures. Bien qu’il ait beaucoup perdu de sa force à l’heure actuelle, il était très en vogue parmi les théologiens conservateurs des 19ème et 20ème siècles, comme Charles Hodge.

Extrait de : « Le Roi et son Royaume : Un regard sur le millénium » de John Walvoord, publié sur le site CroixSens.net

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Guetteur, qu’en est-il de l’humanité? Un jeu de massacre…, par François Célier http://www.blogdei.com/13472/guetteur-qu%e2%80%99en-est-il-de-l%e2%80%99humanite-un-jeu-de-massacre%e2%80%a6-par-francois-celier/ http://www.blogdei.com/13472/guetteur-qu%e2%80%99en-est-il-de-l%e2%80%99humanite-un-jeu-de-massacre%e2%80%a6-par-francois-celier/#comments Mon, 21 Mar 2011 16:46:03 +0000 nicolas http://www.blogdei.com/?p=13472

Liberty Vox

Du Japon dévasté à la famille Fogel assassinée, le monde est un jeu de massacre. Par le pasteur François Célier.

«Une nation s’élèvera contre une nation, et un royaume contre un royaume ; il y aura de grands tremblements de terre et, en divers lieux, des pestes et des famines ; il y aura des phénomènes terribles, et de grands signes dans le ciel (Luc, 21, 10-11)».

«Loï ! Loï ! Pourrait dire le guetteur Isaïe… Des peuples entiers sont plongés dans les alarmes et les larmes. Un même sang rouge irrigue les corps de toutes couleurs de peau. Des tsunamis ravageurs déferlent sur les côtes lointaines. Des radioactivités mortelles sont les fruits aventureux de la science. Ulcérés et cruels, des Rois et Chefs d’Etats sombrent mentalement entre confusion du mal et du haut mal. Égarés qu’ils sont dans les ombres de la vallée de la mort, ils entraînent avec eux dans les affres de la folie qui les habite un grand nombre de leurs sujets. Par cycles imprévisibles se révèlent des signes métaphysiques annonciateurs…

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La planète Terre et sa division selon la Bible http://www.blogdei.com/13204/la-planete-terre-et-sa-division-selon-la-bible/ http://www.blogdei.com/13204/la-planete-terre-et-sa-division-selon-la-bible/#comments Tue, 08 Mar 2011 17:35:47 +0000 nicolas http://www.blogdei.com/?p=13204

blogdei

Ce n’est pas d’aujourd’hui qu’il y a des conflits pour la possession de  territoires. En ne prenant que les 2 dernières guerres mondiales, elles avaient, entre autre, de la part de l’Allemagne la revendication de terres. EX : Pour ce qui concerne la France, l’Alsace et la Lorraine étaient de celles-là.

Il n’est pas utile de reprendre ce qui est dit dans les livres d’histoire, aussi nous nous baserons sur ce que dit Dieu YHWH par rapport à ce sujet. Bien sûr, nous nous appuyons sur les textes bibliques car seuls ils en parlent. Souvent, pour parler d’Eretz Israël, nous partons de textes APRES le processus de division de la terre. Ce qui est contredit par l’ONU en général, les humanistes et l’islam.

Propriétaire de la planète Terre: Le propriétaire est le Créateur, l’Eternel.

Exode 9/29: afin que tu saches que la terre est à l’Eternel.-

Ex 19/5, Ps 24/1: A l’Eternel la terre et ce qu’elle renferme, le monde et ceux qui l’habitent!

Ps 115/16  Les cieux sont les cieux de l’Eternel, Mais il a donné la terre aux fils de l’homme.

Il semble que les hommes ne formant qu’un seul peuple, d’Adam aux constructeurs de Babel, habitaient sur la terre sans avoir de revendication territoriale, puisqu’il n’y avait pas encore de frontières.

Il faut se souvenir qu’AVANT a eu lieu le déluge et APRES la terre n’était habitée et repeuplée que par Noé et ses descendants.

Origine de la répartition territoriale: Elle remonte à la dispersion suite à la construction de la tour de Babel. Au début, Dieu rejeté par les constructeurs, ont eu des prétentions mais verticales. Comme aujourd’hui, les prétentions des hommes et leur choix se font sans Dieu.

Genèse 11/ 4  Ils dirent encore: Allons! bâtissons-nous une ville et une tour dont le sommet touche au ciel, et faisons-nous un nom, afin que nous ne soyons pas dispersés sur la face de toute la terre.5  L’Eternel descendit pour voir la ville et la tour que bâtissaient les fils des hommes.

C’est à ce moment-là que Dieu les redispersa latéralement sur la surface de toute la terre, du temps de Péleg (= division), fils de Héber (= communion).

Ge 10:25  Il naquit à Héber deux fils: le nom de l’un était Péleg, parce que de son temps la terre fut partagée, et le nom de son frère était Jokthan.

Critère de répartition: Dieu étant juste, elle n’a pu se faire que légalement et non arbitrairement.

La loi de Dieu est la Thora. Voici un extrait du livre de J-M THOBOIS  ’Les fêtes de L’Eternel‘ :  P 75:« Selon une ancienne tradition, la Thora d’Israël a été offerte d’abord à tous les peuples mais seul le peuple d’Israël a accepté cette Thora.

Les sages ont remarqué que la Thora a été donnée non pas sur la terre d’Israël, mais dans le désert du Sinaï, c’est-à-dire dans un « noman’s land », une terre qui n’appartenait à personne. Pourquoi cela, ont dit les sages ? Parce que la Thora n’est pas seulement la propriété du peuple d’Israël, mais elle est la possession de tous les peuples. Elle concerne tous les peuples et tous les peuples sont concernés par le don de la Thora».

P 76 : «Lorsque le Seigneur prononçait une des 10 paroles du Décalogue, il les prononçait à haute et intelligible voix…

Prononcée en hébreu selon l’interprétation des sages, était immédiatement traduite dans les 70 langues des 70 nations.  Mais seul le peuple d’Israël a accepté la Thora.

Psaumes 87 : De Sion, on dira: Tout homme est né ici

Cette répartition s’est faite en 70 parts: (Extrait de R. Chasles sur blogdei)   Si l’on compte, en effet, le nombre des nations primitives dans la Table des peuples de Genèse 10, on en trouve 70  exactement. Or le nombre des enfants d’Israël (descendants de Jacob), qui ont formé le premier noyau de la nation mise à part, est exactement aussi de 70 (Exode 1.5; Deut. 10. 22). Ainsi, avant la naissance d’Abraham, Dieu avait prévu «le nombre des enfants d’Israël» qui devaient descendre en Egypte; et les nations, en nombre égal, avaient été groupées autour de la Palestine, comme pour attendre ce «royaume de prêtres» qui devait apporter la lumière dans leurs ténèbres, et les détourner des idoles pour servir le Dieu unique, vivant et vrai) .

Donc, et que cela nous plaise ou non, la répartition a été faite selon les enfants d’Israël, du fait de leur acceptation de la Thora.

Deut 32/8 : Quand le Très-Haut donna un héritage aux nations, quand il sépara les enfants des hommes, Il fixa les limites des peuples d’après le nombre des enfants d’Israël,9  Car la portion de l’Eternel, c’est son peuple, Jacob est la part de son héritage.

L’origine du choix de Dieu remonte à Abraham. Parce que Abraham, est le père de tous les croyants :

Genèse 12/7  L’Eternel apparut à Abram, et dit: Je donnerai ce pays à ta postérité,

à cause de sa foi, ce qui est agréable à Dieu . Et nous en arrivons à l’attribution du territoire d’Eretz Israël.

Abraham est choisi: Genèse 18/19 :  Car je l’ai choisi, afin qu’il ordonne à ses fils et à sa maison après lui de garder la voie de l’Eternel, en pratiquant la droiture et la justice, et qu’ainsi l’Eternel accomplisse en faveur d’Abraham les promesses qu’il lui a faites…

Postérité d’Abraham: 2 fils , Ismaël (selon la chair) et Isaac (le fils de la promesse). La défaillance d’Abraham est l’une des causes, par manque de foi, des problèmes territoriaux d’Israël (anciennement Jacob).

Genèse 16/11: Ismaël; car l’Eternel t’a entendue dans ton affliction et

Genèse 17/19: Certainement Sara, ta femme, t’enfantera un fils; et tu l’appelleras du nom d’Isaac

Mais Dieu régla pour le futur l’héritage d’Israël à travers Isaac.

Genèse 22/12 :Accorde à Sara tout ce qu’elle te demandera; car c’est d’Isaac que sortira une postérité qui te sera propre. Selon la parole de Sara: Genèse 21/10: Chasse cette servante et son fils, car le fils de cette servante n’héritera pas avec mon fils, avec Isaac. Les descendants d’Ismaël n’acceptent pas la décision de Dieu YHWH encore aujourd’hui.

Leurs territoires sont immenses et celui d’Israël, aujourd’hui, est infime, à peine 2 départements Français. (Toute l’ambiguïté d’aujourd’hui date de cette tragédie: Ismaël dispute l’héritage parce qu’il est aussi fils d’Abraham !).

Pourtant le Coran mentionne que Eretz Israël a été donné aux Hébreux.

Le pays promis à Abraham était alors celui de Canaan. Or, Dieu savait que Canaan était habité. Mis Il décide quand même de le donner à sa postérité. Par nécessité, à cause de la famine, les Hébreux allèrent s’installer au pays de Gosen, une province de l’Egypte. Après plus de 400 ans, ils devinrent esclaves des Egyptiens et Dieu se rappela de sa promesse et avec Moïse nous  entrons dans une phase du retour vers Canaan.

Faisons un retour sur Abram. La « portion » de sa postérité est le territoire « Canaan » :

Genèse 15/18 :En ce jour-là, l’Eternel fit alliance avec Abram, et dit: Je donne ce pays à ta postérité, depuis le fleuve d’Egypte jusqu’au grand fleuve, au fleuve d’Euphrate,19  le pays des Kéniens, des Keniziens, des Kadmoniens,20  des Héthiens, des Phéréziens, des Rephaïm,21  des Amoréens, des Cananéens, des Guirgasiens et des Jébusiens.

Exode 23/31. (limites).

Rappelons les origines de Canaan:

Genèse 10/15…15 Canaan engendra Sidon, son premier-né, et Heth.

Et l’alliance avec Abram :

Genèse 15/18  En ce jour-là, l’Eternel fit alliance avec Abram, et dit: Je donne ce pays à ta postérité, Le choix de Canaan, c’est à cause de Jérusalem, ville que D. a choisi pour y résider plus tard :

Ezéch 16/3… : Jérusalem: Par ton origine et ta naissance tu es du pays de Canaan; ton père était un Amoréen, et ta mère une Héthienne

Isaac engendra Esaü et Jacob. Jacob acheta le droit d’aînesse :

Genèse 25/33: il vendit son droit d’aînesse à Jacob. (qui  devint Israël)-

Genèse 32/28: ton nom ne sera plus Jacob, mais tu seras appelé Israël; car tu as lutté avec Dieu et avec des hommes, et tu as été vainqueur. Notons qu’aucun autre homme parmi les nations n’a osé lutter avec Dieu…

Première déclaration de D. sur Israël face à un représentant des Nations, le Pharaon :

Exode 4/22 : Ainsi parle l’Eternel: Israël est mon fils, mon premier-né. Il ne fait pas partie des nations :

Nomb 23/9 : C’est un peuple qui a sa demeure à part, Et qui ne fait point partie des nations ce qui veut dire qu’il est saint c-à-d «mis à part». Très grande responsabilité.

Deut 7/6 : 6  Car tu es un peuple saint pour l’Eternel, ton Dieu; l’Eternel, ton Dieu, t’a choisi, pour que tu fusses un peuple qui lui appartînt entre tous les peuples qui sont sur la face de la terre pour le service de Dieu.

Exode 4/23:  Je te dis: Laisse aller mon fils, pour qu’il me serve

2 Chron 29/11: car vous avez été choisis par l’Eternel pour vous tenir à son service devant lui, pour être ses serviteurs, et pour lui offrir des parfums.

Les Hébreux en route vers Canaan : C’est Josué qui le fera entrer dans ce pays. Toutefois, pourquoi Dieu a permis que les habitants de Canaan ne soient plus les propriétaires ?

Lévit 18/24 : car c’est par toutes ces choses que se sont souillées les nations que je vais chasser devant vous.25  Le pays en a été souillé; je punirai son iniquité, et le pays vomira ses habitants. Canaan est le fils de Cham qui s’était montré odieux avec son père. Les péchés de Canaan viennent de cet épisode certainement. Ce n’est donc pas un choix fait arbitrairement, car Dieu est juste et lorsque le péché est à son comble,  le pays «vomit» ses habitants. (Péché peut aussi signifier pollution. C’est AUSSI pourquoi Israël a été puni parce qu’il a souillé à son tour son territoire et n’a pas respecté ses sabbats).

La méchanceté de Canaan :

Deut 9/ 5  Non, ce n’est point à cause de ta justice et de la droiture de ton coeur que tu entres en possession de leur pays; mais c’est à cause de la méchanceté de ces nations que l’Eternel, ton Dieu, les chasse devant toi, et c’est pour confirmer la parole que l’Eternel a jurée à tes pères, à Abraham, à Isaac et à Jacob.

N’oublions pas que ce pays (de Canaan) est à l’Eternel: Il l’a prêté à Israël.

Lévit 25/23: car le pays est à moi, car vous êtes chez moi comme étrangers et comme habitants.

La responsabilité d’Israël:

Amos 3/1-2: Je vous ai choisis, vous seuls parmi toutes les familles de la terre, pour respecter  la terre de Canaan et « la sanctifier » par le sabbat :

Lévit 26/34: Alors le pays jouira de ses sabbats. (ce qui s’applique à Israël s’applique aussi aux habitants de Canaan ! Et également aux nations de toute la terre puisque Dieu déclare:

Apoc 11/18 «le temps est venu de juger… et de détruire ceux qui détruisent la terre».

Israël porte le nom de Dieu = EL. Il a été créé pour Dieu

Esaïe 43/7 : 7  Tous ceux qui s’appellent de mon nom, et que j’ai créés pour ma gloire, que j’ai formés et que j’ai faits.

D. a traité une alliance avec Israël de façon unilatérale:

Genèse 15/18 et en Esaïe 61/8-9 Et je traiterai avec eux une alliance éternelle.

D. a juré: Deut 6/10 : L’Eternel, ton Dieu, te fera entrer dans le pays qu’il a juré à tes pères, à Abraham, à Isaac et à Jacob, de te donner.

Alliance unilatérale renouvelée:

Josué 1/6 : Fortifie-toi et prends courage, car c’est toi qui mettras ce peuple en possession du pays que j’ai juré à leurs pères de leur donner. Nous avons vu à plusieurs reprises que Dieu a dit que c’est Lui qui chasserait les Cananéens. Il s’est servi de Josué et des Hébreux comme instrument comme à d’autres moments Il s’est servi des peuples pour châtier et même chasser Israël de Sa terre.

Le choix de Dieu a toujours été disputé.

Parmi les Nations: Des guerres ont toujours éclatées pour des possessions territoriales.

Au Proche Orient: Les conflits ne datent pas de la création de l’Etat d’Israël.

Pourtant, en ces temps tumultueux de la fin des temps, le monde connaît des conflits car les peuples veulent retrouver leurs anciennes limites. Celles qui ont été tracées arbitrairement sont contestées. Des ethnies différentes rassemblées pour des raisons artificielles revendiquent pour retrouver leurs territoires initiaux.

Dieu a bien fait les choses mais les hommes compromettent constamment Ses plans.

Quelle sera la fin des conflits ?

Ce n’est ni par les pourparlers en vue de la paix au Moyent Orient, ni par décision des grandes puissances, ni par le vote de l’ONU, ni par une conflagration planétaire mais par l’intervention de Dieu Lui-même, par la venue du Messie:

Ap 20:2  Il saisit le dragon, le serpent ancien, qui est le diable et Satan, et il le lia pour mille ans. Car l’auteur de toutes les guerres c’est le dragon c’est-à- dire Satan. C’est lui qui est à l’origine de tous les conflits et qui a commencé en Eden à perturber les plans de Dieu.

Une fois lié, il n’y aura plus de luttes pour des possessions territoriales. La terre sera apaisée, enfin.

Rom 8/22 :Or, nous savons que, jusqu’à ce jour, la création tout entière soupire et souffre les douleurs de l’enfantement.

23  Et ce n’est pas elle seulement; mais nous aussi, qui avons les prémices de l’Esprit, nous aussi nous soupirons en nous-mêmes, en attendant l’adoption, la rédemption de notre corps.

Sur toute la terre, chacun aura sa propriété :

Michée 4/3  Il sera le juge d’un grand nombre de peuples, l’arbitre de nations puissantes, lointaines. De leurs glaives ils forgeront des hoyaux, et de leurs lances des serpes; Une nation ne tirera plus l’épée contre une autre, et l’on n’apprendra plus la guerre.4  Ils habiteront chacun sous sa vigne et sous son figuier, Et il n’y aura personne pour les troubler; car la bouche de l’Eternel des armées a parlé.

Pour ceux qui ne sont pas d’accord avec le choix de Dieu:

Apoc 22/18  Je le déclare à quiconque entend les paroles de la prophétie de ce livre: Si quelqu’un y ajoute quelque chose, Dieu le frappera des fléaux décrits dans ce livre;19  et si quelqu’un retranche quelque chose des paroles du livre de cette prophétie, Dieu retranchera sa part de l’arbre de la vie et de la ville sainte, décrits dans ce livre.

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Le kit de survie pré-trib, par Kurt Seland http://www.blogdei.com/12921/le-kit-de-survie-pre-trib-par-kurt-seland/ http://www.blogdei.com/12921/le-kit-de-survie-pre-trib-par-kurt-seland/#comments Sat, 19 Feb 2011 16:51:25 +0000 nicolas http://www.blogdei.com/?p=12921

RaptureReady.com / voxdei

Ndlr: L’objectif de cet article diffusé en 2002 sur notre site et présentant une conviction « classique » du pentecôtisme américain, n’est pas de discuter du bien-fondé ou non de l’enlèvement « pré, mid ou post-trib », mais d’encourager chacun à se tenir en règle avec Dieu en préparation des temps difficiles qui viennent sur le monde. Merci à chacun de s’examiner avant d’aborder la question de la chronologie de ces évènements. « Veillez… car vous ne savez pas QUAND viendra le Fils de l’Homme »…

1. Définition de l’Enlèvement
2. Le fondement biblique de l’Enlèvement
3. Les événements et circonstances préalables à l’Enlèvement
Les changements peuvent être de différents ordres:
Politiques
Sociaux
Economiques
Géophysiques
4. Les signes des Temps
5. L’Enlèvement
6. Après l’Enlèvement
7. Les Deux Témoins
8. Les 144 000 témoins juifs
9. L’argent
10. La sécurité
11. La santé

Ce manuel répond à un double objectif :

1) D’abord, avertir ceux qui le lisent avant l’Enlèvement des événements qui vont se produire dans les derniers jours, selon les prophéties bibliques. D’après ces données, personne ne devrait souhaiter vivre sur terre après l’enlèvement. C’est donc notre espoir que ceux qui nous lisent à temps parviendront à croire, à chercher Dieu et à se repentir afin d’être sauvés. Le salut est tellement simple que beaucoup n’arrivent pas à l’accepter. Mais aussi, il est complexe, car il vous change la vie et se base sur une chose que l’on ne peut pas voir : la foi. Ceci dit, il reste à la portée de tous, dans la mesure où Jésus a déjà tout accompli. Si vous désirez être sauvé et recevoir la vie éternelle, adressez à Jésus cette simple prière avec foi et humilité: «Seigneur Jésus, je sais que je suis un pécheur et te demande de pardonner mes péchés; accorde-moi, s’il te plaît, un coeur nouveau. Je te soumets ma vie entière.» Désormais, changez votre manière de vivre de sorte qu’elle soit en accord avec la voie de Dieu. Si vous faites cela avant l’Enlèvement, trouvez-vous une bible, lisez-la et étudiez-la. Venez devant le Seigneur par la prière pour qu’il vous aide à vivre selon sa volonté.

2) Par contre, pour ceux qui sont restés après l’Enlèvement, ce manuel se veut un véritable kit de survie. Vous avez toujours l’opportunité de vous repentir et d’accéder à la vie éternelle. La même prière pour demander le salut est toujours valable; la seule différence, c’est que vous allez faire une courte expérience de l’enfer durant le temps qu’il vous restera sur terre.

Permettez-moi d’être franc avec vous. Si vous lisez ce manuel après l’enlèvement, il y a des chances que vous n’allez pas survivre, physiquement. Il est même hautement probable que vous mouriez. Ce manuel a pour but principal la survie de votre âme. Vous allez de toute manière endurer d’atroces souffrances. La seule question est celle-ci : est-ce que vous allez au ciel ou en enfer après votre mort ?

1. Définition de l’Enlèvement

L’enlèvement aura lieu lorsque Jésus rappellera ses disciples (des croyants juifs et non-juifs) au son d’une trompette. En un clin d’oeil, ces croyants seront enlevés de la terre et transportés dans les airs pour être avec Jésus au ciel. Pour ceux qui ont un héritage juif, l’enlèvement est illustré par la fête des Trompettes (Lévitique 23 :24). Cette fête juive symbolise le rassemblement. A l’appel de la Trompette (ndt : « shofar », l’instrument traditionnel est fait d’une corne de bélier) de l’enlèvement, les croyants seront rassemblés pour être avec Jésus et parmi les Juifs qui resteront, ce sera l’heure d’un rassemblement de la nation d’Israël au sens physique du terme.

Les croyants décédés répondront d’abord à l’appel, selon 1 Thessaloniciens 4 :16. Probablement, comme certains « justes » furent ressuscités lors de la crucifixion et de la résurrection du Seigneur dans Matthieu 27, les justes reviendront peut-être eux aussi sur terre pendant une courte période au moment de l’enlèvement.

2. Le fondement biblique de l’enlèvement

« Voici je vous dis un mystère :nous ne mourrons pas tous, mais tous nous serons changés, en un instant, en un clin d’oeil, à la dernière trompette. Car elle sonnera, et les morts ressusciteront incorruptibles et nous, nous serons changés. » (1 Corinthiens 15 : 51-52).

« Car le Seigneur lui-même, à un signal donné, à la voix d’un archange, au son de la trompette de Dieu, descendra du ciel, et les morts en Christ ressusciteront en premier lieu. Ensuite, nous les vivants, qui serons restés, nous serons enlevés ensemble avec eux dans les nuées, à la rencontre du Seigneur dans les airs, et ainsi nous serons toujours avec le Seigneur. » (1Thessaloniciens 4 :16-17)

« Il y a beaucoup de demeures dans la maison de mon Père. Sinon, je vous l’aurais dit : car je vais vous préparer une place. Donc, si je m’en vais et vous prépare une place, je reviendrai et je vous prendrai avec moi, afin que là où je suis, vous y soyez aussi. » (Jean 14 :2-3)

3. Les événement et circonstances préalables à l’Enlèvement

Au moment de la rédaction de ce manuel, et pour le reste du temps de l’âge présent, le mot qui décrit le mieux la condition du monde est le «changement». Bien des changements étaient des oeuvres de Satan qui ne pouvait rien tolérer de la création originelle de Dieu. Au commencement, la Bible nous dit que «tout était bon». Ce qui veut dire que tout était parfait et qu’aucun changement n’était nécessaire. Cette perfection devait inclure le niveau d’exigence morale par laquelle Adam et Eve étaient censés vivre. Dans leur perfection, ces critères moraux étaient sans nul doute adaptés à n’importe quel rapport humain; de la relation personnelle au gouvernement d’une communauté. Or, Satan cherche à changer tout ce que Dieu a créé et établi. Ainsi déploie-t-il sa puissance et son influence pour produire des changements. Aucun de ceux-ci n’est bon pour l’Humanité, de toute évidence, car ils sont en opposition avec l’intention originelle du Créateur. Le but de Satan est d’établir un nouvel ordre mondial dont son protégé sera la tête. Son protégé, ce sera un dictateur mondial, appelé aussi «la Bête » ou l’Antichrist. Lui aussi s’efforcera à conduire tous les changements afin de mettre le monde en opposition avec la volonté de Dieu telle qu’elle s’exprime dans la bible. Ceci est prédit dans le livre de Daniel. Les changements peuvent être de différents ordres:

Politiques

Dans l’environnement politique actuel (ndt: la traduction s’effectue en août 2002), il n’existe pas encore un leadership mondial. Aucun état ne dispose d’un chef suffisamment fort, capable de résoudre à la fois les problèmes intérieurs et extérieurs. Même si les Etats-Unis ont joué le rôle du maître du monde durant la seconde moitié du 20e siècle, ce leadership est contesté. D’ailleurs, des scandales ont discrédité la classe dirigeante. Le même phénomène touche le monde entier. Cette absence de leadership offre une opportunité à un homme qui saura exploiter son charisme et s’attirer les faveurs des nations, les unissant sous sa dictature, selon les prophéties bibliques.

Le mouvement pour unifier le monde est en marche depuis les années 1950 et au cours de ces dernières années, cette unification est plus que jamais une réalité. L’abandon de la souveraineté nationale de plusieurs pays confrontés par la crise, par exemple, le Koweït, la Somalie et la Bosnie, est une preuve frappante. Durant les conflits qui les ont agités, ces pays se sont abandonnés aux Nations-Unies, tandis que les autres pays ont soumis hommes et armes à combattre sous le drapeau de cette autorité. Dans les forces d’intervention de l’ONU, un pays comme les Etats-Unis doit en quelque sorte se soumettre à des nations de moindre importance dans la mesure où ses forces peuvent se trouver sous le commandement d’une armée de pays tiers. En dehors du cadre militaire, les nations de la terre se sont liées mutuellement par divers accords d’échange. L’Organisation Mondiale du Commerce et l’ALENA (accords du libre échange de l’Amérique du Nord) en sont des émanations. (ndt : la Communauté Européenne mérite d’être signalée à plusieurs titres. Car non seulement elle vise à créer un super-état politique et économique mais aussi, sa situation géographique rappelle de manière intéressante « la résurrection » de l’empire romain. Certains exégètes voient en elle une figure d’un empire des derniers temps.)

Sociaux

La famille est un élément de base de la société et elle est pour ainsi dire détruite. La structure familiale basée sur le mariage, comprenant l’homme, la femme et leurs enfants, dans laquelle l’homme pourvoit aux besoins matériels tandis que la femme élève les enfants et que ces derniers obéissent aux parents est en voie de disparition.

Le mariage étant une institution voulue par Dieu, il fait forcément objet de la haine de Satan. En effet, le Diable s’acharne à le détruire. Les médias fournissent un moyen de premier ordre dans ce combat. De l’image de la femme soi-disant « libérée » à la guerre des sexes, la culture contemporaine tente de faire éclater la famille. Cette tendance qui s’est formée dans les années 1980 ira en s’intensifiant et il est possible qu’après l’enlèvement, la famille telle qu’elle est connue aujourd’hui cessera d’exister. L’éducation des enfants pourrait revenir à l’état tandis que les futurs époux seraient dissuadés de se marier.

La guerre civile est un thème récurrent de cet âge et les troubles continueront jusque dans les derniers temps. Satan se sert de toutes les différences pour inspirer la haine, la colère et la violence, dressant les uns contre les autres : les hommes contre les femmes, les noirs contre les blancs, les musulmans contre les juifs, les catholiques contre les protestants, une faction ou une tribu contre une autre.

L’homosexualité et toute autre déviation sexuelle sont aujourd’hui reconnues et admises comme étant normales. Le dictateur mondial (l’antéchrist) lui-même pourrait bien avoir un comportement sexuel anormal comme certains théologiens le déduisent de Daniel 11 :37 « et il n’aura d’attention ni pour les dieux de ses pères, ni pour la bien-aimée des femmes ». Il se peut donc qu’après l’enlèvement le mariage soit devenu indésirable ou illégal tandis que les relations homosexuelles soient encouragées (ndt : le PACS est intéressant à cet égard – encore une invention européenne !)

Economiques

Sur le plan économique, la tendance s’oriente vers la pauvreté des grandes masses tandis que la richesse se concentre aux mains de quelques rares personnes. Ces contrôleurs de richesse seront les rois du commerce et de la finance ; ils seront aussi la puissance derrière la politique mondiale. Actuellement, les petites entreprises se fusionnent pour être plus grosses et les grosses se fusionnent encore pour générer plus de profit. Le résultat de ce processus est l’émergence des énormes multinationales qui n’ont de compte à rendre à aucun état-nation, mais aux seuls actionnaires, dans l’unique but d’augmenter toujours le profit. Ce nouveau rapport de force crée une sorte de féodalité, avec un « tiers état » composé des salariés réduits à la servitude et au-dessus d’eux une seigneurie des PDG devenus les rois de la terre. Ce sont ces «rois» qui vont préparer le chemin au dictateur du monde, garant de leurs pouvoir et richesse. Attendez-vous à ce que toute activité commerciale soit effectuée par une marque sur la main droite ou dans le front de tous ceux qui veulent participer à la vie économique. Seules les personnes avec cette marque pourront acheter ou vendre, mais la conséquence de la marque est la damnation éternelle. Alors, ne vous la faites surtout pas implanter. Vous aurez certainement beaucoup de mal à survivre et vous ne survivrez probablement pas, mais vous sauverez votre âme. Je le répète : ne prenez pas la marque sur votre main droite ou sur votre front.

L’esclavage reviendrait probablement en vogue après l’Enlèvement. L’Apocalypse en fait la mention. Les esclaves pourraient être des Juifs et Chrétiens, convertis après l’Enlèvement. Mais il se pourrait aussi que des enfants et des pauvres soient réduits à l’esclavage.

Géophysiques

Au chapitre 24 de l’évangile selon Matthieu, Jésus parle aux disciples des signes de la fin du monde. «Comme aux jours de Noé, ainsi en sera-t-il à l’avènement du Fils de l’homme.» (Matthieu 24 :37) Nous lisons dans Genèse 6:11 que «la terre était pleine de violence». Cela ne se limite pas seulement à la violence infligée à l’homme par l’homme telle que la guerre, le viol, la brutalité, le meurtre, l’avortement ou d’autres formes de violence aveugle – mais cela comprend aussi la violence de la planète terre elle-même. Nous constatons le nombre et le degré de gravité croissants de catastrophes naturelles: tremblements de terre, éruptions volcaniques, ouragans, tornades, inondations, sécheresse ainsi que des phénomènes atmosphériques inhabituels. Tous ces fléaux ont certes toujours existé, mais il est indéniable que ces 50 dernières années, nous avons été témoins d’une augmentation de la fréquence, de l’intensité et des dégâts causés par les catastrophes naturelles. Comme s’il y avait une corrélation entre la violence humaine et celle de la terre. (ndt: le bilan du secteur assurance nous en dit long sur le coût des catastrophes (naturelles et induites par l’homme) entre 1999 et 2002. Pour la France, nous avons eu fin 1999 le naufrage de l’Erika et la tempête puis l’inondation de l’an 2000 suivi de l’explosion «accidentelle» de l’usine chimique toulousaine qui a produit un mini tremblement de terre. Les inondations en Europe Centrale à l’heure même où j’écris ces lignes, en août 2002, sont qualifiées d’historiques. Je crois qu’il est important de noter également le rôle du relais d’informations joué par les médias, qui nous rend ces drames, où qu’ils se produisent, plus proches et plus immédiats. La perception en quelque sorte actualise et amplifie l’effet. De plus, la condensation des habitats dans les zones à risque, résultat de l’explosion démographique propre à l’ère industrielle, est un fait relativement «nouveau» à l’échelle de l’histoire humaine. A titre d’exemple, le raz de marée a toujours existé en Asie du Sud mais aucun n’aurait pu faire 100 000 victimes puisque les bidonvilles côtières du Bangladesh n’existaient pas. De même, la modification climatique due à l’émission de CO2 n’était pas envisageable il y a seulement un siècle.)

