Pétition pour le respect de la liberté religieuse en Algérie

par nicolas le 14 avril 2008 · 3 commentaires

dans la rubrique Persécution des chrétiens

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Collectif Algerie

L’Algérie est un pays ouvert sur le monde et qui a développé, ces dernières années, des partenariats dans différents domaines, avec la France (Déclaration d’Alger du 2 mars 2003), et plus généralement avec l’Union Européenne (Partenariat Européen du 24 octobre 2006).

L’Algérie est également membre de l’Organisation des Nations Unies, et, à ce titre, signataire de la Déclaration Universelle des Droits de l’homme, ce dont nous nous réjouissons.

Nous souhaitons cependant attirer l’attention de nos élus sur la situation dans laquelle se trouvent les Algériens chrétiens depuis ces derniers mois, situation qui nous inquiète tout particulièrement.

En effet, suite à la loi du 28 février 2006 (ordonnance 06-03) réglementant les cultes non musulmans en Algérie, les persécutions et pressions sur les Algériens chrétiens se sont multipliées :

Fermetures d’églises officiellement rattachées à l’EPA (Eglise Protestante Algérienne) : en date du 11 avril 2008, 16 églises ont été fermées soit par voie de justice, soit par arrêté de cessation d’activité de la Préfecture. Arrestations d’Algériens en possession de littérature chrétienne. Peines de prison ferme et fortes amendes pour des chrétiens accusés de prosélytisme (protestants et catholiques). Expulsion et refus de visas pour des responsables religieux et enseignants étrangers (protestants et catholiques). Licenciement de personnes à cause de leur foi chrétienne, etc… Cette répression s’est fortement accrue depuis le début de l’année 2008. Actuellement en Algérie, le fait de parler de sa foi, de se rassembler pour une célébration en privé (formellement interdit par la loi) ou en public (fortement réglementé), ou même d’être trouvé simplement en possession de sa propre bible, est susceptible d’être réprimé. Ces restrictions s’appliquent dès lors que la religion concernée n’est pas l’islam.

Certains journaux locaux mettent régulièrement en garde leurs lecteurs contre les communautés chrétiennes, lesquelles seraient une menace pour l’ordre public. Des hommes politiques et responsables religieux affirment que l’Algérie fait face à une vague d’évangélisation menaçante pour la sécurité du pays. Dans la réalité, les chrétiens ne représentent qu’une infime minorité dans une population à 99% musulmane (environ 11500 chrétiens pour 33 millions d’habitants).

D’autre part, l’article 18 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme est sans équivoque à ce sujet :

 » Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seule ou en commun, tant en public qu’en privé, par l’enseignement, les pratiques, le culte et l’accomplissement des rites.  » Ainsi, des citoyens algériens se voient privés d’un droit fondamental, pour la simple raison que leur foi est  » autre que musulmane « . Ce sont pourtant des citoyens à part entière qui aspirent simplement à vivre en paix dans le pays qui est le leur, l’Algérie.

Pour ces raisons, nous sollicitons votre intervention afin que les engagements qui ont été pris, au sein des partenariats Franco-Algérien et Euro-Algérien en matière de respect des droits fondamentaux, puissent être tenus.

Nous souhaitons que la liberté de pensée, de conscience et de religion soit une réalité pour tous les citoyens en Algérie.

Le 11 avril 2008

>>> signer la pétition


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1 nicolas 14 avril 2008 à 21 h 36 min

COMMUNIQUÉ DE PORTES OUVERTES
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Pétition pour les chrétiens algériens
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Alors que l’Algérie passe aujourd’hui, ce lundi 14 avril, devant le Conseil des Droits de l’homme de l’ONU, pour une audition périodique, l’Alliance Evangélique Française, le Collectif Algérie, l’Association Franco-Kabyle pour la Culture Tafat Umasihi, l’Union des Nord-Africains de France, les groupes Oasis le Comité Evangélique pour la Défense de la Dignité Humaine et la mission Portes Ouvertes lancent une pétition en faveur des chrétiens algériens.

LES OBJECTIFS

– Au travers de cette pétition, nous souhaitons exprimer notre soutien aux chrétiens d’Algérie et inviter les chrétiens français à prier.

-Notre but est d’également d’informer les élus et les citoyens français sur ce que vivent aujourd’hui les chrétiens algériens qui connaissent une limitation de plus en plus grande de leurs libertés. Ils subissent une campagne de dénigrement qui les présentent comme une menace à la sécurité algérienne. Pourtant, que représentent les quelques 11 500 chrétiens d’Algérie sur une population de 33 millions d’habitants ?

-Enfin, nous sollicitons un engagement politique des députés français sur la question de la liberté religieuse en Algérie.

