Témoignage du «pasteur web» L. Guyot: Le Fils perdu et retrouvé ou «La place retrouvée» (4)

par Myriam Michoud le 15 novembre 2011 · 2 commentaires

dans la rubrique Encouragement,Exhortations et sermons,Témoignages divers

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Un autre vase
Au cours de ces années pendant lesquelles nous voyions la main du Seigneur diriger notre vie de manière évidente, je repensais à ce texte de Jérémie:

Et il en refit un autre vase, tel qu’il trouva bon de le faire. Jérémie 18.4
Nous étions en janvier 1989, je venais d’avoir 60 ans et j’étais en retraite depuis quelques jours.

Nous cherchions encore la solution pour le baptême de mon épouse car le pasteur de l’église que nous fréquentions refusait toujours de la baptiser, malgré qu’elle fut convertie depuis quatre ans et marchait fidèlement avec le Seigneur. Notre situation spirituelle était difficile et nous priions à ce sujet.

C’est alors que m’entretenant de cette affaire avec le pasteur en retraite qui m’avait encouragé au sujet de nos enfants, il me donna l’adresse d’un frère, pasteur d’une petite église indépendante.

Je lui écrivis sans tarder, lui expliquant la situation. Il accepta de nous rencontrer et il nous accueillit avec bonté et miséricorde. Après un entretien très clair de ce qui nous concernait et après avoir prié, nous décidâmes d’une date et, au mois de juillet 1989, mon épouse se faisait enfin baptiser d’eau par immersion.

Ce fut une journée merveilleuse, nos cœurs étaient remplis de joie et d’actions de grâces envers Dieu. Ce jour là fut aussi pour moi l’occasion de prêcher à nouveau, encouragé par plusieurs frères, pasteurs d’églises indépendantes, je reprenais le ministère. Dieu ouvrait le chemin de cette voie incompréhensible dont il m’avait parlé bien des mois auparavant et qui me réservait encore bien des événements inattendus.

J’eus un dernier entretien avec le pasteur de l’assemblée que nous fréquentions jusque-là, puis nous quittâmes l’église et nous nous joignîmes à un petit groupe de chrétiens qui venait de se former à Rennes. Ce fut aussi à cette époque qu’invité dans une réunion de frères et sœurs à Vannes, j’eus l’occasion de prêcher sur le passage de Luc 15 «Le fils prodigue».

Je devins rapidement le responsable de la petite assemblée de chrétiens à laquelle nous nous étions joints à Rennes.

Je ne voulais cependant pas être pasteur. Je pensais qu’il était préférable d’aller apporter auprès des uns et des autres le témoignage de la grâce de Dieu envers nous.

Mais bien vite on me considéra comme le pasteur de cette petite église, ce qui m’occasionna de nouvelles critiques de la part de ceux qui me regardaient comme désormais disqualifié pour le ministère .

Pourtant, un pasteur avec qui j’avais souvent travaillé autrefois m’écrivit pour m’encourager, il terminait sa lettre par cette exclamation:

« Quoi! Vous semble-t-il étonnant que Dieu ressuscite les morts? »

« Mon fils que voici était mort et il est revenu à la vie ! » (Luc 15.24)

Je n’étais pas décidé à me laisser asservir injustement et à me laisser remettre sur les épaules, par des gens qui ne savaient pas faire miséricorde, un fardeau dont le Seigneur m’avait déchargé dans sa grâce.

Peut-être avaient-ils peur de créer un précédent ? Au fait, je pense qu’ils ne savaient tout simplement pas gérer une situation qui les dépassait. Certains ont cependant été très durs, mais nous avons aussi trouvé des frères miséricordieux et compréhensifs qui se réjouissaient de mon rétablissement spirituel.

Il est vrai que certaines fautes laissent des traces dont les conséquences peuvent subsister et d’une blessure guérie subsistent des cicatrices qui sont fonction de sa gravité. Mais si les cicatrices nous rappellent nos fautes passées, est-ce une raison pour certains de les rouvrir ?