4. Les signes des Temps

Quand ses disciples demandent quels sont les signes précurseurs de sa venue et de la fin des temps, Jésus répond qu’il y aura (Matthieu 24) :
· des guerres et des rumeurs de guerres
· des nations qui s’élèvent contre des nations. Il est intéressant de noter que le terme grec traduit ici par « nation » est « ethnos », qui implique un arrière-plan ethnique ou racial. Beaucoup de guerres et conflits des années 1980 et 1990 étaient de nature ethnique (ndt: l’ex Yougoslavie, Rwanda).
· un royaume contre un autre
· famines
· tremblements de terre

Ces signes fonctionnent «comme les douleurs d’une femme en travail», ce qui veut dire qu’ils augmenteront en fréquence et en intensité au fur et à mesure que l’on s’approche de la fin.
· Les disciples de Jésus seront persécutés et massacrés. Ce fait est plus d’actualité que jamais dans les pays totalitaires, notamment dans le monde musulman où les Chrétiens sont privés de droits civiques, emprisonnés, vendus en esclavage ou tués pour leur foi.
· Les Chrétiens seront haïs de toutes les nations en raison du nom de Jésus. Nous avons mentionné les persécutions, mais dans un moindre mesure, au sein des pays dits «libres» comme les Etats-Unis, les Chrétiens sont aussi haïs par les «libéraux» qui les désignent dédaigneusement sous le nom de «la Droite Chrétienne».
· Beaucoup tomberont, autrement dit, un grand nombre de « chrétiens » prétendus renieront leur foi et se mettront à haïr les chrétiens.
· Beaucoup de faux prophètes s’élèveront et séduiront des multitudes.
· L’excès d’iniquité refroidira l’amour d’un grand nombre.

5. L’Enlèvement

C’est un événement qui ne sera pas caché. Le concept de l’Enlèvement sera connu du public non-croyant (ceux d’entre vous qui ne connaissez pas Jésus comme votre Seigneur et Messie) au préalable. Mais cette information sera traitée avec mépris et moquerie, ridiculisée par les médias du monde. Néanmoins, Dieu veillera à ce qu’elle soit largement publiée avant l’événement, afin que ceux qui restent puissent quand même revenir à leur bon sens. L’enlèvement sera un événement public. Tous ceux laissés derrière sauront que quelqu’un a été enlevé. Il aura lieu d’une façon soudaine, inattendue et aussi rapide qu’un éclair – «en un clin d’oeil» comme le dit la Bible. Ce sera une évidence pour le monde entier. Certains dirigeants pourraient disparaître, tout comme certaines célébrités artistiques ou sportives, des familles entières…

Des conjoints non-croyants verront leur mari ou femme disparaître. Des enfants vont disparaître. Il y aura des comptes bancaires, des maisons, des voitures, des entreprises sans propriétaires. Surtout, il y aura des hommes et des femmes, des amis, des membres de la famille qui seront laissés derrière. Un souci majeur des leaders du monde entier sera de convaincre ces derniers que l’enlèvement n’a pas eu lieu. Car, pour eux, admettre que l’enlèvement s’est réellement produit serait un grand désaveu, cela impliquerait automatiquement que tout ce que les chrétiens ont témoigné sur Jésus, Fils de Dieu, Sauveur et Messie, Prince de Paix, Seigneur des Seigneurs et Roi des Rois, était vrai. Cela prouverait aussi du même coup que la Parole du Seigneur lui-même était vrai. Alors, la seule réaction logique serait que tout le monde se mette à genoux devant Dieu, repentant, confessant ses fautes et se soumettant à Dieu et à chaque parole de la Bible. Or, tout cela est diamétralement opposé à la manière dont le monde conçoit sa « liberté », dans le sens de la rébellion contre Dieu. Le monde prêche la désobéissance, la perversité sexuelle, le matérialisme et la dévaluation de la vie humaine. Par conséquent, même si l’enlèvement causera un grand choc pour tous – qui sauront qu’autour d’eux, parmi les leurs, quelqu’un a été enlevé, même si la couverture médiatique ne manquera pas, les dirigeants vont tenter néanmoins la grande tromperie afin de convaincre les «laissés derrière» qu’il n’y a pas eu d’enlèvement.

Comment cela se fera-t-il ? Cela devrait être relativement facile vu que les personnes laissées derrière ont déjà été atteintes par la tromperie au départ. Elles se sont trompées en croyant que Jésus n’était pas le Messie; elles se sont trompées en choisissant un style de vie qui ne mène qu’aux souffrances au lieu d’accepter la liberté et le bonheur que Dieu propose. Les dirigeants du monde vont déclarer qu’il n’y a pas eu d’enlèvement, qu’il s’agissait d’une hystérie collective et les médias vont répercuter la consigne. Ensuite, comme pour faciliter les choses, peu après l’enlèvement, un quart de la population mondiale sera décimée par les guerres, les famines et les épidémies. Ceux qui ont été enlevés seront comptés parmi les morts.

6. Après l’Enlèvement

Peu de temps après l’enlèvement surviendra une période de 7 ans connue dans la Bible sous le nom de celle des Grandes Tribulations. Elle débutera par la signature d’un traité de paix entre Israël et ses ennemis et se terminera au retour physique de Jésus-Christ pour établir son royaume sur la terre. Durant cette période, ce sera 7 années de terreur pour tous les habitants de la terre. Les événements suivants se développeront au cours de ces 7 années (ndt: ce qui suit est un résumé des chapitres 6 à 18 du livre de l’Apocalypse) :

· Un homme politique s’élèvera. Il ira de victoire en victoire, tant en politique qu’en guerre. Cet homme, qui sera facilement identifiable grâce à la rapidité de son ascension et sa popularité, est votre Antichrist. Certains croient qu’il pourrait être juif, pour que les Juifs l’acceptent comme messie. Cela n’est pas nécessairement le cas. La bible n’a pas spécifié son origine. Seuls les Juifs croyants exigeront que le messie soit juif. Les libéraux qui dominent sur Israël sont aussi ignorants que les païens face aux vérités bibliques. Ils accepteront aux bras ouverts ce leader au grand charisme, plébiscité par les médias. A ce propos, on pourrait se demander si le nouveau surnom des Etats-Unis, le Grand Satan, aura une signification prémonitoire.

· La violence augmentera sur toute la terre, que ce soit par les conflits ethniques armés ou par la criminalité. On s’entre-tuera littéralement au fur et à mesure que la paix est ôtée de la terre.

· Les fléaux économiques séviront: l’inflation, la pauvreté et la famine.

· Dans une très courte période, un quart de la population mondiale périra en raison des guerres, de la famine, de la peste et des «bêtes sauvages de la terre». Ces bêtes sauvages pourraient bien être des virus ou des bactéries.

· Beaucoup feront l’expérience de la conversion et suivront Jésus-Christ. Mais la plupart d’entre eux seront traqués et massacrés.

· Il surviendra un terrible tremblement de terre. Le soleil sera noirci, la lune devient rouge, les montagnes et les îles seront écartées de leurs places. (ndt: certains exégètes, dont Hal Lindsey, pensent que ce tremblement de terre pourra être causé par une explosion nucléaire – d’où l’obscurcissement du soleil dû à la poussière)

· Une brève période de calme suivra le tremblement de terre, procurant un faux sentiment de sécurité aux survivants.

· Ensuite, un tiers de vie terrestre et un tiers de la végétation seront consumés lors d’un impact d’une météorite.

· Une autre météorite frappera la mer, qui deviendra en partie comme du sang et tuera un tiers de la vie aquatique et détruira la flotte.

· Une «étoile» dont le nom est Absinthe tombera dans les eaux douces et les empoisonnera.

· Le soleil, la lune et les étoiles seront obscurcis d’un tiers. La durée du jour et de la nuit sera réduite d’un tiers. Certains tentent d’expliquer ce phénomène par un changement de la rotation de la terre de sorte qu’une journée ne dure plus que 16 au lieu de 24 heures.

· De terrifiantes créatures ressemblant aux sauterelles seront lâchées du fond de la terre. Elles n’attaqueront que les hommes qui n’appartiennent pas à Jésus. Ces attaques dureront 5 mois.

· Une armée de 200 millions de créatures ressemblant à des chevaux tuera 1/3 de l’Humanité (ndt: Hal Lindsey interprète cela dans un sens littéral et pense à une véritable armée avec un équipement spécial que l’apôtre Jean, en tant qu’homme du 1er siècle, décrit en utilisant la comparaison avec des éléments qu’il connaît, d’où la « transformation » en animaux des armes ou véhicules se déplaçant seuls sans intervention humaine apparente)

· Deux hommes (connus sous le nom des Deux Témoins, voir la rubrique suivante) d’origine juive prêcheront l’Evangile de Jésus-Christ pendant 3 ans et demi. Ils seront tués au milieu de la période des 7 années de tribulations. Ces deux hommes seront tenus pour responsables de la sécheresse qui sévira dans le monde entier pendant la durée de leur prédication. Ils seront tués par l’antéchrist, qui est désigné aussi par «la Bête» dans l’Apocalypse.

· On demandera aux gens de recevoir une marque soit dans leur main droite soit dans leur front pour acheter et vendre. Ceux qui le reçoivent développeront des ulcères malins et douloureux sur leur corps dans un court délai après l’implantation.

· Les océans subiront un changement chimique et deviendront comme le sang d’un mort et tous les êtres vivants qui s’y trouvent mourront.

· Les fleuves et les sources d’eau douce deviendront du sang.

· Le soleil brûlera par une chaleur torride.

· Le trône et le royaume de l’Antichrist seront obscurcis.

· L’Euphrate sera asséchée, ouvrant le chemin pour les rois (ou dirigeants) de l’est de marcher vers l’ouest.

· Les rois du monde se rassembleront pour combattre Dieu à Armageddon. Il y aura un tremblement de terre tel qu’il n’y en a jamais eu et des grêlons pesant une cinquantaine de kilos qui écraseront les armées rassemblées.

· Peu après ce tremblement de terre, Jésus reviendra avec son armée pour proclamer sa souveraineté sur la Terre.

7. Les Deux Témoins

Ces deux hommes sont établis par Dieu comme les «cadeaux de la dernière chance» pour les hommes laissés derrière après l’enlèvement parce qu’ils n’avaient pas cru en Jésus mais qui reconnaîtront leur erreur et chercheront Dieu. Les deux hommes leur proclameront l’évangile et donneront de l’espoir. Leur message sera celui du salut de l’âme et de la vie éternelle. Ils ne diront pas comment échapper à « l’enfer » qu’est devenue la vie sur terre car il n’y a aucun espoir d’échapper à cela. Si vous êtes laissé sur terre, votre destinée est de souffrir et encore plus probablement de mourir. Mais vous avez toujours l’espoir du salut. Ecoutez ce que ces deux hommes vous diront et tournez vous vers Dieu.

La bible ne dit pas qui sont ces deux hommes. Certains spéculent qu’il s’agirait d’Elie et d’Enoch, deux anciens prophètes de Dieu qui n’ont jamais connu la mort. Peu importe. Ils seront responsables de plusieurs catastrophes naturelles qui frapperont l’économie mondiale. Ils auront le pouvoir de transformer l’eau en sang et de causer des fléaux pour ceux qui vivent sur la terre. Aussi seront-ils invincibles. Ceux qui en veulent à leur vie mourront de leurs propres intrigues. Seul le dictateur, l’Antichrist, pourra les éliminer et seulement à l’heure fixée par Dieu.

Le but des misères que ces deux témoins infligent aux habitants de la terre est de les interpeller afin de les amener à se repentir devant Dieu. En raison de ces misères, les gens seront tellement heureux, quand le dictateur du monde se débarrassera de ces deux témoins, qu’ils célébreront une sorte de fête de Noël, s’envoyant des cadeaux les uns aux autres. Trois jours et demi après leur mort, ces deux témoins seront ressuscités et, aux yeux du monde entier, ils monteront au ciel à la commande de Dieu qui les appelle d’une voix forte «Montez ici!». Peu après l’assassinat des deux témoins, le dictateur du monde se déclarera Dieu. Il sera l’Antichrist.

8. Les 144 000 témoins juifs

Peu de temps après l’Enlèvement, Dieu suscitera une armée de 144 000 croyants juifs à son service auprès des juifs dans le monde. Les meilleurs amis d’Israël, ceux qui soutiennent sans faille les Juifs, ce sont les vrais chrétiens. L’Enlèvement ôte ces éléments mais va réveiller à leur tour les 144 000 juifs. Ils prêcheront à tous les juifs que Jésus est le Messie. Ces 144 000 iront de par le monde, peut-être deux par deux comme Jésus l’a recommandé à ses disciples. Ce sont ces 144 000 qui s’opposeront à ce qu’Israël signe le traité de paix pour sa protection; ce sont ces 144 000 qui vont identifier l’Antichrist pour ce qu’il est; ce sont ces 144 000 qui avertiront Israël de la traîtrise de l’Antichrist. Enfin, ce sont toujours ces 144 000 qui vont conduire des juifs du monde entier vers le refuge que Dieu a préparé pour eux dans le désert de Judée. Ces 144 000 Juifs seront des gens fort étranges: ils seront célibataires, pleins d’audace, sans peur, spirituellement puissants et probablement de même calibre que Jean Baptiste.

9. L’argent

La monnaie – billets et pièces – sera rendue obsolète. Ceci n’est pas une surprise dans la mesure où les banques et les gouvernements ont déjà travaillé à éliminer la monnaie fiduciaire depuis des décennies. Les billets et les pièces coûtent cher à produire, se prêtent au jeu du blanchiment d’argent et ils sont sujets à la contrefaçon. Les banques veulent réduire les coûts en éliminant les guichetiers, pour ce faire, l’élimination du chèque et de la monnaie est une aubaine car toutes les transactions financières pourraient se faire alors via un ordinateur grâce à la carte de crédit. Toutefois, à un certain moment après l’Enlèvement, probablement après la mort des deux témoins, tout le monde aura l’obligation de recevoir une marque sur la main droite ou sur le front afin d’acheter ou vendre.

NE L’ACCEPTEZ PAS, SOUS AUCUN PRETEXTE ET DANS AUCUNE CIRCONSTANCE.

Tous ceux qui reçoivent cette marque connue sous le nom de «la marque de la Bête» sont damnés pour l’éternité. En la prenant, vous vous soumettez à la souveraineté de la Bête, l’Antichrist. Vous pouvez bien essayer de «profiter de la vie» autant que vous voulez, puisque votre éternité, ce sera l’enfer. C’est à ce moment précis que Dieu aura séparé définitivement ses disciples des disciples de Satan. Ceux qui ont adopté la marque persécuteront ceux qui ne l’ont pas. Dieu jugera les premiers en leur envoyant sur leur corps des ulcères douloureux et d’un aspect dégoûtant. Cela enlèvera une grande partie de plaisir qui puisse encore rester dans leur vie, probablement, ces ulcères pourront même rendre impossible le rapport sexuel.

Alors, comment une personne sans la marque peut-elle survivre, acheter et vendre ? Encore une fois, cela sera presque impossible. Mais il pourra y avoir des gens qui font partie du régime de l’antéchrist sans pour autant croire en lui. Ce sont juste des «survivants» qui choisissent par principe le camp du gagnant et cherchent à profiter de cette relation. Donc, procurez-vous de l’or. L’or a toujours une contre-valeur en argent et devra continuer à jouer le rôle de la valeur refuge, même au sein d’une société sans monnaie fiduciaire. Identifiez un de ces profiteurs du système, auprès de qui vous pourrez acheter de la nourriture et des choses indispensables. Toutefois, ne lui dites jamais combien d’or vous avez ni où vous l’avez caché. Vous allez devoir jouer au dealer avec ce personnage, ou bien vous êtes sa proie. Par ailleurs, sans la marque, votre tête est mise à prix. Selon toute évidence, donc, vous allez vivre une vie de clandestin. Vous vous cacherez quelque part, soit dans la forêt, soit aux abords d’une grande cité. Votre seul but sera d’avoir assez à manger et d’échapper à la milice qui traque les «sans-marque» comme vous. Si vous êtes arrêté, votre sort sera soit la mort soit l’esclavage.

Si vous recevez ce manuel avant l’Enlèvement et comptez rester là pour voir, alors vous pouvez commencer à stocker des conserves alimentaires, les produits de consommation de base dans un coin difficile d’accès. Vous devrez garder en stock aussi des armes pour vous défendre et une bonne armoire de pharmacie bien garnie.

10. La Sécurité

Vous entrerez dans l’ère la plus violente de l’histoire du monde. La mort, la brutalité et la destruction feront partie de la vie de tous les jours. Une caractéristique majeure des derniers jours sera l’absence de la paix. Des guerres civiles éclateront partout. Des gens s’entre-tueront sans raison. Les actes gratuits de violence rempliront les âmes d’effroi. Vous pourrez vous faire envahir dans votre voiture ou dans votre maison. Des fusillades et des attentats aveugles à la bombe ne laisseront aux les habitants de la terre aucun sentiment de sécurité.

Si vous voulez survivre dans cette période, vous devez vous éloigner de la société dans un lieu reclus et difficile d’accès. Rassemblez-vous avec des gens qui pensent et croient en vous, cela pourra apporter réconfort et protection.

Comme indiqué plus haut, stockez de la nourriture non périssable, des médicaments, des produits nécessaires, des armes et de l’or. Vous en avez besoin pour 7 années. Ne comptez pas sur la pêche et la chasse car le stock de poissons et d’animaux sauvage aura été détruit par 3 1Ú2 années de sécheresse plus 3 frappes successives de météorites (ou des objets y ressemblant) qui suivront l’Enlèvement. Les trois années et demi de sécheresse seront causées par les 2 Témoins. Le premier objet venant de l’espace frappera la terre en détruisant 1/3 des arbres et des herbes vertes. Le second frappera la mer, détruisant 1/3 de la vie en milieu marin y compris des naviguants. Le troisième frappera et empoisonnera l’eau douce. Inutile de vous dire que ces calamités feront diminuer l’offre alimentaire sur la planète. Attendez-vous à une explosion de prix. Les gens qui n’ont jamais manqué un repas sauront par expérience répétitive ce qu’est la faim. Cela sera une cause de l’augmentation de la violence, car les gens seront d’autant plus centrés sur eux-mêmes. A bout de nerfs, ils se lanceront dans une impitoyable compétition pour avoir à manger. Comme Jésus l’a dit: «les gens se trahiront les uns les autres… l’amour de beaucoup refroidira».

11. La santé

Avant l’Enlèvement, le monde a déjà subi des épreuves de l’ordre de la santé publique depuis les années 1980 via l’explosion des maladies infectieuses inconnues comme le SIDA ou l’Ebola et le retour des maladies qu’on croyait avoir éradiquées comme la tuberculoses et d’autres maladies sexuellement transmissibles. (ndt: à ce propos, la menace des armes bactériologiques répandant, par exemple, la peste, rend la prophétie plus actuelle que jamais). Après l’Enlèvement, les choses ne vont pas s’améliorer. Un quart de la population mondiale périra de la guerre, la famine et la peste. A un moment donné, après le meurtre des 2 Témoins et l’implantation de la marque de l’Antichrist, une nouvelle épidémie éclatera, causant d’abominables ulcères sur le corps de ceux qui ont pris la marque, comme indiqué au point n° 9.

En plus de tout cela, l’appauvrissement général les trois années et demi de sécheresse entraîneront la détérioration de l’hygiène, y compris dans les pays développés. Par manque d’eau, on tirera moins la chasse d’eau, on se lavera moins et fera moins de lessive. Le traitement des eaux usagées qui nécessite de l’eau propre en grande quantité ne pourra pas fonctionner normalement. Attendez-vous à voir réapparaître le choléra et d’autres maladies dites de la pauvreté même en Europe et en Amérique du Nord.

Si vous maintenez toujours votre décision de rejeter l’offre de Jésus de vous prendre à l’Enlèvement, votre souci maintenant est de préserver votre santé durant la période qui suit. Vous aurez besoin d’un stock de vitamines, particulièrement des anti-oxydants comme les vitamines C ou E et des sels minéraux. Il vous faudra beaucoup de désinfectants, notamment les capsules qu’on met dans l’eau pour la rendre potable. (ndt : trouvables dans les magasins d’équipement de camping et en pharmacie.)

Surtout, ne prenez pas la marque de la Bête sur votre main droite ou sur votre front. Si vous la prenez, alors il n’y a plus rien à faire pour vous – vous allez souffrir des ulcères qui rendent le reste de vos jours intolérables. Imaginez des millions d’affres, non seulement dans la bouche mais partout ! Ne la prenez surtout pas.

(ndt: Et surtout, n’oubliez pas: maintenant la seule chose qui vous importe vraiment, c’est le salut de votre âme, puisque votre corps ne fera de toute manière pas long feu par le temps qui court. Jésus est la seule solution. Venez à Lui. Avant que ce ne soit trop tard.)

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Les prophètes de l’Eternel sont les déclinologues de leur temps, par Jérôme Prékel http://www.blogdei.com/12805/les-prophetes-de-leternel-sont-les-declinologues-de-leur-temps-par-jerome-prekel/ http://www.blogdei.com/12805/les-prophetes-de-leternel-sont-les-declinologues-de-leur-temps-par-jerome-prekel/#comments Wed, 09 Feb 2011 11:58:47 +0000 Bible http://www.blogdei.com/?p=12805

le sarment

Déclinologue : personne qui entretient une vision pessimiste de la situation économique, politique, ou encore culturelle de son pays et qui estime que cette situation va se détériorer dans le futur.

Il ne fait aucun doute que les prophètes de Dieu ont pu être perçus (et continuent de l’être) comme les déclinologues de leur temps. Le plus souvent, ils sont porteurs d’un message qui communique davantage de désapprobation divine que d’approbation: ils appellent le peuple à revenir à l’Eternel lorsqu’il s’en écarte, et nous savons que ce phénomène est malheureusement récurrent.

À la lecture de la longue histoire du peuple de Dieu dans la Bible, nous avons l’impression de sentir la présence d’une force invisible qui paraît s’exercer d’une manière systématique sur le cœur de l’homme et le repousser loin du Créateur. Comme si l’effet de la commotion originelle produite en Éden, que nous appelons la Chute, fonctionnait à la manière d’un big bang spirituel : chassé de la présence de l’Eternel, la créature semble être le jouet d’une force qui l’écarte et l’emporte sans cesse loin de son Créateur[1].

C’est pourquoi, les prophètes délivrent un message de retour, souvent défini comme un fardeau [2],  et souvent porteur de la réprobation de l’Eternel, tout en étant également mêlé de promesses. On pourrait donner une définition bien plus complète du statut de prophète et de l’étendue possible de son message (qui ne se résume pas à annoncer des catastrophes), mais ce n’est pas ici le propos. On retiendra simplement l’image globalement admise de personnalités qui interpellent et qui annoncent un avenir assez rarement rose.

Si le prophète de l’Eternel est perçu comme un déclinologue pour son temps, c’est parce que le caractère-même du ministère l’y conduit: on peut considérer en effet que le message prophétique le plus connu de tous (en relation avec la marche du monde), contenu dans le livre de l’Apocalypse, est une sorte d’inventaire d’évènements dramatiques se succédant à une cadence de plus en plus rapprochée, comme les douleurs d’une femme qui accouche, jusqu’à l’annonce de la fin-même du monde. On pouvait difficilement imaginer pire dans la veine du déclinisme. Au point que le sens-même du mot “apocalypse” en a été changé dans l’inconscient collectif [3].

La confusion entre la vision prophétique et la vision catastrophiste

Il existe cependant une vision négative du monde et de son avancement, qui n’a aucun lien avec la vérité. Elle est exprimée par des analystes – amateurs ou professionnels – qui ne se fondent pas sur la révélation biblique et qui prennent la parole publiquement en cultivant plus ou moins consciemment un discours catastrophiste. Sans vision spirituelle, ils ne sont que des instruments d’activation de peurs diverses (les leurs, en premier), et participent à entretenir un climat anxiogène.

Le catastrophiste évolue à la surface des choses et fixe les regards sur le visible immédiat, sur les conséquences dramatiques qui peuvent en découler, tandis que le prophète se fonde sur leur origine spirituelle et sur leur adéquation avec le plan divin. La phrase citée en introduction définit le déclinologue comme “une personne qui entretient une vision pessimiste de la situation économique, politique, ou encore culturelle …”. Le prophète se place dans une perspective spirituelle: c’est elle qui est le centre de gravité de son analyse et alimente sa vision. C’est pourquoi la vraie compréhension prophétique peut souvent prendre complètement à contre-pied les analyses qui ne se fondent que sur l’observation du visible et les spéculations qu’on peut en tirer.

Les temps de la fin sont-ils des temps de déclin ?

Que dit la Bible ? Le contexte de la fin des temps nous est décrit comme difficile [4], agité et dégradé, Jésus lui-même se demandant si la foi véritable existerait encore au moment de son retour[5]. Les prophéties révèlent une sphère chrétienne atteinte par le cancer de l’apostasie [6] (un recul de la foi véritable pouvant mener à son abandon en profondeur, mais pas en apparence [7]) et un monde opposé ouvertement à Dieu[8].

L’installation de cet état généralisé s’effectue graduellement, pour parvenir un jour à une conjonction de situations de plus en plus inextricable. Il paraît donc difficilement contestable que les temps de la fin (et leur préparation) sont des temps de déclin, pour ceux qui sondent les Écritures. Mais il existe malheureusement une frange importante du christianisme qui conteste cette vision de la fin, et qui n’admet pas que le monde soit entré dans cette phase.

Cet état de fait a été prophétisé, lui aussi. Par amour pour le siècle présent [9], et par une conception erronée de la vie chrétienne, certains croyants contesteront le message de préparation des enfants de Dieu, glissant même vers un contestation de certains points fondamentaux :

“Car il viendra un temps où les hommes ne supporteront pas la saine doctrine; mais, ayant la démangeaison d’entendre des choses agréables, ils se donneront une foule de docteurs selon leurs propres désirs, détourneront l’oreille de la vérité, et se tourneront vers les fables” (2 Timothée 4/3).

«Sachant avant tout que, dans les derniers jours, il viendra des moqueurs avec leurs railleries, marchant selon leurs propres convoitises, et disant: Où est la promesse de son avènement ?» (2 Pierre 3/3)[10]

Il est donc important de réfléchir au contexte spirituel dans lequel nous vivons, et de ne pas participer à ces mauvais raisonnements, mais au contraire de chercher à être “renouvelés dans l’esprit de notre intelligence” (Ephésiens 4/23), pour pouvoir nous inscrire dans un service véritable, inspiré et fidèle.

Écouter, sélectionner la source, et écouter…

Comme à d’autres périodes de l’Histoire, mais sans doute plus que jamais, notre époque est le théâtre d’une confusion destinée à décrédibiliser le message prophétique [11], qui sera l’objet d’attaques incessantes pour tenter de réduire son impact et son influence.

Pourquoi devons-nous particulièrement veiller dans cette période ? Parce que la Bible dit que le diable sait qu’il a peu de temps[12], et que fort logiquement, une action extérieure va être imprimée sur la société des hommes.

Pour prendre une image connue, il sera demandé aux hommes de fabriquer davantage de briques avec moins de paille. La vie professionnelle des sociétés industrialisées est désormais clairement frappée par cette loi : travailler davantage, pour avoir l’illusion de maintenir une qualité de vie qui, en réalité, se dégrade sans cesse. Et le moment choisi pour faire augmenter cette tension dans le monde est soigneusement choisi : le prétexte “visible” invoqué est celui des incertitudes et des crises économiques menaçantes, mais la réalité invisible est autre, et concerne l’approche de l’arrivée du Libérateur, le retour du Roi.

Dans cette période extrêmement importante, Dieu fait entendre Son message prophétique mais il est une voix au milieu des autres voix: déclinologues, augures, spéculateurs, devins, analystes, faux prophètes. Nous avons besoin de discernement et d’une plus grande proximité personnelle avec le cœur de Dieu, Christ, pour reconnaître Sa voix. La rumeur des voix “prophétiques” peut s’élever et faire beaucoup de bruit, cherchant à provoquer des inquiétudes, des angoisses, et à pousser le peuple de Dieu à des actions charnelles et inconsidérées (présentées comme spirituelles). Il ne faut pas les écouter.

La voix de l’Esprit n’est pas inquiétante et ne crée pas de peurs, mais elle entraîne il est vrai dans une crainte de l’Eternel profonde, grave, sérieuse, qui génère de notre part de profondes modifications de vision et de comportement personnel, vis-à-vis de notre Dieu.

“… Et avant l’Eternel, il y eut un vent fort et violent qui déchirait les montagnes et brisait les rochers: l’Eternel n’était pas dans le vent.

Et après le vent, ce fut un tremblement de terre: l’Eternel n’était pas dans le tremblement de terre.

Et après le tremblement de terre, un feu: l’Eternel n’était pas dans le feu.

Et après le feu, un murmure doux et subtil”. (1 Rois 19/11)

Jérôme Prekel

Notes

[1] C’est seulement en Jésus-Christ que cette force est anéantie et qu’une parfaite réconciliation avec le Père est opérée et accomplie en perfection.

[2] Le message prophétique est souvent présenté par l’expression “oracle de l’Eternel”, qui vient d’un mot hébreu qui signifie “fardeau, charge” (massa). Le fardeau est parfois porté par le prophète, et parfois par ceux qui reçoivent le message (voir Jérémie 23).

[3] Étymologiquement, le mot « apocalypse » est la transcription d’un terme grec (ἀποκάλυψις / apokalupsis) signifiant mise à nu, enlèvement du voile ou révélation.

[4] 2 Timothée 3/1 : “Sache que, dans les derniers jours, il y aura des temps difficiles”.

[5] Luc 18/8 : “Mais, quand le Fils de l’homme viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ?”

[6] 1 Timothée 4/1 : “Mais l’Esprit dit expressément que, dans les derniers temps, quelques-uns abandonneront la foi, pour s’attacher à des esprits séducteurs et à des doctrines de démons, par l’hypocrisie de faux docteurs portant la marque de la flétrissure dans leur propre conscience”, 2 Thessaloniciens 2/3 : “Que personne ne vous séduise d’aucune manière; car il faut que l’apostasie soit arrivée auparavant, et qu’on ait vu paraître l’homme du péché, le fils de la perdition”.

[7] 2 Timothée 3/5: “ayant l’apparence de la piété, mais reniant ce qui en fait la force”, Matthieu 24/12 : “et parce que l’iniquité prévaudra, l’amour de plusieurs sera refroidi”.

