Slate.fr
Ndlr: Beaucoup pensent qu’ils s’agit du drap mentionné dans l’évangile de Jean ch. 20, v. 7. Sauf la datation au carbone 14 qui avait donné des résultats anormalement dispersés (sur 150 ans !), tout un faisceau d’indices, y compris le type de tissage courant à l’époque sont concordants sur l’origine. Il a été longtemps invisible sur ce drap: seuls des négatifs photos l’ont révélé à partir de 1897-98… c’est aussi l’époque du congrès de Bâle pour la refondation d’un foyer national juif (Israël)… Serait-ce un témoignage laissé par le Seigneur, notamment pour Israël, lorsqu’ils auront « reconnu Celui qu’ils ont perçé » ? Jusqu’à ce temps il est objet de controverses (et hélas aussi d’idolâtrie), mais il est évident que le Seigneur n’a pas laissé cette « confirmation de sa résurrection » sans but ultime, les évidences n’apparaissant que progressivement, études après études…
Saint-Suaire de Turin: c’est bien le linceul du Christ…

Une nouvelle étude suggère que le Saint Suaire de Turin, l’une des reliques les plus mystérieuses de l’histoire du christianisme, est bien le drap dans lequel le corps de Jesus aurait été enveloppé après sa crucifixion. Selon le Telegraph, cette découverte relance une nouvelle fois le débat sur l’authenticité de ce linceul sacré, et remet en cause l’idée qu’il ne serait qu’un faux datant du Moyen Age.
D’après les scientifiques italiens à l’origine de cette étude, les expériences faites sur les marques du suaire – sensées représenter le corps et le visage d’un homme torturé et flagellé – ne peuvent pas avoir été contrefaites au Moyen Age étant donné l’état peu avancé des technologies de l’époque.
Sur Slate, Henri Tincq rappelait l’an dernier que la controverse concernant le Saint Suaire, que des millions de personnes viennent voir dans la cathédrale de Turin chaque année, ne date pas d’hier:
«Les premiers doutes des scientifiques viennent de l’absence de repères formels pour identifier le parcours de la relique, entre la mort de Jésus et l’année 1355 où l’on trouve, pour la première fois seulement, la trace de cette pièce de lin, en France à Lirey, dans la collégiale de Geoffroy de Charny, dont l’épouse organisa les premières “ostensions” (expositions) du linceul.»
Selon cette femme, le suaire aurait été ramené par un de ses ancêtres après le sac de Constantinople en 1204. Mais déjà, l’Eglise s’en méfie, et les ostensions sont interdites. Bien plus tard, au XXe siècle, trois nouvelles études reposant sur une méthode de datation au carbone 14 et menées par trois laboratoires indépendants, soutiennent que le lin ayant servi à tisser la pièce n’a pas été récolté avant le XIIIe siècle.
Très rapidement, de nombreux experts contestent les conclusions de ces trois laboratoires. Certains affirment qu’un incendie, celui de Chambéry en 1532, a abîmé le tissu et a pu le «charger isotopiquement le linceul en carbone 14», biaisant ainsi la datation. D’autres pensent que les échantillons étudiés, qui ont été prélevés sur des franges ne contenant pas l’image du crucifié, ne sont pas des spécimens probants.
Pour la nouvelle étude, les chercheurs italiens de la ville de Frascati ont essayé d’identifier les processus «physiques et chimiques» à l’origine de la coloration très particulière de l’image du Christ sur le suaire selon le Telegraph. Ils en concluent que pour obtenir de telles couleurs, on ne peut utiliser que des lasers ultraviolets, technologie dont on ne disposait clairement pas au Moyen Age.
Selon eux, l’image de l’homme barbu ne peut avoir été créée que par «une certaine forme d’énergie électromagnétique (comme un éclair de lumière à faible longueur d’onde)». Pour le site d’information MSNBC cette théorie du flash va conforter ceux qui pensent que cette énigmatique image est apparue miraculeusement au moment de la Résurrection du Christ. Elle confirme en tout cas les résultats d’une autre étude réalisée entre 1978 et 1981 par des scientifiques américains, pour qui le visage ne peut pas avoir été peint.
