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Vie et mœurs dans les sectes : Culte de la personnalité et boulimie de pouvoir
Les Congolais en général, et les Kinois en particulier n’aiment pas entendre parler de la mort, et repoussent son idée loin de leurs préoccupations quotidiennes. Ce qui a fait dire à un spécialiste que le suicide du genre de celui provoqué par des nombreux gourous des sectes à travers le monde ne peut pas être accepté par les adeptes qui pullulent dans les églises de réveil en République démocratique du Congo. La mort d’un jeune homme de plus ou moins vingt ans dans un village des environs de Matadi chef-lieu de la province du Bas-Congo, par autodafé est susceptible de remettre en question cette certitude tranquille des analystes.
L’information rapportée par l’Agence congolaise de presse ACP du 27 octobre 2010 parle d’un garçon qui s’est immolé par le feu après avoir bu à lui seul un bidon de vin de palme de cinq litres, et s’être imbibé d’essence, pour quitter ‘’cette terre des hommes afin de répondre à l’appel de Simon Kimbangu’’.
Le suicide est une notion formellement interdite dans la religion chrétienne qui l’assimile à une pratique satanique en désaccord avec le volonté de Dieu de la rédemption. Mais morts ou vivants, les fondateurs des mouvements messianiques ont toujours suscité auprès de leurs adeptes une adoration morbide qui demeure comme un mécanisme de potence suspendu au dessus de la tête des croyants pouvant les précipiter sous la trappe dès qu’on actionne le levier.
Beaucoup de ceux qui suivent aveuglement les pasteurs professionnels qui exercent leur métier dans la ville province de Kinshasa ne connaissent pas l’histoire de l’Ordre du Temple solaire OTS en Suisse, de l’église de la Branche des Davidiens à Waco au Texas (Etats-unis), de la secte AUM au Japon, ou encore de l’église de Jim Jones en Guyana.
Même emprise
Le pasteur américain de la dernière des sectes citées avait organisé en 1978 un ‘’suicide révolutionnaire’’ de tous ses fidèles, soit 920 personnes, dont 200 bébés, en leur injectant du cyanure, ce qui avait ému toute la planète.
Shoko Asahara de la secte japonaise AUM qui signifie ‘’vérité suprême’’ en japonais, avait organisé un attentat au gaz sarin dans le métro de Tokyo en 1995, en réaction aux enquêtes menées par l’Etat pour connaître l’étendue de ses méthodes de racket et d’escroquerie ou encore de la violence abrutissante qu’il exerçait sur ses fidèles, bilan : 56 morts et plus de mille blessés.
A la même année Joseph Di Mambro et Luc Jouret les deux responsables de la secte du temple solaire avaient mis à mort par des méthodes sophistiquées d’empoisonnement collectif et de meurtres par balles, une cinquantaine de personnes qui étaient des fidèles de l’OTS en Suisse et au Canada. Ils ont appelé cela un ‘’transit vers Sirius, la planète bleue’’. Une année auparavant, en 1994, David Koresh responsable des ‘’Davidiens’’ qui affirmait être Dieu, a fait tué par le feu plus de 60 fidèles au mont Carmel de l’Etat américain de Texas, après avoir tué des policiers du FBI qui lui donnaient l’ordre de se rendre aux autorités.
Tous ces hommes qui ont entraîné vers la mort involontaire des centaines de familles, étaient d’habiles manipulateurs des foules, dotés d’un pouvoir de persuasion dans les répliques tout à fait exceptionnel. Ils ont attiré vers eux des hommes et des femmes qui avaient besoin de connaître la vérité des Écritures, et qui avaient soif de la justice et d’amour qu’ils semblaient incarner plus que tout autre prédicateur de leur époque. La ressemblance avec ce qui se passe en RDC en matière de religion est frappante. Beaucoup de livres religieux de par le monde ont réponse à tout, et les gourous sans scrupule n’hésitent pas à utiliser leurs passages pour asseoir leur domination sur les fidèles.
Le processus est long mais subtil et sournois, au point que si on cherche à s’y opposer dès les premières heures de sa formation, on ne trouvera pas de raison raisonnable de lui opposer un diagnostic pour le combattre, comme ces tumeurs malignes d’un cancer que le médecin n’arrive pas à identifier formellement, qui se développent en douceur dans le corps de leur prochaine victime et à son insu.
Mais une fois mûri, le processus devient irréversible, et le fidèle est prêt à tout pour défendre son pasteur. Les spécialistes comparent à ce moment, le pouvoir des gourous à celui des dictateurs politiques sans établir la moindre différence.
D’ailleurs le culte de la personnalité est la première arme de l’arsenal de beaucoup de pasteurs des églises actuelles qui sont à l’œuvre dans nos villes et cités urbaines, et Jésus Christ n’est qu’un faire-valoir ou un passeport pour l’argument de puissance des ‘’hommes de Dieu’’.


























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Il y a certaines caractéristiques des sectes qui reviennent tout le temps. L’importance de la figure du Guru par exemple. La Vérité sort toujours directement de sa bouche et elle n’est sujette à aucun examen, aucune contestation.
Mais une caractéristique dont on parle peu, c’est » la poursuite d’une spiritualité fondée sur la foi (l’adhésion) seulement, en dehors des normes éthiques de l’Ancien et du Nouveau Testament. On n’est plus seulement sauvé « en dehors de la loi », mais on l’est « sans référence à la loi », même à la loi morale. La foi devient un concept isolé, qu’elle se porte vers le Guru ou le Vérité que la secte met en exergue. Une situation embarrassante par sa ressemblance à ce qui est vécu dans plusieurs groupes chrétiens.
On en débat! Et toi, tu en penses quoi?
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