[8] 2 Pierre 3/3: “Sachant avant tout que, dans les derniers jours, il viendra des moqueurs avec leurs railleries, marchant selon leurs propres convoitises, et disant: Où est la promesse de son avènement? Car, depuis que les pères sont morts, tout demeure comme dès le commencement de la création”, 2 Timothée 3/2: “Car les hommes seront égoïstes, amis de l’argent, fanfarons, hautains, blasphémateurs, rebelles à leurs parents, ingrats, irréligieux (sans piété), insensibles, déloyaux, calomniateurs, intempérants, cruels, ennemis des gens de bien, traîtres, emportés, enflés d’orgueil, aimant le plaisir plus que Dieu”

[9] 2 Timothée 4/10: “Démas m’a abandonné, par amour pour le siècle présent, et il est parti pour Thessalonique”.

[10] À rapprocher de Jude 1/18: “(les apôtres) vous disaient qu’au dernier temps il y aurait des moqueurs, marchant selon leurs convoitises impies; ce sont ceux qui provoquent des divisions, hommes sensuels, n’ayant pas l’esprit », décrivant une catégorie de croyants religieux, mais non spirituels. Voir aussi 1 Timothée 4/1: «Mais l’Esprit dit expressément que, dans les derniers temps, quelques-uns abandonneront la foi, pour s’attacher à des esprits séducteurs et à des doctrines de démons, par l’hypocrisie de faux docteurs portant la marque de la flétrissure dans leur propre conscience…»

[11] Celui qui décrit l’état véritable du monde, son destin, et le retour du Roi des rois et du Seigneur des seigneurs.

[12] Apocalypse 12/12: “C’est pourquoi réjouissez-vous, cieux, et vous qui habitez dans les cieux. Malheur à la terre et à la mer! Car le diable est descendu vers vous, animé d’une grande colère, sachant qu’il a peu de temps”.

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La fausse doctrine de l’enlèvement global, par Jérôme Prékel http://www.blogdei.com/12579/la-fausse-doctrine-de-lenlevement-global-par-jerome-prekel-2/ http://www.blogdei.com/12579/la-fausse-doctrine-de-lenlevement-global-par-jerome-prekel-2/#comments Thu, 27 Jan 2011 22:44:38 +0000 Bible http://www.blogdei.com/?p=12579

le sarment

«L’Eglise» sera-t-elle enlevée dans les jours de la fin des temps?

Une annonce de plus en plus répandue aujourd’hui prétend que l’ensemble du corps de Christ (c’est-à dire «l’Eglise» et donc par extension «les chrétiens») sera enlevé avant le retour du Seigneur. La plupart des commentaires traitent de la chronologie dans laquelle s’inscrit l’enlèvement, ou focalisent notre attention sur les détails économiques et politiques de la préparation du règne de l’antichrist, mais nous exposent plus rarement le sens et la signification profonde de l’enlèvement, ainsi que l’intention divine.

Cette carence entraîne une simplification dangereuse de ce sujet, qui fait directement le jeu de l’ennemi du peuple de Dieu, en ce qu’elle inhibe la préparation volontaire et active des cœurs, favorisant une forme de passivité qui entraîne fatalement à mépriser l’exhortation céleste : «Le consacré, qu’il se consacre encore !» (Apoc. 22/11-Chouraqui).

La démonstration qui suit cherchera à établir qu’au contraire, «l’Eglise» ne sera pas enlevée dans le sens où on l’entend globalement, et que le peuple de Dieu a tout à gagner à reconsidérer sa conception de l’enlèvement. Comment ? En cherchant d’un cœur vrai à rendre à la Parole de Dieu toute l’autorité sur nos interprétations, parfois fondées sur une théologie héritée plutôt de la tradition. Que disent les Ecritures au sujet de l’enlèvement ?

« Car le Seigneur lui-même, avec un cri de commandement, avec une voix d’archange et avec la trompette de Dieu, descendra du ciel; et les morts en Christ ressusciteront premièrement; puis nous, les vivants qui demeurons, nous serons ravis ensemble avec eux dans les nuées à la rencontre du Seigneur, en l’air et ainsi nous serons toujours avec le Seigneur». 1Thess 4:16

C’est principalement sur ce passage des Écritures que se fonde l’attente de «l’enlèvement» (ainsi que Matthieu 24/40 : «au jour du Fils de l’Homme …l’un sera pris, l’autre laissé»).

La première chose que nous pouvons dire, c’est que dans l’Ancien Testament, l’enlèvement est un phénomène qui a été réservé à des figures de premier plan dont la foi et l’engagement étaient absolus pour la cause de Dieu (Hénoc, Genèse 5/24 et Elie, 2 Rois 2/1 – ainsi que dans le N.T. Jésus, Actes 1/9), et il est intéressant de conserver à l’esprit ces trois exemples dans notre méditation de cet évènement futur. Dieu ne change pas, et les valeurs qui sont les Siennes n’ont pas subi l’érosion du temps, ni varié malgré l’impuissance de l’Homme à se conformer à Son plan.

«Nous, les vivants qui demeurons …»: la définition de l’enlèvement communément entretenue admet donc, au travers d’un consensus assez large, que l’expression «nous, les vivants qui demeurons» englobe l’ensemble des croyants concernés par ce moment. C’est pour cette raison qu’il est prêché que «l’Eglise sera enlevée au retour du Seigneur».

Ne faisons-nous pas preuve d’une certaine forme de naïveté – pour ne pas dire d’angélisme – si nous nous arrêtons à cette conception des choses qui stipule que tous ceux qui croient en Dieu seront enlevés ? Vous conviendrez en effet qu’entre les formules : «l’ensemble des croyants» et «tous ceux qui croient en Christ comme leur Sauveur», nous pouvons d’emblée constituer deux groupes spirituellement très distincts. Cela nous entraîne donc inévitablement à définir d’une manière plus précise «…Nous les vivants qui demeurons …».

Si nous pensions en effet que «l’Eglise» est simplement constituée par l’ensemble de ceux «qui croient en Dieu», alors nous pourrions admettre effectivement que l’enlèvement s’opérera dans toutes les dénominations chrétiennes, et ce, dans leur intégralité, sans distinction aucune. Cette interprétation représenterait en quelque sorte une garantie de non-élitisme de l’amour de Dieu qui sied à quelques-uns. Mais si nous sommes prêts à écouter le message du Saint-Esprit qui se dégage de l’ensemble des Ecritures, alors nous serons amenés à réformer nos conceptions (inspirées par une fibre humaniste ou sentimentale) pour les calquer sur des enseignements bibliques plus fidèles.

«Nous, les vivants qui demeurons …» peut-il faire référence à une «Eglise» qui ne serait que «l’ensemble de ceux qui croient en Dieu» ? L’épître de Jacques nous dit clairement que celui qui se contente de croire que Dieu est vivant, et même qu’Il est unique, ne se distingue pas encore des démons qui partagent cette vision du divin… (Jacques 2/19). Croire «simplement» en Dieu sans que cela soit suivi d’effets spirituels concrets est même assimilé à une stérilité, une vanité : la foi sans les œuvres est morte (Jacques 2/26).

«Nous, les vivants qui demeurons …» ne peut raisonnablement concerner l’ensemble de la corporation de ceux qui croient en un Dieu unique, car l’attachement à la Parole de Dieu et la fidélité à la Personne-même de Christ y sont perçues de manières très disparates. Nous en trouvons une confirmation dans le discours de Jésus sur le Cep et les sarments : « tout sarment EN MOI qui ne porte pas de fruit, Il le retranche » (Jean 15). Quelques temps auparavant, dans sa discussion avec la femme samaritaine, Jésus lui explique « Vous en savez pas ce que vous adorez » (Jean 4). Il ne lui dit pas que sa foi est inexistante, mais en déclarant que le Père « se cherche de vrais adorateurs », il admet qu’il en existe de faux. On peut donc croire en Dieu et ne pas le connaître. Or, l’enlèvement concerne vraiment ceux et celles qui connaissent vraiment Dieu.

Dans beaucoup de cas bibliques, Dieu montre que «les ensembles» doivent passer par des tests qui révèleront les véritables attachements. Or, «l’Eglise» fait partie de ces «ensembles».

Il y avait par exemple parmi ceux qui suivaient Jésus lors de son ministère terrestre un même ensemble apparent, et pourtant de profondes séparations cachées : une grande foule qui criait «Hosanna !» … mais qui criera aussi «crucifie !»; puis parmi elle un cercle plus étroit constitué par les proches et amis; puis un autre cercle constitué par les disciples, plus proches des enseignements de Jésus; puis un autre cercle plus étroit encore, constitué des proches choisis, Pierre, Jacques et Jean; chaque ensemble verra sa fidélité et son attachement testé par l’épreuve, jusqu’à cette évidence finale de Golgotha: un seul au pied de la croix, c’est-à dire Jean, à l’heure où tous l’ont abandonné.

Ces cercles concentriques deviennent de plus en plus étroits, leur cadre de plus en plus resserré, et ceux qui se tiennent dans la plus grande proximité de Dieu … seront ceux en lesquels le processus de l’amour sera le plus avancé (ici, l’apôtre Jean) et qui démontrent qu’ils ne font pas de cas de leur vie (Apocalypse 12).

«Nous, les vivants qui demeurons, nous serons ravis ensemble … à la rencontre du Seigneur, en l’air et ainsi nous serons toujours avec le Seigneur» est donc la traduction d’un attachement puissant, dans la pensée de l’apôtre, dont la composante principale ne peut être que l’amour, et non une adhésion formelle à un concept religieux bien ou mal défini.

Si nous croyons donc (ou pire : si nous laissons croire) que «l’ensemble des chrétiens» est promis à l’enlèvement, nous sommes les victimes et les artisans inconscients d’une demi-vérité qui travaillera à la perte d’un grand nombre d’hommes et de femmes sincères qui, n’ayant pas été avertis, se seront reposés sur une interprétation erronée du plan divin.

L’INTENTION DIVINE

«Celui qui vaincra, je lui donnerai de s’asseoir avec moi sur mon trône, comme moi aussi j’ai vaincu et je me suis assis avec mon Père sur son trône» (Apocalypse 3:21).

Dans bien des passages nous pourrions trouver des traces d’enseignements de l’intention divine éternelle pour nous (voir aussi Rom. 8/29 et Eph. 1/5).Elle est manifestée ici de façon très claire et dépasse de loin ce que nous pouvions imaginer : c’est-à dire la participation, pour les «vainqueurs», au gouvernement et au règne sur toutes choses, pour toujours. Le don de la Vie est ici sublimé par le partage de la gloire et de l’autorité personnelle de Dieu. Et si ces choses nous dépassent et nous donnent le vertige, elles nous permettent en même temps de mieux comprendre la pureté et la sainteté de ce grand but divin pour nous, qui nécessite de notre part un engagement et une alliance dont la vocation est de s’affermir (Proverbes 4/18). Car Dieu veut que Son Épouse se prépare (Apocalypse 19/7), et qu’elle le fasse sur la base d’un choix libre et entier. C’est une des leçons de la parabole des 10 vierges. Le Saint-Esprit est la force qui nous a été donnée, qui a été mise à notre disposition pour suppléer à toutes nos faiblesses, pour être notre énergie morale et spirituelle, notre force d’âme et la vitalité de notre vertu, afin de nous rendre capables de CHOISIR de servir (d’épouser) la Justice de Dieu et de marcher dans Sa vérité et Sa lumière.

Notre fruit est dans la sainteté (Rom. 6), c’est-à dire dans la séparation volontaire (l’acceptation du but divin pour notre vie) avec les choses anciennes.

C’est le sens-même du mot «église» dont la racine grecque «ekklesia» contient l’idée de séparation («hors de»).

La préparation de l’Épouse est un choix, de la même manière que les vierges folles ont fait le choix, à données égales, d’une vie spirituelle qui ne les a pas amenées à remplir leurs vases. Peut-être certaines nobles activités devraient-elles être délaissées au profit de l’essentiel … Le choix du Bien et de la Vie est continuellement proposé dans notre existence. Le choix existe et nous appartient, depuis le jardin d’Eden (où l’homme fit le mauvais choix), jusqu’au jardin de Gethsémané, où le fils de l’Homme fit le choix de renoncer à Sa volonté, pour épouser la volonté céleste, malgré le chemin de douleur et la perspective de la mort.

LA CONDITION DIVINE

Il revient donc à dire que la condition sine qua non de l’enlèvement est la sainteté (dans le sens de «séparation» des choses anciennes, et donc la réservation pour la Vérité) ainsi que la révélation totale de la Justice de Dieu dans notre vie et son instauration dans toutes les sphères de notre existence. C’est l’installation d’une confiance qui a grandi en Lui, de force en force, de gloire en gloire, d’épreuves en épreuves, à un point tel que Christ a été formé dans le cœur (Galates 4/19), Lui, le visage de l’amour du Père, qui est le resplendissement de sa gloire et l’empreinte de sa personne (Hébreux 1:3).

Les apparences tendent ici (dans cet article) à montrer que la condition divine de l’enlèvement est restrictive ou élitiste, alors qu’au contraire nous devons la considérer comme une forme de reconnaissance divine qui donne du sens à la confiance et à l’amour de ceux qui «n’ont pas aimé leur vie jusqu’à craindre la mort, qui ont vaincu le dragon à cause du sang de l’Agneau et à cause de la parole de leur témoignage» (Apocalypse 12:11).

C’est pour eux que des places ont été préparées, depuis la fondation du monde, à la gauche et à la droite de l’Agneau, et même comme nous l’avons vu «avec Lui sur son trône». Non pas qu’elles soient réservées nominativement de par l’autorité divine, mais parce que Dieu savait, de toute éternité, qu’une partie de ceux qui disent L’aimer et Le servir traverserait toutes les tribulations et surmonterait tous les obstacles en se donnant à Lui avec confiance, et parviendrait devant Lui.

Quelque chose dans leur vie (comme dans la vie des vierges sages) les a entraînés à agir dans le sens où Dieu l’entendait, et là où Dieu les attendait. Ce «quelque chose» NE PEUT PAS être une prédestination divine arbitraire, car cela ferait apparaître (par exemple) les exhortations «aux vainqueurs» comme une vaste supercherie … puisque tout serait décidé d’avance pour tous.

L’amour de Dieu en eux a trouvé Son chemin, et leur volonté a épousé la Sienne : il est donc juste qu’ils soient appelés «l’Épouse de Christ». Leur pèlerinage les a mené hors du camp de l’Humain (Hébreux 13/13) pour entrer, habiter et demeurer «dans le royaume du Fils de Son amour» (Colossiens 1/13), dans lequel nous avons tous été transportés, transplantés lors de notre nouvelle naissance.

C’est à ceux-là que l’enlèvement est réservé, eux, les vivants qui demeurent … Et cet appel s’adresse encore à nous tous aujourd’hui, et nous sommes encouragés à refuser l’échec de vies tièdes, ou l’enlisement de confessions formelles, pour apporter devant le trône de la Grâce notre ardente supplication, et notre repentance. Et Il nous rendra capables de trouver «où acheter cette huile», et de nous préparer pour Lui. Car on ne peut pas réveiller l’amour de la fiancée avant qu’elle le veuille …

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Voici le temps de l’Antichrist, par Henri Viaud Murat http://www.blogdei.com/12433/voici-le-temps-de-lantichrist-par-henri-viaud-murat/ http://www.blogdei.com/12433/voici-le-temps-de-lantichrist-par-henri-viaud-murat/#comments Fri, 21 Jan 2011 14:37:30 +0000 nicolas http://www.blogdei.com/?p=12433

1 Thessalonissiens 5.21 :

« examinez toutes choses; retenez ce qui est bon »

La Bible nous enseigne qu’avant le retour glorieux de Jésus-Christ sur la terre, Dieu permettra qu’un homme, qui sera l’incarnation même de Satan, l’Antichrist, exerce une dictature absolue sur le monde. Quelles seront les caractéristiques bibliques de cet homme, et pourquoi pouvons-nous dire que nous sommes dans le temps de sa manifestation?

Voici ce que l’apôtre Paul écrivait aux Thessaloniciens:

« Pour ce qui concerne l’avènement de notre Seigneur Jésus-Christ et notre réunion avec lui, nous vous prions, frères, de ne pas vous laisser facilement ébranler dans votre bon sens, et de ne pas vous laisser troubler, soit par quelque inspiration, soit par quelque parole, ou par quelque lettre qu’on dirait venir de nous, comme si le jour du Seigneur était déjà là. Que personne ne vous séduise d’aucune manière; car il faut que l’apostasie soit arrivée auparavant, et qu’on ait vu paraître l’homme du péché, le fils de la perdition, l’adversaire qui s’élève au-dessus de tout ce qu’on appelle Dieu ou de ce qu’on adore, jusqu’à s’asseoir dans le temple de Dieu, se proclamant lui-même Dieu. Ne vous souvenez-vous pas que je vous disais ces choses, lorsque j’étais encore chez vous? Et maintenant vous savez ce qui le retient, afin qu’il ne paraisse qu’en son temps. Car le mystère de l’iniquité agit déjà; il faut seulement que celui qui le retient encore ait disparu. Et alors paraîtra l’impie, que le Seigneur Jésus détruira par le souffle de sa bouche, et qu’il anéantira par l’éclat de son avènement. L’apparition de cet impie se fera, par la puissance de Satan, avec toutes sortes de miracles, de signes et de prodiges mensongers, et avec toutes les séductions de l’iniquité pour ceux qui périssent parce qu’ils n’ont pas reçu l’amour de la vérité pour être sauvés. Aussi Dieu leur envoie une puissance d’égarement, pour qu’ils croient au mensonge, afin que tous ceux qui n’ont pas cru à la vérité, mais qui ont pris plaisir à l’injustice, soient condamnés. Pour nous, frères bien-aimés du Seigneur, nous devons à votre sujet rendre continuellement grâces à Dieu, parce que Dieu vous a choisis dès le commencement pour le salut, par la sanctification de l’Esprit et par la foi en la vérité. C’est à quoi il vous a appelés par notre Evangile, pour que vous possédiez la gloire de notre Seigneur Jésus-Christ » (2 Thess. 2: 1-14).

Nous savons que les « derniers jours » ont commencé dès le jour de la Pentecôte, comme le disait l’apôtre Pierre aux Juifs rassemblés à Jérusalem à cette occasion:

« Mais c’est ici ce qui a été dit par le prophète Joël: Dans les derniers jours, dit Dieu, je répandrai de mon Esprit sur toute chair; vos fils et vos filles prophétiseront, vos jeunes gens auront des visions, et vos vieillards auront des songes. Oui, sur mes serviteurs et sur mes servantes, dans ces jours-là, je répandrai de mon Esprit; et ils prophétiseront » (Actes 2: 16-18).

L’Esprit de Dieu, depuis la Pentecôte, est répandu sur le monde entier, comme Il ne l’avait jamais été auparavant. Le Seigneur Jésus a ordonné à Son Eglise d’être remplie de Son Esprit (Actes 1: 4-8), afin de pouvoir témoigner dans la puissance de l’Esprit.

C’est l’Eglise du Seigneur qui est le sel de la terre et la lumière du monde, en ces temps ténébreux de la fin. Si les « derniers jours » ont commencé il y a près de deux mille ans, vous pouvez comprendre que nous sommes parvenus aujourd’hui « à la fin de la fin » des temps! La Bible, en divers endroits, nous donne de nombreux signes associés aux temps de la fin. Tous ces signes sont soit accomplis, soient en train de s’accomplir sous nos yeux. Le Seigneur Jésus compare ces signes aux douleurs de l’enfantement. Ces douleurs augmentent en fréquence et en intensité, jusqu’au moment de l’enfantement. C’est ce à quoi le monde a assisté au cours des deux mille dernières années: une augmentation constante du nombre et de l’intensité des signes de la fin des temps. Il y a toujours eu des guerres, des famines, des pestes et des cataclysmes. Mais leur nombre et leur intensité n’ont jamais cessé de grandir, pour atteindre un paroxysme aujourd’hui.

Dans ce passage déjà cité de sa lettre aux Thessaloniciens, Paul parle des deux derniers signes qui doivent immédiatement précéder l’enlèvement de l’Eglise, et la manifestation de l’Antichrist: « Que personne ne vous séduise d’aucune manière; car il faut que l’apostasie soit arrivée auparavant, et qu’on ait vu paraître l’homme du péché, le fils de la perdition, l’adversaire qui s’élève au-dessus de tout ce qu’on appelle Dieu ou de ce qu’on adore, jusqu’à s’asseoir dans le temple de Dieu, se proclamant lui-même Dieu. Ne vous souvenez-vous pas que je vous disais ces choses, lorsque j’étais encore chez vous? Et maintenant vous savez ce qui le retient, afin qu’il ne paraisse qu’en son temps. Car le mystère de l’iniquité agit déjà; il faut seulement que celui qui le retient encore ait disparu. Et alors paraîtra l’impie, que le Seigneur Jésus détruira par le souffle de sa bouche, et qu’il anéantira par l’éclat de son avènement » (2 Thess. 2: 3-8).

Ces deux derniers signes sont: l’apostasie, et le début de la parution de l’Antichrist, nommé ici « l’homme de péché, le fils de la perdition, l’adversaire, et l’impie ». En ce qui concerne l’apostasie, il n’est pas nécessaire d’être prophète pour dire que la Chrétienté est plongée dans une apostasie de plus en plus généralisée. « Apostasie » signifie « abandon public et volontaire de la vraie foi chrétienne », ou « abandon de la Vérité ». La plupart des Chrétiens qui apostasient en cette fin des temps sont pourtant persuadés être de bons Chrétiens! Ils n’ont pas « changé de religion ». Ils peuvent même défendre fermement leur religion chrétienne. Mais ils ont abandonné la Vérité. Ils n’obéissent plus à la Parole de Dieu, qu’ils connaissent en général très peu. Ils ont rejeté l’Esprit de Vérité.

Paul dit, dans le même passage, que « l’apparition de cet impie se fera, par la puissance de Satan, avec toutes sortes de miracles, de signes et de prodiges mensongers, et avec toutes les séductions de l’iniquité pour ceux qui périssent parce qu’ils n’ont pas reçu l’amour de la vérité pour être sauvés ».

S’ils n’ont pas reçu l’amour de la vérité pour être sauvés, c’est parce qu’ils ont pris plaisir au péché et à l’injustice, et qu’ils se sont endurcis pour rejeter la Vérité de Dieu, lorsqu’ils l’ont entendue.

C’est pourquoi Dieu Lui-même finira par leur envoyer une puissance d’égarement, pour qu’ils croient au mensonge et qu’ils soient perdus!

Bien-aimés, il est capital, si nous voulons être sauvés, que nous désirions ardemment, dans le fond de notre coeur, connaître et garder la Vérité! Car la Vérité, c’est Dieu Lui-même, c’est le Seigneur Jésus, et c’est la Parole de Dieu, la Bible!

Outre l’annonce de l’apostasie, Paul dit aussi quelque chose de très important: nous verrons paraître l’Antichrist avant l’enlèvement de l’Eglise! Nous ne verrons pas l’Antichrist entrer pleinement dans son règne, mais nous le verrons paraître! Cela signifie qu’à un moment donné de l’histoire de l’humanité, le Saint-Esprit va révéler à Son Eglise fidèle l’existence et l’identité de l’homme qui se manifestera un peu plus tard comme l’Antichrist.

Cet homme sera sans doute déjà connu publiquement. Mais personne, en dehors de l’Eglise, ne se doutera qu’il est le futur Antichrist. Au début de sa vie, il est même probable que cet homme lui-même ne se doutera pas de ce qu’il sera plus tard, même s’il pourra avoir l’impression qu’il aura un grand destin. En tout cas, l’Eglise le reconnaîtra, parce qu’il correspondra exactement aux critères définis par la Bible. Gardons donc les yeux ouverts, car nous sommes au temps de l’apparition de l’Antichrist!

Paul dit aussi que cet Antichrist ne pourra pas se manifester pleinement, tant que « ce qui l’empêche » de se manifester n’aura pas « disparu ». Le seul obstacle à la manifestation de l’Antichrist est la présence sur la terre de l’Eglise véritable, remplie de l’Esprit. Dès que l’Eglise aura « disparu » de la terre, enlevée dans les airs à la rencontre de son Seigneur, alors plus rien ne s’opposera à la manifestation de cet « homme du péché ». L’enlèvement de l’Eglise doit donc nécessairement se produire avant la Tribulation de sept ans, et c’est même cet enlèvement qui marquera le signal du commencement de la Tribulation.

Dans le Livre de l’Apocalypse, l’apôtre Jean reçoit les derniers avertissements de Christ aux Eglises. Ces avertissements font l’objet des trois premiers chapitres. Ensuite, au début du chapitre 4, nous voyons que Jean a connu un type d’enlèvement, qui préfigure l’enlèvement de l’Eglise:

« Après cela, je regardai, et voici, une porte était ouverte dans le ciel. La première voix que j’avais entendue, comme le son d’une trompette, et qui me parlait, dit: Monte ici, et je te ferai voir ce qui doit arriver dans la suite. Aussitôt je fus ravi en esprit. Et voici, il y avait un trône dans le ciel, et sur ce trône quelqu’un était assis » (Apoc. 4: 1-2).

D’ailleurs, quand Jésus S’adresse à l’Eglise fidèle de Philadelphie, Il lui fait la promesse suivante: « Parce que tu as gardé la parole de la persévérance en moi, je te garderai aussi à (mot-à-mot « de ») l’heure de la tentation qui va venir sur le monde entier, pour éprouver les habitants de la terre » (Apoc. 3: 10).

Il est déplorable que la traduction Segond, que nous reproduisons ici, ne rende pas exactement l’original grec, qui dit clairement: « Je te garderai DE l’heure de la tentation… »

La tentation est la grande séduction qui enveloppera le monde entier, avec l’avènement de l’Antichrist. Cet avènement sera le premier grand jugement de Dieu sur un monde impie. L’Eglise fidèle sera gardée de ce moment-là, parce qu’elle sera enlevée avant!

Voici ce que Paul écrit à propos de l’enlèvement: « Voici, je vous dis un mystère: nous ne mourrons pas tous, mais tous nous serons changés, en un instant, en un clin d’oeil, à la dernière trompette. La trompette sonnera, et les morts ressusciteront incorruptibles, et nous, nous serons changés » (1 Cor. 15: 51-52).

Certains prétendent que cette « dernière trompette » est la dernière trompette d’Apocalypse 11: 15. Cela n’est pas possible, car cette trompette résonne bien après le début de la Tribulation. Tout le monde saura à cette époque que la Tribulation est bien engagée, et il n’y aurait plus l’effet de surprise annoncé par le Seigneur. En fait, cette « dernière trompette » est celle de la Fête des Trompettes, comme je l’ai expliqué en détail dans l’article sur les Fêtes de l’Eternel, dans ce même blog.

Tout de suite après l’enlèvement de l’Eglise, l’Antichrist recevra de Dieu le pouvoir de régner sur la terre pendant une période de sept ans. Cette période sera divisée en deux parties de trois ans et demi. Puis l’impie sera détruit par le Seigneur Jésus, par le souffle de Sa bouche, à Son retour sur la terre pour y régner pendant mille ans.

La première moitié de la Tribulation commencera de manière relativement « positive ». L’Antichrist bénéficiera d’une immense popularité. Il contribuera à résoudre de nombreux problèmes économiques, sociaux, politiques et internationaux, notamment au Moyen-Orient. Il permettra la reconstruction du Temple de Jérusalem. Mais il s’engagera aussi dans la mise en place d’un système dictatorial sur toute la terre, avec l’aide active des Nations-Unies, dans le but, bien entendu, de garantir « la paix et la sécurité » du monde. Toutefois, les jugements de l’Apocalypse commenceront en même temps à s’abattre sur la terre, dont la situation globale deviendra de plus en plus chaotique.

L’Antichrist lancera une féroce persécution contre tous ceux qui seront jugés « ennemis de la société et du genre humain, » en particulier contre tous les Chrétiens qui n’auront pas été enlevés, et qui n’accepteront pas sa marque. Il fera la guerre aux « saints » et à ceux qui gardent le témoignage de Jésus, et il lui sera donné de les vaincre (Daniel 7: 25 et Apoc. 12: 17). Au milieu de la Tribulation, il se présentera dans le Temple de Jérusalem reconstruit pour le profaner, et pour s’y faire adorer comme Dieu. Les Juifs, qui l’auront accepté comme leur Messie, comprendront aussitôt qu’ils ont été trompés. La plupart ouvriront les yeux. Alors commencera le dernier Holocauste des Juifs, le temps de la « détresse de Jacob ».

Cette deuxième moitié de la Tribulation est appelée la « Grande Tribulation ». Les jugements divins deviendront cataclysmiques. Cette période s’achèvera par une grande bataille mondiale, la bataille d’Armaguédon, qui se déroulera en Israël. Au moment où Jérusalem et Israël seront près d’être détruits, le Seigneur Jésus reviendra poser Ses pieds sur le Mont des Oliviers, avec toute Son Eglise. Les armées de l’Antichrist seront détruites, et lui-même sera pris et jeté vivant dans l’étang de feu et de soufre.

Après une courte période de « nettoyage » et de remise en ordre, commencera ensuite le règne millénaire du Seigneur Jésus sur la terre.

Qu’est-ce qui nous permet de dire que l’Antichrist doit exercer son pouvoir pendant sept ans? Pour cela, nous devons étudier les prophéties de Daniel. Daniel reçut plusieurs visions et prophéties, qui devaient lui révéler la destinée des grands empires qui allaient se succéder, depuis l’antiquité jusqu’à notre époque moderne. Daniel reçut tout d’abord (Daniel 2: 37-45) l’interprétation du rêve du roi Nebucadnetsar et de sa grande statue, qui annonce la venue de quatre empires: l’empire Babylonien, l’empire Médo-Perse, l’empire Grec, et, le plus terrible, l’empire Romain. Il annonce aussi que cet empire Romain sera, beaucoup plus tard, divisé en dix « orteils » ou rois, dont les alliances seront fragiles. Dans les temps de ces rois, Dieu suscitera un royaume qui ne sera jamais détruit, celui de Jésus-Christ.

Ceci nous est confirmé par une autre prophétie de Daniel:

« La première année de Belshatsar, roi de Babylone, Daniel vit un songe, et des visions de sa tête, sur son lit. Alors il écrivit le songe, et raconta la somme des choses. Daniel prit la parole et dit: Je voyais dans ma vision de nuit, et voici, les quatre vents des cieux se déchaînèrent sur la grande mer. Et quatre grandes bêtes montèrent de la mer, différentes l’une de l’autre. La première était comme un lion, et elle avait des ailes d’aigle. Je vis jusqu’à ce que ses ailes furent arrachées, et qu’elle fut soulevée de terre, et mise debout sur ses pieds, comme un homme; et un coeur d’homme lui fut donné. Et voici une autre, une seconde bête, semblable à un ours, et elle se dressait sur un côté. Et elle avait trois côtes dans sa gueule, entre ses dents; et on lui dit ainsi: Lève-toi, mange beaucoup de chair. Après cela, je vis, et en voici une autre, -comme un léopard; et elle avait quatre ailes d’oiseau sur son dos; et la bête avait quatre têtes; et la domination lui fut donnée. Après cela je vis dans les visions de la nuit, et voici une quatrième bête, effrayante et terrible et extraordinairement puissante, et elle avait de grandes dents de fer: elle dévorait et écrasait; et ce qui restait, elle le foulait avec ses pieds. Et elle était différente de toutes les bêtes qui étaient avant elle; et elle avait dix cornes. Je considérais les cornes, et voici une autre corne, petite, monta au milieu d’elles, et trois des premières furent arrachées devant elle. Et voici, il y avait à cette corne des yeux comme des yeux d’homme, et une bouche proférant de grandes choses » (Daniel 7: 1-8).