Plus troublant encore, une analyse des pollens trouvés sur le tissu sacré menée par Max Frei, criminologue à Zurich, et confirmée par d’autres experts, indique qu’ils proviendraient à 80% du Moyent-Orient selon Henri Tincq…


























{ 10 commentaires… lisez-les ci-dessous ou ajoutez-en un }
L’Eglise fidèle n’a rien à voir avec des « reliques » seraient-elles de Christ. Le catholicisme fait son miel de toutes ces affaires.
Ne tombons pas dans le panneau. Cherchons la présence divine chaque jour à chaque heure. « Je suis avec vous tous les jours » a dit Jésus.
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Merci André …
Je vais dans cette direction moi aussi :
http://www.lesarment.com/2011/12/faut-il-detruire-le-suaire-de-turin/
On en débat! Et toi, tu en penses quoi?
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André et Jérôme,
Il vaudrait mieux éviter de généraliser. Le « catholicisme » est tellement multiforme que beaucoup de ses membres ne se reconnaîtront pas dans cette histoire de reliques. Reconnaissons que le Vatican est plutôt dans le rang des sceptiques sur cette affaire de suaire. S’il y a idolâtrie, c’est plutôt le fait du peuple qui aime bien les « représentations » quelles-qu’elles soient, avec l’ambiance de « dévotion » qu’il y a autour. Les autorités religieuses locales en profitent (évidemment) pour stimuler la ferveur populaire, mais ce n’est pas un article de foi !
La question pourrait être : qu’est-ce que les évangéliques font de cet objet historique ? Et là, il semble bien que les avis divergent fortement. Entre ceux qui nient la réalité historique par peur d’être confronté au risque idolâtre, et ceux qui voudraient carrément la détruire pour en protéger le bas peuple, il n’y a que l’embarras du choix dans les solutions humaines… Personnellement, je préfère l’attitude de Calvin qui dans son traité des reliques employait l’humour et la dérision comme arme efficace contre la vénération des reliques qui avait cours à son époque. Ce genre d’argumentation avaient sûrement plus d’impact que l’iconoclastie qui consiste à détruire des objets à cause de la « puissance » de séduction qu’on voudrait leur donner.
En partant de ce principe de destruction des objets de tentation, c’est dans la jardin d’Éden qu’il aurait fallu commencer cette œuvre de « salubrité spirituelle » en détruisant cet arbre fâcheux, qu’un schéma de pensée abusif rend responsable de la désobéissance de nos ancêtres. Nous savons pourtant que l’Éternel en parle en terme de responsabilité personnelle et qu’Il l’avait Lui-Même installé cet arbre à portée de vue et de main… pour que le cœur de l’homme soit dévoilé dans les faits.
Ce n’est pas l’arbre de la connaissance du bien et du mal qui est responsable de la désobéissance de nos premiers parents, mais leur propre cœur plein de détours. Dans le même ordre d’idée, ce n’est pas une image sur un suaire qui pousse à l’adorer, mais bien les tendances idolâtres que la nouvelle naissance en Christ est appelé à éradiquer de ce cœur pervers appelé à être remplacé par une pensée nouvelle (voir Ez. 36 : 26. et Phil. 2 : 5.).
Nous pouvons constater que la destruction du serpent Nehuschtan par le roi Ézéchias, n’a pas enlevé l’instinct idolâtre du peuple de Juda, car il ne s’était pas attaqué à la cause du problème mais seulement à ses symptômes visibles. La foi en Christ nous apporte bien autre chose, car elle règle le problème à sa source, c’est à dire dans le cœur. Tout est dans le regard que nous posons sur les réalités. Selon qu’il est écrit :
« Nous regardons, non point aux choses visibles, mais à celles qui sont invisibles; car les choses visibles sont passagères, et les invisibles sont éternelles. » (2 Cor. 4 : 18.).
Ce qui est dit également d’une autre manière ici :
« Ainsi, dès maintenant, nous ne connaissons personne selon la chair; et si nous avons connu Christ selon la chair, maintenant nous ne le connaissons plus de cette manière. » (2 Cor. 5 : 16.).