Le groupe de frères et sœurs auxquels nous nous étions joints augmentait régulièrement et la salle à manger des chrétiens qui nous accueillaient pour les réunions devint vite trop petite.

Nous habitions un quartier de Rennes très peuplé et populaire et j’eus le désir d’y ouvrir un lieu de réunions. L’ancien appel était toujours là ! Je ressentais le besoin d’évangéliser ce quartier. Je fis de ce désir un sujet de prière et demandai à Dieu de nous conduire.

Quelques jours passèrent et je lus dans un journal d’annonces une offre de location pour un local. Je téléphonai sans tarder au propriétaire et j’allai le visiter.

Il convenait parfaitement, de par son emplacement et sa surface. Cependant, un club de yoga m’avait précédé et devait rendre sa réponse définitive dans l’après-midi.

En rentrant à pied à la maison, je priais le Seigneur et lui dit: «Seigneur, tu vois ce local, si tu veux que nous l’ayons, fais que les «yoga» se désistent.»

Dans la soirée, lorsque je téléphonai à nouveau au propriétaire le local était disponible, les «yogas» s’étaient désistés ! J’y vis la direction de Dieu et après en avoir parlé aux frères et sœurs nous le louâmes et en fîmes notre lieu de culte.

L’inauguration eut lieu au mois de novembre 1989, avec la participation d’une quinzaine de pasteurs d’églises indépendantes qui avaient accepté de me compter parmi eux dans la communion et la collaboration fraternelle. C’est lors de cette journée que mon épouse fut baptisée du Saint-Esprit.

Je me retrouvais dans la communion d’assemblées à la structure différente de ce que j’avais connu autrefois. Je marchais dans des chemins nouveaux auxquels je devais m’habituer. Je me retrouvais aussi, sans l’avoir cherché, pasteur d’une église et à l’œuvre dans le service de Dieu ! Nous étions dans la voie incompréhensible dont le Seigneur nous avait parlé.

Il m’a pardonné !
Quelques années ont passé.

En Juin 1998, j’ai été appelé à assumer l’intérim du service pastoral de l’Église Évangélique de Levallois Nous y sommes restés quatre ans, pendant lesquels nous avons vécu d’autres expériences enrichissantes.

C’est au cours de ce service que j’ai créé le site « pasteurweb », sur lequel plusieurs centaines de personnes lisent, chaque semaine, les enseignements, les études et les exhortations, que j’y place, avec l’aide du Seigneur.

Jusqu’ici, le Seigneur a été bon pour moi et il n’a jamais manqué. Quel sera l’avenir ? Peut-être Dieu me donnera-t-il encore quelques bonnes années pour son service. C’est lui mon Maître, mes destinées sont dans sa main et il sait ce qui est le plus utile et le meilleur. Je suis confiant. Il peut me rappeler demain, je paraîtrai devant lui sans crainte, Il m’a pardonné !

Mon désir le plus cher en écrivant les dernières lignes de ce témoignage, c’est qu’elles servent à redonner confiance à des frères qui pensent peut-être que tout est perdu pour eux, parce qu’un jour ils sont tombés dans quelque faute grave.

Par expérience et avec les Écritures, je leur dis: «Non, frères ! Si vous êtes sincères et droits, si vous revenez dans une réelle repentance, Dieu vous pardonne et vous rétablira.

Ce qu’il a fait pour moi, il le fera pour vous. Soyez humbles mais n’ayez pas peur des hommes, avant tout soyez honnêtes avec Dieu et avec tous.

Que votre cœur soit droit et vous retrouverez votre fer de hache (2 Rois 6.1/7). Lorsque Dieu a décidé d’une chose personne ne peut s’y opposer.

Enfin, pour terminer, je dis à tous et surtout à vous pasteurs qui avez des responsabilités: «Apprenez la miséricorde auprès de votre Maître. Ne maniez pas la Parole de Dieu comme une épée qui tue ou qui blesse. Votre Seigneur a guéri l’oreille de Malchus!»