L’explication en est donnée ensuite à Daniel:

« Ces grandes bêtes, qui sont quatre, sont quatre rois qui surgiront de la terre; et les saints des lieux très-hauts recevront le royaume, et posséderont le royaume à jamais, et aux siècles des siècles. Alors je désirai de savoir la vérité touchant la quatrième bête, qui était différente d’elles toutes, extraordinairement terrible: ses dents étaient de fer, et ses ongles, d’airain; elle dévorait, écrasait, et foulait avec ses pieds ce qui restait;… et touchant les dix cornes qui étaient sur sa tête, et touchant l’autre qui montait, et devant laquelle trois étaient tombées, cette corne qui avait des yeux, et une bouche proférant de grandes choses, et dont l’aspect était plus grand que celui des autres. Je regardais; et cette corne fit la guerre contre les saints, et prévalut contre eux, jusqu’à ce que l’Ancien des jours vint, et que le jugement fut donné aux saints des lieux très-hauts, et que le temps arriva où les saints possédèrent le royaume. Il dit ainsi: La quatrième bête sera un quatrième royaume sur la terre, qui sera différent de tous les royaumes, et dévorera toute la terre, et la foulera aux pieds et l’écrasera. Et les dix cornes,… ce sont dix rois qui surgiront du royaume. Et un autre surgira après eux; et il sera différent des premiers; et il abattra trois rois. Et il proférera des paroles contre le Très-haut, et il consumera les saints des lieux très-hauts, et il pensera changer les saisons et la loi, et elles seront livrées en sa main jusqu’à un temps et des temps et une moitié de temps. Et le jugement s’assiéra; et on lui ôtera la domination, pour la détruire et la faire périr jusqu’à la fin. Et le royaume, et la domination, et la grandeur des royaumes sous tous les cieux, seront donnés au peuple des saints des lieux très-hauts. Son royaume est un royaume éternel, et toutes les dominations le serviront et lui obéiront » (Daniel 7: 17-27).

Ces quatre bêtes représentent aussi quatre grands empires mondiaux. La première bête, semblable à un lion, c’est l’empire de Babylone. La seconde bête, semblable à un ours, est l’empire Médo-Perse. La troisième bête, semblable à un léopard, est l’empire grec d’Alexandre le Grand. La quatrième bête, qui écrasera toute la terre, est l’empire Romain.

Plus tard, Daniel reçoit une nouvelle vision, dont l’explication lui est encore donnée par l’archange Gabriel:

« Je vais t’apprendre, ce qui arrivera au terme de la colère, car il y a un temps marqué pour la fin. Le bélier que tu as vu, et qui avait des cornes, ce sont les rois des Mèdes et des Perses. Le bouc, c’est le roi de Javan (Alexandre le Grand), la grande corne entre ses yeux, c’est le premier roi. Les quatre cornes qui se sont élevées pour remplacer cette corne brisée, ce sont quatre royaumes qui s’élèveront de cette nation, mais qui n’auront pas autant de force. A la fin de leur domination, lorsque les pécheurs seront consumés, il s’élèvera un roi impudent et artificieux. Sa puissance s’accroîtra, mais non par sa propre force; il fera d’incroyables ravages, il réussira dans ses entreprises, il détruira les puissants et le peuple des saints. A cause de sa prospérité et du succès de ses ruses, il aura de l’arrogance dans le coeur, il fera périr beaucoup d’hommes qui vivaient paisiblement, et il s’élèvera contre le chef des chefs; mais il sera brisé, sans l’effort d’aucune main. Et la vision des soirs et des matins, dont il s’agit, est véritable. Pour toi, tiens secrète cette vision, car elle se rapporte à des temps éloignés » (Daniel 8: 19-26).

Effectivement, à la mort d’Alexandre le Grand, son empire fut divisé en quatre royaumes. La prophétie annonce ensuite la venue d’un « roi impudent et artificieux ». Le roi de Syrie Antiochus Epiphane, qui était aussi une figure d’Antichrist, accomplit partiellement cette prophétie. Car la même prophétie annonce aussi la venue d’un autre « roi impudent et artificieux », dans des « temps éloignés ». Ce roi, c’est l’Antichrist.

Au chapitre 9 du Livre de Daniel, le prophète reçoit une extraordinaire révélation de la fin des temps, qui confirme les révélations qu’il avait reçues précédemment.

la suite

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La plénitude des temps, par E. Sauer http://www.blogdei.com/12237/la-plenitude-des-temps-par-e-sauer/ http://www.blogdei.com/12237/la-plenitude-des-temps-par-e-sauer/#comments Fri, 07 Jan 2011 23:09:54 +0000 Bible http://www.blogdei.com/?p=12237

suite de la première partie

Ce qui a été, c’est ce qui sera, et ce qui s’est fait, c’est ce qui se fera, il n’y a rien de nouveau sous le soleil. (L’Ecclésiaste 1.9)

Mais lorsque les temps ont été accomplis, Dieu a envoyé son Fils (Gal. 4 4)

Reportons-nous en l’année 823 avant Christ. Comme un léopard « volant» (Dan. 7 : 6), Alexandre a vaincu l’ours perse (Dan. 7 : 5), le bélier (Dan. 8.7) devenu sans force. Au printemps de 834, il a entrepris sa marche victorieuse avec 35 000 hommes seulement et, en automne de l’année 831, l’empire perse était en ruines. Alexandre avait déjà dirigé ses regards vers l’ouest, mais la mort l’enleva dans les jardins du palais de Nébucadnetsar à Babylone (Dan. 11 : 3-4). La grande corne fut brisée (Dan. 8 ) et son empire tomba en pièces (Dan. 8. 8, 22). Néanmoins, Alexandre garde une profonde signification dans l’histoire du monde et dans le déroulement du plan du salut de Dieu. En effet, il ne se contenta pas d’une conquête politique et militaire de l’est et de l’ouest. Son plan, en fait, visait à souder culturellement et à unir en une seule nation l’Occident et l’Orient. Il forma 80 000 Perses selon les règles militaires gréco-macédoniennes, introduisit le grec comme langue d’échange. Presque partout dans l’ancien Orient furent établis des théâtres, écoles, terrains de sport et avec eux pénétraient très loin à l’est, l’esprit et la mentalité grecs. Inversement, Alexandre transféra des coutumes perses dans le monde grec. Les costumes orientaux et le cérémonial perse (par exemple; la vénération du roi) furent introduits jusqu’à la cour royale. Alexandre lui-même épousa la princesse bactrienne Roxana, la « perle de l’Orient ». Huit de ses généraux, ainsi que dix mille de ses soldats macédoniens suivirent son exemple ce qui donna lieu à cinq jours d’une fête brillante riche en cadeaux de mariage, fête qui eut lieu à Suze, ville perse qui fut, on s’en souvient, la résidence de la reine Esther (Esther 1 :2).

Ainsi naissait une union culturelle entre l’est et l’ouest, mélange que l’on appela «hellénisme ». Sous ce rapport également, l’empire d’Alexandre fut semblable au léopard de la vision de Daniel, dont le pelage magnifiquement varié correspondait bien au coloris riche et multiple de la civilisation européenne orientale. L’hellénisme fut le produit d’une politique délibérée. C’est la civilisation créée par Alexandre lui-même. Et c’est en cela que réside son incomparable signification pour tous les temps. La conscience du peuple a indiqué cela, bien que sans le vouloir, sans doute, en donnant à Alexandre, pour la première fois à un mortel, le titre de «Grand ». Son empire tomba en pièces directement après sa mort, mais le travail véritable de la vie d’Alexandre subsista. Les Romains allaient en hériter plus tard, surtout à partir du deuxième siècle avant Christ. Mais il faut souligner, parce que cela a une signification particulière, que les Romains n’allaient jamais entreprendre de romanisation, contrairement à ce que l’on aurait pu penser. Bien plutôt, continuèrent-ils, dans leur action civilisatrice, l’hellénisation du monde. L’empire romain devenait ainsi le réceptacle relativement uniforme des cultures hellénistiques. Il s’étendit du levant au couchant du soleil, des eaux du Nil aux rivages du Tyne sur les frontières de l’Ecosse et du détroit de Gibraltar aux pays montagneux de l’Iran. Et pourtant, bien que les Romains aient été les maîtres politiques et militaires du monde, culturellement, ils étaient conquis par les Grecs de beaucoup supérieurs sous le rapport de la pensée et de la philosophie. Tout cela contribuait à faire naître le monde qui allait servir de berceau au christianisme primitif, accomplissement des temps. Ce monde nous semble caractérisé surtout par les six traits suivants

1. Centralisation mondiale

2. Unité culturelle

3. Commerce mondial et relations mondiales

4. Paix mondiale

5. Affaiblissement mondial de la moralité

6. Mélange religieux mondial.

I. Centralisation mondiale

Le Romain ne connaissait rien de plus grand que l’Etat. L’idéal du courage était un dévouement sans limite à l’Etat. Etre serviteur de la «Rome éternelle» était le sommet de son ambition. L’homme, l’individu disparaissait ainsi pour ne laisser que le citoyen. L’Etat ainsi conçu trouvait son expression, s’incarnait en quelque sorte dans la personne de son chef, le César (empereur). Il était le sommet unificateur du tout, en sa qualité de «premier citoyen de l’Etat », ce qui explique la portée significative de l’adoration de l’empereur. C’était l’expression religieuse de l’unité de l’Etat poursuivie surtout depuis Caligula (37-41) et Domitien (81-96). Sa signification principale était d’ordre politique en ce qu’elle constituait la reconnaissance religieuse de l’unité extérieure et intérieure de l’empire, véritable religion d’Etat et seule contrainte en matière de croyance imposée par l’empire romain, par ailleurs si tolérant. L’empereur se présentait comme « dieu et souverain sauveur de la vie humaine » (Jules César déjà !), « fils de dieu » (Auguste), «seigneur et dieu» (Domitien), «grand prêtre », « sauveur du monde» (Auguste, Claude et Néron), « roi des rois… » Ses décrets étaient appelés « évangiles », ses lettres « écrits sacrés », son arrivée « parousia » (avènement), ses visites, « épiphanies ». On voit combien un conflit avec le christianisme primitif était inévitable. C’est sur ce terrain qu’allait jouer principalement la persécution des chrétiens et c’est en cela qu’en même temps, l’empire du premier siècle devenait un type de l’empire final de l’antichrist, au temps de la fin (la bête portant des noms de blasphème, aux cornes ornées de diadèmes d’Apocalypse 13 : 1). C’est de ce César tout-puissant que sortaient les ordres destinés à tous les territoires de l’empire. Sa seule volonté gouvernait le monde méditerranéen entier. Même le Fils du royaume céleste en son incarnation devint un sujet romain (Mat. 22 : 21). Pourtant, cette volonté impériale était, en fait, assujettie à la volonté du Très-Haut. Du centre de ce monde méditerranéen sortit un ordre purement politique, affectant les nations, le décret de recensement de César Auguste (Luc 2.1). Cette ordonnance politique, en dernière analyse, était un moyen dans la main de Dieu, Seigneur des seigneurs, pour amener l’accomplissement d’une vieille prophétie concernant une très petite cité du pays de Juda, la petite ville de Bethléem Ephrata, la cité de David (Michée 5 : 1; Luc 2 : 1-7). Ici se rencontrent le grand et le petit, et dans ce qui est petit se cache en fait l’ultime grandeur!

II. Unité culturelle mondiale

Il y a eu des empires plus largement étendus que l’empire romain. Certains rassemblaient un plus grand nombre de citoyens, mais jamais on ne vit d’empire unissant en lui-même comme le fit l’empire romain, tous les peuples civilisés de son temps. Ce fut un puissant assemblage des civilisations, un gigantesque processus d’égalisation et d’association qui se développa par l’hellénisation et la romanisation de l’Orient d’une part et l’orientalisation de l’Occident d’autre part.

1. Les trois courants principaux. — Dans son essence, l’hellénisme de l’empire romain était la conjonction de trois principaux courants: Le grec qui inclut l’art, les sciences et la philosophie; le romain avec sa vie militaire, politique et juridique, et l’oriental avec ses cultes mystiques et religieux. Aucun universalisme organique ne fut cependant créé. La cause en est imputable, semble-t-il, à l’absence, dans l’antiquité, d’une notion de l’« humanité », exception faite de la philosophie stoïcienne. La conscience générale s’était cependant élargie dans le sens d’une meilleure conscience du monde, en sorte que celui-ci était préparé à l’universalisme du message du salut qu’apportait le Christ.

2. Le grec, langage de la mission chrétienne mondiale. — Un autre fait revêt une importance encore plus grande: le langage unique employé dans les relations internationales. En dépit de la persistance de l’emploi des langues nationales et dialectes locaux (Actes 14 : 11 21 : 40), le grec était compris partout à tel point qu’on l’appelait dans tout l’empire « le langage commun» (grec de la Koine). Une des principales difficultés rencontrées dans le travail missionnaire des premiers chrétiens était ainsi ôtée à l’avance. Ils n’auraient pas à étudier la langue des pays dans lesquels ils allaient être envoyés, ce qui permettrait à l’Evangile de poursuivre sa marche victorieuse beaucoup plus rapidement qu’il ne l’aurait pu sans cela. Ce fut vrai surtout pour les grandes villes des côtes. Paul fut l’évangéliste des grandes cités et des ports. Dieu, dans sa providence, à travers tout le développement de la période des empereurs, préparait le grec pour en faire la langue de la mission mondiale des premiers chrétiens, en même temps que la langue du Nouveau Testament.

III. Commerce et transports internationaux

1. Communications mondiales. — Au milieu de la place du marché de chaque ville, il y avait une borne kilométrique indiquant la distance qui la séparait de Rome. Sur le marché de la « Rome éternelle », la borne était en or. Erigée par Auguste, elle décrivait la ville capitale comme le cœur battant de cet organisme géant des peuples. Entre Alexandrie et l’Asie-Mineure, il y avait une liaison maritime journalière (Ramsey, Lettres aux sept Eglises. 18, 435).

Selon Pline, on pouvait aller d’Espagne à Ostia, le port de Rome, en quatre jours et en deux jours depuis l’Afrique. L’inscription tombale d’un marchand phrygien nous apprend qu’il avait fait 72 fois le voyage d’Hiérapolis, près de Colosse en Asie-Mineure, jusqu’à Rome, ce qui représente 72 fois plus de 2000 kilomètres. Sans ce trafic mondial important, l’avance rapide du christianisme primitif eût été inconcevable. Le trafic maritime était particulièrement important, le travail évangélique s’effectuant en grande partie dans les ports, surtout en ce qui concerne Paul. « Pour la plus grande part, le monde de l’apôtre Paul doit être cherché là où souffle le vent de la mer» (Deiszmann, Paulus. Tiibingen 1911, p. 25). Que l’on pense seulement aux séjours de Paul dans les ports de Césarée, Troas, Ephèse, Athènes, Corinthe et Rome…

Les relations par voies terrestres étaient cependant, elles aussi, de la plus grande importance. Même les pays les plus isolés et les plus lointains ont été ouverts, grâce aux routes et aux ponts. Un réseau assez complet de grandes voies bien construites protégées par des murs et des forteresses, se répandait sur tout l’empire. «Toutes les routes mènent à Rome ». Un peu plus tard, sur ces routes impériales, les messagers de l’Evangile allaient courir pour porter au monde la bonne nouvelle du Rédempteur qui venait d’apparaître. A lui seul, Paul parcourut par terre et par mer, un total de plus de 25 000 kilomètres.

2. La diaspora juive. — Les Juifs, eux aussi, prirent part au commerce mondial. Beaucoup de citoyens de ce pays encore à peu près inconnu de l’ouest au Ive siècle avant Christ, allèrent s’établir en dehors de la Palestine. Ainsi commença-t-on à parler de la diaspora (dispersion). Alexandre le Grand avait transporté 10 000 Juifs vers Alexandrie qu’il était en train de construire. Le roi Ptolémée Lagos et ses successeurs y établirent une colonie de plus de 100 000 Juifs. Au temps des apôtres, 50 000 Juifs environ habitaient Rome. C’est en Babylonie et en Syrie orientale qu’ils étaient le mieux représentés. En Egypte, ils constituaient un huitième de toute la population et à peu près la moitié de la population d’Alexandrie, la capitale. Des cinq sections de la ville, deux étaient entièrement occupées par des Juifs, tandis que de nombreux autres occupaient les quartiers mixtes. Presque tout le commerce des céréales était entre leurs mains (cf. Actes 2 : 9-10).

3. Les prosélytes. — Par le moyen des Juifs dispersés, Israël commença à être connu des nations du monde. Les Gentils prenaient contact, en même temps, avec sa religion. Plusieurs se sentirent attirés par la foi simple et sublime en ce Dieu unique. Les Juifs, y compris les pharisiens, les « séparés» et les plus zélés représentants de leur nationalisme (Mat. 13 : 15), portaient au loin le travail missionnaire. Ceux qui avaient été gagnés recevaient l’appellation d’« additionnés » ou « ajoutés » (en grec: prosélytès – Actes 2 : 11; 8 : 26-40; 10 : 1-2). Un prosélyte à part entière était reçu dans le judaïsme par la circoncision et le baptême par immersion.

Partout, Paul s’associait à la diaspora juive (Actes 13 : 5, 14; 14 : 1; 17 : 1, 10; 18 : 4; 19 : 8). Sans la synagogue, le lieu juif de la prière (proseuché, Actes 16 : 13), l’activité d’évangélisation de l’apôtre eût été à peine concevable. Depuis l’époque d’Alexandre le Grand, les rapports mondiaux édifiaient ainsi la base d’une des méthodes les plus importantes du travail des premiers chrétiens dans la proclamation de l’Evangile.

4. Point de départ des voyages missionnaires de Paul. — Il y a plus. Paul devait certainement des remerciements indirects au monde juif de la diaspora. Ce fut grâce au service des Juifs de la diaspora, convertis à Chypre et à Cyrène, que naquit l’église chrétienne d’Antioche (Actes 11 : 20), tandis que les Juifs de la Palestine, manquant de contacts et de compréhension pour le monde non-juif, se cantonnaient à la proclamation de 1’Evangile aux Juifs et aux vrais prosélytes (Actes 15 : 1-6). Dans l’Antioche de Paul, centre de luxure et de péché de l’ancien monde, « cité des buveurs » comme devait l’appeler plus tard un des empereurs, là même, les disciples reçurent pour la première fois le nom de «chrétiens » (Actes 11 : 26). L’Antioche d’Antiochus, la petite « corne », antichrist du troisième empire mondial (Dan. 8 : 9-14 11: 21-45), devenait le point de départ de la mission mondiale du christianisme. Ironie du gouvernement divin de ce monde par Dieu (Ps. 2 4). Vraiment, la lumière luit dans les ténèbres (Jean 1 : 5).

5. La Bible de la mission mondiale. — Ce cours des idées devait atteindre son zénith dans la version des Septante. Les Juifs qui vivaient hors de Palestine oublièrent assez vite la langue hébraïco-araméenne. Après quelques générations, la nécessité d’une traduction grecque de la Bible juive se fit sentir pour les services de la synagogue. En quelques décades, une telle traduction devint réalité. Ce fut la Septuaginta. Cette version aurait été appelée ainsi (du latin) parce que, selon la tradition juive, elle aurait été l’œuvre de 72 scribes palestiniens qui y auraient travaillé 72 jours, séparés les uns des autres en 72 cellules, pendant les jours du roi Ptolémée II Philadelphe (284-246 avant Christ). En fait, elle fut l’œuvre de beaucoup de traducteurs et prit corps graduellement en Egypte (Alexandrie) entre 250 et 100 avant Christ. Il semble que la dernière partie à avoir été traduite soit le livre de l’Ecclésiaste (probablement pas avant le premier siècle avant notre ère)150. Cette version devint ensuite un moyen puissant entre les mains de Dieu pour préparer et poursuivre l’œuvre de la proclamation de l’Evangile par les premiers chrétiens. A travers elle, le monde des Gentils fut mis en contact avec la foi révélée du judaïsme. Paul et les autres prédicateurs de l’époque l’employèrent au cours de leurs voyages. En fait, c’est même des Septante que les auteurs du Nouveau Testament tirent leurs citations de l’Ancien Testament. Cette Bible originellement juive devint ainsi l’instrument missionnaire par excellence du christianisme primitif, ce qui explique pourquoi les Juifs dans leur opposition au christianisme, cessèrent de l’employer dès le second siècle.

IV. Paix mondiale

Cette paix mondiale fut un fruit particulier du gouvernement des Césars. Les Romains étant devenus seigneurs de toute la terre, les passions se modérèrent et l’on vit s’établir la très louée paix romaine ou « pax romana ». Quoique l’époque d’Auguste n’ait pas été entièrement exempte de toute guerre, le temple de Janus, dieu de la guerre, à Rome, pouvait enfin être fermé en l’an 29 avant Christ, après plus de deux cents ans de batailles ininterrompues (depuis 286). Tous les récits des efforts d’évangélisation dans le monde montrent le rôle que peut jouer la guerre ou la paix par rapport à l’activité missionnaire. Il est donc permis de dire que sur ce point-là aussi, le chemin était préparé pour l’Evangile.

V. Dégénérescence mondiale

Au point de vue moral, ce monde si magnifiquement civilisé portait en soi un germe de mort. Les flots d’or qui coulaient dans la capitale du monde, surtout depuis la victoire sur Annibal (202 avant Christ), conduisirent à une telle luxure que la souillure et la vulgarité levèrent bientôt la tête avec insolence. L’aristocratie et le prolétariat étaient les classes les plus dépravées. Selon les descriptions de Tacite, Suétone et Juvénal, on ne saurait trouver de peinture assez noire pour décrire la déchéance de la moralité dans l’aristocratie et parmi les officiers d’Etat les plus hauts placés. Débauche, gloutonnerie et licence étaient l’ordinaire, spécialement au milieu du premier siècle. Les classes les plus basses étaient tombées très bas, elles aussi. Dans les grandes villes helléniques, le manque de travail ruinait les masses. Panem et circense, du pain et des jeux. Telles étaient leurs revendications auprès du gouverneur. Le jour, ils flânaient paresseusement. Le soir, ils se rendaient à l’amphithéâtre, exutoire de la brutalité romaine. Si denses étaient les foules qui se rendaient aux combats de bêtes sauvages, aux combats de gladiateurs et autres jeux analogues, que les empereurs Vespasien et Titus durent faire construire à Rome le vaste amphithéâtre Flavien auquel on donna (au Moyen Age) le nom de Colisée (Colosseo), sans doute à cause de la statue colossale de Néron (colossus Néronis) dressée à proximité. Cet amphithéâtre comptait 55 000 sièges. Lors de sa dédicace, douze mille bêtes et dix mille gladiateurs périrent en un spectacle qui se renouvela cent vingt jours. Il en était autrement de la classe moyenne. Les papyrus témoignent que là se trouvait encore une certaine charpente de décorum, moralité, vie de famille et sentiments religieux. Par contre, on ne croyait plus guère aux divinités de la Grèce ou de l’Italie. La masse du peuple s’était tournée vers les dieux orientaux de l’est lointain qui gagnaient du terrain en grand nombre en ce temps-là.

VI. Mélange religieux mondial

Ce point représente donc le dernier trait caractéristique essentiel de la période de l’empire romain. Des communautés religieuses orientales, d’Egypte, de Perse, de Babylone et d’Asie-Mineure opéraient une réelle poussée et formaient des associations secrètes appelées « mystères ». On connut rarement époque aussi religieuse que celle de « l’accomplissement des temps ». De l’Egypte vint la vénération d’Isis et d’Osiris (Sérapis) ; de Perse sortit le culte de Mithra, surtout dans l’armée. A son côté était le culte de Cybèle d’Asie-Mineure, avec le service d’Attis. D’Orient était venue aussi la vénération de l’empereur.

De l’Orient venait une véritable migration de dieux et d’idoles, un amalgame et une fusion de religions et de cultes qui semblent bien avoir été uniques dans l’histoire humaine par sa confusion toute «babylonienne» de divinités ; dieux d’Etat, dieux grecs, dieux de l’Orient, religions et mystères mélangés, le tout se mariait toujours plus étroitement en une puissante rivière unique et colorée. Au point de vue religieux, l’est faisait la conquête de l’ouest. Rome donnait sa vénération à toutes les divinités souvent horriblement grotesques, insensément confuses et d’une fantaisie maladive. Ce monde méditerranéen tout entier ressemblait à une gigantesque marmite remplie de mixture. Un chaos religieux orientalo-occidental sans parallèle voyait le jour. Les anciennes religions étaient en banqueroute spirituelle. Mais, par là même, elles servaient de dessein de Dieu dans sa préparation du monde à la proclamation du salut.

1. Egalité des dieux. — Grâce aux relations internationales et à ce mélange des civilisations survenus depuis Alexandre le Grand, les peuples apprirent à se connaître mutuellement en même temps qu’ils entraient en contact avec la foi et l’adoration caractéristiques des uns et des autres. Une question allait se faire jour tout naturellement: Qui d’entre eux avait raison? Les Perses attestaient que Ahura Mazda était le dieu principal; les Grecs affirmaient que c’était Zeus. Pour les Romains, c’était Jupiter, pour les Babyloniens, Marduk, pour les Egyptiens, Ammon de Thèbes… Et si, par hasard, ils avaient tous également raison? Si tous ces dieux n’étaient en fait que des noms différents donnés à une même divinité? C’était au moins une solution très pragmatique. Ainsi s’établit une égalité internationale et innombrable de divinités. Avec le mélange et la fusion des opinions diverses sur la divinité s’étendait graduellement une conformité de cérémonial. On Vit poindre les premières tendances à l’harmonie des peuples sur les questions religieuses. L’idée d’un dieu à la tête de tous ces autres qui, jusque-là, prévalaient dans chaque pays isolément, gagna de plus en plus d’esprits. Les hommes imaginèrent un dieu principal commun dont tous les autres ne seraient en fait que révélations et manifestations individuelles. Sur le monde non-juif du  temps des empereurs, commençait ainsi à planer une croyance plus ou moins perceptible en un dieu. Nébuleuse et vague, avec tout ce qu’elle avait d’incertain, c’était pourtant déjà une foi centrée sur un Dieu, c’était déjà le pressentiment d’un vrai dieu des cieux et de la terre, encore «inconnu» mais que les messagers de l’Evangile allaient proclamer au monde (Actes 17 : 23).

2. Religions secrètes d’Orient. — Plus importante encore que cette identification de toutes les divinités fut l’activité missionnaire des religions de l’est en voie d’établissement. Que ces religions soient venues de l’est était en soi significatif au plus haut degré. Lorsque des maîtres religieux viendraient de l’Orient pour enseigner l’Occident, on ne s’en étonnerait pas et l’on prêterait l’oreille à leur message. De plus, la plupart de ces religions orientales avaient en commun l’idée fondamentale d’un dieu de la nature qui meurt et revient à la vie. Cela est si vrai qu’ils en étaient venus à déifier le dépérissement et la revivification du monde végétal ou bien encore le coucher et le lever du soleil, de la lune ou des étoiles 151. Ces diverses « foi » de l’Orient étaient évidemment édifiées sur une base totalement différente de celle du christianisme. Il est à peine utile de souligner tout ce qui oppose la déification de la nature ou encore l’interprétation mystique des mouvements des astres à la base sur laquelle repose l’Evangile, à savoir la révélation réelle de Dieu et les faits historiques de la mort littérale et de la résurrection tout aussi littérale du Rédempteur (I Cor. 15 : 18-19). Dans un sens pourtant, toutes les religions de la nature préparaient les Gentils à comprendre le message relatif à la mort de Jésus en croix et à sa résurrection.

Mais la question essentielle en tout cela est que ces religions étaient toutes des religions de la rédemption. Par là, elles répondaient à l’état d’esprit fait d’affliction et d’aspiration à quelque chose de transcendant qui caractérise la période des empereurs romains, comme c’est le cas, d’ailleurs, dans toute époque de décadence d’une civilisation quelconque. Dans les mystères de Mithra, cette fuite hors du monde évolua même vers le suicide de repentance.

3. Aspirations vers une rédemption. — Qu’une telle prise de conscience du besoin de rédemption s’éveille à ce moment précis, se justifie par la révolution effective opérée dans tous les domaines par la conquête du monde, les relations internationales et l’affaiblissement de la moralité. C’est en cela que nous percevons le mieux combien le monde gentil avait été préparé au message de l’Evangile et pourquoi la Bible dit que « les temps étaient enfin accomplis ».

L’ancien monde était centré sur le côté subjectif de l’univers, son propre côté. On n’y reconnaissait de réalité que le côté visible. L’autre côté était regardé comme chimérique et obscur. Sous cet angle, la pente de l’esprit humain allait du dedans vers le dehors, d’où le goût de l’architecture, de la sculpture, du décoratif, du drame, des spectacles, processions et marches triomphales. De là, aussi, la disparition de l’homme en tant qu’individu et personnalité libre au bénéfice de la nation dont il n’était plus qu’un simple « citoyen ». Maintenant tout changeait. Une transformation s’opérait qui allaite conduire du dehors vers le dedans, en même temps que de ce côté-ci vers ce côté-là. La conquête du monde méditerranéen par Rome, la mise à sac par ce conquérant des trésors trouvés, l’injustice, l’oppression des provinces, le matérialisme et l’immoralité des classes dirigeantes et inférieures associés au commerce et aux rapports mondiaux, ne pouvaient qu’amener finalement une réaction contre toute cette splendeur et cette frivolité extérieures, en même temps qu’un sentiment de déception et de vide dans le cœur de ceux qui gardaient encore quelque sens du noble et du vrai.

Or, si le bonheur ne peut se trouver de ce côté-ci, le regard le cherche naturellement avec d’autant plus d’instance de l’autre côté. Si la vie dans ce monde est mélancolique et sans joie, si la terre ne peut offrir le bonheur et les réalités profondes auxquelles l’âme ne renonce jamais tout à fait, alors, l’existence réelle et vraie, heureuse et pleine doit être là-haut. Aussi commença-t-on à considérer le corps comme la « prison» de l’âme, la mort comme la mise en liberté et une « naissance à l’éternité » comme le disait Sénèque152.