Si le suaire de Turin est un faux, les spécialistes finiront par le démontrer. Mais s’il est vraiment authentique, nous n’y voyons cependant pas une « image de Dieu », mais simplement une image passagère de « Christ selon la chair » (en négatif photographique). N’oublions pas qu’après sa résurrection, aucun de ceux qui l’avaient « connu selon la chair » ne l’a reconnu. Et ne recommençons pas le délirant combat des iconoclastes qui croyaient spirituel de se battre contre les choses visibles alors que notre combat est contre des puissances spirituelles (Eph. 6.). Les choses visibles étant passagères, elles disparaîtront forcément à un moment où à un autre, mais ce n’est pas notre tâche..
Les disciples du Christ ont bien mieux à faire qu’à démolir des objets dont ils ne sont pas les propriétaires ! Levons les yeux plus haut.
Jean-Luc B
On en débat! Et toi, tu en penses quoi?
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Si vous voulez en savoir un peu plus, le site de Gérard revient sur le sujet : http://www.bibleetnombres.online.fr/saint_suaire.htm
Comme d’habitude, superbes photos, commentaires avisés et inspirés par le Seigneur…
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Tout à fait d’accord avec ce que tu dis Jean-Luc.
Il s’agit d’un objet, donc pouvant être source d’études… ne pas passer tout de suite dans la sphère spirituelle ou plutôt RELIGIEUSE, c’est à dire nos pensées et opinions sur tel et tel sujet (y compris sur Dieu d’ailleurs, d’où de nombreuses divisions).
La « religion » me fait penser à ce proverbe chinois « le Sage (Seigneur) montre la Lune, le sot (chair religieuse) regarde le doigt »…
Maintenant mettons que le Seigneur ait véritablement laissé une « preuve tangible de sa mort et de sa résurrection », vous ne pourrez la détruire (ce drap a déjà échappé à un incendie au 16ème siècle). Alors pour quelle raison et dans quel but l’aurait-il fait ?
Remarquez ces quelques mots à la fin de Jean 20: 9 et v.10 : « … il entra aussi IL VIT et IL CRUT, en effet ils n’avaient pas encore compris que d’après L’ECRITURE que Jésus devait ressusciter ». Etant déjà rentré, que vit Pierre qu’avait déjà trouvé Jean, le drap ? En effet, pourquoi crût-il soudain, alors qu’il n’avait pas encore compris que Jésus devait ressusciter selon les écritures ?
N’était-ce pas ce témoignage « visuel » qui emportait sa conviction sans discussions ? Dans ce cas le but serait évident : témoignage de Sa résurrection pour ses disciples et pas seulement ceux-ci, mais d’autres encore en divers temps, dont le nôtre (incrédule)… Quelqu’un qui a entendu parler du Seigneur peut tout à coup prendre conscience en voyant : Le Seigneur est vraiment mort et ressuscité (!) et chercher ensuite à en savoir plus sur lui (j’avais lu il y a une 15aines d’année un témoignage dans ce sens). C’est à ce stade ultérieur que la « religion » et l’idolâtrie peuvent s’en mêler. Mais comme dit Jean-Luc chacun est éprouvé. Si quelqu’un recherche véritablement le Seigneur… il se laissera trouver par lui, même par un témoignage visuel !
Alors louons le Seigneur qui nous a fait la grâce de venir demeurer en nous, de le connaître dans Sa Parole, dans nos vies de tous les jours et pour l’éternité !
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Jean, tu as raison, nous souffrons tous de la distorsion qui nous afflige. Certains ont un prisme scientifique, d’autres religieux, et d’autres encore mystique… ce serait trop simple de tomber toujours d’accord ☺.
J’ai bien conscience que nous n’allons pas mettre un terme à des siècles de controverses saintsuairiennes, alors j’adopte une position un peu parallèle, soucieux de ne pas faire perdre aux lecteurs de BlogDei un temps précieux: je me place dans la perspective de ne PAS avoir à arbitrer entre l’authenticité ou l’usurpation. Laissons les partisans et adversaires enterrer leurs argumentaires respectifs … Ça permet de zapper tout un espace du débat sur lequel –encore une fois- nous n’avons pas les MOYENS de statuer définitivement. Mais je note que tu t’inscris dans une démarche inverse : “… Il s’agit d’un objet, donc pouvant être source d’études… ne pas passer tout de suite dans la sphère spirituelle ou plutôt religieuse, c’est-à-dire nos pensées …”.