L’ACTION

Nous demandons aux membres des églises en France de signer la pétition et de la remettre à leurs élus locaux.

Nous leur fournissons également des sujets de prière concernant la situation en Algérie.

QUE SE PASSE-T- IL POUR LES CHRETIENS EN ALGERIE ?

A ce jour, 25 communautés chrétiennes algériennes se sont vues notifier l’ordre de cesser toute activité (16 églises appartenant à l’Eglise protestante d’Algérie (EPA) et 9 églises protestantes indépendantes).
Les chrétiens sont surveillés de près. Certains commissaires de police exigent des responsables des communautés locales la liste de toutes les personnes présentes au culte, le texte de la prédication ainsi que le nom du prédicateur.
Plusieurs personnes ont récemment fait l’objet de poursuites judiciaires en Kabylie et ont été entendues devant le tribunal de Tizi-Ouzou.

Voici un résumé des derniers événements :

Le 9 avril 2008,un chrétien a été condamné à deux années d’emprisonnement avec sursis et 1 000 euros d’amende pour avoir distribué de la littérature chrétienne.

Le 29 mars 2008, une jeune femme a été arrêtée à un point de contrôle à l’entrée de Tiaret. Dans son bagage, elle avait 6 livres sur le christianisme. Elle a été relâchée après 24 heures en garde à vue au commissariat, et après avoir été présentée devant le procureur. Elle devra passer devant le juge le 12 mai 08, au motif qu’elle pratique une religion " autre que musulmane ".
Le 26 mars, Hugh Johnson, ancien président de l’Eglise protestante d’Algérie (EPA) a dû quitter le pays après un arrêté d’expulsion daté du 25 février. Il habitait l’Algérie depuis 45 ans.

Le 21 mars, deux chrétiens ont été interpellés par la police alors qu’ils voyageaient de Tizi Ouzou à Bejaia. A eux deux, ils transportaient onze bibles. Ils ont été libérés le lendemain soir. A ce jour, ils craignent des poursuites judiciaires pour prosélytisme.

Le 5 mars 2008, un chrétien accusé de prosélytisme a été acquitté. Le tribunal a en effet estimé qu’il y avait provocation de délit, car ce sont des policiers qui l’avaient contacté pour lui demander cinq bibles.

Le 26 février 2008, un chrétien a été condamné à un an d’emprisonnement et d’une amende de 100 euros. Laissé pour l’instant en liberté, il attend la publication du jugement pour pouvoir faire appel.

Le 27 janvier 2008, trois responsables protestants ont été jugés sans comparution ; ils ont appris début février leur condamnation à 3 ans de prison et 500 000 dinars (5000 euros) pour avoir " proféré des injures contre la religion et la personne du prophète ".
En décembre 2007, le directeur chrétien d’une école primaire en Kabylie a été suspendu par le ministère de l’Education. Selon le ministère, ce directeur aurait utilisé l’établissement scolaire à des fins d’évangélisation. Le ministre des affaires religieuses, M. Bouabdallah Ghoulamallah, s’est félicité de cette décision, pour " incitation au christianisme et non-respect du programme scolaire ". Pourtant, le directeur nie les accusations portées à son encontre.

Les catholiques sont aussi concernés par cette campagne de répression.

Le 30 janvier, un prêtre catholique français Pierre Wallez, a été condamné à un an de prison avec sursis par le tribunal de Maghnia, ville frontière avec le Maroc, pour avoir rendu visite à un groupe de chrétiens camerounais et prié avec eux.

Henri Teissier, l’archevêque d’Alger, a expliqué qu’au cours de l’année 2007, les catholiques ont rencontré toutes sortes de tracasseries administratives : " invitations à quitter le pays, fermeture du centre social de Corso, expulsion de quatre volontaires brésiliens de la communauté de Salam, refus de visas. "

QUI SONT LES CHRETIENS ALGERIENS ?

Le christianisme existe en Algérie depuis le 1er siècle après Jésus-Christ. Saint Augustin en est une des figures les plus célèbres. Ce n’est que vers le 7ème siècle après J-C que l’Islam s’imposera progressivement comme religion dominante. Néanmoins, la présence chrétienne n’a jamais disparu en Algérie.

En Algérie, et de manière plus marquée en Kabylie, depuis une quinzaine d’années un certain nombre de musulmans a fait le choix de devenir chrétiens ; et ce, dans le respect de la Constitution algérienne qui stipule que la liberté de conscience et la liberté d’opinion sont inviolables (article 36) et que les libertés d’expression, d’association et de réunion sont garanties au citoyen (article 41). Pourtant, ces chrétiens connaissent des pressions croissantes de la part des autorités.