A ce changement du présent vers l’avenir se joignit un revirement de l’extérieur vers l’intérieur. Le visible avait failli, le regard allait donc se tourner vers l’invisible qui comprend l’intérieur, donc le cœur avec le conflit qui s’y est toujours livré entre le bien et le mal. L’introspection est souvent une triste déception. La conscience du péché augmenta surtout dans les IIe et IIIe siècles de notre ère, après les orgies du temps des premiers empereurs, en sorte qu’une attitude générale de pénitence gagna l’ensemble du monde méditerranéen. De plus, à ce revirement du visible et de l’extérieur vers l’invisible, et l’intérieur s’ajoutait une attirance nouvelle vers le transcendantal, le mystique. Le sentiment de déception né des expériences antérieures donnait à cette mystique un caractère de tristesse et de mélancolie parfois changée en horreur ou désir de fuir par auto-châtiment, mortification et même mutilation volontaire, dans le seul but de gagner la paix de l’âme. Cela explique que des dizaines de milliers de personnes se soient tournées vers les dieux de l’est qui promettaient à l’homme la délivrance désirée. Le contrôle de la vie et même de la mort devait être conquis dans l’existence individuelle. Cela, les religions orientales semblaient l’apporter. Les dieux de l’est n’étaient pas seulement la déification de la mort, mais la victorieuse conquête sur la mort d’une nouvelle vie sortant de la mort. Or l’homme fait partie de cette nature complexe qui sans cesse disparaît pour renaître à nouveau. La délivrance pour l’homme devait donc consister en une étroite association à la loi universelle. Cela signifiait dans la pensée des Gentils déifiant la nature, une union mystique avec le dieu de la nature mourant et revivant. Ce qui est ancien doit « mourir » — d’où les peines, mortifications ou tortures volontaires. Ce qui est nouveau doit « revenir à la vie » — d’où les repas sacrés, les degrés mystiques, les immersions, les initiations secrètes153. Victoire sur la mort, re-naissance, immortalité et bonheur éternel, tels étaient les bénédictions poursuivies par les religions à mystères de l’Orient. In aeternum renatus « né à nouveau pour toujours », était l’inscription courante employée sur la pierre tombale des dévots du dieu perse Mithra. « Soyez consolés, vous pieux. Car comme le dieu a été sauvé, ainsi serez-vous sauvés, vous aussi, de toute détresse ». Telle était l’une des formules religieuses de la religion d’Attis en Asie-Mineure.

4. L’attente des peuples. — Ces lointaines approximations répandaient cependant en cercles larges le pressentiment d’une pleine délivrance prête à être manifestée. Sous ce rapport aussi, les regards se tournaient vers l’est. C’est de là que l’aide viendrait. Les pressentiments s’habillaient souvent de vêtements païens. «Le cycle des saisons — ainsi disait-on — est complété. L’âge d’argent sort de l’âge d’or et de l’âge d’argent celui du fer. Maintenant que ce dernier a accompli sa course, le cycle va recommencer. Saturne, une fois de plus reprendra le pouvoir et l’âge d’or reviendra.

Jusqu’à un certain point, les pressentiments prirent une couleur juive. On peut d’ailleurs aisément retrouver leur origine dans le cadre des prophéties d’Israël. Suétone aussi bien que Tacite font mention d’une rumeur largement répandue d’après laquelle l’Orient devait devenir puissant et un courant considérable viendrait des Juifs154. Extrêmement digne de remarque est l’écho de ces pressentiments dans le quatrième chant du berger dû au poète romain Virgile, au premier siècle avant Christ. Là, le poète chante l’âge d’or qu’un enfant ramènera, venant des cieux. Alors la paix régnera sur la terre, les terres dispenseront leurs dons sans exiger le rude travail des hommes. Le bœuf ne craindra plus le lion et le joug sera ôté de dessus les bêtes qui labourent. Le vendangeur ne travaillera plus à la sueur de son front. Cela n’est rien d’autre que la prophétie israélite du royaume à venir (Es. 9 : 6 ; 11 : 6-7). Parmi les peuples du monde extérieur retentissait, pleinement perceptible, l’écho de la prophétie messianique.

Jusqu’à ce que, à la fin, venant de l’est, du lever du soleil, par la bouche de simples témoins, éclatât de plus en plus fort, la proclamation qui allait conquérir le monde:

Réconciliation pour l’humanité Salut pour tous les pécheurs,

Celui qu’Israël sciemment attendait

Celui que les peuples du monde, inconsciemment désiraient,

Le Christ est apparu!

Ainsi, toute l’histoire pré-chrétienne du salut est l’histoire de la manière dont l’humanité fut conduite vers le Rédempteur du monde. Le peuple d’Israël avait été préparé par la révélation, les peuples du monde, par les événements et le cours de la politique et de la civilisation.

L’Ancien Testament est promesse et attente, le Nouveau est réalisation et accomplissement. Dans l’Ancien Testament, les armées se rangent pour la bataille de Dieu. Dans le Nouveau éclate le triomphe du Crucifié. L’Ancien Testament est l’aube du matin, le Nouveau est le lever du soleil et l’apogée du jour éternel.

Notes

148 Spécialement Marius et Sylla, César et Pompée, Antoine et Octave (Auguste).

149 La septième et dernière étape est la chute déjà prédite par Balaam (Nomb. 24 24). Chute de l’empire d’Occident en 476 après Christ et chute do l’empire d’Orient en 1453.

150 A. Schiatter, Geschichte Israël von Alexander dem Grossen bis Hadrian, pp. 50-52. Cal. 1906.

151 Ainsi, par exemple, en Asie-Mineure, on célébrait au printemps (du 22 au 25 mars) la fête de la réanimation du dieu Attis, dieu de la nature. Au troisième jour de la fête, le grand prêtre annonçait au peuple que «Attis est revenu ; réjouissez-vous à sa parousie ». En Syrie, le printemps dépérissant en sécheresse de l’été était l’occasion d’un deuil, celui du dieu Tammus Adonis (Ez. 8 14-15). Du 13 au 16 novembre, quand le Nil baissait et que le blé était semé pour mourir. l’Egypte portait Je deuil du dieu du Nil, Osiris, et le 25 décembre, date approximative du solstice d’hiver, il y avait en Perse l’anniversaire du jour du réveil de Mithra, dieu soleil, de Baal, en Syrie et d’autres ailleurs. La Grèce avait des divinités similaires Dyonisos, Orphée et Hyacinthe. Tyr avait Melkhart, et Tarse, Sandan (voir Bröckner, Der Sterbende und Auferstehende Gott Heiland in den orientalischen Religionen. Tübingen, 1920).

152 Philosophe stoïcien, précepteur de Néron, frère de Gallion (Actes 18 : 12).

153 On peut citer par exemple l’horrible baptême de sang perpétré dans le «Taurobolium» des mystères de Cybèle en Asie-Mineure. L’initié était debout dans une fosse recouverte de planches. Sur celles-ci était immolé un taureau. Le sang coulait à flots par les interstices des planches sur la personne qui se tenait dessous.

154 Les deux historiens, écrivant en l’année 120 (après Christ) environ, rapportent que les anciens livres sacerdotaux contiennent des affirmations d’après lesquelles les descendants des Juifs saisiraient l’autorité du monde (voir Tacite, Hist. V. 13 et Suétone, Vesp. 4).


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Le temps des Nations, par E. Sauer http://www.blogdei.com/12224/le-temps-des-nations-par-e-sauer/ http://www.blogdei.com/12224/le-temps-des-nations-par-e-sauer/#comments Fri, 07 Jan 2011 22:04:44 +0000 Bible http://www.blogdei.com/?p=12224

Tiré de l’Aube de la rédemption (1937)

(Les quatre empires mondiaux de la prophétie de Daniel)

Les peuples sont comme la mer mugissante, comme des vagues furieuses qui font rage tumultueusement (cf. Es. 17 : 13).

L’expression « temps des nations » désigne le temps pendant lequel Israël est abandonné aux mains des puissances du monde. Ce «temps des nations» (Luc 21 : 24) commença avec Nébucadnetsar (586 avant Christ). Il ne finira qu’avec l’établissement du royaume de Dieu. Nébucadnetsar et Daniel eurent, tous deux, le privilège d’entrevoir tout le développement des grandes puissances mondiales en une prophétie qui couvre l’histoire du monde en général. Ils le virent cependant, tous deux, d’un point de vue différent correspondant à leur propre position dans le plan du salut.

Nébucadnetsar, le gouverneur païen, vit le côté extérieur de l’histoire du monde en même temps que son contenu humain, c’est-à- dire son « humanité» avec ce qu’elle contient de grandiose, d’héroïque et d’imposant. Le lien organique y est noté : c’est une statue colossale d’un éclat extraordinaire (Dan. 2 : 31). Par contre, le royaume de Dieu ne lui apparaît que comme une petite pierre détachée de la montagne (Dan. 2 : 34, 44-45).

Daniel, ministre d’Etat, mais en même temps saint prophète de Dieu, vit le côté intérieur de l’histoire, sa nature extra-humaine. Cette histoire est alors celle de « bêtes sauvages » (Dan. 7 : 4-7), faite de brutalité, de tiraillements discordants, de conflits entre peuples (Dan. 8 : 4, 6-7; 11 : 2, 4, 11) et d’oppression (Dan. 7 : 7, 19); il y distingue l’élément blasphématoire (Dan. 7 : 8, 25), tandis que le royaume de Dieu est dans cette optique nouvelle, le royaume du « Fils de l’homme » (Dan. 7 : 13-14, 27) en ce que, par lui, sera établi pour la première fois sur la terre, la domination d’une vraie humanité au sens scripturaire du terme.

Le premier royaume mentionné était une unité (une tête: la Babylonie); le second, une dualité (le buste avec les deux bras: MédoPerse); le troisième était quadruple (un léopard à quatre têtes: les quatre états qui succédèrent à Alexandre le Grand); le quatrième sera une décuple unité (dix orteils, dix cornes, mais unies en la personne de l’antichrist: le quatrième empire mondial, au temps de la fin). Mais à l’apparition du Christ, tout cela deviendra une multiplicité de débris (Dan. 2 : 35; Apoc. 16 : 19; 19 : 11-18; Mat. 21 : 44); le Seigneur, alors, comme monarque légitime des hommes, amènera tous les peuples et toutes les races à une unité réelle, sous une seule tête, lui-même (Eph. 1 : 10; Zach. 14 : 9).

Le développement et la direction de l’histoire d’est en ouest peuvent être comparés à la course du soleil ayant la nuit pour achèvement. Dans leur « évolution » régressive, de plus en plus loin de Dieu, le péché et le monde s’avancent vers leur maturation: de l’or à l’argent (Dan. 2 : 89-40), de l’argent au cuivre, du cuivre au fer (cf. Les quatre âges du monde d’Ovide). Le colosse de Nébucadnetsar est debout sur des pieds d’argile (Dan. 2 : 33).

Tout cela, à la fin, sera mis en pièces. La statue géante sera brisée (Dan. 2 : 35, 45) et la souveraineté sera enlevée aux bêtes (Dan. 7: 12). Soudainement, au sein de la nuit profonde, le soleil se lèvera. Le Fils de l’homme venant des cieux (Dan. 7 : 13; Mat. 26 : 64) établira le vrai royaume d’une authentique humanité. La pierre deviendra une montagne et remplira toute la terre (Dan. 2 : 35). « Le règne, la domination et la grandeur de tous les royaumes qui sont sous les cieux, seront donnés au peuple des saints du Très-Haut » (Dan. 7 : 27).

Du VIIIe au VIe siècle avant Christ, les peuples du monde connurent leur « printemps ». Aucune autre époque de l’histoire du monde pré-chrétien n’a eu plus de signification que celle-là dans la formation de la vie intellectuelle de l’humanité. Une vague d’inspiration traversa le monde civilisé tout entier. En Asie orientale vécurent Confucius et Lao-Tsé, les plus grands des Chinois. En Asie septentrionale, Bouddha, l’Indien le plus influent. En Perse, Zoroastre, le prophète de la religion de Cyrus. En Asie occidentale, Israël connaissait le plein épanouissement du prophétisme avec Esaïe, Jérémie, Ezéchiel et Daniel. En Grèce apparaissaient les premiers germes de la philosophie: Talès, Héraclite, Pythagore et Socrate, et l’épanouissement de la poésie classique avec Sophocle, Euripide et Eschyle.

Politiquement, ce printemps n’était pas sans orage. En 650 avant Christ, Ninive était encore debout et le grand roi d’Assyrie était seigneur du Moyen-Orient. En 612, Ninive tombait, premier d’une série d’événements qui vont, dès lors, se suivre comme les vagues successives d’un courant rapide. Après quelques décades, l’empire de Nébucadnetsar est vaincu par Cyrus (538), l’empire de Cyrus par Alexandre le Grand (333), l’empire d’Alexandre est divisé après sa mort en quatre états (301) pour revenir en héritage, finalement, à Rome, premier empire qui ait connu plusieurs siècles de quiétude sans orage.

I. Le nouvel empire mondial Babylonnien

« Tu es la tête d’or. » Ainsi Daniel expliqua-t-il la statue de Nébucadnetsar142. La première des quatre bêtes que Daniel lui-même put voir en vision correspond à ce royaume. Le nouvel empire babylonien était le lion à tête d’aigle (Dan. 7 : 4), le lion étant aux bêtes de la terre et l’aigle aux oiseaux du ciel, ce que l’or est aux métaux et la tête aux membres. Le nouvel empire babylonien combinait la majesté royale du lion à la rapidité et la promptitude de l’aigle. Il fut fondé par Nabopolassar (625 avant Christ), consolidé par Nébucadnetsar (604- 562) et détruit par Cyrus, le Perse (538). Son existence se prolongea environ 70 ans, soit à peu près le temps de la captivité des Juifs en Babylonie (606-536). Avec sa destruction s’accomplissait la prophétie de Jérémie : « L’Eternel a excité l’esprit des rois de Médie, parce qu’Il veut détruire Babylone. Car c’est la vengeance de l’Eternel, la vengeance de son temple » (Jér. 51 : 11, 24 ; Es. 13 : 17).

II. L’empire mondial médo-perse (588-332 avant Christ)

L’Ancien Testament salue Cyrus d’une manière unique. De toute l’histoire des nations, il est le seul guerrier qui ait été mentionné par son nom, un siècle au moins avant sa naissance, dans la prophétie israélite (Es. 44 : 28; 45 : 1). Le Seigneur, à cause de son serviteur Israël, l’a pris par la main droite pour soumettre les peuples devant lui (45 : 1, 4). Il l’appelle son «berger» (44 : 28), son « oint» qui accomplira sa volonté (45 : 1) et lui dit : « J’irai devant toi, j’aplanirai les chemins montueux, je romprai les portes d’airain et je briserai les verrous de fer. Je te donnerai des trésors cachés, des richesses enfouies, afin que tu saches que je suis l’Eternel qui t’appelle par ton nom» (Es. 45 : 2-3). L’empire des Mèdes et des Perses était le buste d’argent avec les deux bras (Dan. 2 32), l’ours qui se lève sur un côté (Dan. 7 5), le bélier aux deux cornes inégales dont la plus haute a poussé la dernière (Dan. 8 : 3, 20).

Les Mèdes et les Perses étaient des peuples frères ; cependant, les Perses, au début, étaient sous la domination des Mèdes. En 559 avant Christ, le prince persan Cyrus de Ansan vainquit et soumit Astyage, roi des Mèdes. Dès lors, le royaume mède devint perse. L’ours s’était, si l’on veut, levé sur un côté, le côté perse, le côté mède restant en bas. Des deux cornes du bélier, l’une, poussée plus tard, surpassait l’autre.

D’une poussée puissante, le royaume perse donna l’assaut, spécialement après la chute de Babylone (538 avant Christ) : «Je vis le bélier qui frappait de ses cornes à l’occident, au septentrion et au midi » (Dan. 8 : 4). Il est significatif que l’est ne soit pas mentionné ici. C’est, en effet, la seule direction dans laquelle les rois de Perse ne firent aucune conquête, alors que cet empire insatiable dévorait successivement terre après terre, dans les autres directions. « Lève-toi, mange beaucoup de chair» (Dan. 7 : 5). Dans la gueule de l’ours, il y avait trois côtes, les royaumes lydien (depuis 546 avant Christ), babylonien (depuis 538 avant Christ) et égyptien (depuis 525). Avec ses cent vingt-sept provinces, cet empire embrassait la quasi-totalité du monde civilisé d’alors (Esther 1 : 1). Contre la Grèce seule, ses efforts furent vains. C’est là que résidait le germe de sa chute ultérieure (Dan. 11 : 2-3).

III. L’empire mondial gréco-macédonien (dès 833 avant Christ)

La chute de l’empire perse après une durée de 206 ans (538-332) eut pour instrument Alexandre le Grand de Macédoine, fils du roi Philippe. Son empire est le ventre de cuivre et les reins de la statue de Nébucadnetsar, la panthère aux quatre têtes et aux quatre ailes du songe de Daniel (Dan. 7 : 6), lui-même étant la grande corne du bouc qui, venant de l’e ouest» dans un furieux assaut, amène la défaite du bélier perse (Dan. 8 : 5-7, 21)143.

La marche victorieuse d’Alexandre est le spectacle le plus impressionnant de l’antiquité. Elle fut comparable à la course rapide et furieuse d’un bouc dont les pieds touchent à peine le sol (Dan. 8 : 5)… Tel un léopard à quatre ailes (Dan. 7 : 6), Alexandre fondit impétueusement sur le bélier moins actif, l’ours, plus pataud. En d’incomparables victoires à Granique (dans l’ouest de l’Asie mineure – 334 avant Christ), à Issos (en Cilicie, non loin de Tarse – 333) et Gaugamèles (près de Ninive – 331), le jeune guerrier détruisit la gigantesque armée du faible Darius Codomanus144, «…sans que le bélier eût la force de lui résister » (Dan. 8 : 7).

Après trois ans de guerre à peine, Alexandre, jeune homme do 25 ans, était maître de l’ancien Orient, deux fois millénaire. La domination fut donnée au léopard (Dan. 7 : 6); le bouc devint très puissant (Dan. 8 : 8). Alors le spectacle devint une tragédie. Tandis qu’il était au faîte de sa puissance, dans la fleur de l’âge145, Alexandre mourut à Babylone, centre mondial, après une fête. Une forte fièvre l’emporta subitement. Il ne laissait point d’héritier sur le trône. La « corne» était « brisée» (Dan. 8 : 8, 22). «Il s’élèvera un vaillant roi, qui dominera avec une grande puissance, et fera ce qu’il voudra. Et lorsqu’il sera élevé, son royaume se brisera et sera divisé vers les quatre vents des cieux; il n’appartiendra pas à ses descendants, et il ne sera pas aussi puissant qu’il était car il sera déchiré, et il passera à d’autres qu’à eux» (Dan. 11 : 3-4). Après vingt ans de conflits dus à ses généraux sur l’héritage d’Alexandre, quatre royaumes principaux émergèrent qui sont:

1. Le royaume syro-babylonien (le roi du nord – Dan. 11 : 6-7, 11)

2. Le royaume égyptien de Ptolémée (le roi du sud – Dan. 11 : 5, 9, 11)

3. Le royaume gréco-macédonien de Cassandre, et

4. Le royaume ihraco-bitynien de Lysimachus.

Par la bataille d’Issos (Phrygie) en l’année 301 avant Christ, la prophétie de Daniel prononcée au VIe siècle (Dan. 7 : 1, 6; 8: 1) trouva son accomplissement littéral: « Le bouc devint très puissant; mais lorsqu’il fut puissant, sa grande corne se brisa. Quatre grandes cornes s’élevèrent pour le remplacer aux quatre vents des cieux» (Dan. 8 : 8). C’est pour cela que le léopard a, non seulement quatre ailes, mais encore quatre têtes (Dan. 7 : 6).

De ces quatre nouveaux états simultanés, ceux qui jouent le rôle le plus important pour l’histoire du salut sont les deux plus grands, le roi du sud, égyptien, et le roi du nord, syrien. De ces deux, le dernier est l’acteur essentiel. Une prophétie détaillée leur est d’ailleurs spécialement réservée au chapitre 11 du livre de Daniel. De 301 à 198 avant Christ, Israël fut sous la domination de l’Egypte. Ensuite, après la bataille de Panéa, il fut rattaché à la Syrie.

Après quelques décades seulement survint un puissant conflit entre la civilisation et la révélation, incarnées respectivement par Antiochus Epiphane d’une part et Judas Macchabée d’autre part. De l’une des quatre cornes du bouc qui grandirent à la place de la corne brisée, sortit une petite corne « qui s’agrandit beaucoup vers le midi, vers l’orient, et vers le plus beau des pays (la Palestine). Elle s’éleva jusqu’à l’armée des cieux, elle fit tomber à terre une partie de cette armée et des étoiles, et elle les foula » (Dan. 8 : 9-10). «Il s’élèvera un roi impudent et artificieux. Sa puissance s’accroîtra, mais non par sa propre force; il fera d’incroyables ravages, il réussira dans ses entreprises, il détruira les puissants et le peuple des saints» (Dan. 8 : 23-24). Antiochus IV Epiphane146, le roi du nord, ici en vue (175-164 avant Christ), en dépit de ses projets insensés et de sa férocité, ne peut être dépeint sous la seule figure d’un barbare sans expérience. C’était plutôt un artisan enthousiaste et fanatique de la culture grecque. Après la défaite infligée à son père Antiochus III par les Romains (190 avant Christ), il était demeuré 13 ans à Rome comme otage et y avait été tellement saturé des idées gréco-romaines que l’historien allemand Mornmsen pouvait l’appeler « le singe romain par profession ». Après l’année 168 avant Christ, quand les Romains lui eurent interdit de conquérir l’Egypte (Dan. 11 : 30), il proposa l’affermissement intérieur de son pouvoir par le moyen d’un savant et étroit amalgame politico-religieux de toutes les parties du royaume. A ce plan, il ne rencontra d’opposition qu’en Palestine. Pour briser cette résistance et pour justifier mieux son slogan «un roi, un état, une civilisation », il persécuta ceux des Juifs qui adoraient Yahwéh. Son but réel en cela était l’introduction de la civilisation grecque à l’intérieur du monde juif, civilisation jointe à l’adoration de Jupiter, dieu de l’Olympe.

Il prohiba la circoncision et les services au temple (Dan. 8 : 11; 11 : 81-36), interdit l’observation des sabbats et fêtes, fit saisir les écrits sacrés, en fit des tas auxquels il mit le feu, mettant à mort quiconque en était trouvé détenteur (Dan. 11 : 33). Dans le même but, il priva le temple de l’autel des parfums, du chandelier d’or, de la table de proposition et du voile qui séparait le lieu très-saint du lieu saint (169 avant Christ). Il contraignit le peuple à manger de la viande de porc; le 25 kisleu (vers le mois de décembre), en 168, à l’occasion de la fête annuelle du Zeus olympien, il fit dresser un grand autel consacré à ce dieu sur l’autel des sacrifices à Jérusalem (I Macch. 1 : 20-24, 41-64), « abomination de la désolation » à laquelle se référa Jésus dans son discours du mont des Oliviers, comme étant une prophétie typologique des événements futurs (Mat. 24 : 15 ; cf. Dan. 11 : 31; 9 : 27 ; 12 : 11). Par sa conduite, Antiochus devenait un type de celui que l’apôtre Jean appelle « Antichrist ». Et c’est là la raison pour laquelle il fut, lui aussi, dans la prophétie, représenté comme la petite corne du troisième empire mondial (Dan. 8 : 9, 28), de la même manière que l’antichrist est la petite corne du quatrième empire mondial (Dan. 7: 8, 20, 24-25).

Les Macchabées, héros de la liberté, levèrent l’étendard de la révolte contre cette violation de la foi révélée par la tyrannie de la civilisation (168-141 avant Christ). « Ceux du peuple qui connaissaient leur Dieu agirent avec fermeté» (Dan. 11 : 32). Après un conflit héroïque, ils retrouvèrent la liberté de religion (165 avant Christ) et même, finalement, l’indépendance politique (141). Cependant, c’est précisément à ce moment-là que l’histoire de leurs oppresseurs rendit évidente l’apparition d’une ère nouvelle pour les peuples du monde. Antiochus en effet se vit limité et contrecarré par une nouvelle puissance (Dan. 11 : 30), jusque-là inconnue de l’Orient: Rome.

IV. L’empire mondial romain (de 201 [133] avant Christ au retour du Christ)

Balaam, longtemps auparavant, avait prédit la chute de l’Orient et la montée de la puissance mondiale de l’Occident. C’était au temps de Moïse, environ douze siècles avant la naissance de Christ: «Hélas, qui vivra après que Dieu l’aura établi? Mais des navires viendront de Kittim (Chypre – voir Gen. 10 : 4; Es. 23 : 1, 12; Ez. 27 : 6; Dan. 11 : 30). Ils humilieront l’Assyrien, ils humilieront l’Hébreu et lui aussi sera détruit » (Nomb. 24 : 28-24). Douze cents ans plus tard, cette prophétie trouvait son accomplissement dans l’empire romain.

Insignifiante comme un grain de blé, en son commencement, maîtresse des peuples du Levant au Couchant en sa maturité, tel est le développement de Rome. Lorsque l’empire perse fut fondé, Rome n’était qu’une petite ville d’Italie, si petite que l’historien Hérodote ne la mentionne même pas. Aux jours du Seigneur, elle était devenue le centre du monde et son lieu de rencontre.

L’impulsion qui préside à son développement, Rome la tient de la Grèce. Par eux-mêmes, les Romains n’auraient sans doute jamais été à même de faire éclore une civilisation personnelle artistique et philosophique. Leur force reposait essentiellement dans le militarisme, le gouvernement et les lois. Pour ce qui est de la discipline et du dévouement à l’Etat, ils furent incomparables ; mais ils restèrent des demi- barbares même au faîte de la puissance. S’il en fallait une preuve, il suffirait de rappeler l’amphithéâtre où s’exprimaient, sous forme de jeux, la barbarie et la brutalité romaines. L’empire romain était bien de fer (Dan. 2 : 40), les jambes de la statue de Nébucadnetsar (Dan. 2 : 38), la première phase du développement du quatrième empire, quatrième bête de la vision nocturne de Daniel147, animal « terrible, épouvantable et terriblement fort » qui avait de grandes dents de fer, mangeait, brisait et foulait aux pieds ce qui restait (Dan. 7 : 7).

A l’origine, ce fut un petit Etat de cultivateurs que l’accroissement rapide de la population poussa par besoin à la conquête. Ensuite, après plusieurs guerres victorieuses sur des voisins très semblables (par exemple: les Samnites – 343-290), Rome devint, vers 300 avant Christ, la grande puissance de l’Italie. Il s’ensuivit inévitablement l’entrée dans la politique mondiale. D’où la naissance d’une rivalité avec Carthage, la proche voisine d’au-delà de la Méditerranée. Par la victoire de Zama sur cet adversaire le plus dangereux (201 avant Christ : victoire de Scipion sur Annibal), Rome devint la puissance dirigeante incontestée de la Méditerranée occidentale. Dès lors, par la seule force des choses — sans même aucune intention préalable de devenir puissance mondiale — elle se devait d’intervenir en Orient.

Semblable au fer qui brise et rompt tout, Rome réalisait la prophétie (Dan. 2 : 40). Au bout de quatre ans, la Macédoine fut brisée (en 197, à la bataille des Cynocéphales, en Thessalie); elle allait être détruite en 168 à la bataille de Pydna. A la suite de la victoire de Magnésie du Sipyle, au nord de Smyrne, Rome s’imposait aux Syriens en 190. Elle annexait le nord de l’Afrique comme « province» après la destruction de Carthage en 146. Ensuite, ce fut le tour de la Grèce par la conquête de Corinthe, celui de l’Espagne par la conquête de Numance en 133 et l’incorporation de l’Asie-Mineure en 129 par l’héritage du royaume de Pergame. Zama, les Cynocéphales, Magnésie, Pydna et Numance sont les cinq principales étapes par lesquelles Rome atteignit la puissance mondiale. C’est ainsi que se réalisait, pendant le second siècle avant Christ surtout, la prophétie de Daniel : e Il dévorera toute la terre, la foulera et la brisera» (Dan. 7 : 23) « de même que le fer brise et rompt tout » (Dan. 2 : 40). Pour parler d’une façon schématique, disons que Rome a pris l’héritage d’Alexandre le Grand en sorte que dès 146 avant Christ elle fut généralement reconnue comme étant devenue la république militaire dominante des territoires de la Méditerranée occidentale et orientale. « Ce fut comme si le dieu de la guerre avait foulé la terre de ses pieds de fer, faisant couler à chaque pas des flots de sang » (Herder). Néanmoins, l’ascension avait été trop violente, le temps de la fermentation était proche. Une période de révolution allait suivre (133-131), ce qui faisait dire à Propertius, au premier siècle avant Christ, « Plaise à Dieu que je sois un menteur, mais je vois Rome l’orgueilleuse tombant comme un sacrifice à sa propre prospérité ».

Avec l’expansion de son gouvernement, Rome était devenue le centre du monde. Tous les trésors coulaient ensemble vers les classes dirigeantes. Cela eut pour résultat une luxure insensée, une prodigalité, une débauche et une corruption sans précédent. Déjà en 190 avant Christ, tandis que le jeune Antiochus Epiphane séjournait à Rome, un procès gigantesque fut intenté contre plus de dix mille personnes dont la plupart furent condamnées à la peine de mort. La Rome républicaine creusa sa tombe par la conquête du monde. Au début, Rome avait été un Etat paysan, mais après qu’elle fut devenue une puissance mondiale s’étendant tout autour de la Méditerranée (dès le second siècle avant Christ), tout changea. Pour maintenir l’unité de cet empire géant, il fallut maintenir une armée composée de citoyens vivant sur un pied élevé. Pendant la longue période de leur service militaire, la maison et les dépendances agricoles des soldats étaient à demi-abandonnées en sorte qu’on les vendait à de riches propriétaires. Ainsi naquit le riche possédant, cultivant de vastes propriétés par le moyen d’esclaves. La classe moyenne était ruinée. La population paysanne était poussée insensiblement des campagnes aux villes. L’abandon des terres commençait et, avec lui, naissait la grande antithèse du capitalisme et du prolétariat. Les districts campagnards se vidant, il ne fut plus possible de maintenir ce système de recrutement militaire et il fallut engager des mercenaires. Ceux-ci étaient aveuglément dévoués au général qui les engageait. Le facteur décisif pour eux était de savoir qui les conduirait à plus de rapines et de butin, tout en leur promettant la meilleure solde. La personnalité du démagogue pouvait à elle seule faire pencher la balance. L’apparition de chefs ambitieux entraîna des guerres civiles qui agitèrent l’Etat romain pendant plus d’un siècle (133-31 avant Christ)148. De ces guerres civiles devait sortir finalement la souveraineté exclusive des Césars au temps du Christ. Rome entrait ainsi dans sa sixième étape, devenant une monarchie militaire mondiale (dès 81 avant Christ)149. Ce développement unique est sans parallèle dans l’histoire du monde. La quatrième bête était différente de toutes les autres bêtes, avait écrit Daniel (7 : 7, 19). Dans l’histoire de cet empire, chaque chose découle forcément de la précédente. La volonté du divin Gouverneur du monde dirigeait l’histoire de Rome avec la force du destin. A cause du Christ, Rome devait devenir ce qu’elle devint. Il est vrai que les Romains furent les « ravisseurs du monde », mais sans qu’ils l’aient su, leurs « vols » jouaient une partie importante dans les annales du salut. Rome avait à créer un réservoir pour la civilisation, et cela en vue de l’extension de l’Evangile. Sa tâche fut donc de « rassembler » pour Christ.

Erich Sauer 1898-1959

à suivre « La plénitude des temps »

Notes

142 Bien longtemps auparavant, la vieille Babylone du temps d’Hammourabi (1900 avant Christ) avait déjà été le cerveau du Moyen-Orient et la tête intellectuelle de la civilisation.