Tu dissocies d’un côté la démarche scientifique, et de l’autre le religieux/spirituel c’est-à-dire nos pensées ? Je ne suis pas d’accord.
Pour moi, au contraire, la question est purement spirituelle EN PREMIER (et le spirituel n’est justement pas « nos pensées »). Si Salomon avait géré les choses de cette manière, il n’aurait pas fléchi devant la multitudes des intérêts des objets qu’on lui proposait d’ajouter dans son panthéon personnel. Non?
Mais pour y entrer (dans la question spirituelle), il faut laisser à la porte tout ce que nous véhiculons et que nous mélangeons au sujet, c’est à dire une vision terrestre des choses (tu as raison de le rappeler), une considération charnelle du spirituel… c’est-à-dire une condamnation à n’évoluer qu’au niveau religieux. Donc: je laisse de côté la pertinence scientifique, et les marécages de la pensée religieuse, pour sonder l’opinion divine.
Alors commence un travail méthodique de mise en perspective des éléments de la pensée de Dieu : ceux qui plaideraient en faveur du sujet, et ceux qui, au contraire, véhiculeraient la répréhension divine. Ce n’est pas du mysticisme, ce n’est pas du religieux, ne t’y trompe pas, c’est la mise en application de notre DEVOIR le plus élémentaire – surtout à ceux qui s’expriment publiquement: donner la parole à la Parole.
Je propose donc à un partisan de la pertinence spirituelle biblique du suaire de Turin de nous montrer ce que la Bible peut exprimer en faveur d’un phénomène similaire. Je parle des principes, bien sûr, parce que mon but premier d’enseignant est de dégager des principes spirituels. Ensuite, nous pouvons discuter des exceptions, qui, comme chacun sait, ne remettent JAMAIS en cause les principes. Faire parler la Parole de Dieu, c’est notre ministère – nous avons parfois l’impression qu’elle a tellement infusé en nous que nous pensons que nos prismes sont sanctifiés, eux aussi:).
En ce qui me concerne, j’ai cherché à mettre en perspective de tels éléments dans mon article. Il me semble que le Dieu qui s’est tant et tant exprimé quant à l’idolâtrie* exprimera exactement le même avis concernant des représentations de Lui-Même. D’ailleurs, ce n’est pas tant le principe des représentations que Dieu combat, mais les effets de ces choses sur la faiblesse de cœur des hommes, y compris de son peuple. Quand on pense qu’on peut idolâtrer la Bible ou un ministère, ça en dit long sur les effets potentiellement dévastateurs d’une photo de Jésus ! L’idolâtrie, c’est de diviniser autre chose que le Créateur, c’est se prosterner devant la créature/création au lieu du Créateur.
Tu dis qu’on ne pourrait pas détruire le Suaire de Turin parce qu’il serait d’origine divine ? ce n’est pas mon avis ! Parce que, comme je le dis dans mon article, il y a bien d’autres représentations d’origine divine qui sont passées à la trappe, à commencer par le temple et tout ce qu’il contenait. Et lorsque la personne de Jésus est entrée dans son ministère d’intermédiaire, le voile (d’inspiration divine dans sa forme et dans son sens) a été déchiré.
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* Je recommande particulièrement la version Chouraqui, Exode 34/12 à 14:12
Garde-toi de trancher un pacte avec l’habitant de la terre où tu vas, qu’il ne soit un piège en ton sein. Oui, leurs autels, tu les démantèleras, leurs stèles, tu les briseras, leurs ashéras, tu les trancheras. Non, tu ne te prosterneras pas devant un autre Él, car IHVH-Adonaï, Ardent est son nom, un Él ardent, lui, afin que tu ne tranches pas de pacte avec l’habitant de la terre: ils putassent derrière leurs Elohîms et sacrifient à leurs Elohîms. Il criera vers toi, tu mangeras de son sacrifice, tu prendras de ses filles pour tes fils, ses filles putasseront derrière leurs Elohîms et elles feront putasser tes fils derrière leurs Elohîms.