Soyons donc miséricordieux comme notre Père céleste est miséricordieux.

Encouragements
L’égarement de frères et sœurs qui s’éloignent de Dieu est une cause de tristesse pour leurs proches, peine encore aggravée par les conséquences familiales et sociales qui peuvent en découler.

Aussi, en terminant ce livre de témoignage, je voudrais donner quelques paroles d’encouragement à ceux qui prient pour le retour vers Dieu, d’un être cher.

Premièrement: Prier avec persévérance, sans se décourager.

Dans sa parole Dieu nous exhorte à prier pour les frères et sœurs qui s’éloignent de lui. 1 Jean 5.16 et Jacques 5.19/20.

Jésus est notre modèle d’intercession pour les coupables. Esaie 53.12

Intercéder, sans juger en condamnant. Cela ne veut pas dire que l’on approuve la faute, mais que l’on est attristé par la situation de celui qui l’a commise et que l’on prie pour lui avec compassion.

Souvent le blâme, la condamnation, l’incompréhension et la souffrance morale, peuvent faire obstacle à l’esprit d’intercession. Mais lorsque nous sommes animés des sentiments qu’inspire le Saint-Esprit, nous sommes rendus capables de nous tenir devant le trône de la grâce divine en faveur de ceux que nous aimons, afin d’intercéder pour eux.

L’intercession a une grande efficacité pour le retour de ceux qui s’éloignent du Seigneur. 1 Jean 5.16.

De nombreuses personnes ont prié pour moi pendant TREIZE ANS.

Ne vous découragez pas, mais persévérez, même si le temps vous semble long.

L’exemple de l’exaucement des nombreuses prières faites en ma faveur est un témoignage encourageant.

Ensuite: Garder l’affection

Durant cette longue période que j’ai vécue loin de Dieu, un de mes frères n’a jamais voulu rompre les relations familiales avec nous. Souvent il venait passer un jour ou deux à la maison, avec ma belle-sœur et mes neveux et nièces, et nous allions aussi chez eux. Ils étaient le seul lien qui nous restait avec notre famille.

Ils ne nous ont jamais fait la morale, quoiqu’ils n’approuvaient pas notre conduite, mais ils sont restés fidèles dans leur affection. Cela a certainement contribué à notre retour vers Dieu.

Garder l’affection ne veut pas dire approuver le coupable. Cela lui signifie simplement la possibilité du pardon. Si un frère peut continuer d’aimer, malgré la faute, à plus forte raison, combien en sera-t-il plus de l’amour infini de Dieu, notre Père céleste !

Puis: Croire contre toute espérance Romains 4.18/21

Même lorsque tout semble irrémédiablement perdu, continuez d’espérer. Soyez patients.

Après combien de temps le fils prodigue est-il revenu vers son père?

Combien d’années a-t-il fallu attendre mon retour vers Dieu?

Ceux qui avaient de mes nouvelles ont dû souvent se demander s’il était encore possible que je retrouve le chemin vers le Seigneur. Et pourtant Dieu l’a fait. Il est le Tout-Puissant! Rien ne lui est impossible! Il peut rendre la vie aux morts. (Hébreux 11.19)

Encore: Accepter la façon d’agir de Dieu.

Nous pouvons être désorientés de la manière dont le Seigneur dirige les choses. Nous avons souvent des idées bien précises sur la manière dont nos prières doivent être exaucées et nous sommes tellement surpris que Dieu agisse autrement que nous en éprouvons parfois une sorte de déception.

Que croyez-vous que pensaient ceux qui priaient pour moi. Ils avaient pour la plupart une idée bien arrêtée sur la façon dont Le Seigneur les exaucerait. Mais voilà qu’il a agit différemment, selon son propre plan.

Les voies du Seigneur sont souvent incompréhensibles, mais ne sait-il pas mieux que nous ce qu’il convient de faire et ce qui est le meilleur.