143 Les mots «bélier » et «corne » étaient des images évidentes pour un chef militaire et un pouvoir royal (Jér. 48 : 25 Dar. ; Zach. 10 : 3). Ils étaient particulièrement adaptés à la Perse en opposition à l’empire d’Alexandre : le bouc. Le bélier est, en effet, plus pacifique, bien moins agile et moins apte à se défendre que le bouc ; il est aussi moins sauvage et moins entêté ; son épaisse toison de laine peut enfin présenter une image appropriée du confort et de la prospérité relative de l’empire perse au temps d’Alexandre. De plus, les rois perses, lorsqu’ils apparaissaient à la tête de leur armée, portaient souvent — littéralement — une tête de bélier au lieu d’un diadème et les colonnes de la capitale Persépolis étaient, elles aussi, ornées de têtes de bélier.

Au sujet du bouc comme symbole d’Alexandre le Grand, Hävernick fait remarquer: «La ville d’Edessa en Macédoine reçut du roi Caranus le nom d’Aega (cf. grec: Aix, ai gos, le bouc). De là, le nom donné aux Macédoniens «Egéens », nom qui, selon les auteurs classiques, aurait été donné à cause des boucs qui auraient permis au roi de capturer la ville (Justin). Sous ce nom, la ville resta longtemps la résidence du gouvernement macédonien antérieur (Diodore-Sic.). Le fils d’Alexandre et de Roxane fut appelé le bouc alexandrin. Plusieurs des rois macédoniens ont leur effigie sur les monnaies, accompagnée des cornes d’un bouc, de même que cet animal servit d’emblème sur les bannières et les étendards de l’armée macédonienne (Justin). »

144 A Gaugamèles, l’armée d’Alexandre était vingt fois inférieure en nombre à l’armée perse.

145 Il mourut le 13 juin 333, âgé de 32 ans seulement.

146 A cause de ses nombreuses folies, ses contemporains l’appelèrent «Epimanes» (le fou) au lieu d’ « Epiphane » (le brillant).

147 L’assimilation des diverses parties de la statue de Nébucadnetsar et des quatre bêtes de la vision nocturne de Daniel (Dan. 2 : 31-43; 7) aux quatre empires mondiaux de Babylone, des Mèdes et Perses, d’Alexandre et de Rome, se trouve déjà sous la plume d’Irénée (mort en 102), de Josèphe et des rabbins juifs. Luther écrit, quant à lui «Sur cette interprétation, tout le monde est d’accord, les faits et l’histoire la prouvent solidement ». Parmi les commentateurs récents qui soutiennent cette interprétation, on peut citer, entre autres, Hengstenberg, Ebrard, v. Hofmann, Dilchsel, Hävernick, Keil, Auberlen et de nombreux autres.
Il n’y a d’ailleurs aucune difficulté si l’on admet que le Dieu de toute connaissance peut tout aussi aisément faire connaître à ses serviteurs les événements les plus éloignés que ceux de l’avenir le plus immédiat (cf. Es. 42 2; 44 : 7).

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Madeleine Chasles


Le mardi qui précéda sa mort, sur la montagne des Oliviers, en face du Temple et de la ville de Jérusalem, Jésus enseignait ses apôtres. Il semblait pressé de leur dire de grandes choses. Celles qu’il n’exprima pas alors, il les réserva pour un dernier entretien. Son départ tout proche, suivi de la descente de l’Esprit, mais aussi son retour — Je reviendrai — furent l’objet de l’ultime cœur – à – cœur (Jean, 14 à 17). L’assurance de son retour est scellée par cette suprême promesse : « Je reviendrai. » Mais quand ?

Lorsque les disciples pensent que le moment est proche où Il va les quitter, pendant ces quarante jours qui s’écoulent de sa résurrection à son ascension, Jésus les entretient « des choses qui concernent le royaume de Dieu » (Actes 1. 3). Ils demandent alors : « Seigneur, est-ce en ce temps que tu rétabliras le royaume d’Israël ? » Jésus ne dit pas que ce royaume ne sera pas rétabli. Il dit seulement : « Ce n’est pas à vous de connaître les temps où les moments que le Père a fixés de sa propre autorité. Mais vous recevrez une puissance, le Saint-Esprit survenant sur vous, et vous serez mes témoins » (Actes 1. 7-8). Ce qui est certainement proche, c’est la venue de l’Esprit. Celle du Royaume de Dieu pourra tarder. Dans l’éternel présent du Père le moment est fixé, mais les apôtres l’ignoreront. Toutefois, au temps des Actes, de nouveau l’appel à la repentance retentit et les miracles, signes de la proximité du royaume, éclatent, comme au début de la prédication de Jésus, mais la condition nécessaire, la repentance, n’est pas remplie par la nation juive ; les cœurs s’endurcissent, et Paul devra se tourner vers les païens. L’Eglise se forme et va grandir…

Dès lors certains comprennent que le Royaume de Dieu, pour le « rétablissement de toutes choses », n’est pas venu, que la création soupire et souffre les douleurs de l’enfantement, sans délivrance aucune; que Satan conserve le gouvernement du monde, qu’il a une puissante postérité, et que les ténèbres, manifestation de son royaume à lui, — couvrent notre terre qui attend, qui appelle son Sauveur et son Roi. Mais combien nombreux sont ceux qui croient, aujourd’hui encore, que le Royaume est venu dans l’Eglise et qui vivent sans attendre autre chose qu’un vague « jugement dernier ! ». Il est vrai que cette attente prolongée, cette longue veille, a découragé les meilleurs et que l’enseignement de la théologie officielle a laissé dans l’ombre, comme mystérieuse et secondaire, l’espérance eschatologique.

Mais lisons l’Evangile, son actualité est émouvante.

« Des temps et des moments » nous ne savons rien, mais le commandement du Christ Jésus est toujours actuel : « VEILLEZ »…..

« Pour ce qui est du jour et de l’heure, personne n’en a connaissance, ni les anges des cieux, ni le Fils, mais le Père seul.

« Ce qui arriva aux jours de Noé, arrivera de même à la venue du Fils de l’homme. Car dans les jours qui précédaient le déluge, les hommes mangeaient et buvaient, se mariaient et mariaient leurs enfants, jusqu’au jour où Noé entra dans l’arche, et ils ne connurent rien, jusqu’à ce que le déluge vint et les emportât tous; il en sera ainsi à la venue du Fils de l’homme. Alors, de deux hommes qui seront dans un champ, l’un sera pris et l’autre laissé ; de deux femmes qui moudront à la meule, l’une sera prise et l’autre laissée. Si le maître de la maison savait à quelle veille de la nuit le voleur viendra, il veillerait et ne laisserait pas percer sa maison. C’est pourquoi, vous aussi soyez prêts, car, à l’heure où vous n’y penserez pas, le Fils de l’homme viendra » (Matth. 24. 36-44).

L’appel à la vigilance aurait dû traverser les siècles de l’Eglise, mais Jésus savait que l’engourdissement viendrait, que les chrétiens, déçus de la longue attente du Maître, comme des serviteurs négligents, n’attendraient plus; que lassés, comme des vierges, pressées d’abord d’aller au-devant de l’Epoux, et fatiguées de l’attendre, ils s’endormiraient; qu’infidèles, comme les intendants chargés de gouverner des villes en l’absence du Seigneur, ils se « divertiraient », oublieraient leur Roi. -

Sous l’aspect du Maître, de l’Époux, du Roi, le Christ a fait Connaître d’avance, le relâchement de tant de Chrétiens indifférents à Celui qui revient. Mais, en même temps, il a rappelé les diverses attitudes de ses frères d’Israël qui, au cours des siècles précédents, avaient, par leur infidélité, retardé la venue du Messie, et qui successivement avaient repoussé leur Seigneur ou leur Maître pour se tourner vers les Baals, leur Époux pour commettre l’adultère par des alliances impies avec les nations païennes, leur Roi, en le rejetant dès l’époque de Samuel, et en le clouant plus tard à la Croix. La gravité de ce triple rejet allant crescendo, les trois PARABOLES DU RETARD sont bien pour Israël.

Quand le peuple infidèle sera converti, il devra refaire le chemin, en sens inverse, — cette fois par la voie droite, et proclamer d’abord son Roi de gloire après avoir bafoué son Roi « doux et humble de cœur »; aimer d’un cœur nouveau, son Époux magnifique, après l’avoir répudié pour épouser les mœurs des nations (Jérémie, ch. 2 et 3 ; Ézéchiel, ch. 16) ; obéir à son Maître, adorer son Seigneur, après l’avoir renié pour se prosterner devant les idoles muettes (Jérémie, ch. 2 et 3 ; Osée, ch. 2) . Alors Israël reconnaîtra son Roi, son Époux et son Maître ou Seigneur. Le Fils de l’homme méconnu, sera enfin acclamé sous ces titres, admirables et familiers tout à la fois, que les paraboles rendent si vivants.

Pour nous, qui sommes les membres du Corps du Christ, l’Église, ces paraboles sont également chargées d’actuelle responsabilité. Nous le disions les chrétiens n’attendent plus, comme les serviteurs paresseux ; ils dorment, comme les vierges folles, et renient leur roi comme les intendants négligents, sous le fallacieux prétexte que Jésus a dit « Mon royaume n’est pas de ce monde. ».

I – MON MAÎTRE TARDE A VENIR … (ou la venue du Maître)

Dans ces PARABOLES DU RETARD, Jésus oppose deux attitudes contradictoires celle de la fidélité dans la vigilance, à celle de la lâcheté dans la négligence.

« Que vos reins soient ceints et vos lampes allumées, et soyez vous-mêmes semblables à des hommes qui attendent leur maître (ou leur seigneur) à quelque moment qu’il revienne des noces, afin que, quand il viendra et qu’il heurtera, ils lui ouvrent aussitôt.

« Bienheureux sont ces serviteurs, que le maître, quand il viendra, trouvera veillants.

« En vérité, je vous le dis, il se ceindra et les fera mettre à table, et, s’avançant, il les servira.

« Et s’il vient à la seconde veille, et s’il vient à la troisième, et qu’il les trouve ainsi, bienheureux sont ces serviteurs-là…

« Mais, si ce serviteur dit en son cœur MON MAITRE TARDE A VENIR et qu’il se mette à battre les serviteurs et les servantes, à manger, à boire et à s’enivrer, le maître de ce serviteur viendra an un jour qu’il n’attend pas et à une heure qu’il ne sait pas, et il le coupera en deux, et lui donnera sa part avec les infidèles » (Luc 12. 36-38; 45-46).

Dans saint Marc, Jésus insiste davantage encore sur l’incertitude du temps de son retour : « Veillez donc, car vous ne savez pas quand le maître (le seigneur) de la maison viendra, ou le soir, ou à minuit, ou au chant du coq, ou au matin; craignez qu’arrivant tout à coup, il ne vous trouve endormis. « Or ce que je dis à vous, je le dis à tous : « VEILLEZ » (Marc 13. 34-37). Se lasser de l’attente, s’endormir, abandonner les veilles, battre les humbles esclaves, mérite au mauvais serviteur le châtiment, le rejet, et même la mort terrible : « Il le coupera en deux »….

La nuit romaine comptait quatre veilles de trois heures ; c’est d’elles qu’a parlé le Seigneur :

Le maître peut revenir :

ou le soir, de 18 heures à 21 heures ;

ou au milieu de la nuit, de 21 heures à minuit ;

ou au chant du coq, de minuit à 3 heures ;

ou le matin, de 3 heures à 6 heures.

Quelque soit le temps, l’ordre est absolu : « VEILLEZ ! »

II – COMME L’ÉPOUX TARDAIT… (ou la venue de l’époux)

Le retard de l’EPOUX fait partie des « du Royaume des Cieux », c’est-à-dire du temps qui doit s’écouler jusqu’à la venue de son Règne. Jésus compare ceux qui attendent le Royaume à dix vierges qui ont leurs lampes allumées et qui sortent à la rencontre de l’époux; or, ces vierges sont différentes, non par la tenue extérieure, mais par les dispositions intérieures du cœur. Cinq sont sages ou prudentes ; cinq sont folles ou insouciantes. Cinq ont une provision d’huile; cinq se sont contentées de garnir leur lampe sans avoir de réserve. « COMME L’EPOUX TARDAIT toutes s’assoupirent et s’endormirent. »

Notre Seigneur Jésus, en relatant cette parabole, évoque la coutume orientale de la cérémonie nuptiale. La jeune fiancée, qui va contracter mariage, doit quitter sa maison elle est conduite par un cortège de suivantes au-devant de l’époux, qui vient généralement sans tarder. La rencontre se fait dans la soirée, d’où la coutume de se munir de lampes, de ces petites lampes de terre ou de bronze dont la faible capacité nécessite la ressource — si l’on est sage — d’une fiole d’huile de réserve.

Mais ici l’attente est longue…, et puis, tout à coup, au milieu de la nuit, un cri retentit : « Voici l’époux, sortez à sa rencontre ! » Alors toutes les vierges se lèvent et apprêtent leurs lampes. Les folles disent aux prudentes : « Donnez- nous de votre huile, car nos lampes s’éteignentMais les prudentes répondent : « Non, de peur qu’il n’y en ait assez pour nous et pour vous ; allez plutôt vers ceux qui en vendent, et achetez-en pour vous-mêmes. » Or, comme elles s’en vont pour en acheter, l’époux vient ; celles qui sont prêtes entrent avec lui dans la salle des noces, et la porte est fermée. Lorsque, plus tard, les autres vierges se présentent à leur tour, disant « Seigneur, Seigneur, ouvre-nous ! » l’époux leur répond : « En vérité, je vous le dis, je ne vous connais pas. » Et, à nouveau, Jésus ajoute : « Veillez donc, car vous ne savez ni le jour, ni l’heure » (Matth. 25. 13).

A cette heure solennelle du deuxième Avènement, une « mise à part », une séparation radicale est indiquée entre les dix Vierges, comme au temps du déluge entre la famille de Noé et ceux qui furent submergés par les eaux. Oui, cette séparation se renouvellera.

« En cette nuit-là :

De deux qui seront dans un même lit,

L’un sera pris — l’autre laissé.

De deux femmes qui moudront ensemble,

L’une sera prise — l’autre laissée.

De deux hommes qui seront dans un champ,

L’un sera pris —- l’autre laissé » (Luc 17. 34-35).

Apparemment rien ne distingue entre elles les vierges endormies, les deux dans un même lit, les femmes à la meule, les hommes dans le champ. Mais soudain un grand cri, et tout change ! Les uns sont pris, les autres laissés, ou même repoussés. La différence entre eux n’était pas extérieure, mais intérieure. Voilà ce qui est profondément grave. Il ne suffit pas que les lampes aient été allumées, il faut qu’elles brûlent encore lorsque le Christ vient. La faiblesse humaine peut assoupir nos corps, mais le cœur doit veiller, la lampe de la foi, de l’attente du Retour du Christ, devrait être toujours alimentée par une espérance vivante.

Certes beaucoup de chrétiens entendent parler de ce Retour et du Règne du Christ. Certains croient avec joie, et puis la contradiction vient : la flamme baisse; et puis c’est le mépris, la moquerie la lampe fume ; et puis la crainte des hommes, la crainte de « l’hérésie » : la lampe s’éteint ! Comme la semence, jetée sur le chemin, est dévorée par les oiseaux du ciel, enlevée par Satan, de même l’espérance qui n’a pas étendu ses racines, n’est pas vivante. Le diable l’arrache du cœur. Or, ce que nous disons du Retour du Christ s’entend de toute la Parole de Dieu. Si elle n’est pas pour nous une révélation, une source de vie, mais une lecture que l’on prend et que l’on abandonne, que l’on juge, ou que l’on critique, sachons qu’elle sera ténèbres et non lumière.

III- LONGTEMPS APRÈS … IL REVIENT (ou le retour glorieux du Roi)

« Un homme de haute naissance s’en alla dans un pays lointain pour être investi de la royauté et revenir ensuite… Or, ses concitoyens le haïssaient, et ils envoyèrent une ambassade après lui, pour dire : « Nous ne voulons pas que cet homme règne sur nous » (Luc 19. 12-14).

« Cet homme », c’est Jésus. Il va en pays lointain ; il remonte près du Père, afin de se faire investir de la royauté et revenir ensuite pour régner, mais LONGTEMPS APRÈS », lisons-nous dans saint Matthieu (25. 19 : «Longtemps après, le maître de ces serviteurs revint, et leur fit rendre compte »). Or, avant son départ, ce prince héritier avait remis dix mines à dix de ses serviteurs, une mine à chacun, en leur disant « Faites-les valoir jusqu’à ce que je revienne. » Mais, en son absence, certains craignent son retour et redoutent son autorité royale. C’est alors qu’une ambassade est envoyée pour faire connaître leur opposition : « Nous ne voulons pas que cet homme règne sur nous. » Cette haine, celle des concitoyens de Jésus, a continué à travers les temps. Les esprits révoltés, les volontés perverses, n’ont cessé de répéter : « Nous ne voulons pas que cet homme règne sur nous. »

« Cet homme ! » Mais c’est le mot de Pierre, reniant son maître ; c’est celui de Pilate, le montrant à la foule hurlante « Voilà l’homme », et quand il ajoute « C’est votre roi », les cris redoublent : « Qu’il meure ! Qu’il meure ! Crucifie-le ! » (Jean 19. 14-15).

Le même cri retentit depuis Samuel, et surtout depuis dix-neuf siècles « Nous NE VOULONS PAS QUE CET HOMME RÈGNE SUR NOUS ! » Et cependant : « IL FAUT QU’IL RÈGNE » (1 Cor. 15. 25).

Quelle discordance entre ces deux vouloirs qui ont partagé Israël et partagé la chrétienté. Les uns disent « Nous ne voulons pas qu’Il règne ! » ; la majorité accepte qu’Il règne « spirituellement », et quelques-uns seulement, avec foi, prient en comprenant ce qu’ils demandent : « Que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. » La dispute est animée sur la terre. La haine et l’amour, l’indifférence et l’espérance, se livrent un combat violent au sujet du Roi qui vient. « Nous ne voulons pas ! » — « Nous voulons bien…, mais qu’Il n’en demande pas trop !… » — « Que ton règne vienne ! ».

Quand le Roi est de retour, ayant été investi de l’autorité royale, il fait appeler les intendants auxquels il a donné 1’argent, afin de savoir quel profit chacun en a tiré. Il récompense les uns et il punit les autres, selon qu’ils ont bien ou mal géré les sommes qui leur ont été confiées. Et il ajoute cette sentence terrible : « Quant à ces gens qui me haïssent et qui n’ont pas voulu que je règne sur eux, amenez-les moi ici, et tuez-les en ma présence » (Luc 19. 27).

Cette attitude de roi oriental, que Jésus assume dans la parabole, est la figure des redoutables jugements qu’Il prononcera au dernier jour ; elle demeure dans le sillage prophétique. Et c’est pourquoi, dans saint Matthieu, après la parabole des intendants, Jésus ajoute aussitôt : « Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire, et tous les anges avec lui, alors Il s’assiéra sur le trône de sa gloire. Toutes les nations seront assemblées devant lui, il séparera les uns d’avec les autres, comme un berger sépare les brebis d’avec les boucs. »

L’annonce du « jugement des nations » suffit à prouver que les trois paraboles qui précèdent se rapportent toutes au Retour du Christ et non à notre mort individuelle. Comprenons-nous combien les esprits ont été faussés par les applications purement accommodatrices que l’on a faites de ces paraboles ? Jusqu’au IVe siècle, on n’a jamais pensé que le Retour du Christ soit notre mort ; jamais on n’aurait dit de la mort qu’ « elle vient comme un voleur ». Cette expression évangélique était exclusivement réservée à l’Avènement du Christ, qui viendra à l’improviste, soudainement, comme le voleur dans la nuit. Mais, en considération de la faiblesse humaine, du détestable « moi » qui fait des mystères les plus sublimes « sa chose », à cause de notre apathie pour le bien et de notre grande aptitude pour le mal, au lieu de maintenir la tradition, peu à peu les Pères de l’Eglise saint Jérôme et saint Augustin les premiers, puis les prédicateurs du moyen âge, commentèrent ces paraboles en fonction de la mort. Ils essayèrent d’effrayer les chrétiens par la pensée de la venue du Juge, à notre dernier jour, au lieu de réjouir les cœurs de la venue du Roi, au dernier jour de l’âge présent.

Or, quand Jésus se compare au « Voleur » dans la nuit, comme au Maître, à l’Epoux au Roi qui revient à l’improviste après s’être fait attendre longtemps, il parle de toute autre chose que de la mort individuelle, qui, elle, porte un caractère de punition du péché. C’est bien de son deuxième Avènement, de la résurrection des justes, de la restauration de la terre, qu’il s’agit, après la longue veille des siècles, donc d’une immense joie.

La gloire de Jésus — notre Sauveur bien-aimé sera manifestée en ce jour-là. Notre mort nous intéresse-t-elle donc plus que la gloire de notre Christ, pour que nous rapportions tout à elle ? L’attente du Christ n’est pas une abstraction métaphysique, c’est une réalité admirable. La « bienheureuse espérance » (Tite 2. 13), a une emprise formidable sur les âmes qui croient, aiment et attendent leur Maître, leur Epoux, leur Roi. Voici, cependant, ce qu’écrivait le Cardinal Billot « Il faudrait être bien solidement retranché dans la région des abstractions, où l’esprit s’exerce sur des entités purement métaphysiques, pour s’imaginer que l’éventualité d’une chose — (le retour du Christ) — que l’on sait pouvoir arriver aussi bien dans mille, ou deux mille ans, que dans cent, dans vingt, dans dix ou dans cinquante ans, aura jamais sur les hommes réels de chair et d’os, une action, une influence, une emprise quelconque ».

Nous osons affirmer le contraire… Si la gloire du Christ, qui sera manifestée à sa Parousie, n’est pas capable de nous soulever, n’est pas susceptible de nous faire oublier toutes nos « comptabilités spirituelles », et notre mort, et même notre propre bonheur, c’est que nous sommes indignes de connaître : « la largeur et la longueur, la profondeur et la hauteur » du mystère du Christ. Demeurons alors dans les chemins battus d’une bonne petite vie, pour une bonne petite mort ! Dormons, après avoir enfoui notre talent dans la terre !… Personne ne nous contredira. Confortable position des chrétiens moyens… Mais… seront-ils jamais des « veillants » ?

Et ne pas être « veillants », c’est s’entendre dire « Je ne vous connais pas ! ».

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La plus grande horloge du monde veut remplacer l’heure de Greenwich par l’heure de La Mecque : L’accomplissement de la prophétie de Daniel? http://www.blogdei.com/10236/la-plus-grande-horloge-du-monde-veut-remplacer-lheure-de-greenwich-par-lheure-de-la-mecque-laccomplissement-de-la-prophetie-de-daniel/ http://www.blogdei.com/10236/la-plus-grande-horloge-du-monde-veut-remplacer-lheure-de-greenwich-par-lheure-de-la-mecque-laccomplissement-de-la-prophetie-de-daniel/#comments Sat, 14 Aug 2010 22:42:12 +0000 nicolas http://www.blogdei.com/?p=10236

Le Parisien

NDLR: Se peut-il que l’Islam soit cette 4e bête de Daniel 7 v.23 et que nous assistions avec cette le lancement le premier jour du ramadan 2010 et cette tentative de redéfinition de l’heure mondiale (Maccah Mean Time à la place de Greenwich Mean Time) et de la Loi (avec la Charia) à l’accomplissement de ce verset de Daniel 7:25: « Il prononcera des paroles contre le Très-Haut, il opprimera les saints du Très Haut, et il espérera changer les temps et la loi; et les saints seront livrés entre ses mains pendant un temps, des temps, et la moitié d’un temps… » Cette gigantesque pendule, 6 fois plus grosse que Big Ben ne ressemble pas à un signe anodin.

La Mecque veut remettre les pendules à l’heure. Depuis plusieurs mois, 250 ouvriers musulmans sont à pied d’oeuvre pour la construction d’une horloge géante, qui dominera la Grande mosquée du haut d’une tour en plein coeur de la ville Sainte.

Un projet architectural complètement pharaonique, qui, une fois achevé, permettra à des millions de fidèles du monde entier de régler leurs montres… à l’heure de la Mecque. «La vraie», affirment certains religieux musulmans, qui, arguments «scientifiques» à l’appui, ont décrété que l’heure de La Mecque était le véritable temps moyen par rapport à celui de Greenwich…

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La 70° semaine de Daniel (Suite) par R. Chasles http://www.blogdei.com/10050/la-70%c2%b0-semaine-de-daniel-suite-par-r-chasles/ http://www.blogdei.com/10050/la-70%c2%b0-semaine-de-daniel-suite-par-r-chasles/#comments Wed, 04 Aug 2010 16:05:50 +0000 colibri http://www.blogdei.com/?p=10050

NDE:

Ce texte (suite du précédent), est donné dans le but de permettre une juste appréhension de la « totalité » de la pensée de l’auteur sur ce sujet, sans que cela veuille dire que cette thèse a valeur de vérité.

1 Thessalonissiens 5. 21 : « Examinez toutes choses »


Nous nous souvenons que c’est à un Juif, déporté en Babylonie, à Daniel, que fut transmise par l’ange Gabriel l’une des plus importantes, et la plus étonnante peut-être, – des prophéties de l’Ancien Testament : celle les 70 Semaines d’années.

Elle comprend trois parties : les deux premières, formées de 7 et de 62 semaines d’années se succédant sans interruption, nous ont conduits du décret d’Artaxerxés 1er, en date du 14 mars 445 avant notre ère, jusqu’au jour de l’entrée solennelle du Seigneur Jésus à Jérusa1em, le 2 avril 30 de l’ère nouvelle105 .

Nous avions réservé l’étude de la troisième partie la 70esemaine, puisque, historiquement, elle n’a pas eu encore son développement.

Comment expliquer une telle solution de continuité entre les deux dernières semaines de ce prophétie ?

Nous savons déjà que le temps des Actes a été un « délai » accordé à Israël, et qu’ensuite une grande parenthèse s’est ouverte dans le plan divin, tel qu’il avait été révélé aux prophètes de l’Ancien Testament. La nation juive ne s’est pas repentie, et l’olivier franc qui la figurait a été coupé. La plénitude du mystère de l’Eglise, qui est le corps du Christ, a été révélée ; mais l’accomplissement de la prophétie reste en suspens aussi longtemps qu’Israël est dispersé. Dès lors, a 70esemaine d’années ne pouvait pas suivre la 69e, sans interruption. Un intervalle est d’ailleurs insinué par le texte même de Daniel (9.26).

« Après les 62 semaines (la fin de la deuxième période de la prophétie), un Oint le Messie) sera retranché et personne pour lui106. Le peuple d’un chef qui viendra détruira la ville et le sanctuaire107, et sa fin (la fin de la ville) arrivera comme par une inondation (destruction violente et rapide), et jusqu’à la fin il y aura guerre, un décret de désolation ». Il y aura guerre, pour les Juifs principalement en vue ici, et un « décret de désolation » pour la terre d’Israël.

Si la nation juive, tout entière, avait cru à 1’Evangile, Jérusalem aurait été prise par les nations coalisées, après la bataille d’Harmaguédon (Apoc. 16. 14-16), mais elle aurait été merveilleusement délivrée par la venue glorieuse du Seigneur. Tout ce qu’avait prédit le prophète Zacharie se serait alors accompli.

« Je rassemblerai toutes les nations (dit l’Eternel) Pour qu’elles attaquent Jérusalem La ville sera prise, les maisons seront pillées et les femmes violées ;

La moitié de la ville ira en captivité, Mais le reste du peuple ne sera pas exterminé de la ville. L’Eternel paraîtra, et il combattra ces nations… Ses pieds se poseront en ce jour sur la montagne des oliviers,

Qui est vis-à-vis de Jérusalem, du côté de l’orient.

Et l’Eternel, mon Dieu, viendra, et tous ses saints avec lui » (Zach. 14. 1-5).

Mais il n’en a pas été ainsi. Cette prophétie attend encore son accomplissement, par la faute d’Israël.

Sept années figure anticipée de la 70esemaine se sont écoulées après le temps des Actes et elles se sont terminées par la prise de Jérusalem, non pas en vue de sa délivrance. miraculeuse et du retour du Seigneur avec les saints, mais en vue de la dispersion des Juifs à travers toutes les nations de la terre108.

La 70esemaine de Daniel ne commencera donc qu’au temps où le Dieu d’Abraham reprendra son plan avec son peuple, quand la grande parenthèse du « mystère caché de tout temps en Dieu » sera fermée.

Cette dernière semaine d’années marquera la fin du « présent âge mauvais » (Gal. 1.4). Elle verra se dérouler tout ce qu’annonce Daniel au dernier verset de la prophétie. (9. 27).

En voici la traduction très littérale :

« Alors il (109) fera une solide alliance avec beaucoup pour une semaine. Et au milieu de la semaine, il fera cesser le sacrifice et l’offrande, et (placera) sur le flanc (de l’autel) des abominations de désolation110, et cela jusqu’à ce qu’un arrêt de destruction s’abatte sur le désolateur. »

Ce « chef qui viendra », celui qui fera d’abord alliance avec les Juifs et soutiendra leurs revendications, se retournera contre eux au milieu de la semaine, au bout de trois ans et demi ; il traitera alors de « chiffons de papier » tous ses engagements. Après avoir aidé les Juifs rassemblés en Palestine à reconstruire le temple, il persécutera l’ « Israël de Dieu » et fera cesser le sacrifice et l’offrande dans le sanctuaire rétabli il interdira la célébration du culte et profanera l’autel, des holocaustes.

Bien plus, il soutiendra les « sans-Dieu » et l’apostasie ; il sera « l’homme du péché, le fils de la perdition, l’adversaire qui s’élève au-dessus de tout ce qu’on appelle Dieu ou de ce qu’on adore, jusqu’à s’asseoir dans le temple de Dieu, se proclamant lui-même Dieu » (II Thess. 3.4).

Il fera de lui-même une idole pour ceux qu’il aura fanatisés, et cette idole sera adorée jusque dans le temple de la ville sainte. Par qui sera-t-elle adorée ? —— L’Apocalypse nous donne la plus complète réponse : par ceux qui se seront laissés séduire, et qui auront reçu la marque de la Bête (Apoc. 13).

En effet, le « chef qui viendra » est assurément celui que Jean, à Patmos, a vu comme « la bête qui monte de la mer », c’est-à-dire qui s’élève par ses intrigues et son esprit de domination du milieu des peuples, toujours agités comme les flots de la mer. La figure est constante dans la prophétie.

Mais cette manifestation n’aura lieu qu’au milieu de la 70esemaine Daniel 9.27), quand « le dragon (111) lui donnera sa puissance et son trône et une grande autorité » (Apoc. 13.2).

Alors, tous ceux des « habitants de la terre » qu’il séduira se prosterneront devant lui, parce que, lui, se sera d’abord prosterné devant « le prince de ce monde », en acceptant de faire le geste que le Christ à refusé, lors de la tentation, c’est-à-dire de l’adorer, pour recevoir, de lui, « la puissance et la gloire de tous les royaumes », qu’il donne à qui il veut.

Le « chef qui viendra » est donc aussi celui qui fera « la guerre aux saints », au reste fidèle d’Israël, prêt à reconnaître son Messie, et à tous ceux des nations qui rejetteront la politique de « la main tendue ».