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Réponse à Jean-Luc
Un bon débat est souvent enrichi par les extrêmes, qui permettent de parvenir à l’équilibre. Ça ne me gène donc pas de prendre ici une position … disons fondamentaliste, et je vais continuer d’avancer dans mon argumentaire. Il ne s’agit pas d’obstination, mais de contribution.
Mon article n’est pas anticatholique, mais puisque tu en parles : le Vatican dans le rôle des sceptiques ? Ah bon. Au mois de juin 2008, le chef de l’Eglise catholique avait déclaré que le pélerinage à Turin constituerait «une occasion propice de contempler ce visage mystérieux qui parle silencieusement au cœur des hommes, les invitant à reconnaître le visage de Dieu»(http://spiritualite-chretienne.com/stsuaire/stsuaire.html). Comme sceptique, on a vu pire, mais bon, ce n’est pas le sujet !
Non, je veux répondre à ce que tu dis sur “le délirant combat des iconoclastes qui croyaient se battre contre les choses visibles alors que notre combat est contre des puissances spirituelles (Eph. 6.). Les choses visibles étant passagères, elles disparaîtront forcément à un moment où à un autre, mais ce n’est pas notre tâche..
Bien sûr, il y a eu des iconoclastes bas-de-plafond, comme il y a aujourd’hui des talibans – et peut-être même des talibans chrétiens. Mais on ne peut pas réduire la question à ça. Est-ce que Gédéon et Ezéchias étaient des iconoclastes inspirés ? Leur action venait-elle de Dieu ou des hommes ? J’aimerais que tous les partisans de la survie du suaire de Turin s’expriment là-dessus. Si l’action de Gédéon et Ezéchias venait de Dieu (ce que je crois) alors nous ne pouvons pas dire que les iconoclastes sont tous de doux dingues qui n’ont rien compris au film. C’est pour cette raison que je partage aujourd’hui. Tout en restant conscient qu’il y a des sujets plus importants !
Est-ce que nous devons nous offusquer des dégâts produits par les flambées de destruction de idoles chrétiennes au 15è siècle ? Sur la plan historique, artistique et scientifique : certainement. Mais sur le plan spirituel ? Ce que je veux dire, c’est que nous pouvons tous trouver un intérêt quelconque à l’existence du suaire de Turin (scientifique, artistique, religieux, etc), mais que Dieu désire que nous nous interrogions sur la mécanique idolâtre qui évolue au-delà de ces choses. C’est là le vrai sujet. Ce que je veux dire encore, c’est que si nos intérêts (légitimes) pour cette pièce nous entraînent à l’indifférence ou la tolérance, voire la bienveillance, face à une mécanique idolâtre, ne sommes-nous pas à côté de la (vraie) plaque ?
Lorsque certains mettent en avant que des gens peuvent se convertir lors d’un pélerinage à Turin, pensons-nous qu’ils se convertissent à Christ, ou à l’émotion religieuse (encouragée) par les autorités ? Et quand bien même nous connaîtrions personnellement de véritables conversions, cela changerait-il notre perception du phénomène spirituel ? En validant UNE relique, ne sommes-nous pas en train de valider la possibilité de re-circulation de morceaux de croix, de dents de ste Sophie, de la sainte éponge, ou des 14 prépuces christiques guérissant les maladies ? Ce sont les questions qu’on peut se poser. Et je sais que les réponses nous entraînerons à prendre des positions spirituelles engagées. Parce qu’il n’y a rien de commun entre l’iconodulie et l’adoration, contrairement à ce qu’on fait croire aux pélerins. Il est juste impossible, spirituellement parlant, d’adorer Dieu au travers d’une relique.
Si aujourd’hui, pour des raisons diverses, nous ne parvenons pas à exercer notre jugement spirituel sur une ficelle aussi grosse (qu’une relique qui suscite une mécanique d’adoration), je me demande ce que nous ferons lorsque nous assisterons à des prodiges religieux mensongers.
Alors laissons de côté tout ce qui évolue en marge du sujet (et qui ne sert qu’à le caricaturer), et prononçons-nous sur le cœur de la question : le suaire de Turin alimente-t-il un courant idolâtre ? Peu importe que la pièce soit vraie ou fausse : je crois que Dieu a demandé à Ezéchias de détruire le serpent d’airain, JUSTEMENT parce qu’il était vrai !!!
