Le Monde
La police israélienne a recommandé, dimanche 15 octobre, au procureur de l’Etat hébreu d’inculper le président Moshé Katsav pour viol, harcèlement sexuel et écoutes illicites. « Il y a assez de preuves indiquant que dans plusieurs cas (…), le président a commis des actes de viol (…) et de harcèlement sexuel » sur des « femmes qui travaillaient sous son autorité », affirme la police et le ministère de la justice dans un communiqué.
Katsav est par ailleurs soupçonné d’avoir « enfreint une loi contre les écoutes », poursuit le communiqué, qui résume les conclusions d’une enquête qui a duré plusieurs semaines. De source proche de la police, on a précisé que Katsav était accusé d’avoir installé des micros pour surveiller les conversations téléphoniques de ses employés.
M. Katsav, 61 ans, marié et père de cinq enfants, est soupçonné d’avoir contraint des employées de la présidence à entretenir avec lui des relations sexuelles, les menaçant de les licencier si elles repoussaient ses avances. Au cours des dernières semaines, la police a enquêté sur dix plaintes pour viol et harcèlement sexuel contre le président israélien. Il ne devrait être inculpé que pour trois ou quatre de ces cas selon une source policière.
Le président, qui clame son innocence, s’est dit victime d’une « campagne de calomnies » et d’un « complot ourdi de longue date par une bande de malfrats ». Il n’a jamais précisé l’identité des auteurs de ce complot.
Le procureur général israélien, Menachem Mazuz, devra désormais décider de la mise en inculpation éventuelle du président. Il ne devrait pas rendre sa décision publique avant deux semaines, a-t-on précisé de source politique.
Président depuis 2000, Katsav bénéficie d’une immunité qui le prémunit de tout procès pendant son mandat, à moins que la Knesset ne mène à bout une procédure d’empêchement.


























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