Le bâtiment : un immeuble de bureau tout simple au dessus de la station de métro Blackfriars anciennement utilisé comme théâtre privé. Maintenant c’est un centre de conférence avec ses commodités. Ce n’est pas indiqué depuis la station (sortie n°1) et nous avons dû traverser une rue assez fréquentée. La salle n’est pas accessible aux fauteuils roulants.

L’église : la grande majorité de la congrégation a la vingtaine, il y a deux tiers de blancs et un tiers black ou asiatique. A 36 ans, j’étais parmi les plus âgés. Le pasteur avait l’air d’avoir la quarantaine. Il y avait aussi pas mal d’australiens et de sud-africains qui applaudissaient à la mention de leur nationalité.

Le quartier : ça fait du bien de voir le centre de Londres si calme le dimanche. L’équipe : Je ne connais pas le nom du responsable de la louange. Le pasteur s’appelle Gary Clarke. Il ne s’est pas présenté mais j’ai vu une photo de lui dans le « package de bienvenue ».

Comment s'appelait la réunion ? Culte du dimanche 10h00 (le premier de 4 dans la journée).

La salle était-elle remplie ? Elle était presque pleine. Une petite portion de la partie centrale arrière était entourée d’un cordon de sécurité et inutilisée. Approximativement 600 personnes.

Quelqu’un t’a-t-il accueilli personnellement ? Nous avons rejoint la foule « pré-culte » dans le foyer du théâtre. L’école du dimanche commence 5 minutes avant le culte des adultes, il y avait donc du monde. Pendant que nous regardions les dépliants, un jeune homme s’est approché de nous et nous a demandé s’il pouvait nous aider. J’ai dit que c’était notre première fois et il s’est assuré que nous ayons reçu une copie de chaque dépliant et de chaque prospectus. Une « ouvreuse » sympathique nous a indiqué nos sièges.

Votre siège était–il confortable ? Très confortable : c’est un fauteuil de cinéma capitonné et articulé avec un repose bras individuel.

Comment décrirais-tu l’atmosphère « pré-culte » ? Chaotique. De la musique rock bruyante s’échappe des hauts parleurs et des collages style MTV apparaissent sur les écrans géants au plafond. Tous les sièges étaient pris d’assaut à 9h50.

Quelles étaient les paroles exactes au début du culte ? Il n’y avait pas de parole d’introduction. Une nouvelle chanson est passée dans le système audio, le groupe de louange a envahi la scène un à un, ils ont pris leur place avec leurs instruments et se sont mis à jouer un chant que je ne connaissais pas.

Quels sont les livres utilisés par la congrégation pendant le culte ? Le pasteur prêche à partir de « The Message » (une traduction moderne de la Bible) mais il a dit que nous pouvions lire les passages dans une autre version si nous le voulions. Toutes les paroles des chants étaient projetées sur de grands écrans et étaient facilement lisibles.

De quels instruments de musique joue-t-on ? 5 guitares (4 électriques, une acoustique), 2 claviers et 2 batteurs (dont un étrangement enfermé dans un cube de verre). Derrière, une chorale d’environ une douzaine de personnes avec un conducteur et 6 chanteurs devant autour du guitariste acoustique qui conduit la louange.

As-tu été distrait par quelque chose ? Deux ou trois bébés qui ont été calmés. La température était parfaite et l’éclairage discret. Celui qui s’occupait de la projection était dans un mauvais jour et il a loupé l’enchaînement des versets pendant le sermon ce qui a un peu « saoulé » le pasteur.

La louange était-elle coincée ou décontractée ? C’est de la louange pour la génération Kerrang ! (NDT : magazine de Heavy Metal). Ressemble beaucoup au culte de 9 heures à Sheffield pendant les années 90. Je suis déjà allé à des concerts de rock plus calmes. La musique est forte à te déchirer les tympans et il y a beaucoup de personnes qui se livrent sur place et avec enthousiasme à un « pogo chrétien » (NDT : Le "pogo" est la danse désarticulée des jeunes "punks"). Ensuite, c’est devenu monotone. J’avais envie de quelque chose de plus calme, de plus lent et qui te dirige et qui permette au Saint Esprit d’agir directement. Le groupe de louange était techniquement excellent. On dirait qu’ils ont répété jusqu’à produire un son très léché et sans aspérités dans le bon sens du terme. La congrégation n’a pas eu l’occasion de participer tellement tout semble mené depuis le devant de la scène.