…
Là où je te rejoins, c’est que les actions iconoclastes (de Gédéon, d’Ezéchias, pour ne parler que d’eux) n’ont pas solutionné le problème du cœur du peuple. Mais était-ce bien l’intention de Dieu ? Que cherchait-Il ?
À produire un témoignage, à un moment où ce dernier était important, stratégique, une prise de position publique et courageuse, parce que coûteuse face à tout ce que le monde compte de religieux, de scientifiques, et de bien-pensants. Il y avait quelque chose dans l’action d’Ezéchias qui a pris l’ascendant sur un puissant esprit religieux, et ça, dans les lieux célestes, cela a de grandes répercussions. Tu vois, une action terrestre est liée au céleste.
Néanmoins, il n’existe pas de réponse divine stéréotypée : Paul a déambulé dans Athènes, sentant en lui son esprit s’irriter face au nombre des idoles. Mais il n’a pas prêché de les détruire. Ça ne signifie pas que Dieu a changé d’avis ! Car il y a eu d’autres temps dans l’Histoire où il fallut stopper l’hémorragie de l’idolâtrie chrétienne. Et toujours recommencer.
Tu dis que Les choses visibles étant passagères, elles disparaîtront forcément à un moment où à un autre, mais ce n’est pas notre tâche … c’est peut-être vrai, mais la Bible dit aussi que, avant que les idoles disparaissent, c’est l’amour du plus grand nombre qui diminuera : la jalousie pour Dieu, l’intensité, la fièvre de l’amour, l’envie de tout risquer, de tout lâcher, pour cet amour. De ne pas craindre l’opposition, les critiques, la marginalisation, le rejet, la prison peut-être, pour ce que cet amour exige, parce que l’amour est exigeant. D’aller à l’encontre de ce que tout le monde pense, contre tout ce que le monde protège, jusqu’à risquer n’avoir plus rien, mais de se retrouver comme possédant toutes choses …
Qui aurait aujourd’hui le courage, la jalousie de Dieu, pour détruire le serpent d’airain de Dieu ?
Pardon, j’ai été un peu long. Shalom.
On en débat! Et toi, tu en penses quoi?
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Mon cher Jérôme,
Rechercher des principes spirituels bibliques pour pouvoir les enseigner aux autres est une très noble tâche, mais elle n’est pas sans risques ! N’oublions pas que les scribes qui ont côtoyé Jésus étaient des experts dans ce domaine, mais malgré leur zèle à comprendre, ils sont malheureusement passé à côté des véritables réalités spirituelles, qui étaient pourtant à portée de voix…
Je te vois mettre un tel enthousiasme dans ton désir de t’engager sans crainte pour l’éradication de toutes le « représentations des choses qui sont dans les cieux », que j’aimerais te mettre en garde contre une interprétation abusive de la volonté de Dieu dans cette affaire.
Dans ton post n° 6 tu as écrit une phrase qui m’a profondément étonnée (je te cite) :
[[ce n’est pas tant le principe des représentations que Dieu combat, mais les effets de ces choses sur la faiblesse de cœur des hommes ]].
Es-tu certain que le combat de Dieu soit réellement d’empêcher les hommes de comprendre la faiblesse et la perversité de leurs coeurs ? Ne crois-tu pas plutôt que ce genre de considération paternaliste qui chercherait à supprimer des objets, (dans le but de protéger les « faibles » des tendances idolâtres), risque seulement de les empêcher de parvenir à l’état d’adulte ? Selon qu’il est écrit :
« la loi n’a rien amené à la maturité » (Heb. 7 : 19.)
Pour qu’il y ait une croissance spirituelle, ce ne sont pas les objets de tentation qui doivent être détruits, car associés à la loi, ils sont le test qui nous permet de savoir où nous en sommes dans notre marche. Mais c’est le cœur qui doit être changé. Selon ce qui a été enseigné :
« Il (le Christ) disait : Ce qui sort de l’homme, voilà ce qui le rend impur. Car c’est du dedans, c’est du cœur des hommes que sortent les mauvaises pensées… » (Marc 7 : 20-21.)
