…..Frédéric aurait pu être entraîné vers le militarisme, entendant souvent parler de Napoléon et de ses campagnes, auxquelles de nombreux membres de sa famille avaient fait partis, et il aurait pu rêver des triomphes sur les champs de bataille avec les épaulettes de général. Mais il avait aussi vu le revers de la médaille, il entendait parler les survivants de la campagne d'Égypte, il avait vu ce qu’il y a de terrible et de ruineux dans les plus belles épopées militaires.

Plus tard, ses réflexions sur la résistance héroïque des Arabes et des Kabyles à la conquête de l’Algérie, l’amenèrent à se demander qui a raison, de ces races «soi-disant inférieures» qui veulent vivre chez elles à leur guise, ou «des européens» » qui veulent leur apporter leur civilisation avec la servitude. Et déjà dans son travail sur l’instruction secondaire, écrit en 1844, il se demandait si on n’arriverait pas un jour à enchaîner la guerre ?

Mais ce n’est qu’en 1867 qu’il se trouva, pour ainsi dire à l’improviste,
consacré «Apôtre de la Paix».
Suite à des articles dans un journal «le temps» l’effet fut immédiat de nombreux pacifistes lui écrivirent, ils organisèrent une conférence à Paris en 1868, la guerre de 1870 semblait s’éloigner, hélas pas pour longtemps….

La chute de l’empire (Napoléon 3) et la proclamation de la République le réjouiront pleinement, car c’était dans le droit fil de ses convictions. C’est sur les instances de plusieurs qu’il se présente comme conseiller général à Saint Germain en Layes et à la députation à Neuilly présenté par Hippolyte Carnot (le père du futur Président de la République).
A la chambre des députés il a rapidement conquis l’estime de ses collègues.
Une grande partie de son activité parlementaire fut pour le service de la paix.

La plupart des pacifistes, les socialistes exceptés, si zélés qu’ils soient pour la paix entre les «peuples civilisés» et le respect dû à l’indépendance des nations, changent volontiers d’attitude dès qu’il s’agit des «peuplades sauvages» et des «races dites inférieures» conceptions d’ailleurs éminemment vagues !!!

Quand Jules Ferry entreprit sa campagne en faveur d’une politique coloniale de vaste envergure, qui lui valu la reconnaissance intéressée des brasseurs d’affaires et les applaudissements de la bourgeoisie imbécile. Passy se dressa de toute sa force contre lui. La politique coloniale du gouvernement était soutenue par le centre et par la plus grande partie de la gauche ; seuls les radicaux extrêmes lui étaient opposés, (il n’y avait pas alors de groupe socialiste distinct).

Il fut un artisan inlassable pour établir dans bien des endroits des traités d’arbitrage qui évitèrent des conflits sanglants… Naturellement il intervenait énergiquement chaque fois qu’apparaissait à l’horizon un de ces nuages qui sont souvent les avant-coureurs des guerres.
Il organisa en 1889 à l’occasion de l’exposition universelle, un congrès international de la paix, à partir ce temps les congrès se réunirent régulièrement, Passy les suivit tous ainsi que les congrès français.

C’est dans un de ces congrès que fut posé la question concernant les réfractaires de conscience qui refusaient de prendre les armes, Le conscrit protestant baptiste Goutaudier et d’autres s’étaient fait mettre en prison pour refus de porter les armes. Wilfred Monod défendit leur cause soutenue par Paul Allégret et Frédéric Passy. Il trouvait que l’état serait mieux inspiré de les employer à des travaux utiles, que de les mettre en prison et à les nourrir à rien faire… Mais grâce à l’intolérance de quelques jacobins la proposition fut rejetée…
Il fonda en 1889 l’union parlementaire, ayant pour but de réunir les membres pacifistes des différents parlements européens…

Il écrivit aussi à des têtes couronnées, telle la reine d’Angleterre, à la veille de la guerre du Transvaal, il la suppliait même d’abdiquer pour ne pas signer les décisions de ses ministres qui allaient conduire à la guerre…

Son fils Paul Passy dans sa biographie écrite en 1927 rajoute ;
Il n’a donc pas vu, ni même prévu l’effroyable tourmente de 1914. J’en ai souvent béni Dieu ; s’il l’avait vu il aurait été pris d’un amer désespoir, car il lui aurait semblé que toute l’œuvre de sa vie était vaine. Et pourtant il se serait trompé : dans cette terre arrosée de sang et de larmes, la semence qu’il a répandue germait doucement…/…En voyant naître «la Société des Nations» il pourrait se réjouir et se féliciter d’avoir été l’un des plus enthousiastes et de ses plus infatigables artisans…

Paul Passy suivant le pacifisme de son père, s’éleva contre le projet militaire qui préparait la guerre de 14-18, en conséquence il fut révoqué de sa chair de professeur à la Sorbonne, il était membre d’une cellule de «socialistes chrétiens». Il fonda un journal en 1908 «l’espoir du monde» c’était «le bulletin des socialistes chrétiens».

Le journal fut interdit par arrêté ministériel en novembre 1939.

Il était aussi un membre actif d’une église protestante baptiste
à Paris, avenue du Maine.

Eglise fondée par Ruben Saillens, qui était un "tribun" de l'évangile...

Nous ne pouvons que nous incliner devant tout ces hommes d’hier et d’aujourd’hui qui œuvrent sans cesse pour la paix…

Néanmoins nous comprenons que jamais sur cette terre la paix viendra…

Nous pourrions dire qu’elle viendra seulement lorsque Jésus la fera régner.

 La paix commence dans ton cœur dans ta propre vie.
                     Vis-tu en paix ?