Combien de temps a duré le sermon ? 35 minutes. J’ai pensé que le sermon avait commencé après les chants mais nous avons eu un mini sermon de 10 minutes à propos des finances et sur comment Dieu veut que nous prospérions encore plus cette année et que nous puissions créer des richesses (l’enseignement de base du mouvement Word of Faith – Parole de Foi). A un moment j’ai eu un petit rire nerveux quand le pasteur a lu 1 Timothée 6 : 17 (à partir de la version New Living Translation je crois) : « Dis à ceux qui sont riches dans ce monde de ne pas être orgueilleux et de ne pas placer leur confiance dans leurs richesses qui disparaîtront bientôt » (traduction personnelle). Ensuite des seaux noirs sont passés pour ramasser les dîmes et les offrandes. Personne d’autre que moi n’y a vu de l’ironie.

Quelle note de 1 à 10 donnerais-tu au prédicateur ? 5 – Sa voix était relaxée et agréable pour la conversation. Je n’ai pas reconnu son accent. Il était peut être néo-zélandais ou australien pas trop marqué. Son discours n’était pas très structuré et j’ai eu du mal à faire le lien entre les différents points. Il a beaucoup traversé la scène (il avait un micro oreillette donc pas de fil). Il a répété « j’essaye de te faire comprendre ça » et « ça a du sens ».

En gros, de quoi parlait le sermon ? Dans les 10 premières minutes on nous a montré des graphiques et des tableaux qui montraient le pourcentage des offrandes sur les 4 dernières années qui avait été utilisé pour les salaires, les frais relatifs à la salle, … Aucun chiffre réel n’a été montré. Il a dit que l’église emploi actuellement 13 personnes et pensait s’offrir bientôt les services de quelques personnes en plus. La grande partie du sermon parlait de « faire sa vie avec un sens de la confiance ». Il a jeté un coup d’œil du côté d’Hébreux 10 : 35 et il a fait toute une série de référence new age et de psychologie de bazar à propos « d’évoluer dans une zone vitale » et « impacter les autres avec succès ». Il y avait très peu de l’évangile original là dedans. Je me serais cru à un séminaire de motivation.

A quel moment du culte avais-tu l’impression d’être comme au ciel ? Au moment du chant qui a conclu le culte. « Here I am to worship » (NDT : me voici pour adorer). Toujours très fort mais sans s’emballer. Ça avait l’air plus centré sur Dieu lui-même que ce que sur qu’Il peut faire pour nous.

Et à quel moment du culte avais-tu l’impression d’être … euh … de l’autre côté ? Pendant la prédication. C’était vraiment un autre évangile. Il y a eu une prière à la fin pour les rétrogrades et les incroyants pour qu’ils soient réconciliés avec Dieu. Il n’y a été fait aucune mention du péché, de la repentance ou du pardon, ils ont juste parlé d’être déterminé à suivre Dieu.

Que s’est-il passé quand tu as traîné après le culte en ayant l’air perdu ? On nous a dit que du café était servi dans le foyer, alors on a suivi la foule. Une fille m’a bousculé en sortant des rangées de siège. Peut-être avait-elle entendu dire qu’il y avait aussi des biscuits ?

Comment décrirais-tu ce café d’après culte ? Du bon café filtré bien chaud et des thés de différentes sortes même aux herbes servis dans de solides tasses de carton. Je n’ai vu aucun biscuit. De gens marchaient avec de gros thermos et vous proposaient de vous resservir.

Cela te plairait de faire de cette église celle où tu vas régulièrement ? (10 = c’est l’extase ; 0 = c’est mort) 2 – L’enseignement est superficiel et a peu de fondements bibliques et a même une inclinaison de type New Age « améliore ta vie » bien que cela se soit terminé en disant que la clé de la confiance est de se fier à Dieu. J’ai eu l’impression que le pasteur essayait trop d’être branché et de faire jeune d’où le fait qu’il n’a pas donné de la « bonne viande » biblique. C’est si grand que l’on ressent l’anonymat. Cela donne l’impression qu’il faut faire un effort pour s’engager et être remarqué si l’on veut rester dans cette église. J’ai pris l’annuaire des groupes de maison (il y a des groupes dans tout Londres).

Ce culte t’as-t-il rendu heureux d’être chrétien ? Oui. Je suis reconnaissant que mes racines sont en Dieu et en sa Parole sans quoi j’aurais pu être emporté par le bruit et la rumeur.

De quoi te souviendras-tu dans 7 jours ? Deux remarques du pasteur : « Ce que tu fais avec 10£ dans ta poche montre ce que tu ferais avec 1 million de £ » et « et si tu critiques et demandes qu’est-ce qu’il y a pour moi là-dedans ? Tu deviens un chrétien pleurnichard, grognon qui a peu d’impact et coûte cher à entretenir ».