C’est pour cela que les prophètes nous ont annoncé une Nouvelle Alliance, où le cœur tortueux et idolâtre sera changé, afin que nous puissions accomplir parfaitement la volonté parfaite de Dieu. (voir Jerémie 31 ; Ez. 36 : 25-27.). L’origine du problème ne se trouve donc pas dans la « représentation », mais dans le cœur de l’homme qui en fait un objet d’adoration au lieu de se tourner par la foi vers le Dieu vivant et vrai, que nul œil n’a vu, ni ne peut voir.
Moïse, Gédéon et Ézéchias étaient encore sous l’Alliance de la Loi, ce qui ne devrait (théoriquement) plus être notre cas. Le récit de leurs actions nous donne d’excellentes leçons spirituelles, mais elles ne sont pas à imiter littéralement. Sinon il nous faudrait aussi lapider et passer au fil de l’épée, comme ils l’ont fait concrètement…
- Quand Moïse tue l’égyptien (Ex. 2 : 12 – Actes 7 : 25.), il répond effectivement à l’appel de Dieu. Mais il le fait selon la chair et avec des moyens humains. La libération de l’oppresseur se fera encore attendre de longues années. Jusqu’à ce que 40 ans d’apprentissage supplémentaire dans le désert, fassent de lui un outil de libération efficace dans la main de son Dieu… et non plus de sa propre initiative et sans en avoir reçu l’autorité nécessaire..
- Lorsque Gédéon détruit l’idole familiale, il répond à un ordre précis de Dieu (Juge 6 : 26.). Mais son cœur qui n’a pas été transformé l’amènera à la fin de sa vie à entraîner tout Israël dans l’idolâtrie… (voir Juges 8 : 27.) remarquons que lorsqu’il abat le poteau d’Achéra, il reste dans le cadre familial. Il ne va pas détruire l’idole de son voisin.
- Lorsque (de sa propre initiative), Ézéchias détruit le serpent d’airain qui était devenu un objet d’idolâtrie , il ne règle en rien le problème du cœur du peuple qui a impérativement besoin d’être changé par une action divine surnaturelle (voir Ez. 36 ). Il ne fait que donner un peu de répit, mais sans rien résoudre. Remarquons là aussi que ce roi reste dans le cadre de sa zone d’autorité. Il ne va pas détruire les idoles des peuples voisins.
Nous pouvons également remarquer que la fabrication de ce serpent avait été ordonnée par Dieu Lui-même. Un Dieu qui ne se contredit pas, qui ne fait pas d’exception, mais qui annonce au travers des schémas de cette histoire, une grande leçon spirituelle dont nous n’avons pas encore vu complètement la réalisation définitive. (Nombres 21 : 8-9 – Jean 3 : 14-15.)
Pour conclure, Jérôme, je te déconseille fortement de vouloir inciter les gens à détruire le suaire. Et puisque personne ne répond à tes appels (et à moins évidemment que tu n’en ais reçu l’ordre céleste express et précis), je te déconseille de chercher à faire ce boulot destructeur toi-même, et ceci pour plusieurs raisons. Dans l’ordre d’importance :
1) Parce que ces pratiques de l’Ancienne Alliance ne feront pas avancer d’un pouce le Règne de Dieu dans les cœurs.
2) Parce que ton regard aura de la difficulté à rester orienté vers les choses éternelles.
3) Parce que le site du suaire est particulièrement bien gardé.
4) Parce que la loi réprime sévèrement la destruction du patrimoine archéologique mondial.
5) Parce que devoir t’amener des oranges dans la prison du lieu du délit (Turin), va nous occasionner des frais importants qui ne nous paraissent pas justifiés.
Amicalement.
Jean-Luc B
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Merci Jean-Luc

J’aime bien quand tu mets de l’humour dans tes posts
Bon, je vais réfléchir à tout ça. Je pense que j’ai plus ou moins tout dit de ce que j’avais sur le cœur, pas la peine d’étaler davantage. Il y a des sujets plus chauds, dans ma zone
Mais si quelque chose me vient à l’esprit, je reposterai.
Bien à toi
Jérôme
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@ Jean-Luc B:
Merci pour tes excellentes analyses, qui sont toujours profondes et pertinentes!
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