Enfin: rendre grâces à Dieu

Réjouissons-nous, car mon fils qui était mort est revenu à la vie, il était perdu et il est retrouvé.

Il y aurait beaucoup à dire sur l’attitude du fils aîné, mais considérons plutôt le contraste entre la rigueur légaliste de ce frère et la bienveillante miséricorde du père: Ne fallait-il pas se réjouir ?

Il fallait bien s’égayer et se réjouir, parce que… Luc 15.32

Dans son amour infini pour son fils le père a déjà oublié l’offense et les angoisses qu’il a vécues, et il manifeste sa miséricorde dans un pardon complet et une entière restauration.

Comprenons, par l’enseignement de Jésus dans ce récit, le sens du véritable pardon selon la grâce infinie de notre Père céleste.

Il oublie nos transgressions et il ne se souvient plus de nos péchés. Nous sommes à nouveau reçus à sa table, dans sa maison, non comme des mercenaires, mais comme des fils rétablis à leur place dans la famille de Dieu.

ET IL Y A DE LA JOIE DANS LE CIEL !

Léopold Guyot, pasteurweb

http://www.pasteurweb.org/index.htm


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1 Myriam Michoud 15 novembre 2011 à 8 h 14 min

J’ai juste envie de remercier à nouveau Léopold pour son témoignage.
Il a beaucoup aimé car il a eu pleinement conscience de ses péchés. Celui à qui on pardonne « peu » aime peu…
Ce témoignage me touche par l’humilité et l’amour qui s’y dégagent.
Oui, merci Léopold de proclamer tout ce que Dieu a fait pour vous… Que cela puisse aider beaucoup de gens et contribuer à ramener comme vous, des brebis perdues à la bergerie…
J’aime particulièrement vos 6 derniers points dans cette fin de témoignage.

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2 Roger B. 15 novembre 2011 à 17 h 05 min

Ayant lu ces 4 textes je remercie d’abord notre frère L. Guyot pour son témoignage et notre soeur Myriam pour la parution de ce témoignage.

La première constatation que nous pouvons faire c’est de voir l’antagonisme entre des vies chrétiennes qui n’ont pas été traumatisées par le divorce et ceux qui entraînés par une spirale ont été emmenés dans les affres d’un divorce.

D’une manière générale, donc la grande majorité des chrétiens, nous pouvons leur poser cette question : toi, frère ou soeur en Christ : est-ce que c’est grâce à ton épouse que tu n’es pas divorcé ? Où est-ce grâce à ton mari que tu es encore avec lui ? Pensez un peu plus à la patience de l’autre !
Bien entendu, c’est en filigrane que le Seigneur se trouve derrière votre couple, mais enfin, c’est quand même soit l’un ou l’autre qui se trouve à genoux pour demander de l’aide afin que le couple reste debout.

Pour revenir à la situation décrite, notre frère s’est trouvé sur une pente légèrement glissante, d’abord c’est bien plat, ensuite la pente devient douce, enivrante, et après, il y a le précipice.

Ce n’est pas pour rien que l’histoire de David nous est contée, avec ses hauts et ses bas. Nous pouvons même dire que Dieu dans son immense pardon a fait au-delà de ce que nous aurions pu imaginer : le deuxième fils né de Bath-Schéba, est devenu le grand Salomon construisant même le magnifique Temple de Jérusalem. Pardon entier de Dieu et même totale bénédiction (dans la mesure où Salomon a obéi aux lois de Dieu).

Ceux et celles qui pensent qu’un couple divorcé ne peut pas venir à la table de communion et qui ne peuvent pas se faire baptiser par immersion doivent impérativement revoir les codes d’amour que Jésus a enseigné. Car beaucoup de divorcés chrétiens l’ont été malgré eux ! La souffrance engendrée est telle que pour toute leur vie c’est une tache, une souffrance malgré le beau pardon de Dieu. Et ne parlons pas de la souffrance des enfants.

Fraternellement
Roger B.

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