Alors l’Etat totalitaire, gouverné par ce chef, sera tout- puissant. Pour vivre, pour avoir le droit 1e subsister, il faudra être au nombre des adorateurs de la Bête et recevoir sa marque, son nom, ou le nombre de son nom, soit sur la main droite travailleurs manuels, soit sur le front (travailleurs intellectuels). Faute de quoi, il ne sera permis à personne d’ « d’acheter ni de vendre »; la vie matérielle deviendra impossible. Ce sera « le temps de la patience et de la foi des saints»(112).

L’état de choses que nous avons constaté au cours de nos voyages en Russie soviétique, comme celui que nous avons tous connu pendant l’occupation nous permettent de comprendre comment un Etat totalitaire – qu’il soit communiste ou fasciste — a autorité et puissance sur la nation entière.

Son chef a pouvoir de vie ou de mort, non seulement par la manière forte mais par la «manière lente ». En refusant la « carte individuelle » à tous ceux qui n’admirent pas sa politique, il les condamne à manquer de tout, à perdre tous les moyens de vivre113 .

Cependant on peut penser qu’il se créera, pendant la grande Tribulation, des îlots de résistance contre la bête, comme s’est constitué le « maquis », pour la résistance française aux exigences de l’occupant. Ce maquis ne sera- t-il, pas le «désert », dont il est souvent parlé comme refuge pour les Juifs rassemblés en Palestine à cette époque ?

N’est-ce pas là que l’Epouse de l’Eternel, si longtemps séparée de son époux sera conduite ?

« Je veux l’attirer et la conduire au désert » (dit l’Eternel) et je parlerai à son coeur » (Osée 2.16)

Dans l’apocalypse – au moment où commence la seconde partie de la 70esemaine – le dragon poursuit la femme (Israël) qui a enfanté l’enfant mâle, le Christ. Mais alors les deux ailes du grand aigle sont donnes à la femme afin qu’elle s’envole au désert, où elle sera nourrie « un temps, des temps et la moitié d’un temps » loin de la face du serpent (Apoc. 12.13-14)

En ces jours de tribulation, la demande du pain quotidien sera celle d’un miracle. Mais Dieu le fera pour ses saints. Pendant les trois ans et demi que dura la grande famine, au temps d’Elie le prophète ne fut-il pas nourri par une constante intervention de Dieu ?

L’Eternel dit à Elie : « Cache-toi.., j’ai ordonné aux corbeaux de te nourrir, et les corbeaux lui apportaient du pain et de la viande, le matin, et du pain et de la viande, le soir ». Plus tard, il lui dit encore : « Lève-toi va à Sarepta… j’y ai ordonné à une femme de te nourrir (I Rois 17. 2-15).

Ainsi Dieu nourrira « au désert » ceux qui, au péril de leur vie, refuseront de prendre la marque de la Bête et seront privés par elle de tout droit d’acheter et de vendre en ces jours-là.

Mais ce temps aura une fin. Sa durée est comptée dans la prophétie. Il se terminera par « un arrêt de destruction qui s’abattra sur le désolateur » (Daniel 9. 27).

N’est-ce pas ce qu’annonce Isaïe, en parlant du Messie « Du souffle de ses lèvres, il fera mourir le méchant » (Isaïe 11. 4).

Et le psaume 110 « Le Seigneur, à sa droite, Brisera les rois au jour de sa colère… Il brisera le chef d’un grand pays. » Ces textes ne concernent-ils pas « le désolateur » sur lequel « s’abattra un arrêt de destruction » ? N’ont-ils pas leur écho dans l’annonce de saint Paul ausujet de « l’impie que le Seigneur Jésus détruira par le souffle de sa bouche, et anéantira par l’éclat de son avènement» ? (II Thess. 2. 8).

Donc, sa fin coïncidera avec le Retour glorieux du Christ.

Or, ce « chef qui viendra s est désigné, en hébreu, par le titre de « naghid », c’est-à-dire par le terme même que l’ange Gabriel a employé pour annoncer « le Messie, le chef» (verset 25). Il voudra, à la fois, contrefaire le Christ et s’opposer à lui, comme le Faux Prophète qui sera le ministre de sa propagande114 a été vu par Jean, dans l’Apocalypse (13. 11), avec les deux cornes d’un agneau (le Christ), mais proférant des paroles de blasphème comme un dragon (Satan).

Il sera donc bien celui qui dirigera le grand mouvement de révolte « contre l’Eternel et contre son Christ » (Ps. 2. 2), celui que saint Jean a désigné sous le nom l’antichrist (I Jean 2. 18-23).

« Anti » contre, et non ante, qui, en latin, signifie : avant. Il est vrai que l’Antichrist viendra avant le retour du Christ, mais le terme est grec, et il faut lui laisser l’orthographe et le sens qu’il a dans cette langue. Anti-Christ veut dire « qui est contre le Christ ».

La 70esemaine comprendra donc deux parties, ou deux temps, dont le décompte est fait à plusieurs reprises dans le livre de Daniel et dans l’Apocalypse.

Trois ans et demi de préparation à la domination mondiale de l’Antichrist, pendant lesquels il s’appuiera sur les Juifs qui l’aideront à faire triompher sa politique.

Trois ans et demi, soit 42 mois ou 1.260 jours, — après la rupture de l’alliance conclue avec eux. Ce sera alors le règne impie de la Bête qui fera « la guerre aux saints » (Apoc. 13. 5-8)115 .

C’est cette deuxième période qui sera le temps de la Grande Tribulation pour Israël (détresse de Jacob).

En effet, les Juifs et principalement ceux qui seront revenus en Palestine, connaîtront alors un temps d’effroyable angoisse, mais il sera la manifestation de la miséricorde de Dieu sur son peuple, afin de le purifier et de le préparer à reconnaître son Messie.

Entendons les paroles de l’Eternel, par le prophète Jérémie (30. 5-7), « sur Israël et sur Juda »

« Un cri d’effroi s’est fait entendre, l’épouvante au lieu de la paix. Dites, voyez, un môle enfante-t-il? Pourquoi donc vois-je tous ces hommes Leurs mains sur les reins comme une femme qui enfante, et sur tous les fronts la pâleur ? Malheur ! Car il est grand ce jour, il n’a pas son pareil. Temps de détresse pour Jacob mais il en sera délivré. »116

« Alors, dit Ezéchiel, vous vous souviendrez de votre conduite qui était mauvaise, et de vos actions qui n’étaient pas bonnes, vous vous prendrez vous-mêmes en dégoût, à cause de vos iniquités et de vos abominations» (Ezéch. 36. 31). « Ils passeront la mer de détresse », dit aussi le prophète Zacharie (10. 11).

Or, le terme hébreu employé par Jérémie et par Zacharie, traduit ici par « détresse », est tsârâh, qui correspond au grec thlipsis, traduit ordinairement par « tribulation ».

Les paroles de l’Eternel que Jérémie vient de faire entendre « Malheur, car il est grand ce jour, Il n’a pas son pareil » correspondent à celles de Daniel « Ce sera une époquede tribulation, telle qu’il n’y en a pas eu depuis que les nations existent jusqu’à cette époque »(12.1).

Elles annoncent les paroles du Seigneur Jésus lui- même :

« Lorsque vous verrez l’abomination de la désolation, dont a parlé le prophète Daniel, établie en lieu saint – que celui qui lit fasse attention !- alors la tribulation (thlipsis) sera grande, comme il n’y en a pas eu depuis le commencement du monde jusqu’à présent et qu’il y en aura jamais » (Matth. 24. 15-21).

Mais cette « tribulation » si grande (thlipsis encore au v. 29), si angoissante, conduira à l’avènement glorieux du Fils de l’homme, dont les anges rassembleront les élus « des quatre vents, d’une extrémité des cieux jusqu’à l’autre ».

Ce temps de « tribulation » sera donc bien, pour le reste fidèle d’Israël (117), celui où se formera la nation nouvelle en vue du Royaume, un temps à la fois d’expiation et de purification.

« Dans tout le pays, dit l’Eternel,

Les deux tiers seront exterminés, périront,

Et l’autre tiers restera.

Je mettrai ce tiers dans le feu,

Et je le purifierai comme on purifie l’argent,

Je l’éprouverai comme on éprouve l’or.

Il m’invoquera, et je l’exaucerai ;

Je dirai : c’est mon peuple !

Et il dira : l’Eternel est mon Dieu » (Zach 13.8-9)

Il n’en de même pour les Nations, pour ceux que l’Apocalypse appelle « les habitants de la terre », et qui auront adoré la Bête et porté la marque de son nom.

Pour eux, un autre mot est employé : en hébreu, zaam ; en grec, orghè, « la colère ».

La deuxième partie de la 70esemaine, – qui sera un temps de tribulation pour Israël ; mais dont il sera délivré, finira par le temps de la colère, pour les nations ralliées à l’antichrist.

Ce sera celui des « sept coupes de la colère de Dieu » (Apoc. 16.1), versées sur la terre, non en vue de l’expiation mais du jugement.

Alors, « les rois de la terre, les grands, les chefs militaires, les riches, les puissants, tous les esclaves et les hommes libres » se cacheront « dans les cavernes et dans les rochers des montagnes ». Ils y chercheront abri pendant les effroyables alertes, – imaginons ce qu’elles pourront être au temps des bombes atomiques ! Et ils diront aux montagnes et aux rochers : »Tombez sur nous et cachez-nous devant la face de celui qui est assis sur le trône, et devant la colère de l’agneau, car le grand jour de sa colère est venu, et qui peut subsister ? » (Apoc.6.15-17)

Ne seront sauvés de la colère à venir que les mis-à-part, les martyrs et les saints de la Tribulation, les véritables adorateurs de Dieu et de l’Agneau.

Pour Israël, les 144000 marqués sur le front du sceau des serviteurs de Dieu ;

Pour les nations, ceux de tout le peuple et de toute langue qui auront résisté jusqu’au sang plutôt que d’accepter la marque de la Bête.

Ceux-là – une grande foule que personne ne peut compter, – Jean les a vus, par avance, devant le trône de Dieu et devant l’agneau, revêtus de robes blanches et des palmes dans leurs mains.

Et il ajoute : «L’un des vieillards (un des anciens assis autour du trône) prit ‘la parole et me dit : Ceux “qui sont revêtus de robes blanches, qui sont-ils ? Et d’où sont-ils ? Je lui dis Mon Seigneur, tu le sais. Et il me dit : Ce sont ceux qui viennent de la GRANDE TRIBULATION ; ils ont lavé leurs robes et ils les ont blanchies dans le sang de l’agneau.» (Apoc. 7).

Ceux qui viennent ainsi de la Grande Tribulation sont les « vainqueurs », dont la foi, la patience, les souffrances, sont décrites dans les lettres aux sept églises. Ils ont tous reçu de précieuses promesses, de la bouche même du Seigneur glorifié. A chacun d’eux il a donné aussi une grande assurance, qui les a soutenus aux jours les plus sombres et les plus terribles du règne de la Bête : «Parce que tu as gardé la parole de ma patience, moi aussi je te garderai de l’heure de la tentation qui va venir sur le monde entier pour éprouver les habitants de la terre. Je viens bientôt » (Apoc. 3. 10-11).

Ces « vainqueurs » ont compris qu’ils avaient une arme toute puissante, la prière, et ils n’ont cessé de crier vers Dieu pour que son règne vienne, et que sa volonté soit faite sur la terre comme au ciel.

Ne pouvant ni acheter, ni vendre, parce qu’ils ont refusé d’adorer la Bête, ils ont demandé le pain de leur subsistance et ils l’ont reçu, en secret de la main de leur Père.

Ils l’ont supplié de les garder de l’heure de la tentation (118) et de pas permettre qu’ils aiment leur vie jusqu’à craindre la mort. (Apoc 12.11).

Enfin ils ont prié chaque jour pour être délivré du malin, – qui sera lié au temps du royaume – et de celui qui a reçu sa puissance, et dispose des camps de torture et des fours crématoires pour supprimer ceux qui lui résistent.

N’oublions jamais que la grande prière, enseignée par le Christ à ses disciples, est, avant tout, la prière du royaume proche, donc des jours de la tribulation, qui doit précéder sa venue.

Mais à quels signes reconnaîtra-t-on la reprise du cours normal des réalisations prophétiques, le début de la 70° semaine ?

Plusieurs « signes » sont donnés, dans 1’Ecriture, pour connaître ce temps. D’abord celui de l’APOSTASIE des Etats et des masses populaires :

« Pour ce qui concerne l’avènement de notre Seigneur Jésus-Christ, …que personne ne vous séduise d’aucune manière, car il faut que l’apostasie soit arrivée auparavant » (II Thess. 2. 1-3.)

« Lorsque le Fils de l’homme viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? » (Luc 18.8).

Ensuite, les VICES, énumérés par saint Paul, et portés au paroxysme à la fin de l’âge présent :

« Dans les derniers jours, il y aura des temps difficiles. Car les hommes seront égoïstes, amis de l’argent, fanfarons, hautains, blasphémateurs ,rebelles à leurs parents, ingrat irréligieux, insensibles, déloyaux (littéralement : «qui ne tiennent pas leurs engagements » ),calomniateurs, intempérants, cruels, ennemis des gens de bien, traîtres, emportés, enflés d’orgueil aimant le plaisir plus que Dieu, ayant l’apparence de la piété, mais reniant ce qui en fait la force » (II Tim 3.1-5)119

Et puis, il y a les guerres et les famines, non pas pour quelques pays seulement, mais pour une grande partie du monde (Matth. 24.7).

On sentira que la terre est prête à se soumettre au règne de la Bête, à se courber devant elle, à la glorifier. « Je suis venu, disait Jésus, au nom de mon Père, et vous ne me recevez pas ; si un autre vient en son propre nom, vous le recevrez » (Jean 5.43) Cependant, de tous les signes, le plus sûr, le plus incontestable, c’est 1erassemblement d’Israël.

Oui, les Juifs dispersés doivent revenir sur leur terre, en vertu de la promesse formelle, donnée, sans conditions de la part des hommes, à et à sa postérité, avec le serment de l’Eternel. Un Etat Juif doit être rétabli autour de Jérusalem, sa capitale, en vue de l’âge à venir. Il n’est rien de plus sûr et de plus fréquemment rappelé et décrit dans la Bible, depuis la prophétie de Moïse que nous avons étudiée120.

Tout ce que Moïse a annoncé au sujet de la captivité, de la prise de Jérusalem, de la dispersion des Juifs à travers toutes les nations de la terre, s’est-il réalisé ? Oui, et littéralement. Eh bien, il en sera de même pour ce qui reste à accomplir.

« En ce temps-là, je vous ramènerai. En ce temps-là, je vous rassemblerai, Car je ferai de vous un sujet de gloire et de louange Parmi tous les peuples de la terre » (Soph. 3.20).

Le rassemblement d’Israël doit être achevé avant le dernier jour de la 70esemaine, tout au moins en ce qui concerne la majorité de la nation, comme il en était au temps des Actes.

Donc, le début de ce rassemblement est aussi le plus sûr indice de la reprise prochaine du plan de Dieu sur son peuple, pour les sept dernières années de l’âge actuel. Or, ce rassemblement a commencé, il y a quarante ans, et il a progressé rapidement sous les yeux de notre génération.

Le fait est là, incontestable : en Palestine, les juifs sont passés de 58000 en 1920 à 410000 en 1938.

Il reste la question du rétablissement national d’Israël, de la reconnaissance par les nations d’un Etat Juif. Or, l’idée est en marche. Voici ce que nous lisions récemment

« Les sionistes de France réclament la création immédiate d’un Etat Juif en Palestine. L’organisation des Sionistes généraux de France a tenu, du 17 au 23 janvier, son sixième Congrès national. A l’issue du congrès, auquel participèrent les délégués de toutes les villes de France, les résolutions suivantes ont été adoptées : Le congrès espère que, en vue de l’effroyable tragédie du peuple juif, les gouvernements français, anglais, américain et soviétique soutiendront efficacement les revendications légitimes du peuple juif, notamment :

a)la création immédiate d’un Etat juif dans les limites historiques de la Palestine ;

b)la reconnaissance de l’agence juive pour la Palestine comme gouvernement provisoire de l’Etat juif en Palestine ;

c)l’ouverture immédiate des portes de la Palestine pour une immigration massive de tous les Juifs désireux de s’y établir;

d)la reconnaissance de l’Agence juive pour la Palestine comme seul représentant qualifié du peuple juif à la future conférence de la paix. » (Le Monde, 11 février 1945.)

Nous croyons savoir que les Travaillistes anglais ont un projet pour permettre aux Juifs de se regrouper plus nombreux et plus rapidement.

En aout 1945, le Dr Chaine Weizmann, président du congrès d’organisation du mouvement sioniste mondial, a adressé une pressante requête aux « trois grands », en vus d’assurer l’établissement de l’état juif de Palestine. Il a déclaré : « C’est une nécessité impérative. Nous ne pouvons plus attendre ».

Il ajoutait que la guerre avait considérablement ralenti l’immigration (65000 juifs seulement ont pu rentrer depuis six ans), et qu’elle devait reprendre sans obstacles.

Le rétablissement national d’Israël peut donc être proche.

Il se fera, non à l’heure des hommes, mais à l’heure de Dieu : Jérusalem, ne sera plus foulée aux pieds par les nations et les temps des nations seront accomplis.

La grande vision des ossements desséchés qui se rapprochent les uns des autres – cette vision qu’eut Ezéchiel lorsque la main de l’Eternel fut sur lui doit se réaliser bientôt en plénitude (Ezéch. 37). Aucune interruption, comme celle de la guerre ou de l’opposition arabe, ne saurait pour longtemps l’entraver.

« Alors le signe du Fils de l’homme paraîtra dans le ciel, toutes les tribus de la terre se lamenteront et elles verront le Fils de l’homme, venant sur les nuées du ciel avec puissance et une grande gloire » (Matth. 24. 30).

Oui, toutes les tribus d’Israël se lamenteront alors, car «la maison de David et les habitants de Jérusalem » recevront « un esprit de grâce et de supplication », selon tout ce que l’Eternel a annoncé d’avance au prophète Zacharie :

« Ils tourneront les regards vers moi, celui qu’ils ont percé,

Ils pleureront sur lui comme on pleure sur un fils unique;

Ils pleureront amèrement sur lui, comme on pleure sur un premier-né,

En ce jour-là le deuil sera grand à Jérusalem. »

Mais aussi « En ce jour-là une source sera ouverte

Pour la maison de David et les habitants de Jérusalem,

Pour le péché et pour l’impureté » (Zach. 12. 10-14 ; 13. 1).

La conversion véritable et complète, non pas de tous les Juifs, mais de ceux qui sont la véritable postérité d’Abraham, du résidu fidèle, dont ont parlé tous les prophètes, sera magnifique. « Que sera leur réintégration, sinon une vie d’entre les morts ? » (Rom. 11. 15). Un peuple nouveau naitra, une nation nouvelle sera enfantée « en un seul jour » (Isaïe 66. 8). Ils reconnaîtront alors que Celui qui vient dans la gloire est bien Celui-là même qui parût d’abord dans l’humiliation et qui est mort sur la croix. La nation rétablie sera véritablement « née à nouveau », afin de voir le Royaume de Dieu (Jean 3. 3).

R. Chasles.


Notes :

105 Nouvelle chronologie désormais admise Jésus serait mort le 7 avril 30, et non en 33.
106 « et personne pour lui». Cette traduction paraît la plus satisfaisante parmi celles qui ont été proposées. Le Christ « est venu chez les siens, et les siens ne l’ont pas reçu » (Jean 1. 11).
107 Prise de Jérusalem et incendie du Temple par les légions romaines de Titus, en 70.

105 Nouvelle chronologie désormais admise Jésus serait mort le 7 avril 30, et non en 33.

106 « et personne pour lui». Cette traduction paraît la plus satisfaisante parmi celles qui ont été proposées. Le Christ « est venu chez les siens, et les siens ne l’ont pas reçu » (Jean 1. 11).

107 Prise de Jérusalem et incendie du Temple par les légions romaines de Titus, en 70.

108 Il y a donc ici un double plan prophétique, comme il est fréquent, et comme nous le voyons en comparant les paroles du Seigneur Jésus, annonçant, d’une part « l’abomination de la désolation dont a parlé le prophète Daniel établie en lieu saint», puis la grande Tribulation, immédiatement suivie de l’avènement du Fils de l’homme « venant sur le nuées du ciel avec puissance et grande gloire » (Matth. 24) ; et, d’autre part, Jérusalem assiégée par des armées, la colère de Dieu contre son peuple « emmené captif parmi toutes les nations ». et la ville sainte « foulée aux pieds par les nations jusqu’à ce que les temps des nations soient accomplis » (Luc 21).

109 « Il » désigne « le chef oui viendra » du v. 26, celui dont le peuple a détruit Jérusalem nous ne tarderons pas à l’identifier. Il paraît donc bien que ce chef appartiendra à un peuple établi dans les limites de l’ancien empire romain.

110 La traduction de ce passage présente quelques difficultés. Nous donnons celle que proposent les meilleurs hébraïsants.

111 « Le grand dragon, le serpent ancien, appelé le diable et Satan » (Apoc. 12. 9).

112 Apoc. 13. 10 ; 14.12. Ce sera « l’heure de la tentation » (Apoc. 3. 10).

113 Nous avons pu interroger à ce sujet des prêtres orthodoxes et catholiques, en URSS. En 1935, ils nous déclaraient que, privés de la carte d’alimentation (qui existait en Russie soviétique, même en temps de paix), ils ne vivaient que par les secours en nature que leurs paroissiens pouvaient leur procurer.

114 Le « faux prophète » (Apoc. 19. 20), appelé d’abord la Bête qui monte de la terre (Apoc. 13-11), sera, en effet, le véritable ministre de la propagande, sous le règne de la première Bête.

Imaginons quelle sera la puissance de cette propagande, effectuée avec tous les moyens dont on disposera alors. Les images, les statues de la Bête, parleront et diffuseront ses discours (Apoc. 13. 15). Ne suffira-t-il pas de mettre un haut-parleur dans la statue ou derrière l’image ? Alors, toute la radio, la télévision, comme toute la presse, les affiches et les tracts, seront à sa seule disposition. Aucune contre— propagande ne sera possible. Tous ceux qui n’adoreront pas l’image de la Bête seront mis à mort.

115 Il est très regrettable qu’une note de la Bible de CRAMPON, à Daniel 9. 27, confonde le temps de l’Antichrist avec l’ère messianique, et applique au Christ tout cc qui est annoncé de sou adversaire.

116 Traduction du R. P. CONDAMIN, Le Livre de Jérémie. Gabalda.

117 Il s’agit ici des 144.000 d’entre les tribus d’Israël (Apoc. 7. 1-8).

118 Dans le « Notre Père » le sens de 1a demande est « Ne nous laisse pas engager dans la tentation » c’est le « mode permissif », bien connu des hébraïsants. Le mot traduit par « tentation » est le même, en grec, que celui d’Apocalypse 3.10 et cette comparaison permet d’en bien fixer la signification.

119 Le Talmud a des déclarations curieuses sur le même sujet « Dans la génération qui verra la venue du fils de David, la jeunesse insultera ses aînés, les vieillards seront contraints de se lever devant leurs cadets, une fille se révoltera contre sa mère, une belle-fille contre sa belle-mère ; la face de cette génération sera comme celle d’un chien (pour l’impudence), un fils n’éprouvera aucune honte en présence de son père » (Sanh. 97 a).

120 Ces pages écrites en 1945 avaient une portée prophétique, nous les laissons dans leur intégrité. Un appendice va nous dire comment l’Etat Juif est né et quelles sont les transformations de la Palestine.

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Le temps des Nations: les 70 semaines de Daniel et la rigoureuse exactitude des mathématiques divines dans la Prophétie (R. Chasles) http://www.blogdei.com/9959/le-temps-de-nations-les-70-semaines-de-daniel-et-la-rigoureuse-exactitude-des-mathematiques-divines-dans-la-prophetie-r-chasles/ http://www.blogdei.com/9959/le-temps-de-nations-les-70-semaines-de-daniel-et-la-rigoureuse-exactitude-des-mathematiques-divines-dans-la-prophetie-r-chasles/#comments Thu, 29 Jul 2010 12:01:28 +0000 colibri http://www.blogdei.com/?p=9959

« Extrait du livre: Israël et les Nations »

Ndlr : ces pages furent écrites en 1945, c’est-à-dire avant la création de l’Etat d’Israël

Le peuple d’Israël est souvent comparé par les prophètes, et par le Seigneur Jésus lui-même, à une vigne choisie et plantée sur une terre fertile, entourée d’une haie et gardée par le veilleur de la tour, — une de ces tours de garde, bâties au milieu du vignoble, comme on en voit encore si souvent en Palestine (Ndlr: l’Etat d’Israël n’existait pas à l’époque de rédaction du livre) et en Syrie.

Le maître de la vigne s’attendait à ce qu’elle portât de bons fruits, et voici, elle n’en produit que de mauvais.

L’admirable prophétie d’Isaïe, le Cantique de la vigne, est bien suggestive:

« Je chanterai à mon bien-aimé

Le cantique de mon bien-aimé sur sa vigne.

Mon bien-aimé avait une vigne

Sur un coteau fertile.

Il en remua le sol, en ôta les pierres,

il y mit un plant délicieux;

Il bâtit une tour au milieu d’elle

Et y creusa aussi une cuve.

Puis il espéra qu’elle produirait de bons raisins,

Mais elle en o produit de mauvais.

Maintenant donc, habitants de Jérusalem et hommes de Juda,

Soyez juges entre moi et ma vigne !

Qu’y avait-il encore â faire â ma vigne

Que je n’aie pas fait pour elle?

Pourquoi, quand j’ai espéré qu’elle produirait de bons raisins,

En a-t-elle produit de mauvais ?

Je vous dirai maintenant

Ce que je vais faire à ma vigne !

J’en arracherai la haie, et elle sera broutée ;

J’abattrai sa clôture et elle sera foulée aux pieds ;

Je la réduirai en désert ; elle ne sera plus taillée, ni cultivée

Les ronces et les épines y croîtront ;

Et je commanderai aux nuées,

Afin qu’elles ne laissent plus tomber de pluie sur elle.

La vigne de l’Eternel des armées, c’est la maison d’Israël,

Et les hommes de Juda sont le plant qu’il chérissait.

Il s’attendait à la droiture, et voici du sang versé,

A la justice, et voici des cris de détresse »

(Isaïe 5. 1-7).

De quels soins le Seigneur n’a-t-il pas entouré le plant choisi ? Ce symbole de la vigne convenait particulièrement au peuple mis à part. En Orient, parmi les cultures, seules les vignes sont séparées et protégées par des haies ou des murs ; elles sont gardées avec soin. Ainsi l’Eternel avait entouré Israël et, de la tour de garde, il veillait sur lui (Is. 27. 2-5).

Lui-même, il parle à sa vigne et il l’interroge dans la prophétie de Jérémie :

« Je t’avais plantée comme une vigne excellente

Et du meilleur plant ;

Comment as-tu changé,

Dégénéré en une vigne étrangère ? »

(Jérémie 2. 21).

Comment ? Pourquoi cette dégénérescence d’Israël ? Le prophète Osée nous donne la réponse, à la fois la plus concise et la plus frappante :

« Israël était une vigne féconde

Qui rendait beaucoup de fruits.

Mais :

Plus ses fruits étaient abondants,

Plus il a multiplié les autels. »

Il s’agit des autels idolâtriques, consacrés, sur les hauts lieux, aux divinités étrangères (cf. Osée 8. 11).

« Plus son pays était prospère,

Plus il a orné ses statues. »

Oui, les statues de Baal se sont multipliées dans tout le pays, comme si l’idole donnait le pain et l’eau, la laine et le lin, l’huile des olives (Osée 2. 7-15).

« Leur cœur est partagé; ils vont en porter la peine.

L’Eternel abattra leurs autels, détruira leurs statues.

(Osée 19. 1-2).

«LEUR COEUR EST PARTAGÉ». Voilà l’essentielle réponse au « pourquoi ». L’expression est très forte en hébreu. Oui, leur cœur était partagé ; le peuple au cou roide, si constamment disposé aux murmures, ce peuple que Moïse trouvait très lourd à porter, voulait bien être à part des nations pour les privilèges que comportait cette séparation, nais il regimbait quand il s’agissait des commandements à observer, de la loi à accomplir, pour mériter ces privilèges.

Leur cœur était partagé entre l’Eternel qui les avait arrachés à la dure servitude de l’Egypte, conduits vers une terre choisie, admirablement fertile, et les cultes idolâtriques des Baals et des Astartés, les deux divinités protectrices des champs, des récoltes, de la fécondité des troupeaux.

Israël offrait de l’encens à l’Eternel et aux Baals: terrible partage ! Et, remarquons-le, c’est toujours en vue de la nourriture, du bien-être, de la vie plus facile, qu’il agit ainsi. Cependant, l’Eternel, pour éviter tout compromis, tout partage de leur cœur, leur avait fait dire et constamment répéter par Moïse, leur chef, au sujet des populations sataniques de Canaan :

« Tu ne traiteras point d’alliance avec ces nations; tu ne contracteras point de mariage avec ces peuples, car ils détourneraient de moi tes fils qui serviraient d’autres dieux. Voici, au contraire, comment vous agirez à leur égard Vous renverserez leurs autels, vous briserez leurs statues, vous abattrez leurs idoles et vous brûlerez au feu leurs images taillées » (Deut. 7. 2-5).

Or, c’est tout cela qu’Israël devait faire et n’a pas fait ; il s’est allié à ces peuples criminels au lieu de les détruire, eux et leurs idoles.

Les livres des Juges, de Samuel, des Rois, jusqu’à la captivité babylonienne ne sont que le long commentaire de leur désobéissance, le long témoignage rendu à la vérité de la parole de Dieu, par Osée : «Leur cœur est partagé

Le prophète Elie dira à son peuple : «Jusques à quand clocherez-vous des deux côtés ? Si l’Eternel est Dieu, allez après lui, si c’est Baal, allez après lui» (I Rois 18. 21).

Et le même avertissement se retrouve dans l’Evangile:

«Nul ne peut servir deux maîtres, dira le Seigneur Jésus, car ou il haïra l’un et aimera l’autre, ou il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez servir Dieu et Mamon»

(Matth. 6. 24).

Mammon est un mot araméen qui signifie la richesse, personnifiée ici comme une divinité. Qu’en est-il donc advenu pour Israël? Les paroles prophétiques du Cantique sur la vigne de l’Eternel ont déjà annoncé les jugements de Dieu :

« Je vous dirai maintenant

Ce que je vais faire à ma vigne !

J’en arracherai la haie, et elle sera broutée. »

En effet, le peuple d’Israël, sur la terre qui lui était destinée, devait être séparé des nations et gardé par une triple haie.

La première fut celle de la théocratie, celle du Dieu d’Israël, chef et conducteur de son peuple, Dieu des armées et Saint d’Israël.

La seconde fut celle des prescriptions de la loi; prescriptions nombreuses, qui obligeaient Israël à vivre séparé des nations, s’il voulait les observer. Le Temple fut comme la tour de garde, d’où l’Eternel faisait rayonner sa puissance, sa justice et son amour, — seul lieu de la terre où les sacrifices pouvaient être offerts conformément à la loi.