La plupart d’entre eux font partie de l’Eglise Protestante d’Algérie (EPA), association en 1972. Cette structure est reconnue officiellement et compte 32 communautés plus une vingtaine en instance d’adhésion. L’EPA est à ce jour composée et dirigée uniquement par des chrétiens algériens.

Aujourd’hui, on estime le nombre de chrétiens à 11 500 sur une population algérienne totale de 33 millions d’habitants à 99% de confession musulmane. Environ 10 000 sont chrétiens protestants, la plupart évangéliques. Les catholiques sont au nombre de 1500.

QUE DIT LA LOI ?

Depuis l’entrée en vigueur de cette loi en septembre 2006, les chrétiens algériens, au travers de l’EPA n’ont cessé de demander des précisions concernant la mise en conformité de leurs lieux de cultes. Ils n’ont à ce jour reçu que des réponses évasives et se trouvent dans l’impossibilité de sortir de l’impasse dans laquelle la loi les a placés. Par ailleurs, certains articles de la loi sont très inquiétants pour le devenir des croyants algériens non musulmans. Notamment les articles suivants :

L’article 10 prévoit une peine d’emprisonnement d’1 an à 3 ans et une amende de 250.000 à 500.000 dinars pour les personnes qui tentent d’inciter une partie des citoyens " à résister à l’exécution des lois ou aux décisions de l’autorité publique ", ou " à la rébellion ", que ces tentatives se fassent " par discours prononcé ou écrit affiché ou distribué dans les édifices où s’exerce le culte " ou encore par " tout autre moyen audiovisuel ". La peine d’emprisonnement est aggravée (3 à 5 ans) ainsi que l’amende (500.000 à 1 million de dinars) si le coupable est un homme de culte.

L’article 11 prévoit une peine d’emprisonnement de 2 à 5 ans ainsi qu’une amende de 500.000 à 1 million de dinars pour quiconque :
1. " incite, contraint ou utilise des moyens de séduction tendant à convertir un musulman à une autre religion, ou en utilisant à cette fin des établissements d’enseignement, d’éducation, de santé, à caractère social ou culturel, ou institutions de formation, ou tout autre établissement, ou tout moyen financier "
2. " fabrique, entrepose, ou distribue des documents imprimés ou métrages audiovisuels ou par tout autre support ou moyen qui visent à ébranler la foi d’un musulman ".

A l’article 12, il est précisé que toute personne qui " a recours à la collecte de quêtes ou accepte des dons sans l’autorisation des autorités habilitées légalement " est puni d’un emprisonnement d’1 à 3 ans et d’une amende de 100.000 à 300.000 dinars
A l’article 13, il est prévu une peine d’emprisonnement d’1 à 3 ans et une amende de 100.000 à 300.000 dinars pour quiconque " exerce un culte contrairement aux dispositions des articles 5 et 7 ", " organise une manifestation religieuse contrairement aux dispositions de l’article 8 ", ou encore " prêche à l’intérieur des édifices destinés à l’exercice du culte, sans être désigné, agréé ou autorisé par l’autorité religieuse de sa confession, compétente, dûment agréée sur le territoire national et par les autorités algériennes compétentes ".

Lire le texte de l’ordonnance dans son intégralité.

Liens sites : L’Alliance Evangélique Française; La Mission Portes Ouvertes ;Le Collectif Algérie ; L’Association franco-kabyle pour la culture Tafat Umasihi ; Le Comité Evangélique pour la défense de la dignité humaine

Claire Lacroix
Portes Ouvertes France
Strasbourg
T : 03 88 10 29 66
I : http://www.portesouvertes.fr

PORTES OUVERTES – AU SERVICE DES CHRETIENS PERSECUTES

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2 Yehouna 17 avril 2008 à 20 h 52 min

99pour cent des chrétiens se trouve en kabylie ,pourquoi parlez d’église Algérienne?Il existe une église kabyle et une église algérienne nos mouvement politique ou religieux sans sans cesse récupérer pour dissoudre le kabyle dans l’araboislamisme ,idéologie du pouvoir en place ,merci de nous reconnaître en tant que tel:EGLISE KABYLE .Liberté pour le peuple kabyle qui fête le 20 avril sa résurrection:Le printemp Berbere

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3 Karim 23 mai 2008 à 0 h 39 min

Merci Yehouna,
Une question,faut il confondre defense ethnique et foi.La Bible dit qu’il n’y a plus ni juif, ni grec, pourquoi mettre les races en avant ainsi? Je suis algérien arabe et chrétien et je ne cherche à dissoudre qui que ce soit. Il y a en Algerie des chrétiens et il faut parler de chrétiens algériens sans avoir honte, ni en voulant augmenter les fractures entre nous. Que Dieu te bénisse. Karim(des 1 Pour cent)

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