Enfin, la troisième haie fut celle des conditions géographiques d’un pays entouré de déserts, au nord, à l’est, au midi, et baigné à l’ouest par la mer, ce qui rendait difficiles les communications et les rapports avec les nations.

Mais Israël regimba derrière ces haies protectrices.

La première, celle de la théocratie, reçut une large brèche dès la fin de la période des Juges. L’importance de cette rupture est telle qu’il convient de s’y arrêter et d’en bien comprendre le caractère. C’est une des «plaques tournantes» de l’histoire d’Israël.

Samuel était âgé et il perdait son influence ; ses fils surtout, livrés à la cupidité, à l’injustice, le desservaient auprès du peuple.

Les anciens vinrent, un jour, trouver Samuel et lui dirent «Etablis sur nous un roi pour nous juger (gouverner) comme il y en a chez toutes les nations ». Samuel consulta l’Eternel qui lui fit cette terrible réponse : « Ce n’est pas toi qu’ils rejettent, c’est moi, afin que je ne règne plus sur eux».

Jusque-là Dieu avait régné sur son peuple ; malgré ses infidélités, il avait usé de patience envers lui et ne l’avait pas rejeté. Or, voici que l’Eternel dit à Samuel : «Ils m’ont abandonné pour servir d’autres dieux. Ecoute donc leur voix; mais donne-leur des avertissements et fais leur connaître le droit du roi qui régnera sur eux». Alors Samuel rapporta toutes les paroles de l’Eternel au peuple qui, par orgueil, voulait avoir un roi qui fut compté au nombre des « Grands », avec le pharaon d’Egypte et le roi d’Assyrie En ce temps-là il y avait « deux Grands » ! Salomon briguera la place de « troisième».

Alors Samuel dit : «Voici quel sera le droit du roi qui régnera sur vous.

Vos fils, il les prendra, et il les mettra sur ses chars et parmi ses charriers, afin qu’ils courent devant son char;

il s’en fera des chefs de mille et des chefs de cinquante. Ils auront à labourer ses terres, à récolter ses moissons, à fabriquer ses armes de guerre et l’équipement de ses chars. Vos filles, il les prendra pour en faire, des parfumeuses, des cuisinières et des boulangères. Vos champs, vos vignes, vos oliviers, il en prendra les meilleurs et les donnera à ses serviteurs. Vos semences et vos vignes, il en prendra la dîme et la donnera à ses eunuques et à ses serviteurs.

Vos esclaves, vos servantes, vos bœufs, vos ânes, il en prendra les meilleurs et s’en servira pour ses travaux.

Votre petit bétail, il en prélèvera la dîme.

Et vous-mêmes, vous deviendrez ses esclaves.

En ce jour-là, vous pousserez des cris à cause du roi que vous vous serez choisi, mais l’Eternel ne vous écoutera pas, en ce jour-là !» (I Samuel 8).

Le peuple refusa d’écouter la voix de Samuel; mais excité par une force de rébellion, il cria: «Non ! Il y aura un roi sur nous et, nous aussi, NOUS SERONS COMME TOUTES LES NATIONS ; NOTRE ROI NOUS JUGERA, IL MARCHERA A NOTRE TÊTE ET CONDUIRA NOS GUERRES».

Les anciens d’Israël viennent de prononcer le mot tragique: «Notre roi conduira nos guerres ». Israël veut la guerre, comme les nations dont Satan est le chef, alors que l’Eternel des armées, son roi véritable, est le Dieu de paix.

Le plus grand conflit de ce temps, entre Israël et Dieu, provient donc de ce fait que le peuple séparé veut vivre à la manière des nations, avoir un roi visible comme elles, et un roi puissant qui prépare et fait la guerre.

Jusque-là Israël n’avait pas eu d’armée. A l’époque de David, fidèle aux vouloirs divins, le roi n’aura pas de chars de guerre, pas de chevaux, mais seulement sa mule. Son fils, Absalon, lors de sa révolte, commencera à posséder quelques chars ; mais c’est Salomon qui, le premier, développera la charrerie, à l’instar du roi d’Egypte dont il briguait la fille et enviait la gloire.

C’est Salomon aussi qui noua les premières relations commerciales avec ses voisins c’est lui qui, le premier, eut une flotte de «navires de Tarsis, qui apportaient de l’or et de l’argent, de l’ivoire, des singes et des paons» (I Rois 10.22).

Israël, qui voulait vivre comme les autres, se fit alors une ouverture à travers la troisième haie, celle qui isolait son pays ; ses navires s’élancèrent sur la mer, et ses caravanes franchirent le désert pour acheter des chevaux en Egypte afin de préparer la guerre (I Rois 10. 28).

Quant à la haie de la loi, constamment transgressée par un peuple infidèle, elle ne fut pas moins violée par Salomon lui-même. Il suffit pour s’en rendre compte de comparer les devoirs du roi, tels qu’ils sont énoncés dans la loi de Dieu Deut. 17. 14-20), aux descriptions des richesses de Salomon, de son harem, formé de femmes étrangères, et du culte idolâtrique qu’il rendit à leurs divinités.

La triple haie protectrice de la précieuse vigne de l’Eternel, en partie abattue déjà, ne tardera pas à être arrachée complètement. Nous savons comment les événements se sont précipités. Après la mort de Salomon, les douze tribus d’Israël furent séparées en deux royaumes. Le royaume du nord, ou royaume d’Israël, dont Samarie fut la capitale, groupa autour de Jéroboam et de ses successeurs dix tribus ; le royaume du sud, ou royaume de .Juda, ne comprit que les deux tribus de Juda et de Benjamin, mais il possédait la ville sainte de Jérusalem, et ses rois étaient les légitimes descendants de David, par Salomon et Roboam, son fils.

Le royaume du nord, livré à l’idolâtrie, au culte des veaux d’or (I Rois 12. 26-33), et qui vit bientôt s’ériger dans sa capitale un temple à Baal (I Rois 16. 32), devait attirer d’abord sur lui les malédictions annoncées par Moïse, selon la parole de l’Eternel. En 721, Samarie, assiégée d’abord par Salmanasar, fut prise par Sargon, et toute la population des dix tribus du nord fut déportée en Assyrie.

Les prophètes reçurent alors la mission d’avertir Juda et Jérusalem du sort qui les attendait, car, chez eux aussi, le culte des Baals et des Astartés, avec les pratiques de l’idolâtrie syrienne et phénicienne, prenait toujours plus d’extension.

Mais «ils se moquèrent des envoyés de Dieu; ils méprisèrent ses paroles et ils se raillèrent de ses prophètes» (II Chron. 36. 16).

Cependant Dieu est fidèle à sa parole; il veille sur elle pour l’exécuter (Jérémie 1. 12). Il avait annoncé par Moïse: «Si tu n’obéis pas à la voix de l’Eternel, ton Dieu…, tes fils et tes filles seront livrés à un autre peuple. Un peuple que tu n’auras pas connu mangera le fruit de ton sol et tout le produit de ton travail, et tu seras tous les jours opprimé et écrasé» (Deut. 28. 15-38).

Ce peuple, cet « autre peuple », ce furent les Babyloniens, devenus maîtres de la Mésopotamie après la chute de Ninive et l’effondrement de l’empire assyrien (612).

Six ans plus tard dès — 606 — ils pénétrèrent en Palestine, sous la conduite de Nébucadnetsar (Nabuchodonosor), alors héritier du trône. Il est vrai que Jérusalem fut épargnée quand Nébucadnetsar apprit la mort de son père, Nabopolassar, et qu’il rentra en hâte à Babylone pour prendre en mains le gouvernement. Toutefois, il emmenait avec lui des otages nombreux pris dans les plus grandes familles.

En 598, il ordonna une nouvelle déportation des Juifs de Jérusalem. C’était le dernier et combien solennel avertissement !

Et voici comment la prophétie de Moïse devient de l’histoire. Contrôlons ses émouvants détails:

«L’Eternel te fera marcher, toi et ton roi que tu auras établi sur toi, vers une nation que tu n’auras pas connue, ni toi, ni tes pères. Et là tu serviras d’autres dieux» (Deut. 28.36).

En 587, Jérusalem fut prise par le conquérant babylonien. Sédécias, dernier roi de Juda, vit ses fils égorgés en sa présence; il eut lui-même les yeux crevés, et fut conduit à Babylone, lié avec des chaînes d’airain.

Alors, le temple, la maison du roi et toutes les maisons de Jérusalem furent brûlés; l’enceinte de ses murailles fut détruite. Toute la population fut emmenée en captivité, sauf les laboureurs et les plus pauvres du pays (II Rois 25).

Moïse n’avait-il pas annoncé:

«Tu engendreras des fils et des filles et ils ne seront pas à toi, car ils iront en captivité» ? (Deut. 28. 36-41).

La prise de Jérusalem, la ruine du temple de Salomon et de la ville sainte de Nabuchodonosor, en 587, marquent le commencement du TEMPS DES NATIONS.

L’Eternel a vraiment abattu la clôture de sa vigne pour qu’elle soit foulée aux pieds, oui, aux pieds des nations (Isaïe 5. 6).

Et c’est à ces paroles que font écho celles du Christ, annonçant un nouveau siège de Jérusalem et une captivité plus étendue et bien plus longue que celle de Babylone :

« Ce seront des jours de vengeance pour l’accomplissement de tout ce qui est écrit (Deut. 28. 49-57). Malheur aux femmes qui seront enceintes et à celles qui allaiteront en ces jours-là: car il y aura une grande détresse dans le pays, et de la colère contre ce peuple. Ils tomberont sous le tranchant de l’épée, ils seront emmenés captifs parmi toutes les nations, et JÉRUSALEM SERA FOULÉE AUX PIEDS PAR LES NATIONS, jusqu’à ce que les TEMPS DES NATIONS soient accomplis » (Luc 21. 20-24).

Ainsi donc la prise de Jérusalem, par Nabuchodonosor, en 587, et la captivité à Babylone marquent le début du «temps des nations».

La prise de Jérusalem par les légions romaines de Titus, en 70 ap. J.-C., et la dispersion des Juifs « parmi tous les peuples, d’une extrémité de la terre à l’autre », — en accomplissant exactement la parole prophétique de Moïse (Deut. 28. 64), — en marquent la plénitude.

Lors de la dernière guerre de guerre de l’âge actuel, la prise de Jérusalem par les nations coalisées, après leur victoire d’Harmaguédon, suivie de l’apparition du Christ et de leur écrasante défaite, marquera la fin du « temps des nations ».

Mais qu’est-ce donc que le TEMPS DES NATIONS ?

C’est celui où Dieu permet aux nations de dominer sur Israël, de fouler aux pieds Jérusalem, d’être la verge de sa colère contre son peuple, contre sa vigne, dont il a arraché la haie, abattu la clôture.

Le Temps des Nations, c’est aussi celui du renversement du plan de l’alliance conclue au Sinaï:

Au lieu d’Israël, instrument béni entre Dieu et les nations, les nations deviennent instrument de la colère de Dieu contre Israël; et Dieu fait souvent prospérer ces nations et leurs chefs.

De Nabuchodonosor, de celui qui a pris Jérusalem, brûlé le temple et déporté à Babylone la population Israélite, l’Eternel dit: «mon Serviteur» :

« C’est pourquoi ainsi parle l’Eternel des armées: Parce que vous n’avez pas écouté mes paroles, j’enverrai chercher Nebucadnetsar (Nabuchodonosaor), roi de Babylone, mon serviteur, je le ferai venir contre ce pays et contre ses habitants (Jér. 25. 8-9). — « Maintenant, je livre tous ces pays entre les mains de Nébucadnetsar, roi de Babylone, mon Serviteur» (Jér. 27. 6).

Israël était séparé des nations et uni à Dieu, maintenant Israël est séparé de Dieu et uni aux nations parmi lesquelles il est dispersé pour son malheur.

Le Temps des Nations continue sous nos avec de terribles persécutions, six millions de Juifs exterminés par Hitler, et il durera jusqu’à ce que la souveraineté nationale d’Israël, sur toute l’étendue de la terre de la promesse, et par conséquent sur la ville sainte, soit rétablie. Peut-être ne sommes-nous pas très loin de ces grands événements?

Le Temps des Nations a été annoncé et décrit par les prophètes Jérémie, Ezéchiel, et surtout Daniel. C’est ce dernier, tout particulièrement, qu’il faut interroger sur les « secrets » de l’histoire, sur «ce qui arrivera dans la suite des temps» (Dan. 2. 28).

De famille noble, si ce n’est royale, Daniel était né en Palestine. Il raconte, au début de son livre, comment il fut déporté à Babylone, comme otage, en 606. Il devait avoir 13 ou 14 ans.

Là, il fut instruit dans les sciences et la langue de la Chaldée, avec quelques autres jeunes Israélites, il entra au service du roi. Il demeura à Babylone jusqu’à l’extrême vieillesse, consolant les captifs et les soutenant dans leur exil. Daniel vit l’écroulement de l’empire babylonien, selon la prophétie de Jérémie (25. 12), lorsque Cyrus, roi des Perses, se fût emparé de sa capitale, en 538. Il avait alors un peu plus de 80 ans. C’est à cette année-là marquée par de grands bouleversements politiques, mais aussi chargée d’espérance pour les captifs qui attendaient leur libération, que le chapitre 9 du livre de Daniel nous reporte.

L’exilé se souvient de la prophétie de Jérémie sur la durée de la captivité:

« Tout ce pays (la terre d’Israël) deviendra une ruine, un désert, et ces nations seront asservies au roi de Babylone pendant soixante et dix ans. Mais lorsque ces soixante et dix ans seront accomplis, je châtierai le roi de Babylone et cette nation, dit l’Eternel, à cause de leur iniquité ; je punirai le pays des Chaldéens et j’en ferai des ruines éternelles » (Jérémie 25. 11-12; cp. 29. 10-14).

Alors Daniel tourne sa face vers le Seigneur, il recourt à la prière et aux supplications pour l’accomplissement prochain de la prophétie. Le décret de Cyrus, autorisant les Juifs à retourner à Jérusalem et à rebâtir le temple (Esdras 1), sera publié deux ans plus tard, en 536, exactement soixante-dix ans après la première déportation, celle de 606. La concordance de la prophétie et de l’histoire est si frappante, qu’elle ne peut pas être «un simple hasard» !

Daniel lit les Ecritures et se sent porté vers la prière. Celle dont il nous donne le texte est un admirable modèle de prière d’intercession pour les temps de détresse et de souffrances nationales.

Daniel prie, non pour lui, mais pour son peuple, pour Jérusalem; non pour la satisfaction des Juifs déportés, mais pour l’amour du Seigneur (v. 17) et pour la gloire de son nom (v. 19). Il s’identifie à son peuple dont il veut porter le péché sans l’avoir commis lui-même. Il ne cherche pas d’excuse, mais la seule compassion et la seule grâce de l’Eternel, son Dieu. La réponse divine à une telle prière ne se fait pas attendre; elle vient avant même que Daniel n’ait achevé (v. 20).

« Je parlais encore, je priais, je confessais mon péché et le péché de mon peuple, Israël, et je présentais mes supplications à l’Eternel, mon Dieu, en faveur de la sainte montagne de mon Dieu34, je parlais encore dans ma prière, quand l’homme Gabriel, que j’avais vu précédemment dans une vision, s’approcha de moi d’un vol rapide, au moment de l’offrande du soir.

«Il m’instruisit, me parla, et dit: Daniel, je suis venu maintenant pour ouvrir ton intelligence. Lorsque tu as commencé à prier, la parole est sortie, et je viens pour te l’annoncer car tu es un bien-aimé. Sois attentif à la parole et comprends la vision ! » (Daniel 9. 20-23).

Daniel va recevoir une révélation qui dépasse de beaucoup en importance la connaissance du terme de 70 années, annoncé par Jérémie pour la durée de la captivité. Cette prophétie est apportée par un ange, comme dans les plus grandes circonstances, et par Gabriel, le même qui annoncera à Marie la naissance de Jésus.

« Soixante et dix semaines ont été fixées sur ton peuple et sur ta ville sainte, pour clore la transgression et mettre fin au péché, et pour faire propitiation pour l’iniquité, et pour introduire la justice éternelle, et pour sceller la vision et le prophète, et pour oindre le Saint des saints. « Sache-le donc et comprends. Depuis la sortie de la parole pour rebâtir Jérusalem, jusqu’au Messie, le Chef, il y aura sept semaines et soixante-deux semaines; la place et le fossé seront rebâtis, et [cela] en temps de trouble. Et après les soixante-deux semaines, (le) Messie sera retranché et n’aura rien» (Daniel 9. 24-26).

Ce texte doit être repris littéralement pour nous permettre d’en comprendre toute la portée.

« Soixante et dix semaines ont été fixées sur ton peuple et sur ta ville sainte » (v. 24). La captivité de Babylone devait durer 70 ans, mais Gabriel annonce à Daniel que Dieu a fixé un terme sept fois plus long, pour pouvoir accorder à son peuple l’expiation de son iniquité.

Il s’agit, non plus de 70 ans, mais de 70 fois 7 ans, de 70 septaines d’années, c’est-à-dire de 70 semaines d’années. Nous avons, en effet, l’assurance que c’est bien ainsi qu’il faut compter. Nous savons avec certitude que, dans cette prophétie, un jour correspond à une année et une semaine à sept années.

En effet, nous avons le décompte extrêmement précis de la deuxième moitié de la 70esemaine, qui correspond au temps de la domination impie de l’Antichrist et de la Grande Tribulation.

« Un temps, des temps et la moitié d’un temps » (Dan. 7. 25 ; 12. 7; Apoc. 12. 14), ou 42 mois (Apoc. 11.2; 13.5), ou 1.260 jour (Apoc. 11.3; 12. 6), soit exactement trois ans et demi.

«Le pouvoir de fermer le ciel, afin qu’il ne tombe point de pluie » (Apoc. 11. 6) avait d’ailleurs été donné à Elie pour une même durée de «trois ans et six mois» (Luc 4. 25 ; Jac. 5. 17).

La même manière de compter est explicitement indiquée ailleurs : Nombres 14. 33-34 et Ezéchiel 4. 6, «une année pour chaque jour ».

Le retour de la captivité, pour ceux des Juifs exilés à Babylone et qui voudront revenir à Jérusalem, aura bien lieu au bout de 70 ans, selon la prophétie de Jérémie, mais le rétablissement de la vie nationale du peuple Juif, sur sa terre, demandera un délai beaucoup plus 1ong.

Ne perdons pas de vue, dans toute l’étude de cette prophétie, qu’elle concerne exclusivement le peuple et la ville de Daniel — «ton peuple » et Jérusalem« ta ville sainte >. Les soixante-dix semaines d’années correspondent au temps où le peuple Juif est sur sa terre, autour de ville sainte. Par conséquent le temps de l’Eglise, celui où Israël est dispersé, tandis que Jérusalem est « foulée aux pieds par les nations », n’entre pas en ligne de compte.

La suite du verset 24 indique alors tout ce qui sera accompli après les soixante-dix semaines d’années, qui «ont été fixées»:

1° POUR CLORE (finir) LA TRANSGRESSION ET METTRE FIN AU PÉCHÉ.

Il s’agit toujours d’Israël. Un jour viendra où Dieu ne se souviendra plus de ses péchés (Jér. 31. 31-34; Romains 11. 25-27).

2° ET POUR FAIRE PROPITIATION POUR L’INIQUITÉ.

L’expiation a été faite par le Christ sur la croix, mais l’application à Israël, en tant que nation, est différée jusqu’à sa conversion, jusqu’au jour où les reconnaîtront pour le Messie «Celui qu’ils ont percé» (Zach. 12. 9-10).

3° ET POUR INTRODUIRE LA JUSTICE ÉTERNELLE.

Le texte porte littéralement «la justice des âges». La justice, recherchée et jamais atteinte par Israël au cours de l’âge présent, sera, avec la paix, la caractéristique des âges à venir c’est-à-dire, du Royaume messianique d’abord, auquel le royaume d’Israël, enfin rétabli, sera incorporé, et plus encore de l’âge de la nouvelle terre et des nouveaux cieux.

4° ET POUR SCELLER LA VISION ET LE PROPHÈTE.

Lorsqu’Israël, enfin converti, rempli de la puissance du Saint-Esprit, annonça l’Evangile du Royaume aux nations, il n’y aura plus besoin de ni de prophètes. Souvenons-nous que dans le passé, les visions et les prophéties authentiques, venant de Dieu, n’ont été accordées dans 1’Ecriture qu’au peuple juif ou en vue de ses destinées, comme par exemple dans le cas de Balaam.

5° ET POUR OINDRE LE «SAINT DES SAINTS».

Il s’agit ici du Saint des saints dans le Temple de l’âge à venir, celui qu’a décrit Ezéchiel (ch. 41).

Le Tabernacle au désert avait reçu l’onction ; elle ne fut renouvelée, ni pour le temple de Salomon, ni pour celui de Zorobabel, car ils étaient la continuation du premier tabernacle. Mais quand le Christ-Roi reviendra, quand il s’assiéra sur « le trône de David, son père » (Luc 1. 32), un temple incomparablement supérieur à tous les précédents — et dont l’Eternel, lui-même, a donné tous les plans et la minutieuse description au prophète Ezéchiel -sera érigé.

Dans le Saint des saints, il n’y aura plus d’arche (Jér. 16) elle sera remplacée par le trône du Messie-Roi ( ). Alors le Saint des saints sera oint, comme le Christ est oint.

C’est donc avant que toutes ces choses s’accomplissent qu’il faut compter 70 semaines d’années.

« Sache-le donc, et comprends ! Depuis la sortie de la parole (du décret) pour rebâtir Jérusalem, jusqu’au Messie, le Chef (le Prince), il y aura SEPT SEMAINES et SOIXANTE DEUX SEMAINES ; la place et le fossé seront rebâtis, et [cela] en des temps de trouble. Et après les soixante-deux semaines, [le] Messie sera retranché et n’aura rien.»


Nous reviendrons sur les détails; retenons d’abord le grand énoncé prophétique. Nous nous trouvons en face d’une prophétie chronologique très précise, ce qui est un cas unique, car, ordinairement la vision prophétique est en dehors de tout calcul de temps.

Les 70 semaines sont divisées en trois périodes dont les deux premières viennent d’être indiquées :

1° 7 SEMAINES, pendant lesquelles la place (la ville de Jérusalem) et les fossés sont rebâtis, «en des temps de trouble», les temps difficiles d’Esdras et de Néhémie.

2° 62 SEMAINES, jusqu’à la manifestation du Messie-Chef, OU Conducteur, ou Prince. Soit, pour les deux premières périodes, 69 semaines.

3° Reste UNE SEMAINE, qui sera indiquée au v. 27, et qui conduit à l’accomplissement de toutes les promesses concernant Israël et Jérusalem, telles qu’elles ont été énoncées au verset 24, c’est-à-dire jusqu’à la fin du Temps des Nations.

Le POINT DE DÉPART du compte des 70 semaines d’années est très Précis. Il s’agit du décret d’Artaxerxés 1er–fils de Xerxès, le vaincu de Salamine, — roi des Perses; ce décret est le seul qui concerne la reconstruction de Jérusalem (Néh. 2. 1-8). Il est daté du « mois de nisan, la vingtième année du roi Artaxerxés », soit mars-avril 445 avant J.-C., selon la date admise aujourd’hui par tous les spécialistes de la chronologie biblique.

Le jour du mois de nisan n’est pas indiqué, mais nous pouvons retenir provisoirement le 14 mars de l’année 445 av. J.-C.

Le POINT D’ARRIVÉE, marquant la fin des deux premières périodes réunies (7+62 = 69 semaines d’années), n’est pas difficile à déterminer. C’est la date de la manifestation du Messie, comme Chef d’Israël, c’est-à-dire comme Roi. Il s’agit évidemment du jour où Jésus fit son entrée solennelle à Jérusalem, le dimanche qui précéda sa mort, quand la multitude des disciples saisie de joie, se mit à louer Dieu disant « Béni soit LE ROI qui vient au nom du Seigneur !» (Luc 29. 37).

Or, les calculs et la solide argumentation du R.P. Lagrange, concordant avec ceux de beaucoup d’autres exégètes, ont permis de préciser que le Christ est mort sur la croix, le vendredi 7 avril 30. Son entrée royale à Jérusalem est donc du 2 avril 30, de notre ère.

Ainsi, entre la promulgation du décret ordonnant de rebâtir Jérusalem, en date de 445 av. J.-C., et la manifestation du Messie, Chef d’Israël, il doit s’écouler, selon la prophétie, sept plus soixante-deux semaines, qui se suivent sans interruption.

Mais de 445 avant Jésus-Christ à 30 après, on compte 445 années, plus 30 années, soit 475 ans. Or, 69 semaines d’années donnent 69X7 = 483 ans.

On constate donc une différence de 8 ans entre les 483 ans de la prophétie et les 475 ans de l’histoire. Comment peut-elle s’expliquer?

Cette différence provient de ce que nous comptons les années selon le calendrier Julien de 365 jours, plus un jour supplémentaire tous les quatre ans alors qu’il s’agit ici de l’année prophétique de 360 jours, composée de 12 mois de 30 jours chacun.

Une telle manière de compter ne doit pas nous surprendre. Elle apparaît dès le premier livre de la Bible, dès la Genèse, à propos du Déluge, où 5 mois sont comptés pour 150 jours ; et nous la retrouvons dans le dernier livre de la Bible, l’Apocalypse, pour la durée de la Grande Tribulation, où, comme nous l’avons dit, 42 mois équivalent à 1260 jours.

Donc, d’après la révélation faite à Daniel, il devait s’écouler, entre le décret d’Artaxerxès et l’entrée du Christ à Jérusalem, 69 semaines d’années prophétiques, ou 483 années de 360 jours, soit, au total : 173.880 jours.

Ceci reconnu, nous allons reprendre les années du calendrier julien entre nos deux dates et en établir le décompte en jours.

Il faut tout d’abord remarquer que, du 14 mars 445 avant l’ère au 14 mars 30 après, il ne s’est pas écoulé 445+30 ans, mais 445+1+30 ans.

En effet, l’année de la naissance de Jésus-Christ doit être ajoutée entre l’an 1 avant l’ère chrétienne et l’an 1 après.

Nous obtenons ainsi 476 années du calendrier Julien, donc 476 années de 365 jours; d’où un total de 173.470 jours.

Ajoutons un jour supplémentaire tous les quatre ans (années bissextiles), soit 119 jours.

Enfin, le nombre de jours du 14 mars 30 au 2 avril, soit 20 jours.

Le total général s’élève à 173.740 jours, +119, +20 = 173.879 jours.

Nous voici donc parvenus, à un jour près, au total des soixante-neuf semaines d’années : 173.880 jours. Cette prophétie chronologique est admirable. Nous n’osons pas dire «presque trop admirable » pour notre raison de gens du XXe siècle, mais nous le pensons un peu, notre foi est si faible.

Or, voici que l’on a voulu pousser la précision plus loin encore et faire disparaître l’écart de 1 jour qui subsiste. On a remarqué que les Juifs comptaient chaque jour à partir du coucher du soleil, la veille au soir; nous pouvons donc en tenir compte, et ajouter encore une journée, celle du soir de l’entrée de Jésus à Jérusalem.

Nous obtenons ainsi 173.880 jours, 69 semaines d’années, — le temps exact annoncé à Daniel, et qui devait s’écouler entre l’édit d’Artaxerxés pour la reconstruction de Jérusalem et la manifestation du Messie-Roi d’Israël.

Une comparaison fera mieux ressortir à nos yeux la valeur de témoignage qu’une telle prophétie apporte à l’inspiration de la Bible, aurait-elle même un écart de plusieurs jours.

Révélée à Daniel en 538 avant notre ère, elle s’est rigoureusement réalisée 569 ans après. C’est comme si, en 1376, sous le règne de Charles V, en pleine guerre de Cent ans, un prophète avait annoncé à quelques jours près, la date de la fin des hostilités en Europe, en 1945.

Ceci correspond à une précision d’environ 5 millionièmes, ce qui dépasse de beaucoup toutes les prévisions qui sont à la disposition des hommes.

Si une telle prophétie concernant le 1erAvènement du Christ s’est réalisée avec une si parfaite exactitude, nous pouvons avoir l’assurance que tout ce qui est dit du 2° Avènement, du Retour du Christ, s’accomplira de même, non en symboles ou allégories, mais à la lettre, bien que les modalités et les temps demeurent voilés pour nous.

Pendant les 69 semaines qui aboutissent au 2 avril 30, le peuple juif a été sur sa terre, autour de Jérusalem, sa ville sainte. Il en sera de même durant la 70° semaine (v. 27). Mais elle est séparée des précédentes par un intervalle qui correspond au temps des Actes et à celui de l’Eglise, « le mystère caché de tout temps en Dieu ».

Israël est actuellement dispersé, et l’accomplissement de la prophétie demeure en suspens. Il reprendra son cours avec la dernière semaine de Daniel, dont nous étudierons les grands traits prophétiques en relation avec les terribles événements dont elle forme le cadre chronologique: le temps de la Grande Tribulation pour Israël et celui de la colère de Dieu sur les Nations.
Alors le Temps des Nations sera parvenu à son terme.

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Existe-t-il un lien entre l’explosion de la plate-forme Deep Water et l’abandon du soutien US à Israël? http://www.blogdei.com/9476/existe-t-il-un-lien-entre-lexplosion-de-la-plate-forme-deep-water-et-labandon-du-soutien-us-a-israel/ http://www.blogdei.com/9476/existe-t-il-un-lien-entre-lexplosion-de-la-plate-forme-deep-water-et-labandon-du-soutien-us-a-israel/#comments Wed, 30 Jun 2010 07:09:04 +0000 nicolas http://www.blogdei.com/?p=9476

WorldNet Daily

Cette année, selon le calendrier hébraïque, l’anniversaire de l’indépendance d’Israël tombait le 19 avril. Ce même jour, Barack Obama prenait une décision unique dans l’histoire des relations entre les Etats-Unis et Israël à l’ONU: les Etats-Unis ne se tiendraient plus systématiquement aux côtés d’Israël au Conseil de sécurité.

Le jour-même où Israël fêtait l’anniversaire de son retour prophétique dans sa terre, la Maison Blanche déclarait officiellement qu’elle ne la soutiendrait plus automatiquement aux Nations Unies.

Le jour suivant, la plate-forme pétrolière Deep Water explosait dans le Golfe du Mexique, tuant 11 personnes et provoquant le pire désastre écologique que les Etats-Unis aient connu à ce jour.

Ce désastre a une portée symbolique: les Etats-Unis sont submergés par ce qui fait leur force, leur « sang »: le pétrole. Personne ne sait à ce jour comment en sortir, d’autant que d’après certaines études, les Etats-Unis ne sont pas les seuls en danger mais également certaines parties d’Europe occidentale dont le climat est tempéré par le Gulf Stream.

Le 19 avril, Israël fêtait son indépendance. Le même jour, la chaîne Fox News annonçait la fin du soutien automatique de l’administration américaine à Israël. Le lendemain, cette catastrophe avait lieu. Faut-il y voir la main de Dieu, un jugement? C’est du moins ce que croit le pasteur Carl Gallup, s’appuyant sur le verset de Genèse 12;3: « Je bénirai ceux qui te béniront et je maudirai ceux qui te maudiront… ».

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